FORCES MTLITAIRES DE LA CHINE
66 ÉTAT ÛÈKÈêXl
l'AupiM du MiUm rap^^rle-t-efie des tmto
d'adresse qui prouvent combien Temploi de cette armé était déjà en honneur. Qu'on nous pennette de citer à ce sujet un passage d'autant plus intéressant qu'il est puisé à une source originale.
« Témoutchin, dit Fauteur du Tong-Kien-Kang- Mou, et lesdeui^ officiers fidèles qui raccompagnaient, s'en retenaient avec peu de gens de leur suite, lorsqu'ils rencontrèrent une troupe de bandits qui parurent avoir le dessein de les attaquer. Témoutchin était accompagné d*un fameux arbal^rier, appelé Soo, qu'ïl aimait beaucoup, et à qui il avait donné le nom de Mei^en. Lorsque ces bandits futent assez près de lui pour pouvoir s*en faire entendre, voyant deux canards qui volaient avMlessus de sa tète, il dit % Mergfaen d'en tuer un. Merglien banda aussitôt son arc, et demanda lequel il votthtit qu'il tuât, le mâle ou la femelle? ^« Le mâle, » dit Témoutdiin. A peine eut-il prononcé cette parole, ^e M^ngHen décocha sa ll^heet fît tomber le canafd. Les bandits, témoins de cette action, nVisferont se mesurer avec d^ Hommes qui savaieM tiiw «i juste, et ils se refeèrwit,
€ Un autre jour, Témoutchin, accompagné de 30 à 40 cavaliers seHlemait, traversait des montagnes
DES FOU» MS U CHIxNB. Of
coupées de plunieuK raiines, et, s'entf«tM«it awe ses offieie», ii demandait eommeat ik pounaient se tirer d'affaire s'ils menaient à rencontrer des bandes de vcdeurs? « le ne désespérersdis pas, ré- « pondit Monholi, de pouvoir les arrêter. » Bans le moment qu'ils en parlaient, il en sortit en effet plusieurs des forêts, dont ces montagnes étaient couvertes, qui firent tomber sur eux unegrêledeflèches. Monholi aussitôt s'avance vers eux et en tue trois, de trois flèches qu'il décocha. Le nom de MonlieiK était déjà fameux à cause de sa vdeur. Le capitaine des voleurs ayant appris de Monholi même qui il était, se retira aussitôt (1). »
c L*examen militaire, dit William C. Milne, témoin oculaire, eut lieu le premier et se fHen plein air. Je ne manquai pas de m'y trouver. Le lieu choisi était un champ de manœuvre en dehors des murs de la ville. Le temps, qui était beau , avait attiré un grand concours de spectateurs. Beaucoup sans doute désiraic^nt voir en quel état se trouvaient les Invincibtes après leur contact récent avec les soldats anglais. Jetant un coup d^oeil sur ce'
H) Bisioir0 gàiAale de la Chine, m AnnsieB 4e 'jc4 empire, traduit du Tong-Kien-Kaag-Mou , par le P. de Moyriac 'de Mailla. T. IX, p. 1^ et sniv.
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« cbamp-de-Mars, » je vis à une des extrémités un b&timent d'une étendue assez considérable. Le prévôt de la ville (président) était assis sous un dais, entouré d'un groupe orné de boutons, fumant de longues pipes, se donnant l'air digne, et faisant repousser quelques intrus qui se faufilaient dans l'enceinte. Le président avait devant lui une table sur laquelle étaient placés les objets nécessaires pour écrire. Il examinait les compétiteurs et leur donnait des notes bonnes, mauvaises ou indifférentes. Je vis au bas des degrés qui conduisaient à son siège vingt-^eux candidats seulement pour les honneurs militaires. Ils portaient des robes de soie et de satin de diverses couleurs, et plus ou moins riches ; leur bonnet de cérémonie était orné de houppes de soie, et ils étaient armés d'arcs et de flèches. La lice occupait un espace de plusieur centaines de mètres de longueur sur quatre-vingt pieds de large seulement. Les spectateurs, hommes et femmes, étaient rangés des deux côtés, avides de contempler le spectacle, et ne se gênant pas pour exprimer par des cris ou des huées l'impression que leur causait le succès ou l'échec des compétiteurs. Pour maintenir l'ordre, plusieurs hommes de la police se tenaient le long de la lice ; mais ils
ne servaient guère qu'à exciter la rage ou les quolibets de la multitude; à l'autre bout de la lice, vis-à-vis le dais du président, était le point de départ des archers montés. Lorsque les épreuves commencèrent, un crieur s'avança et cria le titre de chaque division et le nom de chaque candidat. Ceux-ci répondirent un par un en s'agenouillant sur le genou droit et en inclinant la tête. Chaque compagnie reçut ensuite l'ordre.
« La première épreuve était celle des archers montés, et c'était peut-être la plus intéressante. On les envoya à l'autre bout de la lice. A une ou deux exceptions près, leurs montures offraient un triste échantillon de l'espèce chevaline de la Chine. Les chevaux étaient caparaçonnés de la manière la plus fantastique, les selles hautes et gauches, les brides épaisses, rouillées et grossières, les étriers de vilaine forme, etc. Au moment oii le candidat montait à cheval, deux trompettes sonnaient et donnaient le signal. Ce n'était point une lutte entre les compétiteurs; c'était une expérimentation de leur adresse à tirer à cheval. La carrière à fournir avait plus de 200 mètres ; sur la droite étaient placés à ^ales distances trois grands cylindres de serge noire, dans chacun desquels étaient fraçés trois
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globes rouge». Celui du milieu était le but offert ù TâdreiM des areliers. Lorsque lun d'eux était f^rti, en imitait un petit drapeau pour l'animer ; si ta flèehe attttgiMtit le but, on battait le tambour, 'êfi iiidlîiiant une grande bannière. Pour manier Yârc et la flècbe pendant que le cheval était au grand galop, il fallait au candidat beaucoup d'adresse, puisqu'il n'y a^ait pas moyen de tenir la bride. La plupart des archers firent preuve de oodp d'osil; ehacuii dotait parcourir la lice trois Mis, et à chaque fois il venait au tribunal recevoir des reproehes ou des éloges.
« Vint Msilite le tour des archers à pied. Les edndidafs étaient divisés en compagnies de quatre. Chaque homme envoyait six flèches à la distance de iOO mètres. Lorequ'il touchait le but, on en prenait note, et le nombre de marques réglait le degré d'adresse. Le troisième exercice consistait à bander des arcs très-forts, exigeant une force de 80 à 1 20 livres« Le quatrième exercice était le maniement du sabre. La cinquième épreuve de force et d'adresse consistait à enlever de grosses jnerres et à soulever de pesants fardeaux. L'examen se termina par cet exercice. »
Les plus esperts des êàt^^vU supérieurs peuvent
DES FORQW IMS U CHINE. 71
deTUDir ministres ^4?/ra(l). Les ^Ai^uvi inférieurs et ceux de la plume Ueue s'élèvent à la dasse qui est au-dessus de la leur; les iniMriiiii deviennent âki^wiê de la dernière classe et de la plume Ueiie.
Au-dessous des officiers portés sur le tableau sous le nom de eamnumdants d'autorité partagée^ officiers qui sont au nombre de quatre par chacune des trois bannières, il y a quatre secrétaires du 6* rang, et vingt-*sept du 7\ du 8' et du 0% chaînée de la correspondance.
Les six ministres du palais (mi/ /^AAt) sont pris parmi les généraux des bannières, de la division du FlanCf ou bien des ministres-extraordinaires {sàntieh tà-chin) qui eux-4ii6mes font partie des huit ordres inférieurs de la noblesse impéiîai^i ou des cinq ordres de la noblesse nationale, ou sortis de la première classe shi^-wH,
Rien n'est fixé, en dehors de ce que nous avons écrit plus haut, touchant leurs fonctions. On fait
(4) Je me suis servi du mot extfa (extraordinaire), non comme traduction de Sàn-tieh^ mais comme préfixe (dénomination accessoire) du mot aide-de-camp dans Tannée britan* aique.
quelque allusion à leur emploi dans, des missions spéciales, mais l'administration réelle des sM-^wei parait être dévolue aux 12 commandants d'autorité partagée, aux 12 commandants, aux 24 députés et aux 69 décurions ; et c'est un établissement assez considérable, si Ion fait attention au nombre de ceux qu'ils ont sous leurs ordres.
Au sujet des ^At^tr^i eux-mêmes, la seule chose qu'il y ait à remarquer, c'est qu'un petit nombre d(entre eux est détaché aux colonies de Mohammedan, pour trois ans à la fois, c'est-à-dire 15 à Ilî ; 9 à Uliasutai; 12 à Yarkand; 12 à Tarbagatai; 8 à Kashgar ; 6 à Ushi, et 2 à Kobdo.
Les tsin-kiun sont, comme une compagnie de soldats, commandés par leurs lieutenants [tsin-kiunkiàu) et par leurs sous-lieutenants (wei tsin^kiun kiàu), Le/rtâtiest un terme strictement militaire, et commun à tous les corps et garnisons de Bannière.
Il y a un sMwei spécialement désigné pour le bureau des Mémoires, à la tête duquel je trouve un haut officier de la Présence ; il s'y trouve de plus attachés six officiers civils du 5% et deux du 7* rang. Ils reçoivent tous les mémoires, écrits eii
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mantchoux ou chinois, qui arrivent des provinces ou sont présentés par des personnes au-dessous d'un certain rang ; et ils les transmettent à l'Empereur par l'intermédiaire des eunuques. Ce shiwei mentionné plus haut est un des officiers de la Présence, ou à la porte Kien-tsing. Six de ceux-ci sont à la même porte, ou à la grande porte extérieure, et ils sont chargés de recevoir les mémoires en Mongol. Ce titre de shiwei^ nous le retrouverons dans d'auti*es corps à la description desquels nous procédons maintenant.