Ball, fM rnorphinomanie, 188B
3. Jules Voisin, Communication à ta Socieïe' innd. des hôp., mai, I8!i0.
'k Despine (d'Aix), Emploi du magnétisme dans le traitement des
■ maladies nerveuses, 1840, 19!j.
2i ÉTAT WKNTAL DES HYSTÉRIQUES.
él4it dans l'élat primitif de santé : quiaprès les crises la paralysie et lexcessivc sensibilité du dos et de la poitrine reparaissent. » J'ai constaté bien souvent ces
mêmes faits dès ledébut demes recherches, avant d'avoir Iules observations si intéressantes des magnétiseurs On peut, parmi plusieurs malades, citer comme exemples Berthe et Isabelle (ancsthésie gauche, rétrécissement énorme du champ visuel avec amaurose unilatérale chez la seconde). Dès qu'elles sont en état de somnambulisme provoqué, elles sentent tous les contacts des deux côtés et ont un champ visuel de 90°.
Quelquefois les sujets ont pendant le somnambulisme une anesthésie en apparence générale; mais il suffit de la plus légère excitation qui appelle un peu leur attention sur la sensibilité tactile pour que cette anesthésie disparaisse', même surlesrégions qui restaient aneslhésiques pendant la veille malgré Jes suggestions. Les choses se passaient ainsi dans l'observation de Fernande que m'a obligeamment communiquée M. P. Carpentier.
Plus souvent cette restauration de la sensibilité se fait lentement, et ne devient nette que lorsque l'état s'est prolongé assez longtemps. Maria, par exemple, est de plus en plus sensible et prend un champ visuel de plus en plus large quand on la laisse hypnotisée longtemps; elle n'arrive pas tout à fait au champ visuel normal.
D'autres enfin ont un somnambulisme plus compliqué qui sera décrit plus tard ; elles traversent plusieurs états différents dans lesquels la sensibilité et surtout la mémoire subissent beaucoup de modifications. Ce n'est que dans l'un de ces états, souvent dans un état qui se développe après tous les autres, que les sujets recouvrent toutes leurs sensibilités. [J'ai souvent décrit cet état d'après plusieurs malades, surtout d'après Lucie^
1. Général Noizet, Mémoires sur le soinnamhulisme, JSoi. 107.
2. Anesthésie et dissociation. Revue philosophique, 1887. ], 467. Les actes inconscients et la mémoire pendant le somnambulisme. Revue philosophique, 1888, I, 269. Autom. psych. 1889, 105 et pass.
LES ANESTHÉSIES.
Jules Janet l'a constaté de nouveau et très facilement sur une hystérique célèbre, Wittm '. Après ces états que j'ai désignés sous le nom de somnambulismes complets, tantôt le sujet, comme Maria, conserve quelque temps une sensibilité plus étendue qu'à ^l'ordinaire, tantôt et le plus souvent le sujet revient complètement à son état habituel d'anesthésie.
5° La sensibilité peut se modifier même pendant la veille, sans que l'état général du sujet soit, en apparence! très transformé. Briquet a insisté sur l'action de l'électricité pour rétablir les sensibilités ^ ; chez certains sujets, Rose ou Çélestine, il fallait absolument recourir à ce procédé, aucun autre ne pouvant réussir. Burcq et beaucoup d'auteurs après lui ont montré que les aimants, les plaques métalliques variables selon les malades, et bien d'autres agents ont des effets analogues. Cette sensibilité surajoutée par ces procédés persiste plus ou moins longtemps et disparaît avec des oscillations.
6" L'influence de la suggestion, très puissante en générale chez les hystériques, peut suffire à rétablir momentanément les sensibilités, à rendre par exemple le bras gauche de Maria tout à fait sensible et à élargir son champ visueP. Mais il faut savoir que ce phénomène est loin d'être général, que, chez plusieurs malades, la sensibilité et le champ visuel changent très peu quand on le suggère, et, au contraire, se modifient beaucoup sous l'influence de certaines excitations comme l'ivresse, ou de certains changements d'état psychologique comme le somnambulisme. Il est très probable que la suggestion ou d'autres phénomènes psychologiques interviennent dans les faits signalés au paragraphe précédent. La sensibilité de Marie se modifie facilement par l'appli-
1. Jules Jankt, Hystérie et somnambulisme d'après la théorie de la double iicrsonnalilé. Bévue scientifique, 1888, I, 61G.