Autum. pst/c/i
2. F. Raymond, De l'aucstlicsic cutanée et musciilaire. Rev. de médecine, 1891, 389.
LES ANESTHÉSIES.
cacheter, et quelques minutes après elle ne sent déjà
plus rien. , t t
Tous ces phénomènes, et le dernier surtout, sont l'origine de bien des difficultés, car ils bouleversent très facilement la sensibilité que l'on voulait étudier. Ils augmentent, ils fixent l'anesthésie ou ils la suppriment; ils lui donnent un aspect extrêmement chanffeant qui décourage l'observateur.
Caractère contradictoire des anesthésies. — Au moins, dira-t-on, pendant que l'anesthésie existe, se présentet-elle avec précision, est-elle toujours bien certaine, de quelque manière qu'on examine le sujet? En aucune façon, et nous avons à signaler une seconde série d'observations qui compliquent . encore le problème de l'anesthésie, car elles nous la présentent non seulement comme mobile, mais comme contradictoire.
■ Lasègue avait déjà dit en 1864 que l'anesthésie hystérique avait un aspect bien étrange et qu'elle semblait être une perturbation psychologique, une sorte d'aliénation. Les études qui vinrent confirmer cette conception théorique furent d'abord des observations sur un point tout spécial, sur Vamaurose unilatérale. Certains malades semblent avoir totalement perdu la vision d'un œil : ils prétendent être dans l'obscurité absolue, par exemple, quand on ferme leur œil droit, en laissant l'œil gauche ouvert, et cependant on ne découvre aucune lésion, ni des milieux de l'œil ni de la rétine, et on constate l'intégrité complète des réflexes pupillaires. N'était-on pas en droit d'examiner ce symptôme avec quelque sévérité? Les médecins majors dans les régiments, très experts dans l'art de démasquer les supercheries médicales, ont apijliqué aux hystériques amaurotiques les procédés qui leur servaient dans les conseils de révision. L'un de ces procédés consiste à faire regarder les sujets dans la boîte de Fiées. C'est un petit instrument très ingénieux : grâce à un jeu de miroirs, le sujet qui regarde dans la boîte, en tenant
les deux yeux ouverts, voit à sa droite un objet un paui à cacheter rouge, par exemple, qui est vu en réalité uniquement par l'œil gauche et il voit à sa gauche un pain à cacheter blanc qui est vu uniquement par l'œil droit. Supposons un simulateur non prévenu prétendant n'y pas voir de l'œil gauche, il dira qu'il ne voit pas le point qui lui apparaît à gauche; il supprimera le point blanc et ne parlera que du point rouge qui lui apparaît à droite; or, justement ce point rouge ne peut être vu que par l'œil gauche. Eh bien, montrons cette boîte à une hystérique amaurotique de l'œil gauche, elle va tomber dans l'erreur des simulateurs, comme fait Isabelle, ou bien elle verra plus naïvement encore les deux pains à cacheter, comme faisait une malade de M. Pitres'.
Un peu plus tard, pour suivre ce qui me paraît être 1 ordre historique, M. Gharcot et M. Régnard ont fait connaître un ensemble d'observations sur un problème très voisin, celui de la dyschroniatopsie unilatérale et bilatérale. Une malade, par exemple, ne distinguait que le rouge et ne voyait pas le vert. Cependant, si on fait tourner devant ses yeux une roue de Newton sur laquelle étaient peints des secteurs rouges et verts dans la proportion voulue, le sujet voyait se former une teinte blanc grisâtre comme si toutes les couleurs eussent produit sur lui leur effet habituel. La contreépreuve se fait en prenant un disque réellement rouge et blanc et en le présentant à la malade h côté du disque rouge et vert. L'achromatopsique les déclare d'abord l'un et l'autre identiques. Mais, dès que le disque rouge et blanc est en mouvement, elle le déclare rouge-pâle, ce qui est la vérité, tandis que le rouge et vert lui paraît grisâtre, ce qui est également vrai. La malade, qui ne faisait pas de différence entre les deux disques au repos, et qui en cela se trompait, ne