‹ État mental des hysteriquesChapitre 92 sur 112 · ZiMMERMANN, De lu soliludc · texte numérisé non relu

ZiMMERMANN, De lu soliludc

LES MODIFICATIONS DU CARACTÈRE

trop émoussé pour en trouver nulle part* ». N'est-ce pas une description parfaite des hystériques? Nous ne serons pas étonnés de trouver chez elles le véritable ennui, celui qu'aucun amusement ne peut dissiper et qui est une maladie de l'esprit faite de désir et d'impuissance.

En même temps que l'aboulie, se rencontre toujours le phénomène en apparence opposé, l'exagération de l'activité automatique, la durée indéfinie d'une action une fois commencée. « Il s'avisa, raconte J.-J. Rousseau dans ses Confessions^, de me proposer d'apprendre les échecs qu'il jouait un peu. J'essayai presque malgré moi, et, après avoir tant bien que mal appris la marche, mon progrès fut si rapide qu'avant la fin de la première séance je lui donnai la tour qu'il m'avait donnée au commencement. Il ne m'en fallut pas davantage, me voilà forcené aux échecs : j'achète un échiquier, j'achète le calabrais, je m'enferme dans ma chambre, j'y passe les jours et les nuits à jouer seul sans relâche et sans fin. » Qui n'a pas vu des malades se mettre, comme on dit, une idée en tête, lire indéfiniment un roman en plusieurs volumes sans en passer une ligne et sans en comprendre un mot, travailler à la couture avec entêtement nuit et jour, après être restées des semaines sans rien faire, etc. \ Il y a là aussi le germe de ces idées fixes et de ces impulsions que nous aurons à étudier comme l'un des principaux accidents de l'hystérie.

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