ÉTAT MENTAL DES 11 Y S IK H I O U ES
lonté donne aux hystériques un aspect général qui rentre seul dans notre étude actuelle. Elles deviennent indifférentes à tout et se laissent conduire comme des enfarits : un mari constatait que sa femme devenait trop docile et que ce n'était pas normal. Elles cessent de travailler spontanément, mais, pendant quelque temps, font encore quelque chose quand on les dirig(; incessamment. Elles sont semblables à ces arriérés dont parle M. Bourneville « qui sont incapables de travailler avec un peu d'esprit de suite lorsqu'ils sont libres, mais peuvent être utilisés quand ils sont soumis à une discipline * ». Cette obéissance chez les hystériques ne donne guère de résultats, car elles ne font plus rien sérieusement, elles n'ont plus aucune persévérance ^ et abandonnent une entreprise à la plus petite difficulté nouvelle. Elles ne savent plus adapter le présent à l'avenir et, dans leur imprévoyance, elles rétrécissent pour ainsi dire l'existence humaine au momen présent.
Pour ne pas revenir sur des: faits connus, je ne signa ferai ici qu'une seule des grandes conséquences d l'aboulie, c'est Vennui. « L'ennui est une peste que l'o cherche à éviter dans la société et que plus d'un Infor tuné rencontre partout, même au milieu du mond C'est le vide de l'âme, l'extinction de toute notre act vité et de toute notre vigueur, un appesantissemen une paresse, une lassitude, un engourdissement, un dégoût et, ce qu'il y a de pis, un coup mortel porté à l'intelligence et à toutes les sensations agréables ^ » L'ennui vient parce que l'on n'a ni le pouvoir ni la volonté de sentir, « parce que l'on a la tête assez vide pour chercher partout des divertissements et l'esprit
1. Bourneville, Les enfants arriérés. Arch. de neurol., 1892, II,
2. M. HucHAijD, Mœurs dos hystériques, Arcli. de neurol., 1882, 1,199.