Rernueih. Hypnotisme
toutes les croyances, quelle que soit leur origine, tout, est /suggestion. Tout homme raisonnable, disait à ce propos /M. Babinski*, serait constamment sous Tinfluence d'une I suggestion. Cette façon d'exprimer les choses n'a pas été entièrement fâcheuse ; elle consistait à mfettre en relief le caractère psychologique ei moral du phénomène, en laissant de côté tous les autres détails. Mais, d'autre part, n'est-il pas dangereux de prendre ainsi le mot « suggestion » comme synonyme des anciens termes généraux « pensée, phénomène psychologique, conscience » ? Est-il prudent de ne tenir aucun compte des distinctions établies depuis des siècles par les philosophes entre les divers phénomènes psychologiques, sensation, image, association des idées, jugement, volonté, personnalité, etc., etc.?
Il faut constater un autre inconvénient plus grave encore de cette confusion de langage : c'est qu'il existe un phénomène très précis, très distinct des autres faits psychologiques, qui a été désigné et par les anciens magnétiseurs et par les aliénistes sous le nom de « suggestion ». Ce phénomène ne doit être confondu ni avec les souvenirs, ni avec les associations d'idées ordinaires; il a ses caractères spéciaux et surtout ses conséquences très particulières et très graves. Si le mot « suggestion » est déjà employé pour désigner une idée quelconque pénétrant n'importe comment dans l'esprit, il ne peut plus caractériser nettement ce phénomène spécial. On voit alors les confusions les plus étonnantes : on voit décrire sous le même nom la leçon d'un professeur à ses élèves et les hallucinations provoquées chez une hystérique. Les caractères observés dans un des faits sont attribués à l'autre, et réciproquement. Il n'est plus possible de distinguer la maladie mentale, qui est pourtant une triste réalité, de l'état psychologique normal.
Si l'on réserve le mot de suggestion aux faits qui ont été décrits dans le paragraphe précédent, il est très facile de remarquer que ce ne sont pas des faits psychologiques