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nature ; elle souffrait, avant Tattaque, de sensations vagues, d'un état d'ahurissement général qu'elle ne pouvait expliquer. Pendant le somnambulisme profond, elle raconte en détail les hallucinations qui surgissent pendant la crise et qui provoquent la terreur : ce sont des hommes qu'elle voit à demi cachés derrière les rideaux de sa chambre. Cette image reproduit un fait réel qui a eu lieu il y a plusieurs années et dont elle a gardé, en somnambulisme seulement, un souvenir minutieux*. Bien mieux, si on arrive à provoquer chez elle l'écriture automatique pendant la période de l'aura, sa main écrit sans cesse : « J'ai peur, j'ai peur », tandis que Lucie, encore éveillée, déclare qu'elle n'a pas peur et ne sait de quoi je veux parler quand je l'interroge sur ce point*. X..., également, n'explique ses crises que si on la met en somnambulisme. Elle a une attaque à aura génitale dont elle ne peut rendre aucun compte quand elle est éveillée. Une fois en somnambulisme, elle se souvient très bien qu'elle pense encore à son mari et aux souffrances qu'elle éprouvait au moment de l'acte conjugal. (Son mari lui a communiqué la blennorrhagie le soir de ses noces.) Nous verrons bien des exemples de ce genre, quand nous étudierons des attaques plus compliquées que la simple crise émotionnelle.
Nous pouvons donc conclure sur cette première catégorie d'attaques : l'explication en a été donnée déjà d'une façon remarquable par Briquet et c'est pourquoi nous avons décrit ce genre particulier d'attaques sous son nom. « Une attaque d'hystérie simple, disait-il, n'est que la répétition exacte des troubles par lesquels se manifestent les impressions morales vives et pénibles'. » « Je choisis pour exemple ce qui arrive h une femme un peu impressionnable qui éprouve une émotion brusque et vive. A l'instant même, cette femme a de la constriction à l'épigastre, elle ressent
1. Revue philosophique, 1880, il, 590 et Autom. psych.^ 1889, 87.
2. Les actes inconscients et le dédoublement de lu personnalité. Revue philosophique, 1886, II, 590.