Ch. Richet, Recherches sur la seiià-ibililé
■i. FÉRiî, L'énergio et l;i vitesse des mouvements volontaires. Heviie philoHopliiquc, 1,889, II, 37.
4. VxvlÎUcuek, Eludes cliniques sur la grande hysle'rie, [8S'6, 23.
— QiLLES DE LA ToUHETTE, OJ). cH., 206.
Visuel 10° des deux côtés, retrouve quelquefois pendant une sorte d'excitation qui dure une demi-heure avant l'attaque, la sensibililé complète.
Pendant l'attaque elle-même, quand on peut obtenir quelques signes intelligents (nous verrons que c'est en général possible), la sensibilité se modifie; souvent, comme cela arrive chez Berthe, elle se rétablit complètement. Après l'attaque, beaucoup de malades, comme Marguerite, reviennent à leur état habituel ; d'autres ont pendant quelque temps des anesthésies plus étendues qu'à l'ordinaire. Berthe, d'ordinaire hémianesthésique gauche, champ visuel 5° des deux côtés, reste, après l'attaque, anesthésique totale et quelquefois complètement aveugle pendant plusieurs heures.
2° Pendant le sommeil naturel de la nuit, l'anesthésie tactile disparaît souvent. On comprend que le fait soit assez difficile à vérifier : il faut surprendre les malades la nuit et avec toutes sortes de précautions pour ne pas les réveiller, il faut les pincer du côté anesthésique; elles gémissent, se retournent, se plaignent en rêvant, ou se réveillent brusquement, absolument comme ferait une personne normale. Jules Janet, quand il était interne chez M. Dumontpallier, a vériflé ce fait à plusieurs reprises chez deux malades dont il m'a communiqué l'observation. J'ai fait constater le fait sur plusieurs personnes, en particulier sur Berthe et sur Isabelle. Mon ami M. Dutil a bien voulu faire pour moi une vérification de ce fait sur une hystérique. G., hémianesthésique gauche. Pincée à gauche pendant son sommeil naturel, elle gémit et rêve tout haut : « Tu me pinces... c'est bête... etc. »
3° Pendant certaines intoxications qui provoquent une excitation passagère ou qui amènent des états analogues au sommeil, l'insensibilité s'efface plus ou moins complètement. Vel., anesthésique totale, devient entièrement sensible quand elle est ivre. L'ivresse d'ailleurs produit chez elle bien d'autres phénomsnes dont nous par-
LES ANESTIIÉSIES.
lerons plus loin. Le sommeil chloroformique, dans la période d'excitation, fait disparaître souvent les stigmates; le fait a été bien décrit par Jules Janet'. «Parmi les conséquences les plus paradoxales de l'usage hypodermique de la morphine, dit M. Bail, il faut citer le rétablissement de la sensibilité cutanée chez les sujets qui l'ont perdue... Une hystérique morphinée à la dose de 8 centigramiiiés par jour vit ses douleurs disparaître et sa sensibilité normale se réveiller. L'abstinence ramena les symptômes hystériques ^ » Le même fait a été décrit par M. Jules Voisin \ Je n'ai pas vu la disparition complète, mais la diminution de l'anesthésie et l'élargissement du champ visuel chez les hystériques qui se morphinaient, quelque temps après l'injection. Bien d'autres excitations doivent avoir des effets analogues.
4" Ce qui a fait surtout l'objet de mes anciens travaux, ce sont les nombreuses modifications de la sensibilité pendant les états de somnambulisme provoqué. J'examinerai plus tard les modifications délicates, je ne signale ici que les plus grossières. Certains sujets, ce sont les plus rares, recouvrent subitement et complètement toutes leurs sensibilités dès qu'ils sont dans l'état second. Le fait a été déjà quelquefois signalé dans les
■ anciennes descriptions des magnétiseurs ; il est surtout bien net dans l'observation si remarquable d'Estelle qui fait le fond de l'ouvrage du docteur Despine (d'Aix). Estelle avait les jambes paralysées et complètement anesthésiées, en outre; elle présentait bien des points hyperesthésiques sur le tronc. « Dites à notre ami M. le docteur de Castella, écrivait Despine , que la sensibilité est en crise (en somnambulisme) partout comme elle