ANT
gradations insensibles de la simple alliance entre Etats distincts, restés tous souverains, à la fusion ou incorporation complète réalisée dans l'Etat unitaire.
Ces deux solutions sont également mauvaises. Toutes deux partent d’une idée fausse, l’idée que les apparitions concrètes de la vie doivent être exactement conformes à la conception idéale à laquelle mène la théorie. Mais d’abord la conception de cet idéal théorique varie parfois avec les auteurs; puis, même en admettant uné de ces conceptions comme seule exacte, il est impossible qu’en fait elle se trouve complètement réalisée dans un Etat quelconque. Comme l’a dit Jellinek, « l’idéal n’est précisément qu’une règle qui ne peut jamais être réalisée et qui n’a pas besoin de se trouver d'accord avec la réalité; le concret peut et doit même s’écarter de la règle applicable à l’Etat modèle. Tout droit n’a d’abord qu’une existence idéale ; il établit une obligation, avec laquelle les phénomènes concrets peuvent se trouver en contradiction ; il veut régler les actions des hommes, et par làmême, la possibilité de sa violation se trouve comprise dans sa notion de règle. Le manque d’harmonie entre le fait et ce qui est réclamé par la règle du droit est aussi inévitable dans la vie publique que dans la vie privée. Mais ce qui est contraire au droit (das Unrecht), lorsque cela ne constitue pas la règle, ne détruit pas le droit, mais, au contraire, en fait ressortir la valeur et la signification » (1).
Ce n’est en effet qu’en partant de cette idée, en laissant de côté les irrégularités pour ne s’attacher qu’à ce qui est conforme à la règle et en prenant en quelque sorte une moyenne entre les dispositions parfois si divergentes que nous présentent les diverses sortes d’unions
fédératives, que l’on peut arriver à construire une théo-