Ibid
semble décrit avec plus de précision quand nous disons : c'est une faiblesse morale particulière consistant dans l'impuissance que présente le sujet faible de réunir, de condenser ses phénomènes psychologiques, de les assimiler à sa personnalité*.
Cette remarque permet de grouper un grand nombre de faits, de traits de caractère qui ont bien souvent été signalés chez les hystériques. Leurs enthousiasmes passagers, leurs désespoirs exagérés et si vite consolés, leurs convictions irraisonnées, leurs impulsions, leurs caprices, en un mot, ce caractère excessif et instable nous semblent dépendre de ce fait fondamental qu'elles se donnent toujours tout entières à l'idée présente, sans aucune de ces réserves, de ces restrictions mentales qui donnent à la pensée sa modération, son équilibre et ses transitions. « C'est encore au rétrécissement du champ de la conscience, disait M. Laurent', qu'il faut attribuer chez l'hystérique la peur, l'étonnement, l'émotivité, les manifestations de l'intensité des impressions. Une impression donnée devant effacer brusquement les idées antérieurement existantes, l'hystérique se trouve dans la situation de l'homme qui apprend tout à coup ou qui voit quelque chose à quoi il ne s'attend pas. Celte impression chasse les autres idées et, dominant l'intelligence, cause, selon sa nature, l'étonnement, la peur, la joie ; n'étant contre-balancée par rien, aucun raisonnement ne survenant, l'expression instinctive de la pensée vient se manifester. » Les mêmes remarques peuvent s'appliquer aux impulsions subites de ces malades et à fleurs changements brusques; c'est là simplement l'expression psychologique un peu plus précise de ce que l'on décrivait d'une manière vague sous le nom de faiblesse irritable.
Nous croyons que l'on peut aller plus loin et que les stigmates, l'anesthésie elle-même, peuvent être considérés comme une dépendance de ce caractère psychologique.