‹ État mental des hysteriquesChapitre 95 sur 112 · Despine (d'Aix), op. cit · texte numérisé non relu

Despine (d'Aix), op. cit

3. M. Huchard, Mœurs des hyst. Archiv. de neuroL, 1882, 1 202.

leur propre personnalité : aussi est-il bien naturel qu'ils n'essayent pas de s'assimiler celle des autres. L'égoïsme est, chez les hystériques, un résultat de la faiblesse mentale, de la diminution de toutes les émotions sympathiques.

Nous sommes déjà accoutumés aux contrastes que présente l'état mental des hystériques, aussi ne seronsnous pas très surpris d'apprendre que ces malades apathiques, inémotionnables, sont en même temps, à un autre point de vue, extrêmement excitables et susceptibles d'émotions très exagérées. Cliez certaines malades, la susceptibilité est en effet énorme; un accident quelconque, un mot, un regard provoquent un bouleversement tout à fait disproportionné. Witm. et Marguerite se fâchent pendant des semaines entières, parce que, disent-elles, on les a regardées de travers. Gèles fine a des colères terribles. Louise sursaute de terreur et pleure dès qu'elle entend quelqu'un entrer. Berthe a des désespoirs inconsolables, etc.

Ces émotions, dont il faut reconnaître l'existence, ont, à mon avis, des caractères bien nets qui les séparent des émotions normales.

1° Elles sont très exagérées dans leurs manifestations ; la facilité avec laquelle on les modifie par une distraction, le peu de traces qu'elles laissent d'ordinaire dans l'esprit nous montrent qu'il y a souvent bien peu de sentiment réel au-dessous de ces grands cris et de ce désespoir

2° Quand l'émotion est réelle, elle n'est pas en rapport suffisant avec la circonstance qui l'a provoquée, elle est disproportionnée, sans nuances, sans justesse. Au lieu de changer incessamment suivant les mille incidents de la vie, elle a une régularité mécanique et reste toujours la même. Quand nous sommes irrités contre quelqu'un, nous pouvons l'être de cent ma-

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