Bbachbt. Traité, de. L'hystéri^.^iBAT
vue et on a cherché si, parmi les phénomènes: cérébraux, psychologiques, que Ton avait observés depuis longtemps dans cette maladie, ne se trouverait pas un symptôme plus important, capable de coordonner un grand nombre de faits. Les définitions de l'hystérie se sont transformées et sont devenues psychologiques.
Le livre de Briquet (1859) est à ce point de vue très important; il constitue pour ainsi dire un intermédiaire entre les conceptions purement physiques et les interprétations morales de l'hystérie, a U hystérie^ dit-il, est une névrose de Vencéphale dont les phénomènes apparents consistent principalement dans la perturbation des actes vitaux qui servent à la manifestation des sensations affec-tives et des passions^, » L'hystérie devient une maladie émotionnelle, et sans doute on peut facilement rattacher un très grand nombre de symptômes à des phénomènes d'émotion. Malheureusement, l'émolion est assez peu analysée par Briquet et l'explication des principaux symptômes est fort vague. Un point surtout entre beaucoup d'autres était embarrassant : l'émotion est un phénomène en appa» rence accidentel et momentané, comment lui rattacher des symptômes permanents qui durent pendant des mois et des années? Et comment supposer la permanence de l'émotion quand le malade parait tout à fait calme et indifférent? Néanmoins l'étude de Briquet peut être considérée comme le point de départ des recherches psychologiques sur les hystériques.
Cette étude n'a commencé d'une manière précise qu'avec les travaux de M. le professeur Charcot à la Salpétrière sur les accidents traumatiques des hystériques, les paralysies, les contractures, les mutismes ou les anorexies. Partout, comme nous l'avons vu, il montrait l'importance de l'idée fixe qui produisait et entretenait l'accident, la reproduction de faits identiques par la suggestion, le traitement par l'isolement et les influences morales qui modi-
1. Briquet. Traité clinique et thérapeutique de l'hystéi'ie^ 1859, 3.
fiaient, non Fétat physique, mais Tétai mental pathologique de rhystérique. Il restait à généraliser un peu plus cette conception et à l'appliquer à l'hystérie tout entière. Ce fut, croyons-nous, le rôle de M. Mœbius. Cet auteur rend hommage de la façon la plus courtoise aux travaux de M. Charcot, il les a complétés d'une façon intéressante. « Une opinion, dit-il, tend de plus en plus à s'établir, c'est que l'hystérie est une psychose et que la modification essentielle qui la caractérise est un état maladif de l'esprit*. » Elle n'est cependant pas identique à toute aliénation : les mouvements de l'aliéné ne sont qu'indirectement on rapport avec son délire ; c'est le malade lui-même qui remue et qui veut remuer pour obéir à un ordre imaginaire. Dans l'hystérie, le rapport est plus immédiat, la pensée se transforme en mouvement sans l'intermédiaire de la volonté du sujet. Ce fait est caractéristique et il a servi à M. Mœbius pour formuler une définition de cette maladie : (( On peut considérer y dit-il, comme hystériques toutes les modifications maladives du corps qui sont causées par des représentations* ». Le discours de M. Strumpell exprime des idées analogues : « Ce qu'on appelle la nervosité est, au point de vue scientifique, une disposition surtout spirituelle et non corporelle,,.. Certaines représentations trop fortes, certaines associations d'idées trop faciles deviennent le point de départ d'une grande série d'accidents en apparence corporels'^. » M. Strumpell s'accorde avec les auteurs précédents pour expliquer ces accidents névropathiques par des représentations (durch Vorstellungen) . Aux définitions purement physiques de rhystéric se substitue donc une définition nouvelle qui cherche à grouper les symptômes autour d'un phénomène moral. « L hystérie est un ensemble de maladies par représentation. »
1. Mœbius. Ueber den Begriff der Hystérie, aus dem Centralblattfûr Nervenheilkunde^ von D. Erlenmayer, XI, 1888, n" 3.