PiTBES. Op, cit., I
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corps thyroïde devient dur et présente des battements visibles d'un seul côté ou des deux côtés; des plaques érythémateuses à bords très nets apparaissent sur la poitrine et sur les membres, Técoulement des règles est modifié, suspendu ou rétabli, etc. On peut observer des troubles dans Tinnervation des sphincters, l'émission involontaire des urines, que j'ai constatée deux fois dans des cas d'hystérie incontestables, et même des troubles de toute espèce dans les sécrétions. Une malade Od., à propos d'une émotion, d'une colère principalement, peut réagir de trois manières différentes : ou bien elle a immédiatement une attaque convulsive et délirante, ou bien elle sent au bout de quelques minutes l'écoulement de ses règles qui réapparaissent avec abondance, quel que soit le moment de l'émotion, ou bien, si ces deux manifestations de l'émotion n'ont pas eu lieu, elle éprouve de grands malaises, et, au bout de quelques heures, elle est couverte des pieds à la tête de petits boutons rouges gros comme une tête d'épingle, qui ne causent point de démangeaisons et qui disparaissent vers la fin de la journée. Que ces faits physiologiques soient sous la dépendance des phénomènes psychologiques ou cérébraux, comme cela arrive, je crois, très souvent, ou qu'ils en soient indépendants, ils existent pendant l'attaque d'une manière certaine. Je me propose, dans cet ouvrage, d'examiner surtout les phénomènes mentaux de l'hystérie; ils sont les plus évidents et les plus nombreux, peut-être même est-il indispensable de les bien connaître avant d'aborder l'étude plus complexe de la physiologie de l'hystérie.
Les attaques étant au moins au premier abord très diverses, je décrirai d'abord séparément les principales variétés avec les phénomènes psychologiques les plus importants qui les caractérisent, puis un dernier paragraphe réunira autant que possible les notions les plus générales que nous pouvons aujourd'hui exprimer sur l'automatisme psychologique dans les idées fixes et dans les attaques.
§ l®"". ATTAQUE ÉMOTIONNELLE OU ATTAQUE DE BRIQUET.
Nous proposons de donner le nom de Briquet à l'attaque hystérique la plus vulgaire, que Ton désigne sous différents noms, petite attaque d*hystérie ou crise de nerfs. C'est un ensemble de - phénomènes sensitifs et moteurs assez peu complexe au premier abord ; les malades se plaignent de diverses souffrances, portent les mains à la gorge comme si elles suffoquaient, « comme si une grosse boule, un gros marron, leur montait dans la gorge et les étouffait », ces sensations diverses constituent les prodromes, l'aura de l'attaque, puis elles tombent à terre, perdent le plus souvent connaissance, s'agitent en mouvements désordonnés, enfin se réveillent au bout d'un temps en général assez court, un quart d'heure par exemple, en pleurant et en gémissant. Il est difficile de préciser beaucoup cette description générale, car cette petite crise de nerfs est très variable suivant les malades; il me semble cependant qu'elle prend surtout deux formes particulières, la forme convulsive et la forme syncopale. La première attaque, très bien décrite par M. Pitres*, est surtout caractérisée par les mouvements désordonnés qui surviennent après l'aura, quand la malade est tombée et a perdu connaissance. Ce sont des contractions toniques qui produisent d'une manière presque constante une attitude très particulière et justement considérée comme caractéristique; les malades se raidissent, puis semblent chercher à exagérer encore cette extension en renversant la tête, en courbant le dos en arrière et en soulevant le ventre, elles ne portent plus sur le lit que par la tête et par les pieds, elles « font le pont », suivant l'expression consacrée. Puis, après ces contractures générales ou mêlées avec elles, ce sont des convulsions irrégulières sans qu'un mouvement bien déterminé se répète, la tête s'agite de côté et d'autre, les