‹ État général des forces militaires et maritimes de la ChineChapitre 13 sur 50 · TROUPE SOLDÉE DES BANNIÈRES · texte numérisé non relu

TROUPE SOLDÉE DES BANNIÈRES

Le corps qui vient immédiadement après leprécé« dent sur le tableau est incontestablement le plus important de tous. Le Màu-ki ying est la troupe soldée des bannières servant comme soldats, sous le commandement immédiat des 24 tùlung et des 48 fù-tùtung. C'est en fait le quartier-général de toutes les troupes des bannières ; les subalternes qui servent dans les garnisons de l'Empire, à l'exception de Pékin, prennent tous l'appellation accessoire AiVitiki; et les dénominations des soldats et des artificiers qui leur sont adjoints leur sont communes avec les hommes duMàu-ki ying. Le tùtung, et les deux /ut^tung dççha<]|ue bapnière, ^^ntchou^, Moaçols et

Hankiun, peuvent être considérés comme formant un conseil des commandants en chef des bannières, pour l'assistance de Sa Majesté dansladministration des dites bannières, pour leur inspection générale, lenregistrement de leurs familles, leur instruction et leur entretien, la réglementation de leurs droits à layancement, et de leurs dépenses en tant que corps militaire.

Les tiâ tung et fù-tù tung du hiàunki ont généralement différents offices unis en leur personne aux commandements de Bannière. L*année qui précéda leur chute, Muhchangah et Kiying étaient lun tù tung du bordé-jaune et l'autre iù tung du blanc-uni des Mantchoux. La distribution des couleurs et des ailes a été mentionnée aux pages 45 et 46 L'état officiel du hiàu-ki-ying est conçu comme il suit : il y a deux ts'ànling dans la bannière mantchoux et Hànkiun, et un dans chaque bannière de Mongols, avec la dénomination accessoire qui convient à ladministration ; et, audessous d'eux, huit chàng-king ou officiers civils portant la dénomination accessoire, et chargés de la correspondance dans les bannières mantchoues, quatre dans les Mongols et six dans les Hankiun. 11 y a encore un bureau du scel sous Tautorité d'un

noDÎbre infini d officiers de rang incertain, choisis d entre les tsoling héréditaires, officiers permutants et officiers destitués, au-dessous desquels il y a des jrih-tihsM des trois nations dans la mtoie proportion que les chàng-king, quarante têànling et quarante fh-isànling mantohoux, sdze mongols et quarante Hankiun , transmettent les ordres du tù^ tung ou t9oling. Ces derniers et les àiàu-ki kiàu sont . distribués en même nombre pour chaque bannière , mais irr^lièrement, comme suit :

Mantchottx. Mongols. Hankiun.

Bordé-jaune. 86 28 41

Jaune-uni.

Blanc-uni.

Rouge-uni.

Bordé-blanc.

Bordé-rouge.

Bleu-uni.

Bordé-bleu.

Les hiàu^ki kiàu ou subalternes paraissent obéir aux ordres des tsoling comme ceux*-ci à ceux des têànling; leur mission à tous deux, c'est le scinde la compagnie indiyiduelle à laquelle ils appartiennent; il y a aussi attaché à chaque bannière uq officier de

rang incertain , comme ceux du bureau du scel, et choisi à la même source qu eux.

La solde et le bureau des stations de chaque bannière de chaque nation est sous laulorité d'un ts'ànting , c est-à-dire qu'il y en a \ingt-quatre en tout ; au-dessous de chacun de ceux-ci , il y a deux chàng king, et dans les bannières mantchoux et hankiun cinq, mais dans les mongols deux subalternes. Ils sont tous deux chargés de la police et du commissariat, et font parvenir le budget pour le semestre suivant au Conseil des Revenus, le 15 du douzième mois, et le 15 du sixième mois ; cinq jours de grâce leur sont accordés pour les révisions de compte, etc. Le début du payementdela solde se fait chaque mois en monnaie de cuivre, le premier et le second jour, et il se termine en argent le 3 et le 4. La ration de grain se fait par trimestre, mais dans des mois différents ; les deux bannières jaunes reçoivent le leur au premier mois , les deux blancs et le rouge-uni dans le second, les deux bleus et le bordé-rouge dans le troisième mois de chaque trimestre. On accorde un supplément toutes les fois que survient une lune intercalaire. Des rations étant attribuées aux officiers de bannières à partir du si^ièmo rang et aq-dçssQus, leurs rotps sont ins^

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crils sur les comptes du tsànling^ et il esl à remarquer que tous les hommes militaires des bannières, à quelque corps métropolitain qu'ils appartiennent, sont payés à ce bureau et non par les officiers de leur corps.

« Il faut remarquer, du reste, que la paye des Tartares et des Chinois n'est pas la même ; le Tartar& reçoit deux taëls (15 fr.) par mois et une ration de riz ; le Chinois ne touche qu'un taël et six dixièmes (12 frO, sans riz.

a Les troupes sont payées fort irrégulièrement ; et, quand on les fait trop attendre, il arrive souvent qu'elles se rendent au domicile de leurs généraux, en demandant à grands cris ce qui leur est dû. Les troupes tartares réunies au Bogue nous donnèrent un exemple de ces mouvements tumultueux; après avoir vidé la caisse militaire, les soldats forcèrent leur général à engager ses habits chez un prêteur sur gages pour leur fournir de l'argent (1). »

Les comptes de fourrage pour les chevaux sont tenus par un ts'ànling et deux chang king dans chaque bannière mantchoux et mongols, et par cinq subalternes des premiers et deux des derniers. La solde

(1) Seconde' campagne de Chine, par K. S. Hackenzie, traduit par Xavier Raymond.

en argent est touchée le 6 de chaque lune par Taile gauche et le 7 par Taile droite ; le grain et le fourrage le 1 4 el le 1 5 ; le compte de Taisent est transmis au Ccmseil des Revenus le 18, et celui du fourrage à la fin de la lune. Nous aurons du reste occasion de revenir sur cet article de dépenses des bannières, cependant il n'y a rien d'absolument uniforme dans la répartition de la paye. Ainsi, dans les pays qui produisent une grande quantité de riz, la solde pécuniaire est très-faible; au contraire, dans les provinces où la culture du riz n'existe pas, la solde en argent est beaucoup plus élevée.

Les écuries où se trouvent les chevaun des bannières sont sous l'intendance générale de* quatre tsànlinffy deux mantchoux et deux mongols par chaque bannière, assistés d'un pareil nombre de chàng king; et de plus les Mantchoux ont quatre subalternes, les Mongols deux. C'est pour ceux-ci à chacun leur tour de garder les écuries , chaque bannières mantchoux fournissant 4 caporaux et 30 cavaliers, les Mongols, 3 caporaux et 16 cavaliers.

Les mousquetaires de chaque bannière de Hankiun sont commandés par deux tsànling ; l'artillerie par un et les boucliers par un ; aux moua*-

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quetaires sont attachés sept chànking et huit subalternes; à lartillerie , deux subalternes, et aux boucliers deux chànking et deux subalternes. 11 est juste de mentionner ici, comme il n'a pas été question des hommes que ces officiers commandent dans Je tableau, qu'ils sont au nombre de 7100; 1000 sont pris dans chacune des trois bannières supérieures, 800 dans chacune des cinq autres; il y en a 100 pris en plus dans chacune des huit pour porter les boucliers; 100 sur les 7000 se servent du mousquet proprement dit, le reste se sert du fusil à mèche. Nous y reviendrons plus tard, lorsque nous parlerons de la revue.

Le chapitre du Code des Lois d'oîi ces particularités ont été tirées , traite ensuite des pàu-i des bannières inférieures ; ceux des trois bannières supérieures semblent être commandés et soldés par la Maison de l'Empereur, et ils sont sjans doute à la disposition persoiinelle de la Couronne ; quelquesuns d'eux, avec des officiers en grande proportion, se retrouveront dans la division Yuen-raing Yuen. Leur classification est militaire, mais leurs officiers sont d'un rang inférieur au rang de ceux qui portent le même titre dans d'autres corps ; et l'emploi de ceux qui sont des cinq bannières inférieures

consistant plutôt à être à la suite delà noblesse impériale qu'à remplir strictement un service militaire, je les ai exclus du total de larmée chinoise considérée comme militante.

La Recherche sur l'Administration nous donne près de 1,800 des huit bannières comme pàu^i du même titre que la division du Flanc; ils ont aussi une bonne proportion d'officiers que leur attribue le Code des Lois, qui en assigne encore quelquesuns à la division principale, tandis que, sous Iç même titre de chapitre, laA^rAer^Ae sur l'Àdminis^ tration ne nomme pas un seul pau-i. Dans le corps dont nous parlons présentement, il y a un établissement de ceux-ci plus complet que partout ailleurs, et comme leur solde, etc., ajété calculée, un tableau de leurs forces totales se trouvera à la fin de la première partie de cet article , c est-à-dire de celui ([ui ne traite que des hommes de Bannière.

Revenons à la Troupe soldée. Lagrosse masse qui forme ses rangs est connue sous le nom de Màkià, soldats à cheval , à cottes de maille; les Mongols en sont à peine la huitième partie; la proportion des Mantchoux et des Hankiun est plus approximativement gardée; cependant les premiers étaient les plus nombreux en 1825, quoique en 1812 le Code

ifei/iDÛle» déclare organisées ainsi : quarante-deux Hànkiunpar tsoling^ et seulement vingt Mantchouz ou Mongols par tsoling. \\s devaient être choisis parmi le ih tung et le censeur-visiteur (i ) de la bannière, dans la même compagnie de Bannière que celle qui avait une vacance, danslagendarmerie qui en faisait partie, les élèves, les fils d officiers jusqu'alors sans emploi; les officiers, t}uî étaient tombés en disgrâce en se trouvant complices d'un délit commis non dam leur intérêt propre, s'ils sont encore valides et demandent du service, étaient éligibles après un examen sur l'exercice de lare à cheval ; il en était de même des aspirants de degré inférieur sans es^ pémnce immédiate d'emploi, s'ils étaient euxmêmes fils ou frères de soldats, pounu toutefois que les vacances ne pussent être remplies par d'au-

(1) Les censeurs-visiteurs des bannières, sonl au nombre de vingt-neur en tout, c'est-à-dire un par bannière dans le h\àakiying^''ovi vingt-quatre; un par aile de la division prijKipale et de la division du Flanc, c'est-à-dire quatre, et un pour la division d*artillerie. Ils sont choisis par Sa Majesté sur une liste des hommes de bannières des trois nations. Il y en t vingt-deux autres de la même classe, différemment employés à Pékin et dans Ghihii. Ils se distinguent tous par la dénomination accessoire min-^hi^ indicative de leur autorité pow faire des tours d'inspection.

FOariS «QTTAIBRS l>B I A CRIKK, 7

9è ÉTAT OÊHÉRAt

^Ws, ayant de plus «olidés pl*éteiilh)n« ; (tes officleft ^ég^dés d'uh cei^taih ordre, qui cej^ndaut dd- -vaient être graciés fl*ih devenaient m^fài deseitifêl i^Venant de leur bannissement, ayant fini leuttetlips ou aya&t payé leur rançon; comme aussi dêk ^emiiies dont la postérité s'était précédeiiimeâl «leînte(l'81i).

GeUx-ci parviennent à être nbininés ting Uni , qdi

sotit 5 par tBûting * ils laident dans la tenue des regis^

li*es et des listes d'émargement ; et, comme ils sont

mieux payés^ je les aï appelés cuparaûa. Dans leb

bannières de Mantchoux et Mongols, la connais^

sance de l'écriture est tin de leurs titres. Dans là

Htcherche mrt' Administration nn petit nombre

^d eux est désigné comme ting (sûi des greniers de

T*aogchau,etd(îux dans les bannières mongols supé^

rieures comme Itngi sut des bonnetiers. Le gros des

•fhàkià éit ce que nous pouvons appeler mà*t^ de

campagne; il y a quelques officiers au-dessous des

ting r^rai, chargés desgren iera; quèlques-tins nomades

• u du banquet, » titre qui reste sans explication } il y

enaeiicôrequelques-uiis de service au pavillon im^

.périal de l'arc, aux bureaux du Conseil de Guerre,

et atix cours dés Banquets et représentation; un

autre qui est mongol, au bureau colonial, sert

DE9 FORCES I^B Li tBINE. H

dittterprète ou linguiste. Su outre de ceux que nouK avou» dit plus haut avoir été détachés pour former uu corps de mousquetaires, et qui sont tous Hàtikiu&, ou eA prend 40 de la même tiatiofi par chaque bannière comme artiOeurS. La moitii <t*enlve eux reçoit par mois trois, et l'autre moitié <leux taêls; les vacances sont remi^iés, s'il est poss* sible» par les fils ou les frères de Hêàkià morts on retirés ; ils passent de la petite solde à la plus forte a mesuré qu'il se produit des vides dans les rangs^ Les ffèng-jfuh fring^ élèves , sont ^ après les pi# cédents, la classe la plus nombreuse;, L'état de leurs forces montait, en 1812, à 12,664 Mantchoux et 3,279 Mongols, avec solde et ration; et avec solde, mais sans ration, à 5,428 Mantchoux, 1 ,224 Mongols, et 4,813 Hànkiun. Ces chiffres repr6^ sentaient-ils alors la totalité de ces forces dans TEmf j>ii-e, «u dans la troupe soldée seulement ? C'est C9 qui reste indéterminé; nous en trouvons un ceiy tain nombre dans quelques autres divisions impor:* tantes. L^Code des Lois avance cependant, dans le compte-tendu précédent, que les vacances devaient être remplies par des surnuméraires au-dessus de 10 ans, et au-dessous, si Ton ne trouvait pas ufi ftembre suffliant; et que» s'il n'Ml figurait pas «n**

core assez dans la compagnie du isoling où se trouvait la vacance, on aurait recours au tsànling pour faire un choix dans la bannière, les Mantchoux et Mongols sans ration prenant toujours sur la liste le pas sur tous les autres. Les enfants de ceux qui obtiennent leur grade par achat ne sont pas admissibles, non plus que ceux de n'importe quel officier, à l'exception des subalternes de Gendarmerie, de la troupe soldée et de la division du Flanc, des fnh^ih^hion secrétaires, et des yun^ki yi$ héréditaires (5 «) qui sont sans emploi. Ces pai-ticularité» s'appliquent aux élèves de tous les corps.

Les arpù^ dont il y a 320 et plus dans chacune des 3 bannières supérieures, et environ 240 dans chacune des 5 bannières inférieures, sont aussi tous Hànkiun; ils portent une sorte de chevaux*defrise qui se démontent, appelée par les Chinois la têie de cerf. On monte cette machine pour la défense, et apparemment aussi pour marquer les limites de la parade ou du campement. Il peut bien y avoir 8 orpù pour chaque tsoUng, et ils se recrutent parmi les élèves et les surnuméraires sans emploi.

Lee artificiers du corps sont faiseurs dWes,

DES FORCES DE U CHIIfE. lOl

dé flèches, de selles, et pelletiers; ils sont encore foi^rons, chaudronniers, fabricants de Yaisselle, graveurs sur bois et sur métaux. Les faiseurs d'ares et forgerons mantchoux sont les plus nombreux : 80 ou 00 par bannière ; les faiseurs de tentes ou pavillons, tous Mongols, sont 7 dans chacune des trois bannières supérieures.

Une explication du terme pai tan gah a été donnée déjà. Il y en a 52 dans le ying^ 12 avec la dénomination accessoire ch'a dans la bannière jaune-uni; 30 dans les trois bannières supérieures, qui c donnent les signaux » ou qui crient pour faire avancer ceux qui n'ont pas encore combattu, en d'autres mots pour sonner l'ordre de s'assembler ; et uh qui a la charge des chiens : ils sont tous Mongols. Tout le reste est composé de Mantchoux ou Mongols dans les cinq bannières inférieures, et leur dénomination accessoire teit- Mng indique qu'ils sont chargés d'immoler les victimes qui servent aux sacrifices.

La chair des victimes est offerte dans le fl^ran* Ning Kung, partie du palais appropriée à Tlmpératrice, tous les matins à quatre heuresi et à la même heure dans l'après-midi; au sacrifice mensuel

ftSfort lesecoa<) jour de la première lune tt le pre** wer jûur it toute» les luivautei, et au Meiifiee du bndemaiu offert le troisième jour de la première hiae et le second jour de toutes les lunes suivantes, Li sacrifice journalier du matin est offert à Boudha, Kwài^-syin et KvàMii le Mars chinois; le soir, à neuf divinités tartares qui portent des noms aussi longs qulnintelligibles. Les sacrifices mensuels paraissent être offerts aux mêmes dieux que celui du lendemain^ c^est-à-dire du sacrifice mensuel. La chair de la victime est bouillie et placée devant les idoles ci*des3U8 nommées, ou à droite ou à gauche dé la châsse du Ciel ; lorsqu'on lenlève, elle est partagée par l'Empereur ou l'Impératrice, s'ils officient en personne, ou par ceux auxquels Sa Majesté peut envoyer par les nobles sa procuration pour la distribuer.

Le terme • valet de pied » est la traduction de Mtkià. Ce sont des employés extraordinaires qui ont une solde de 1 à 4 taels par mois, comprenant leur nourriture : un certain nombre d'entre eux est attribué à différents officiers, qui, dit*on, s'appro* prient la paye qui leur est allouée, en addition À la leur propre. Les capitaines-généraux dec gardas et

4tYi8ion pfiqcip«lA «i de.ifi diviil9u:(|fi:Fiiuiâ« pour 0; 1# Q»pitiûa« da ia gea4ftrj«enfl, pourJit IfiH fiHittmi poui» 4] le» fiHktmg rnoogolK et It^»". klun. Iq» c«pit{ûne8^géaéra«i^ 49 U 4iYi«io9 pr|n-^ «ipaJe «t de la diviiiicMi du FloAfi, pour a ; le of^^^ taipe de la Gendariperie; pou^ {^; 1^ t^-ti^tlHf pour 4; les fitrt^tniÊt niQogolft et l|»nki4|i) poui* ^ile tsàntiii0 de I4 diviûon principale, de la diviciofl^ dn Flanc, de la troupe soldée M des. PàH-i<?â^ 3 Mnni^res attachés k la divisMHi du Flâne, m^%'o le fihWmtint de la division dn Flanc et de hb tfoupe soldée, et les Gardes dn la diiiision prifieir: pidepoup 1 i/i.OuatTAtQntallonéiiàua ffrauddele: pins bantfr classe de la 8«l)lewe. 3 4 la S* et à la: 3* filasse; I à la 4* classe, s'il s'agit de Mante^i^,, el awF niinistpes du Cal>inet manteboux, auxPr^: sidMfits de Conseil, anii Censenrs senior, aux mir»; Bistres des Qardes; et 1 ^ quelques autres Mf»<tcbonx trop nombreux pour Être énumeré»,, oiaiii dMit le moindre est un ^ing. La commutaUeVt: Itteii que tolère par la loi , ne peut l'atteindre i m > tui^ià doit ^tre un des 9^àkià da sa compagnie» et BM V» lufaum^rtiie, amm il erfiye pour lee

éù4 ÉTAT GiMÉRAL

offiden militaires d'un plus haut grade spécifiés plus haut. Dans la liste de solde de 1831, aucun suikià n'est attribué aux tsathèg. Les Muiêrkià (chargés des portes) sont de toutes les nations et de toutes les bannières ; nous n'avons aucune no« tion sur leurs postes et leurs fonctions, non plus que sur celles de quelques lan-kià ou hommes de la maille bleue. Ces derniers sont en grand nombre parmi les pàn-i, ei sont employés au service xles nobles impériaux qui ont droit à une suite.

Les ying^shaucàx fauconniers, qui ne sont que 4, ont un nom qui s'explique de lui-môme. Dans le service de la chasse, il y a un département impôts* tant, chaîné de trois sortes de faucons, dont il y a m tout 42 postes. Les 1 5 pien^hau ou hommes du fouetsont, ou bien des conducteurs de voitures, ou des palefreniers qui courent après des chevaux, lorsqu'ils sont démontés. Sous les ordres du Lwàn-i-^œi^ ou bureau des voitures, il y a certains hommes nommés ming-pien^ qui font claquer leurs fouets pour annoncer l'approche de TEmpereur ; mais il n'est pas dit que les pien-^hau soient employés de même; il n'est pas fait mention non plus des 9 conducteurs de chameaux avec un inspecteur de Hànkiun dans la bannière blttnc^uni.

DES FORCES DE U CHINB. t<HE

ai de 4 employés reconnus comme secrétaires ou seribes, supérieurs et inférieurs. Aucun de ces employés, le lecteur eh sera frappé, n'appartient proprement aux rangs d une diirision', lorsque nous eà parlons seulmnent comme d une troupe mili«tante ; la Recherche sur l'AdminUtroHM^ cepen-* dant, inscrit tous les employés ci«dessus sur le rôle des soldats composant le corps, et c'est pour cela qu'ils sont ici mentionnés. U ne nous reste plus maintenant à remarquer que les 40 kàng-fiê ou veilleurs de nuit ; ils sont tous Hànkiun, cinq par bannière, et, m'a-t-on dit, ils né sont employés qu'à la Cour du Tii^tung des Bannières.

Les hiàuki font l'exercice, ehaque aile six fois par mois, de l'arc à pied, sous les yeux d'un Tù^ liâ^ et d'un fk^HHung ; à moins que le premier ne soit aj^lé au Consdl du Lever ou à quelque autre office ; alors le fU-ttUung est accompagné d'un mi-nistre i^cialemént désigné, dont le nom doit avoir été' préalablement communiqué au Censeur-visiteur. On s'exerce à l'arc à cheval six fois l'an, au printemps et à l'automne; le jour est fixé par le' Conseil de Guerre ; les sexagénaires sont dispensés de cet exercice. Il y a 4 autres grandes maboeUvres par an pour l'exercice à pied, sous tes antics, in- -

ëqvéÊà pir li Tiitmig qui #q doone commuiiiiKttion m Cùaml de Ouarre , pour qu'il pviMM y wwf» un offimap^inapecteup. Ils ont Mcora 4 maïuBuvrBs av pUine (petite guarra) sur uoa frauda éohaUe, dans lesquallas ils paradent comma k la itvua triennale.

Un savant missionnaire, dont l'Europe entière a justement apprécié les travaux sur la Chine, donna sur ces revues des détails qu'on nous saura gré de reproduire :

. f Durant la dernière ann^ de notre séjour an Chine^ nous éttona qhaifé d une petite nûsiion dans une province du midit Une chapelle pour oéiébrer les saints mystères et réunir les néf^bytes aux heures de la prière et des iastrvetioM rali^ gieuses ; puis, attenante à la chapelle, une niaisDn«< nette atac un petit jardin, le tout enduré degrands arbros, de touffes de bambou et d'une haute niu<<raille en cailloux, telle était notre résidence. Nous vivions là avec deux Chinois, l'un igé d'une tren*^ taine d'années et l'autre à peu près du double* Le premier avait le titre de catéehiste ; il nous aidait dans les fonctions du saint ministère, surveillaU les alkires du ménageât foi;naait lea enfants ebriliaBa

DES FOECEB M tk CHINE* 14^1

0t les catéehumènes à la tnanlère de ebantêr les prières puMiques. Dans ses monients <Ie loidr qui étaient encore assez eonsi^éraUes, il s'occupait de couture ; car primitivement il ayaii ex6^eé TAtafr de tailleur. Du reste, c'était un fort brave ^omme» de mœurs douces, paisil>le et sédentaire, disant peu de paroles inutiles, mais trop préoccupé de médt» Ciments et de livres de médecine. Cette manie lui était venue parce qu'à force de se voir toujours ehétif, pftle et maigre, il avait fini par se croire malade i en conséquence, il voulait se soigner, et, pour cela, il s'était lancé dans les études médicales.

€ L'autre, celui qui était ègé d'une soixantaine d'années, ne portait dans la maison aucun titre officiel. Il s'oeeupait pourtant d'une foule de ciioses ! la propreté et la bonne tenue d» la ebap^e et du presbytère le regardaient ; il bêcludti arrosait le jardin et y faisait pousser, tant bien que mal, quelques fleurs et un peu ^e légumes. Il était chargé de la cuisine-, quand il y en avaitàfairei et, de plus, il entretenait de fréquentes et longues eoavtrsatioas avec tous ceux qui venaient à la résidenoe« Sa générosité à oftirdu thé à boire et du tahtoà fumer l'anlt Ni»du trèf-f^pulalit. Kutm^

i08 Atat GtoiRAL

fois il avait été forgeron, et, comme ses nouvelles attributions n'étaient pas bien définies, on avait . toujours continué de l'appeler le forgeron Sûio» «Un jour, ces deux compagnons de notre solitude se présentèrent dans notre chambre avec une certaine solennité, pour nous demander un conseil. Un inspecteur extraordinaire des troupes venait d'arriver de Péking, et, sous peu, il devait y avoir une revue générale. Or, l'ancien forgeron et l'ancien tailleur étaient bien aises de savoir si nous étions d'avis qu'ils allassent à cette revue. Hais, leur répondlmes-nous, ce sera absolument comme vous voudrez. Si vous pensez que cela doive vous amuser^ allez-y; nous garderons la maison. Pour BOUS, nous ne tenons nullement à assister à cette parade. Quand nous habitions le nord de l'Empire, nous en .avons bien assez vu. — • Jusqu'ici nous n'y avons jamais été, dit notre catéchiste ; nous avons toujours pu nous en dispenser facilement ; mais on prétend que le nouvel inspecteur veut que tout le monde y soit. Ceux qui ne s'y rendront pas seront notés, puis condamnés à cinq cents coups de rotin et à une forte amende... Nous trouvâmes que cet inspecteur extraordinaire était, en effet, un honune bien prodigieux, que d'exiger la présence de tout

le monde à sa revue, sous pdne d'être assommé et ruiné. -— Il faudra donc, leur dtme&-nous, que nous allions aussi à la revue? — Le Père spirituel pourra aller r^arder, si bon lui semble ; mais nous autres, soldats de l'Empereur, nous sommes tenus d y assister. —Vous autres soldats l nous écriâmesnous, en contemplant du haut en bas nos deui* dirétiens... Nous pensâmes qu'ils avaient peutêtre voulu dire tout simplement qu'ils étaient sujet$ de l'Empereur ; nous craignîmes de les avoir mal compris; mais pas du tout; ils étaient soldats bieu positivement, et depuis fort longtemps. 11 y avait plus de deux ans que nous les connaissions, sans qu'il nous en fût jamais venu le plus petit soupçon, ce qui, nous devons en convenir, ne fait guère Téloge de notre sagacité. Lorsqu'il y avait des corvées, des revues ou des exercices, ils étaient dans l'habitude de louer pour remplaçant le premier venu qui se trouvait à leur portée. Notre catéchiste nous avoua qu'il n'avait de sa vie touché un fusil, qu'il en avait peur et qu'il ne se sentait pas même la force de mettre le feu à un pétard.

c Notre conscience se trouvant suffisamment éclairée sur la véritable position sociale de ces deux fonctionnaires de la mission, nous leur

110 ÉTiT QÉffÉftàL

dîmes qu ayant le titra de soldats et en reoèTaBt lis émoliiinentB^ ib devaieiit eta reinpiir les fonolmiSi du tnbins dans les occasions ektraordinatres, que la menace du rotin et do Tammde était une |proui« non équivoque de la wlmté expresse de Tinspoo»- ^ur, et que les chrétiens étaient spécialement tenus de donner le bon exemple de l'obtissanoa -et du patriotisme* U fut donc couYenaqu^ils s'ar^ rangeraiMt pour aller où le devoir et l'honneur les appelaient; et, de notre côté, nous primes biai la •résolution de nous rendre à cette parade qui pro^ mettait déjà de présenter un coup d'œil asset ra^ "hissant.

I lie jour fixé étant venu, nos deux vétérans de rattnée impériale d^eunèrentsolidement^ de grand Mâtin» et videront un large vase de vin chaud pour se donner .forée el oonmie ; ib cherchèrent ensuite A se déguiser en soldats. Le travail ne fta ni long ni difficile; ils n'eurent qu'à substituer à leur p#^ tiie calotte noire un chapeau en paille, de forme conique et recouvert d*utte houppe de soie rouge^ et qu a endosser par«dessus leurs habits ordinaires une tunique noire à larges bordures rouges. Cette tunique portait devant et derrière un écusson m toile blanehe^ sur lequel était dessiné en grand le

DES lOUCÊS frE U GUINE. I l'I

tBTMlhteptng, qui veut dire soldat; la pi*écautioii ti*é(ait pas iButilë, car^ isatis cette étiquette) il eM ttë bdtltëtft facile de fAii^e de siligulièMi ttiépritKB»; idiifti, pât" exemple^ tiott^é oaiéehiite, àvec «A petite flgUiNB I^êtue, BOtt (xirpi fluet et rétréci) et ses ^euk Itiruidyantë*, toujours modeatetnetit baissée, ii'âvatt «eflflittemekit pas Itt tournure biea guerrière ; gq^ pendant il n'y avait pas à se méprendre. Qu'on te irtt par devant ou par derrlèM) il n'y avait qu'àlire 4'inseriptkMi sur son dos ou sur sa iH)itritte : c'éMU m èehUaf Avec cet uniforme, ils prirent, l'un un ftifcil et l'autre un arc, puia ils se rendirant fierez* nient aU Champ^e-Mars i

<R Un instant aprèa qu'ils fUrent partis, nous ffei^- Mmes à clef la porte dé notre résid^cè bt nouis niâmes fliiré les curieux » Cette gi'ànde eirhiUtiofi milftÂirb devait avoir lieu^ en dehors de ia ville, d&ns Une va^te plaine s&blonneusé qui i'étattd le long des remparts ; les guerrière aitivi^t de touis les côtés par petites bande»; ils étaient accoutrai de toutes les ftiçMa^ suivant la bannière à làquefl» Ils appartMaient ; leurs armes; qui se dispensaient 4e reluire aux rayèns du soleil, étaient d'une grande variété i il y avait des fusils, di» arc!», d«k j^ea^ éM sabres, dis tridents et dei iciea.^au bout

.1 12 ÉTAT GÉNÉRiL

d'un long manche, des boucliers eu rotin et des couleuirrines en fer, ayant pour afEÙtles épaules de deux individus. Au milieu de cette bigarrure nous remarquâmes pourtant une certaine uniformité ; tout le monde avait une pipe et un éventail ; le parapluie n'était p(ts sans doute de tenue, car ceux qui en portaient un sous le bras étaient en minorité.

c A une des extrémités du camp, on avait élevé, sur une éminence, une estrade en planches, abritée par un immense parasol rouge, et ornée de drapeaux, de banderoles et de quelques grosses lanternes dont on n'avait nul besoin pour y voir, attendu que le soleil était tout resplendissant ; elles avaient peut-être un sens allégorique, et signifiaient probablement que les miliciens étaient en pi^ésence de juges éclairés. L'inspecteur extraordinaire de Tannée impériale et les principaux mandarins civils et militaires de la ville étaient sur cette estrade, assis dans des fauteuils, devant de petites tables chargées de théières et de boites remplies d'excel* lent tabac à fumer; à un angle du théâtre était un domestique tenant à la main une mèche fumante, non pas pour mettre le feu eitx canons, mais pour allumeules pipes. Sur divers points du camp d'évo-

lutious on Voyait plusieurs forts détachés, fabriqués avec des bambous et du papier peint.

a Le moment de commencer étant arrivé, on fit pai'tir au pied de l'estrade une petite couleuvrine, pendant que les juges se protégeaient les oreiUes avec les deux mains pour n'être pas assourdis par cette effroyable détonation. Alors on hissa un pa*villon jaune au haut d un fort, les tam-tams résonnèrent avec furie, et les soldats coururent pèle* mêle, et en poussant de grands cris, se grouper autour du drapeau de leur compagnie; là ils cherchèrent à se mettre un peu m ordre sans trop ' pouvoir y réussir; bientôt on simula un combat, et la mêlée, chose à laquelle on réussit le mieux, ne se fit pas attendre. Il est impossible d'imaginer rien de plus comique et de plus bizarre que les évolutions des soldats chinois; ils avancent ^ reculent, sautent, pirouettent, font des gambades, s accrqupissent derrière leur bouclier comme pour guetter l'ennemi, puis se relèvent tout d un coup, distribuent des coups à droite et à gauche, et se sauvent à toutes jambes en criant : Victoire ! victoire ! On dirait une armée de saltimbanques dont chacun est occupé à jouer tm tour de sa façon; nous en remarquâmes un très-grand nômbi*e qui

FORCES yiLITAIRES DE I. CUINK. S

lU ÉTAT GÉNÉRAL

ne faisaient que courir, tantôt d'un côté et tantôt d'un autre, Màs but détermiùé, et probablement ' parce qu'ils ne savaient trop ^ue faire de leur personne; nous ne pûmes nous tirer de l'esprit que ttoadeux chrétiens, le catéchiste et le jardinier, devaient nécessairement se trouver dans cette catégorie de soldats.

«Tant que dure le combat, deux officiers, placés aux deux «trémités de l'estrade, agitât continuellement un drapeau, et indiquent, par la rapidité pius ou moins grande de ses mouvements, le degré de chaleur de l'action ; les drapeaux s'arrôtent , les combattants en font autant, et chacun retourne à son poste ou aux environs, car on n'y regarde pas de trop près.

« Api-ès cette grande bataille, on fit manœuvrer des compagnies d'élite qui paraissai^t assez bien exercées; leurs évolutions se faisaient pourtant toujours remarquer par une ^trème bizarrerie. L'artillerie anglaise avait dû avoir bien beau jeu avec des ennemis dont l'habileté consiste à faire (tes cabrioles, ou à se tenir longtemps en équilibre sur une jatnbe à la façon des pénitent» hindous. Les fusiUers et les arehers s'exercèrent ensuite k tirer à la dblë; leur adresse fut remarquable. Lea

t>£S FOMM m hà CflINK. 115

fuftib ebino'm §out tant crosAe^ il* obt seuleideAt une poignée goidim \w piétoléUi# Lorftqu on tire le ecmp on n'eppuie pa» rarme contre Tépaule^ on tient le fusil du côté droit à la hauteur de la haii^ che« et atant de faire tomber «ur Tamof ce un tto^ chet qui Motient une tnèche allumée, on le eon^ tente de bldn ûébt le* yeui' lur le but qu'on téut frapper^ Nous avon» remarqué que cette maniera de faira atait un grand su^cè*, ce qui prouterait peut-être qu« pour bien tirer un coup àé fueil^ il eet moins néeessair e de tiser atec le bout du canon quê à» bien ri^arder l'objet^ absolument comme l^rsqn'im teut frappar un but en langui une pierre.

«La tir daa petites couleutrine» fut, saut eosupattàêMf ce qu'il 7 eut de plus ditertîssant pendant I« p«rade« Nous atons dit q» elles nVtieiit p«a d'affttt et qu'elles étaient portées solennellement par deujt soldats ayant chacun un bout de la goo« leuvrîM! smr l'épaule gauche, et retenu piv la main droite. On ne saurait s'imaginer rien déplus piito-^ fisque que la %ure de ce» radheureuz quand on mettait le feu à la machine ; ils testaient à montrer de la sérénité et de la gmdeur d'Ame ; os vofait qu^ls faisaient des efforts pour être îm|

116 ÉTAT GÉiNÉRÂL

mais la position était si critique, et les muscles de leur face prenaient des formes tellement inusitées, qu'il en résultait des grimaces étonnantes. Le gou* vémement impérial, dans sa paternelle sollicitude à l'égard de ces infortunés porte-couleuvrines, a prescrit qu'avant l'exercice, on leur tamponnerait soigneusement les oreilles avec du coton ; quoique placés à une distance assez éloignée, il nous fut facile de constater qu'on ne leur avait pas épargné la précaution* On comprend qu'avec un tir de cette façon, il ne. doit pas être très-facile de viser ; aussi s'en met-on peu en peine, et le boulet s'en va où il peut. Pendant les exercices, on a la prudence de ne tirer jamais qu'à poudre.

« Lorsque la guerre a lieu en Tartarie ou dans les pays où l'on trouve des chameaux, il parait que ces quadrupèdes sont chargés de mettre les couleuvrines en batterie en les portant entre leurs bosses. — Dans une série de tableaux représentant les campagnes de l'empereur Khang-hi dans le pays des Oeries, nous avons rencontré un grand nombre de ces batteries de chameaux. On peut se faire une idée, d'après cela, de la difficulté que doivent éprouver le^ troupes européennes dans une guerre contre les Chinois.

< La revud se termina par une attaque générale des forts détachés. U nous serait impossible de dire et d'expliquer ce qu'on fit, parce que nous n'y corn* primes absolument rien. Tout ce quc^ous savons, c'est qu'on exécuta de longues et inimaginables évolutions, et qu'à plusieurs reprises on poussa des clameurs étourdissantes. Enfin les drapeaux cessèrent de s'agiter ; les juges de l'estrade se levèrent en criant victoire ; l'armée tout entière répéta trois fois la même acclamation, et un de nos voisins qui, sans doute, avait l'intelligence de ce qui avait eu lieu, nous avertit que tous les forts, sans exception, avaient été emportés avec une rare intrépidité.

a Nous retournâmes à notre résidence oix nous vîmes bientôt revenir nos deux héros couverts de poussière, de gloire et de sueur. Nous les questionnâmes beaucoup sur les exercices militaires aux^quels ils venaient de se livrer avec tant de succès ; mais ils ne purent nous donner des renseignements^ bien précis ; ils ne surent pas même nous dire quel rôle ils avaient joué au milieu dé toutes ces évolutions. D'après leur témoignage, les deux tiers des soldats n'étaient pas plus habiles qu'eux, et se contentaient de suivre la direction et les mouvements des troupes d'élite. Ainsi, on voit que sur les

416 ÉTAT OÉNiRAIi

500^000 hûiQifies composant, ditH)n, la dmsion chinoise, il y a à fairô une forte réduction.

<t Le nombre des troupes mantchoux est à peu près étalué 1^0,000 hommes. Nous pensons que ces soldats sont habituellement sous les armes et qu'ils s'occupent avec assiduité de leur métier. Le gûu« Ternement y veille avec soin; car TEmpereura grand intérêt à ce que ses troupes ne s'endorment pis dans rinaction et conservent un peu de ce carao^ tère guerrier qui leur a fait conquérir TEmpire. On les traite, dit-on, avec beaucoup de sévérité; les infractions et les négligences dans le service sont toujours rigoureusement punies, tandis que les troupes mongoles et chinoises sont abandonnées à elles**m6mes. U est même probable que la dynastie régnante favorise, jusqu'à un certain point, Tigno^ rance et Tinactivité des Chinois et des Mongols, afin de maiùtenir les Mantchoux dans leufétatde supériorité, et de se réserver un facile moyen de dé' fense. en cas de révolte ou de séditiofi. Si les 500,000 Chinois étaient formés AU maniement deë armes et à la discipline militaire aussi bieù que les Mantchoux, 11 suffirait dun instant pour etpti sor de la Chine la race conquérante; »

Us HtàihU Mantehâui, Mongol* et Ubomuti

DES F0RCG8 DE LA Cff^E. 1]9

considérés comme trois corps, paradent avec Içdi^ vision principale, celle du Flanc, celle de TAt^ tillerie. Et cela se fait deux fois l*an par les corps ci-dessus appartenant à chaque Bannière, une fois parla totalité appartenant aux 2 l)annière8 de même couleur et une foi; Tannée par la totalité appartenant aux 8 bannières. Les fusils à mèche s'exercent cinq fois par mois en automne en 200 sections, et ils font avec leurs armes d abord 4 décharges dans les rangs (feu de peloton) ; ils tirent aussi trois fois l'arme sur la fourchette ou appui, sous les yeux d'un tMuhfBl d'un haut fonctionnaire de la division d'aN ttllerie* Du i*'au5 de la 9* lune, chaque Bannière détache 6 pièces de grosse artillerie sur charrois,

I au pont de Lù-^kau, pour être tirées trois fbis

chacun des jours de manœuvres : les 8 Bannières, lacune leur tour, font feu d'un gros fusil de bronase l'un des 25 fondus sous le règne de Kieû'^lung^ et nommé Skin^wei-wk^tih, c'est-^-dire « une majesté divine contre laquelle il ne faut pas lutter ; eette arme lance des balles de 10 2/3 Ibs. On élève un but à cent pas, et rexeroioe est bdn quadd ce but est touché 13 foie sur 16. Le seul autre ùei^eiee accessoire dont parle le CùdetUê Lris^ cet ouvrage important 4'otl les détails précédents ont été

iSQ ÉTAT GÉNâRU

tirés, c'est la fionnerie de la coquille (le clairon )4 et on en fait un exercice ou concours sous les auspices d'un officier député par le Conseil de Guerre. Les troupes de chaque bannière qui se livrent à cet art, déploient leur habileté sous les murs de la ville, dans le voisinage de la porte commise à la garde de leur bannière.

«La musique militaire des Chinois, dit K. S. Mackensie , dans sa Seconde campagne de Chine ne prouve pas un grand talent artistique de leur part. Ils ont une sorte de fifre ou de flageolet dont ils ne savent tirer qu'une note ; ils ont aussi des trombonnes. Toutefois, il est peut-être hardi à moi de passer légèrement condamnation sur leur talent, car, à vrai dire, dans toutes les actions, les musiciens avaient toujours pris la fuite sans nous donner le temps de les entendre. J'allais presque oublier de parler du gong, qui répand la terreur, et dont les règlements militaires fixent le nombre dans chaque camp* Le talent de l'instrument se mesure; à ce qu'il parait, sur le bruit qu'il sait produire, et, à vrai dire, je n'ai jamais entendu bruit plus effroyable que celui de ces gongs quand une fois on les met en branle. C'est la manifestation la plus retentissante des sentiments des Chi-

Dois, amis OU ennemis, tristes ou gais; ils battent leurs gongs à tout propos (1 ) . »

§ 7. Division liGÈRB. Artillerie et mousqueterie;

Le Kien-yui ying, ou division légère, placée au quatrième rang sur le tableau, fut formée en 1749, comme le corps d'escalade des 8 Bannières. Elle est divisée en 2 ailes, chacune sous un ministre d'intendance générale (tsung-tung tà-chin) ; ces deux ministres obéissent eux-mêmes à un offi* cier du même titre portant la dénomination accèssoire c chargé du sceau. » Ces trois chefs sont désignés spécialement parmi la noblesse impériale de la plus haute classe. Ils ne sont pas comptés parmi ceux qui reçoivent leur part des 86,000 taëls mis à part comme pension anti-extorlive d officiei*s de Bannières , et je n'imagine pas qu'ils tirent le moindre émolument de leur office. On leur a attaché quelques isànting du Yinn, choisis par les tàchin eux-mêmes, qui servent en qualité de chàngking ^ ou secrétaires des affaires du corps; leur

(i) Seconde campagne de Ckine^ par K. S. Mackenziej traduit par Xavier Raymond.

192 ÉTAT QisftKkL

nombre n'est pas spécifié, mais ils ont sous eux 8 pih-tiA-shi.

Les ailes par le fait sont commandées, chacune, par un jfik^à'Mg (3 «), ou Tancien de l*ail6^ et budessous de lui par 8 Wanling en tout ; deux d'entre eux ont la commission de yih-ch^ang. Les tianting ont la dénomination accessoire tsien-fung ( ayantgarde), comme l'ont aussi les 32 aidc-isanling, et tous les kiàu ou subalternes qui viennent ^jprès eux. Ud tsùiing, avec un fang-yà (5 «) et un subalterne, ont la direction de 4 Ungtsui et 54 cavaliers des Fa'ntz, étrangers ou sauvages tirés de la frontière septentrionale de Sz'chuen.

Il y a 4 sAùtsien-isung, sous-lieutenants» dont la mission est d'enseigner la tactique navale à 40 matelots fournis par la division de marine de Fuhkien. Durant l'été, 4 vaisseaux manœuvrent et combattent dans les lacs qui sont dans les jardins du palais impérial ; ils sont montés par 1 ,000 t$ien-fung assistés par ces matelots dans leur combat fictif. Ces sous-lieutenants s'élèvent à leur grade en passant par quelques grades intermédiaires, et ils sont tirés du corps des matelots en question. Il y a aussi dans ce ifing 8 instructeurs d'écriture raantchcux, choisis parmi les gradués dans les lettres ou Interpré***

DES FORCES t>C U CHINE. 133

iation de chaque bannière, et 8 instructeurs de TâfG à cheval, tirés du corps des subalternes de la division principale, ou officiers inférieurs avec la plume bleue (làn^tng ch*àng, 9 «).

Les hommes de 1'* classe dé ce ying, au nombre de 1,000, sont appelés tsten^futtff, ou hommes d*a-> vant-^garde, qui s'élèvent à mesure qu'il se présente des vacances parmi les u>ù tsten^fung qui sont au nombre de 1 ,000; ils se recrutent à leur tour parmi les élèves ou surnuméraires du même corps, ou de ceux des divisions métropolitaines ou de leur cavalerie. Leurs éïercices, quoique barbares, méritent une mention particulière par suite de la distinction de ce corps, que Ton note comme ejccellent pour la force el l'activité. Ils manœuvrent siï fois par mois avec l'échelle de siège, et ils font aussi trois décharges du fusil à mèche ; six fois ils s'exercent à la lutte et font des tours de souplesse à cheval ; un caifalier saute de son cheval sur celui d'un autre cavalier lancé au galop, tandis que Tautre cavalier quitte la selle pour en faire autant dans le même filOiiient. l^areillement, tout montés, ils tirent trois côu^ft de leurs fusils à mèches, lancent trois flèches, èi fbnt les simulacres dé l'attaque et de la dêfétiéé a^e le labrè et le fouet defef ou fléau,

124 ^AT eilNéBAL

^pèce d'instrument articulé. Ils ont en outre six examens par mois sur Tesercice du cheval et de Tare à pied ; et deux fois Tan, pendant douze jours, ils s'exercent à tirer au but avec le fusil à mèche ; chaque tireur tire cinq coups par jour , et il est récompensé ou puni suivant que ses différents suc« ces le placent dans Tune des trois classes de progrès. Chaque jour ils envoient un détachement composé d'un ts'ànting^ d'un subalterne et de dix hommes au jardin de Tsing-^i, plus d'à moitié chemin de Yuen-Ming Yuen, et il parait qu'ils n'ont pas d'autres fonctions. Comme escorte, ils fournissent un sur dix de leurs officiers et de leurs hommes pour accompagner Sa Majesté dans ses excursions. Les hommes sont alors habillés de jaquettes jaunes bordées de bleu; leur ts'anlinj est vêtu de bleu bordé de jaune, eUeyih^ch'àng ({m commande, entièrement de jaune.

Les armes dont les Chinois se servent dans le Nord ne sont pas absolument les mêmes que celles qui sont employées dans le Sud de l'Empire. Dans le Nord, on voit de la cavalerie en plus grand nombre ; on peut même dire qu'elle y est concentrée, et nous en trouvons la raison dans Tétat du sol des provinces du centre, du midi et de TOuest,

DES FORCES DE LA CHINE. f 25

lesquelles sont exclusivement affectées h la culture du riz, qui réclame de nombreux canaux pour Tir* rigation (1) • La cavalerie ne pourrait se mouvoir sur ces terrains, faute de moyens de communication. Le ho-kiying (division des armes à feu), désignée ici comme celle des artilleurs et mousquetaires, est composée d'hommes des huit bannières. Elle se divise en intérieure, cantonnée dans l'intérieur, et extérieure, qui est placée derrière la manufacture d'indigo, en dehors de la cité. Le corps intérieur s'applique à l'exercice du fusil à mèche et de la grosse ai'tillerie; le corps extérieur, à celui du fusil à mèche seulement ; mais aucun des deux ne né^ glige l'arc à pied et l'arc à cheval ; au contraire, malgré leur désignation, ils s'appliquent à cela bien plus qu'à l'exercice des armes à feu. Us sont tous sôusia surveillance d'un tsunglaug, ministre chargé du sceau, et deux en dehors du sceau, comme la division légère. Ils sont choisis dans la noblesse impé* riale des 8 premiers ordres, les capitaines-généraux de la Garde, de la division principale et de la division du Flanc, et parmi les tù tung ou fUtulung des 8 ban«

(1) Le riz doil ôire immergé dans i*eau pendant aa moins six semaines.

mhre»4 A ce corpê 69t attaché, ootm 1m offidart spéciaux, ub tfih^ehèng ou ancien d'une atle^ airec un aide ou lieutenant yih<hfimg^ à ifinf-^tHUig mx maréchaux de camp, 4 iêMini et 8 pik-Uhëhi. Le corps intérieur est commandé par un ^k<hàng et un aide ; 3 ying^iung^ ayant chacun un leeau d'office, et sortis des tsènting de mousquetaire» qui sont au nombre de 4; ^ fiHêàntimg^ 46Mà4Mm* My rt 112 subalternes complètent lès radrei.

Celui du corps extérieur est absolument lemème» Quatre pik'4iik-êkt sont de plus attachés à chaeuii 4 eia« Leurs rangs sont remplis par des Maat^ choux et des Mongols seulement, choisis datis la proportion de 6 mousquetaires et i artilleur par chaque compagnie de uoling. Les prenriers ont le titre cki mkti^i$Umg Mi^ktun (hommes de flanc du mousquet), et se recrutent d'après un règlement particulier. Tout homme prenant à Péking des trois provinces maaichoux, avec le contingent de peaux de martre auquel il est taxé, ou dans le dessein de faire son apprentissi^e dans les manœuvres du camp de chasse {», est pris pour remplir une vacance; à défaut de ce genre d'hommes, les artilleurs , ou

(1) Toutes les garnisons de Bannière, sauf céflés *d6

DES Fonces M LK CHINE. 127

élètee, sont éligibles* Les fusiliers eux-*in6ines sont recrutés parmi les élèves ou surnuméraires de leur yàypropre, ou, s il y a impossibilité, parmi ceux des

Ftthchsn, de GanlOD, de Liàngchaa, de Niogbià^ de Gfawfcn" gliàng, de Sai-yuen, de Tai-yuen, deTehchau, et les 0 garnisons intérieures du cordon métropolitain, dépêchent un petit nombre d'eileiers el d'bomaies à Fèkiog poar s'instmire de leurs fonctions à remplir- dans les é^pages de ehaMe de l'Erope^ reor, dans le cas où il doit se rendre aux chasses réservées de Muh-tan, à Jeh-Ho (Zhchol). Elles sont sous la garde d^tto Uunghxfàn (3«), de 3 t/ih-ehàng (4a), de 8 fàng fû et de 8 hiàu-^ki kiàu ou subalternes, tous sods les ordres da iUtutig de Jeh-Ho. Les détachements arrivent b Pékiog en trois sections : la première de H&ngchau, Chapù et Kingcbkn est remplacée, un an après son arrivée, par la seconde xtOÊA de SiHigfcii et de TsiDg-^Sifca; eeUe-d l'est à seo tour par la troisième de Nanking, de K'aifang et des Yii^wei de Sui-yuen. Tandis qu'ils font ce service, et pendant leur trajet pour se rendre k Péking afin de te rempfir, ils ont le tndtement de subalternes et d*h«mmes de la divisioit du Flanc^etc. A Pékiog^ ib sont placés sous les ordres du tmng' ling des trois bannières supérieures. Le contingent Jeh-Ho ne va pas à la cité naturellement, mais on (e forme sur son terrain.

B y a an eataiogue de noMes snmgofiens (ri%és de se préseoter chaque année à Pékiag. Si rBmperetH* passe la frontière pour chasser, ils viennent lui faire hommage sur le territoire de chasse même, et Texpédition est sous la condaite de qttel(|ues'an8 d'eux, tandis que le reste se tient à la tant fae dore i» chasse.

fuaU'ki. Quand l'Empereur va à Muh*lan pour chasser, et part pour quelque excursion, 3 officiers et une centaine d'hommes de ce corps l'accompagnent, ou 2 officiers et 50 hommes s'il va au mausolée dans Ghihli. Un yih'Chàfiffy habillé de jaune, commande la troupe ; les tsànting et chàngking sont vêtus de jaune bordé de blanc; les subalt^nes et. l'escorte, de bleu bordé de blanc.

En général , les princes chinois ont toujours montré du goût pour la chasse; on raconte plusieurs anecdotes à ce sujet.

€ Le philosophe Meng-tsé, disciple de Tse-sse, petit-fils de Confucius, s'entretenait un jour avec Suen-Kong, prince deTsi, dont le règne commença 445 ans avant Jésus-Christ. Ce prince lui dit : «^ Le parc de Ouen-Ouang avait soixante-dix /y carrés d'étendue ; en convenez-vous? — On le croit ainsi selon la tradition, lui répondit Meng-Tsé. — Si cela est, reprit le roi, il était fort grand. — Le peuple cependant le trouvait trop petit, dit Meng- Tsé. — Gomment cela? ajouta le roi. Mon parc n'a que quarante /y, et mon peuple le trouve encore trop vaste. — Prince, lui dit le philosophe, le parc de Ouen-Ouang avait souante-dix ly d'étendue, et , ses sujets le trouvaient trop petit, parce qu'il leur

DES FMess m u chine* 129

était coinmuD avec ce prince, et qu'ils y allaient faire du fourrage, couper du bois et prendre du gibier. La première fois que je mis le pied dans vos Étals, je m'informai des principales ordonnances pour m'y conformer. J'appris qu'entre le Kiao et le Kian, était un parc de quarante ly de circuit, et que si quelqu'un s'avisait d'y tuer un cerf, il serait puni aussi sévèrement que s'il avait tué un taotnme. Je compris de là que c'était comme une grande fosse creusée au milieu de votre royaume, et un piège tendu à vos sujets. Est-il extraordinaire qu'ils le trouvent trop grand 7 »

(Meng-Tsé : Leang-hoei-ouang) (i).

« L'empereur Kang-hi, accoutumé à une vie active et laborieuse, craignit que les Mantchoux, ses sujets, ne dégénérassent de leur première valeur, dans un climat qui inspire naturellement la mollesse et fournit des appâts aux plaisirs ; et c'est pour cette raison qu'il n'en envoyait que le moins qu'il pouvait dans les provinces méridionales, où ces qualités de climat sont beaucoup plus sensibles que dans celles du Nord : il n'en faisait passer qu'autaat

(1) Histoire générale de la Chine j par Tabbé Grosîer, T. IL (Noie de réditevr).

rORCU XILITAIBKS DE IJi CniIfF. 9

^130 Mt oénéaâl

que ta nécewité l'exigeait, et il observait de ne pas lesytaiftser longtemps. €ette même crainte politique, son inclination particulière d'ailleurs , et te dessin de contenir les Tartares dans la soumission, le déterminèrent à aller faire dans les montagnes de Tartarie des parties de chasse qui ressemblaient plutôt à des expéditions militaires qu'à des parties de plaisir* On formait autour des montagnes et des forêts des cordons qui) se doublant et se triplant à mesure qu'on s'approchait du centre, ne laissaient pliiç aux animaux qui s'y trouvaient qu'un cercle étroit où il leur était impossible d'échapper à la portée de la flèche. Kang-hi, infatigable, était toujours suivi de quinze chevaux de main, et souvent il en lassait huit ou dix en un jour de chasse. Ces parties de plaisir duraient quelquefois deux ou trois mois ; il y conduisait une armée nombreuse com^ mandée par un grand nombre d'ofAciers, et suivie par plusieurs pièces de gros canons^ Ce prince, à leur tête, exposé dans ces régions désertes et ces montagnes escarpées aux injures du temps, était accompagné de toutes les marques des grandeurs qui l'envirpnnàient à Péking. Malgré les marches les plus fatigantes, le soir, retiré sous ses tentes, il expédiait toutes les affaires, prenant sur sob som-

DES FOMÂI Dfi Li CHINE. 181

meil la perte du t^ops qu*il avait faite pendant le jour; et il recevait aussi les visites des régules qui venaient avec leurs enfants de trois cents milles, et aouvent de cinq cents milles, pour lui faire leur cour» C'est ainsi que Kang-hi, fuyant les chaleura extraordinairei( qu'on sent à Pékiing pendant la é^ nicule, allait passer cette saison en Tartarie, oft*la rigueur de IWi occasionnée par Télévati^m du ter*rain et la multitude des moniagtteSi Tobligeaient quelquefois à prendre les fourrures*

« Un jour l'empereur Tchuang^song^ en chassant du côté de Tchong-^meon, causait beaucoup de d^t sur les terres appartenant au peuple ; le mandarin de TchongHmeon, arrêtant son cheval et M jetant à ses genoux, lui dit : • Si Votre Miyesté , « qui doit se regarder comme le père do ses sujetSi «détruit ainsi le peu qu'ils ont pour se sustenter, « n*est-<:e pas les exposer à mourir de faim et de « misère? s L'empereur, irrité de la har dièsse du mandarin ) le renvoya avec mépris et voulait même le faire mourir* Le comédien Kin«sin«mo, qui Ta^ vait suivi, faisant semblant de quereller le mandarin, lui dit : « Vous, qui êtes un officier de TEm- « pire, ne savea-vous pas que notre maître aime la • « chasse? Vous laissez aller vos peupleà dans Ic^

132 ÉriT CéllÉRAL

n champs pour cultiver la terre; n*est-ce pas afin «.d'emp6cher le prince de s'amuser? Rien n'est « plus juste que de vous, faire mourir. » Se. tournant ensuite vers l'empereur : t Je prie Votre Mail jesté, ajouta le comédien, de me laisser assister «oà son supplice. » Le prince soudt et renvoya le mandarin (i). »

Le corps intérieur est exercé à Tare six fois par mois à pied, et six fois à cheval ; douze autres joun^ au sabre et à la lance, et dans les derniers six jours, à l'attaque et à la défense avec ces armes. Us font l'exercice avec le mousquet, à la parade, mais dix fois dans le printemps et neuf fois dans l'automne; et, en chaque saison, ils ne tirent au but que cinq fois, soit avec le mousquet, soit avec le canon. On les passe en revue au printemps et à l'automne avec le corps extérieur, deux fois durant l'automne, par simple bannière, avec cinq autres corps de la même; une fois par deux bannzères ensemble de la même couleur, et une fois dans la grande parade des 8 bannières, comme nous l'avons décrit pour la division précédente*

(i) Histoire ginéiaU de la Chine, par Tabbé Gn^siër, T. VIL

Le corps extérieur n'a que la moitié de joun 4'erôreices, comme archers à cheval, et ils en cùâ* Mcrent six au fusil à mèche, neuf à des tours do souplesse à pied, à cheval, sur les chameaux, avec les fusils à mèche, les arcs, la lance et autres armes; et six aux mêmes exploits sous une autre forme el sur une moindre échelle ; notre ignorance des exerdces actifs des Chinois nous empêche de traduire tes termes qui marquent leurs différences récipro* ques.

. A «es derniers exercices on fait prendre part iOO élèves entre l'âge de sept et onze ans. Le corp$ fait l'exercice de la balle dix fois par mois» et figure aussi dans les naumachies qui se font dans les jar« dins, à jour alternatif, avec la division l^re.

Les cinq corps mentionnés précédemment sont inspectés ensemble par l'Empereur une fois tous 1^ trois ans, dans le Nàn-Yuen, ou Parc, en dehors de la Porte*Sud de Péking. C'est là qu'ils dressent leurs tentes en 36 campements contigus, chaque campement occupant un parallélogramme de 400 pieds chinois de long sur 240 de large; avec 10 pieds d'intervalle entre eux, ils présentent un front de 9,000 pieds. Ils sont divisés en ailes ; la gauche consiste en 4 campements occupés par l'artillerie

134 tStkt «ÉElteiL

et les mousquetaires bànkiun des 4 bwnières de Taile gauche ; 4 campements mantchoux de la niéme bannière et de la même arme, un campement de la division principale, 4 de celle du Flanc^ ^.4. dû. la troupe soldée; enfin, un campement formé par la.division légère. L'aile droite comprend pareil nombre de chacun des mêmes corps des bannièpes^de Taile droite, mais contient un campe» ment du œi^s d*artillerie comme oontre^poids à celiii de la division légère à Taile gauche.

A la distance de 2,750 pieds de l'alignement est placé le pavillon de rEmpereur, près duquel esl dressée ep semblable occasion sa tente bien garnie de toutes les ressources de l'art militaire chinois. * De \h les commandements sont transmis par les J0tteurs.de conques mongols des 3 bannières supérieures, des 5 inférieures, de la Garde et de la di« vision du Fl^c« Les premiers se tiennent le plus près de la tente, et le reate va en obliquant à la juite jusqu'à ce que les plus en dehors approchent des eictrémités de la ligne sur laquelle la tète des .troupes prendra sa place lorsqu'elles se fixeront 'dans l'ordre de revue : c'est à 1 ,000 pieds du pa-*- .yiUon4 : La parade se forme sur trois lignes ; les wyii»

DES FORGES DE Xi ^HINE. \^

OM cbdvaW'^cle-frUe, avancent jusqu'^laligne 4attt nous ifenons da parler, qui e»t à 1 ,1«10 piada «vr \(^ front du c«tinp« Là, ils présentent une ligne dan^lo^ centra de la posilioui directement soutenus p^ lea* mousquetaires himkiun , qui se fora>wt sur leur^ arrière. L'artillerie hànkiun s'aligne avec le^arph sur les deux flancs, et sont semblablement soutenus par leur escorte de mousquets et de boucliers, Les mousquetaires mantcboux , entxemôlés dans les rangs de l'artillerie mantchouj, se placent» d'çiprès leur bannière, sur le flanc droit ou le flftRP gauche des hànkiun , et ainsi complètent la première ligne, qui peut avoir de flanc eo flanc une étendue de 6,340 pieds«

La seconde ligne, appelée en chinois celle de téta ou principale, est à 250 pieds en arrière des che-; vaux-de-frise. Les hommes de la division principale sont placés exactement dans le centrai montés et en ordre sous leurs bannières ; à leur droite et k leur gauche se tient la division du Flanc montée aussi ; sur le flanc gauche de leur aile gauche sont ceux de la division légère, mais tournés en arrière vers leur flanc intérieur de près d'un quart de cer-r cle ; tandis que sur la droite, tournés de même, sont les corps d^artillerie extérieurs. Cette ligné

136 ÉTAT GÉI^ÉRiL

peut présenter un front de 6,540 pieds; ses flancs en retraite 1,000 pieds chacun, et leurs extrémités 7,140 pieds pour leur part. La seconde ligne, en^ tièrement composée de la troupe soldée, est exactement semblable pour sa disposition et son étendue, et se place sur le terrain à 1 50 pieds en arrière de la première.

Voici la distribution et l'armement des troupes, 6>357 hànkiun au premier rang sont commandés par 4 tiuung^ 8 fihlih-tung, et 337 officiers dont les tsànling et subalternes (kiàu) sont strictement militaires ; les Chàngking^ qui sont dans une large proportion sont plutôt line autorité civile. (1) Les hommes sont : 245 artilleurs pour tirer les pièces, 880 pour les traîner, 792 caporaux ou privés portant les grands étendards et pennons ; 2,560 mous-

(1) Nous avons vu en différents endroits, et particulièrement dans la force soldée des bannières, que jes fonctions du ehatig-king sont presque toutes liées à la solde et à. la correspondance des corps auxquels ils sont attachés. Je n'ai pas été en état d^affirmer quels oiBces détachaient ceux qui sont employés dans l'armée (car ils cumulent). Les thàfig* king du conseil, si ce sont des Mantchoux, sont ou ehang-' shU (7/3) du cabinet, làng-chung (54e), yucn wàilang (5^3)^ ou ehû'S%' (6«) des conseils, ou de Toffice colonial, oupi/i Hli shi des mêmes bureaux , qui peuvent être du sixième

DES FOftCES DE U CHINE. ÎZT

qiietaires, 688 boucliei*s, 440 faisant flotter lés peu-nons, battantes gangs ou tambours, ou sounaM do Iti conque; 640 portant les chevaùx-de-frise, et- 1 1 2 tamboucs et guides pour Valignemeiit. Ces der^ niers ont 16 grands étendards des 8 bannières, por^ tés par 3 hommes chacun ; 16 autres appelés éten-^ dards du Uànting^ 40 pennons rouges ou guidons, 376 petits pennons ; 160 garnitures de chevaux-defrise, 160 longues lances, 80 canons tirés par 3 et traînés par 11 hommes chaque, 2,560 fusils à. mèche, 688 buts, 88 gongs et 184 conques.

ou septième grade. Nous avons pris Thabitude de traduire ce dernier terme par «secrétaires; » mais un pih Hh^ ski placé au premier rang dan» ses examens, à l'examentriennal de Féking, peut être désigné, sans tenir compte de: son grade de pih tih sld qui le place dans le neuvième grade, pour les postes du cinquième dans le service, civil ou militaire ; le choix de la marche'qu'il doit suivre pour avoir qualité dépend de hii, bien entendu. Les ekàngking des Hàiv* kiun peuvent être pris à la même source que les Mantchoux; ou parmi les gradués dont la place dans les tribus kU-jin ou tiin'sz*^ leur à permis d*aspirer aux fonctions métropolitaines du septième grade. Us reçoivent comme chàngking des appointements dont il sera tenu compte dans l'estimation des dépenses de l'armée, quoique je les aie exclus de l'étal dans lès- tableaux qui établissent la proportion de tous lès rangs dans ce service.

1^ iTAT eéNéUL

Cas dernières troupes i^parliennent proprttneRi à la troupe soldée des bamûères. L« division d'ar* tillerie envoie 5 officiers supérieurs et Miuànling et autres^, 1,920 mousquetaires; dont clique dixainei a son chef, 250 pour l'escorte des étendards, 1 d par* te^étendards, 440 canonniers, et 40 porteurs de pennùns des canons, en tout 2,864. Leurs armes, etCM sont 40 canons se chai^eant par la culasse,. 2,920 mousquets, 160 conques^ 40 étendards, 16 pennons rouges et 230 petits pennons ou guidons,

La seconde ligne ( l)est formée de 8 18 hommes de la division principale, et 1852 de la division du Flanc. C'était même son complet avant qu'on y eût clouté la divison légère et le corps d'artillerie extérieure, mais la Recherckfi de 1825 qui &iQ cette augmentation à 11812, ne donne pas la disposition de leurs hommes à la grande revue. La ligne porte 8 étendards, 552 pennons, et 144 conques. Les armes des troupes sont, il est présumable, la lance, Tare et en outre un petit sabre.

La 3* ligne dont le centre et les flancs sont tous

(1) Les lignes formeat un rang entier, et Ton aura una idée de leur peu de compacité lorsqu'elles font halte, si l'on sait que le terrain assigné k chaque division laisse à ch^uQ soldat près de 42 pouces d'espace.

DES F01UX8 PS U t^HINE.

deux eKactement couverte par la $ecoade,ii}0 pieds en avant, met en rang 672 tingtiui et S,0S2 aoldati h wn centre faisant face au front, et 104 lin^i et 3 12 soldats dans chacun de ses ilanos en jretraiteit Le centre est commandé par 4 tittung et 8 fié*tiUu»0 avec 300 officiers, et est garni d'étendards et de pennons petits et grands au nombre de 760 avec 1 12 conques ; les flancs ont chacun un tutung avee chacun un fU^mma et 60 officiers et ils portent avec eux 1 2 étendards^ 104 pennons et 28 conques, Chaque /tii^lnii a son pennon et ils sont enpror portion d un par 3 soldats privés.

Si loin que s'étende le déploiement de leurs pou^r voirs, aucunes troupes, sauf celles qui wixi armées d'armes à feu et de boucliers, et seulement des dé^ tachanents d'entre elles, semblent n'être appelées à laQrande Revue, Les chevaux-de^-^frise ne parais^ sent pas quitter leur place, mais les troupes se meuvent sur le terrain à intervdles, etlesroouft* quetaires avancent directement au front à 'périodes fixes, puis font halte, font une décharge et conti* nueât à avancer : ils font cela jusqu'à 10 fois, par^ courant entre chaque balte 50 pieds, et le 10' coup tiré; les troupes, la revue passée, se retirent sur h terrain en arrière des chevaux-^de--f rise, une moitié

140 ÉTAT OiNÉBiL

de la division principale et de la division du Flanc fournissant Tarrière-garde,

Notre notice sur ces 5 divisions se terminera par un détail fort court sur leur armure et leur équipement. La tète et le corps sont défendus par un casque et une tunique ou jacquette de piqué ; ceux des officiers sont cloutés si dru en métal que dans la pensée même d*un indigène, ils peuvent être considérés comme en acier. Les officiers sont armés d'un petit sabre, de 2 arcs et d^un carquois, et d'un nombre de flèches qui diffère suivant le rang de celui qui les porte; dans le 1 ^ grade, il leur (Bst alloué 400 flèches, dans le 2% 350; dans le 3% 250; dans le 4*, 200 ; dans le 5% 150^ dans le 6% et au-dessous, 100. Dans la division principale, chaque homme a un mousquet, un sabre, un arc, un carquois et 50 flèches. Dans la division du Flanc et la troupe soldée, il y a par deux hommes une longue lance de 13 pieds chinois de long; la r*a 36 conques en coquillage par bannière pour donner les signaux; la 2*, une par compagnie de tsoling, et 2 par chaque ts'ànling. Les mousquetaires hànkiun de la troupe soldée sont naturellement armés de fusils à mèche, et, avec l'artillerie, ont un tambour et 5 gongs à chaque bannière. Les hommes à

DES FORGES DE LA CHINE. Ht

boucliers ont en outre leur large bouclier, un poiguard et un long sabre, avec 7 conques à chaque bannière. Les chevaux*de-frise fournissent un poste par compagnie, et chaque homme est muni d'une perche pour la porter.

Dans l'artillerie, 5 canons se chargeant par la culasse sont assignés à chaque bannière, avec 14 conques en coquillage, et 5 autres pour accompagner les pièces. Il y a en outre un parc d'artillerie à la charge des hànkiun de la troupe soldée ; une seulement des pièces est montée sur des roues, et enfin il y a un certain nombre de canons aux portes intérieures ot extérieures, ainsi distribués :

En parr. noat^ nv imm. m poriei. piêoM «aplii.

Bordé-jaune

Jaune-uni

Blanc-uni

Rouge-uni

Bordé-blanc

Bordé-rouge

Bleu-uni

Bordé-bleu

i4S Ètkf GÉtflÙIAL

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