CONCLUSION
(( Beaucoup d'accidents de l'hystérie, disait autrefois M. Charcot, sont des accidents d'ordre psychologique et sont dus aux pensées des malades. » Cette conception a été adoptée et répétée par la» plupart des auteurs.
Nous avons cherché à confirmer ces hypothèses en analysant l'état mental des malades qui présentaient des accidents hystériques, en montrant que les idées fixes étaient
1. Cité dans les notes de la traduction de Dugald-Stewart par Prévost. Genève, 4808, II. 450.
quelquefois méconnues parce qu'elles se dissimulaient, mais qu'elles jouaient toujours un rôle capital. Enfin nous avons montré que de tels phénomènes intervenaient même dans les stigmates hystériques et qu'ils les produisaient d'une manière indirecte en diminuant la force de la perception personnelle. Avant d'étudier les lois de ces idées fixes et les conditions de leur formation, il nous faut examiner un autre de leurs effets, une de leurs conséquences les plus remarquables, l'attaque d'hystérie; pour le moment, nous nous contentons d'avoir étudié leur fréquence et leur importance.
CHAPITUE 111
« Les hystériques, disait Briquet, sont sujets à être saisis de temps en temps d'un ensemble d'accidents spéciaux et graves qui apparaissent d'une manière soudaine, et après une durée ordinairement courte, disparaissent aussi brusquement qu'ils sont apparus. Cet ensemble d'accidents est ce que l'on nomme une attaque d'hystérie*. » Les accidents hystériques qui ont fait l'objet du précédent chapitre étaient ordinairement d'une intensité modérée, ils n'altéraient pas la conscience du malade jusqu'à la supprimer complètement; ces accidents étaient durables et se prolongeaient sans grande modification pendant un temps assez long, mais une fois terminés, ils pouvaient disparaître pendant fort longtemps. On donne le nom d*attaques à des accidents, ou mieux à des groupes, à des systèmes d'accidents qui ont précisément les caractères inverses; ils sont aigm et souvent bouleversent assez l'esprit pour faire disparaître la conscience que le malade avait de sa propre personnalité; ils sont momentanés et, à moins de transformations, leur durée ne dépasse guère quelques heures; enfin ils sont périodiques et manifestent une tendance très nette à se reproduire régulièrement de temps en temps avec les mêmes caractères.
Les attaques sont l'un des phénomènes les plus connus de l'hystérie : elles ont toujours attiré l'attention par leur caractère étrange et quelquefois effrayant; on les considérait comme des possessions diaboliques, comme des accidents terribles capables de mettre la vie du sujet en