‹ Etat mental des hystériques: les stigmates mentauxChapitre 70 sur 133 · ViTMES. Op. cil., L · texte numérisé non relu

ViTMES. Op. cil., L

en crise en voyant un accès épileptique dans la rue, X. en voyant un homme tomber d'une fenêtre, Baun, après avoir mis le feu à sa robe avec une lampe à pétrole, Genp. après avoir découvert un incendie dans la cuisine, Pau. après avoir été poursuivie par un inconnu au moment de i*es règles, Gai. après avoir trouvé un voleur caché dans la cave, etc., etc. Souvent il s'agit d'un accident complexe qui a provoqué à la fois de la douleur et de la terreur : Alz. a été écrasé par un ascenseur qui est tombé sur lui, il a eu l'épaule gauche blessée et depuis il a des attaques formidables. Il est inutile de multiplier indéfiniment ces exemples, nous remarquerons seulement que les attaques syncopales sont plus souvent le résultat des terreurs que des autres émotions.

Mais cette émotion constatée dans la première attaqua semble bien terminée, les malades sont maintenant bien tranquilles, elles ne voient plus d'incendie, et ne découvrent plusde voleurs dans la cave, pourquoi continuent-elles à avoir des attaques? Nous croyons que l'on peut constater à chaque, attaque nouvelle la reproduction de l'émotion primitive. Dans quelques cas, on peut reconnaître ce fait en examinant l'attitude et les mouvements pendant l'attaque convulsive elle-même. Célestine, Zelm. ont bien encore des attaques de colère, leurs yeux sont étincelants, leur visage menaçant, leurs poings fermés et prêts à frapper ; la seconde, d'ailleurs, précise les choses d'une manière énergique, elle répète au milieu de ses convulsions ces paroles : « Touchez pas, ou je tape ». Pau. est toute tremblante, elle se cache la figure dans ses mains; Gai. se détourne a\ec horreur et cherche à fuir en criant : « Oh! maman, cet homme! » Ce ne sont que des paroles rares entrecoupées, car nous ne rangeons pas dans cette catégorie les malades qui parlent réellement dans leur attaque. L'attitude, le geste sont ici significatifs et rappellent souvent la nature de l'émotion initiale : douleur, colère ou terreur.

Quand la petite attaque convulsive n'est pas par elle-même significative, étudions les phénomènes psychologiques qui

se manifestent encore pendant la période qui la précède* pendant Taura. Beaucoup d'auteurs, et M. Ktres en particulier*, ont insisté sur Texistence d*une aura psychique qui joue dans Tattaque un rôle aussi important que Taura sensitive et abdominale, que Fascension de la boule. Les malades changent de caractère quelque temps avant Tattaque; elles sont troublées et émues et cette émotion qu'elles ressentent d'une manière plus ou moins vague est, si Ton veut bien le remarquer, toujours la même pour chaque malade. Elle est toujours en rapport avec rémotion initiale : Gélestine est en colère a sans savoir pourquoi »; Pau. a peur « comme si un malheur allait lui arriver ». Nais nous désirons insister sur la descriptioR d'une aura que nous avons fréquemment étudiée et qui est très caractéristique. Une malade souvent décrite dans cet ouvrage, Berthe, est une jeune fille très douce et très aimante, elle recherche la société, plaisante et rit d'ordinaire sans se fâcher. A de certains moments, li^ matin surtout, elle change d'attitude, répond sèchement et parait mécontente de tout ce qu'on lui dit; puis elle s'excite et se plaint d'un mot qu'on lui adresse, elle le trouve peu poli, et elle y voit une intention ironique. La voici qui parle seule de plus en plus haut, elle exhale des plaintes qui, d'abord, ont rapport aux personnes présentes, puis qui deviennent de plus en plus générales. Blaintenant, elle ne fait plus attention à personne et lance ses formules ; ce sont des phrases toujours les mêmes, absolument stéréotypées, qu'elle répète régulièrement dans les mêmes circonstances, qu'elle écrit même à ce moment, car il lui prend fantaisie quelquefois d'en composer une lettre, a Je connais bien tous ces gens qui ont l'air de me porter intérêt et qui n'ont pour moi que du mépris.... Je connais bien l'égoîsme, la perfidie, le mensonge de ce monde affreux.... Dans cette mêlée humaine des paroles amères, des cris discordants, des mensonges, des calomnies.... Haïr son prochain, tout ce qui existe.... C'est 1. PiTBES. 0/>. «7., I, 211.

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peut-être demain que ceux que je hais souffriront; oh! comme je vais bien dormir avec cette belle espérance.... Il n*est rien de plus noble que la haine, elle n*a pas besoin d'être partagée, elle ne connaît pas d'infidélité.... Sur le fond vide du ciel m'apparait cette redoutable et consolante figure de celle qui affranchit de tout cet esclavage, délivre de tous ces maux, la Mort..., etc. » Ces déclamations, toujours les mêmes, se prolongent pendant plus d'une heure, puis la malade s'excite de plus en plus, mêle des cris, des hurlements au milieu de ses phrases, se roule par terre et, quoiqu'elle semble perdre connaissance, continue encore au milieu de ses convulsions les mêmes cris et les mêmes malédictions.

Dans un pareil accident, il y a deux phénomènes à distinguer : les malédictions et les cris du début qui, parleur régularité et leur systématisation, forment un état émotif un peu particulier, mais très net, et les mouvements convulsifs de la fm. he ces deux phénomènes, lequel est cliniquement le plus important, lequel détermine l'autre? C'est, à mon avis, la persistance et la reproduction automatique de l'état émotif. C'est là la vraie maladie de cette jeune fille, maladie mentale qui s'est formée peu à peu à la suite de toutes sortes de malheurs vraiment épouvantables; les convulsions ne sont qu'un incident, une manifestation passagère et non nécessaire de l'état émotif. Les phénomènes psychiques de l'aura qui, chez quelques malades, sont si nettement exprimés, nous montrent la répétition de l'émotion originelle.

Mais les difficultés sont plus grandes quand on examine d'autres pialades qui n'ont pas une aura psychique aussi prolongée, ni aussi nette. On peut encore, chez quelquesuns, découvrir le rôle de l'émotion en examinant la nature des causes qui amènent facilement la reproduction de l'attaque. Georges tombe en attaque rapidement, presque sans préambules, mais on s'aperçoit qu'il est tombé parce qu'il regardait le feu dans le poêle. On peut provoquer Fattaque en lui montrant une allumette enflammée ou seu-

LES AHAQUES. ibô

leraent du papier rouge, et dans Tattaque qui survient, il essaye de se sauver, crie « au feu », appelle les pompiers, ^'ai-je pas le droit de dire qu*une association d*idées a permis, à propos de la vue d'une petite flamme, la reproduction de Témolion qu'il a eue en voyant un incendie dans la cuisine? Si on touche Tépaule de Alz. au point qui a été blessé dans la chute de Tascenseur, on provoque une attaque dans laquelle il fait sans cesse des gestes de terreur, comme s*il allait être écrasé. Nous avons déjà montré la nature de ces points hyperesthésiques, dont lattouchement provoque des sensations déterminées capables de réveiller un état émotif ancien; ils deviennent hystérogènes quand Félat émotif qu'ils réveillent s'accompagne de convulsions.

Enfin, bien des malades ont des attaques dont le caractère psychologique est encore moins distinct ; 1 émotion n*est en aucune manière exprimée par le malade, qui semble même l'ignorer entièrement. Avant de nier son existence, il faut rechercher si Tidée fixe n'existait pas d'une manière subconsciente, c^mme cela est si fréquent chez l'hystérique. Par exemple, certaines attaques qui se développent parfois pendant la nuit i sont causées par des rêves effrayants qui se rapportent au choc moral qui a déterminé chez le malade le premier accès* i. Le malade se réveille sans souvenir du rêve qui a provoqué Tattaque ; ce rêve est cependant réel, il joue même dans l'accident le rôle le plus important et on peut constater son existence soit par les paroles que le sujet prononce en dormant, soit par le récit qu'il en fait en sonmambulisme. 11 en est de même pour les attaques qui ont lieu dans le jour, elles sont aussi la conséquence, la manifestation d un rêve ; mais le sujet rêve sans le savoir, sans pouvoir s'en reodre compte consciemment et on ne pourra le coi^tater que par Fétude des phénomènes imbcodscients. Nous demaDckms la permission de rappeler, à ce propos, une observation déjà ancienne que nous avons publiée en 1886. Lucie avait de grandes attaqoes dont HU» ne pouvait aucunonenU pendant la veille, expliquer la

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