CHAPITRE V
Bien que la plupart des symptômes hystériques soient le résultat de certains désordres intellectuels, ils ne constituaient pas d'ordinaire des délires proprement dits. La perception des objets extérieurs, des relations sociales semblait rester suffisamment correcte pour permettre au malade de vivre de la vie conmiune. Les illusions et les rôves semblaient se développer à part en dehors de la conscience et ne la troublaient que médiocrement. « Les hystériques, disaient MM. Breuer et Freud, sont raisonnables dans leur état éveillé et aliénés dans leur état hypnoïde*. »
Cette distinction délicate va-t-elle subsister toujours? K*est-il pas vraisemblable que de temps en temps les troubles intellectuels grandissent un peu et altèrent assez la conscience pour troubler ses relations, sa « correspondance » avec le milieu extérieur et le milieu social, altération qui constituera un véritable délire. Sans aucun doute, des délires se rencontrent et même très fréquemment chez les malades hystériques, mais leur étude présente une grande difficulté. Ces déHres sont-ils accidentels, consécutifs à une autre maladie mentale qui peut fort bien se surajouter à Thystérie, ou sont-ils le développement de la maladie hystérique elle-même ? L'étude de cette question à propos de tous les délires qui peuvent se présenter chez des hystériques nous forcerait à passer en revue toute la pathologie mentale. Pour essayer d'échapper à ce danger, nous nous bornerons à décrire les délires qui semblent être le développement naturel de certains symptômes hystériques