G. GuisoN. Agents jirovocateurs
paraît ; mais, pendant les périodes de mutisme, il est sombre et pleure, il a sans cesse devant les yeux l'image de sa femme et ressent la même émotion, ainsi qu'il l'expliquo très bien quand on le met en somnambulisme, car il reprend à ce moment la parole. Cap. a eu le pouce pris dans une porte et tiré en dedans ; elle a présenté une contracture du pouce ou flexion, mais cette contracture a pu être guérie. Très souvent elle présente le matin au réveil la même contracture sans savoir pourquoi : c'est qu'elle a rêvé à son accident, ainsi qu'on l'apprend très vite en la mettant en somnambulisme. Inutile d'insister sur des exemples qui seraient tous semblables.
Si nous renonçons à l'observation proprement dite, nous pouvons vérifier par l'expérimentation le rôle des idées fixes dans la production des accidents. Chez ces mêmes malades ou chez d'autres, on reproduira les mêmes accidents par suggestion ou par un choc qui éveillera dans l'esprit des idées équivalentes. Il ne suffit pas de dire que la suggestion agit comme une émotion déprimante parce qu'elle provoque la résistance du sujet; il en est ainsi de toutes les su^estions, même des plus gaies. L'émotion déprimante, si elle se produit, et la paralysie, sont des conséquences de l'idée suggérée, des états psycho-physiologiques qu'elle amène par son développement, et c'est toujours ridée suggérée et envahissante qui joue le principal rôle. A quelque point de vue que l'on se place, on trouve donc des idées fixes plus ou moins conscientes qui accompagnent ces paralysies et ces contractures.
4« De quelle nature sont ces idées fixes? M. Charcot a décrit l'idée la plus simple et certainement la plus fréquente, simplement l'idée d'engourdissement, d'impuissance, de paralysie. Le sujet pense qu'il est paralysé et il se conduit comme un paralysé, il réalise son accident comme il le conçoit avec ou même sans anesthésie, suivant son idée*. Nous croyons que cette explication très simple est presque toujours la plus vraie. Cependant, d'autres idées peuvent* 1. Charcot. Op. cH„ III, 326, 553.
intervenir et amener la paralysie d'une façon un peu moins directe, des émotions vives, des timidités, des frayeurs paralysent les jambes sans que Ton pense expressément à être paralysé. Un jeune homme, dont M. Charcot raconte Thistoire, est paralysé au moment de lire des vers à la distribution des prix*. Que la représentation de la scène, que Tétat émotionnel persiste dans l'esprit d'une façon plus ou moins consciente et la paralysie persistera. Nous proposons enfin, avec plus d'hésitation, une troisième supposition. Toute idée subconsciente enlève des sensations et des images à la personnalité principale *, le médium ne sent plus sa main et ne peut plus la mouvoir pendant qu'elle écrit automatiquement. Berthe est obsédée par une chanson qu'elle chante a en dedans » malgré elle; pendant cette période, elle ne peut plus parler. Un rêve persistant subconsciemment, dans lequel le mouvement d'un membre est représenté, est en quelque sorte envahissant et enlève à la conscience principale la disposition de ce membre. Le... rêve qu'il se bat contre un voleur et repousse l'assaillant avec sa main droite, pendant que celui-ci lui met le genou sur l'hypocopdre gauche et lui serre le cou avec sa main. Il présente au réveil un point hyperesthésique au flanc gauche, point qu'il suffit de presser pour amener l'hallucination complète de la scène, mais il présente, en outre, une plaque d'anesthésie au cou, une insensibilité complète et une paralysie presque complète du bras droit. Pourquoi ces deux symptômes? Tarce que ces sensations de pression au cou et de mouvement du bras droit font, pour ainsi dire, partie du rêve, sont absorbés par lui et ne sont plus à la disposition de la personnalité. Ce n'est là qu'une hypothèse, elle ne porte que sur des cas tout particuliers, sur la façon dont telle ou telle idée ûxe amène la paralysie, et non sur le rôle de l'idée ûxe en général dans ces accidents.
Quelques objections ont ctc faites; on peut, disait-Qn,