‹ Etat mental des hystériques: les stigmates mentauxChapitre 77 sur 133 · BfiiQUET. Op. cit · texte numérisé non relu

BfiiQUET. Op. cit

curieuses qui expriment en partie leur rêve par leur attitude. M. Paul Richer a soigneusement décrit, et même dessiné ces attaques pendant lesquelles les malades tiennent les mains en prière, ou les bras en croix*, et représentent par leur expression l'idée qui les agite. Les extatiques qui prenaient la pose de l'Immaculée Conception, ou les iattitudes représentées dans un chemin de 1a croix, ou bien qui jouaient complètement la scène de la mort du Christ appartiennent à cette catégorie*. Il s'agit là, comme on le comprend, de rêves assez nets, constitués le plus souvent par des images kineslhésiques et capables de déterminer les mouvements correspondants ; le fait principal reste toujours la reproduction du rêve dans un état psychologique particulier. Enfin, dans une troisième catégorie nous rangerons les malades qui a parlent leur rêve au lieu de le jouer » , suivant l'expression de M. Paul Richer, c'est-à-dire qui ont des images verbales kinesthésiques assez nettes pour . s'objectiver et produire une véritable voix plus ou moins haute qui révèle à l'extérieur la pensée des malades. Le cas le plus curieux est celui de Joséphine L...; à tout moment dans la journée elle ferme les yeux, reste immobile et insensible à toute excitation, elle se met à bavarder tout haut S la fois sur ses projets de mariaofe et de suicide, et sur les événements survenus dans la salle. « Ces médecins, quels cochons ! ils ont encore emporté une pauvre femme pour la couper en morceaux... couillons, va, idiots... si jamais je vous obéis, si je prends encore vos sales médicaments.... Je vais me marier, j'aurai de beaux habits... non, j'aime mieux mourir, je ferai mon testament, X... mon petit ami aura des miUions et Y... (l'interne de la salle), cette tête d'écureuil, ce cochon, il n'aura qu'une tournure de six sous... » Elle continuait ainsi sans qu'il fût jamais possible d'entrer en relation avec elle, et elle se réveillait toute seule sans aucun souvenir de ce qu'elle avait dit.

i. Paul Richer. Grande hystérie, 92.

Page 1