Automatisme psychologique
leurs délires, leurs rêves, leurs somnambuliâmes précédents. Ge retour de la mémoire accompagne, comme on pouvait le prévoir, une restauration de toutes les sensibilités; tous les stigmates hystériques, Tanesthésie, le rétrécissement du champ visuel, les troubles du mouvement ont complètement disparu. Enfin la suggestibilité n'existe plus, le sujet obéil volontairement, mais il n'a plus ces actes automatiques dont il ne se rendait pas compte. En un mot la personnalité semble reconstituée d'une manière complète. C'est un cas de ce genre que décrivait Despine quand il nous montrait Estelle, anesthésique et paraplégique pendant la veille, mais parfaitement sensible et courant dans la montagne en somnambulisme : « elle ne songe plus qu'à cueillir des fleurs et à courir toute la journée en crise (somnambulisme) depuis dix heures du matin jusqu'à neuf heures du soir* » .
Pour ne pas répéter les exemples que nous avons déjà publiés, nous insisterons seulement sur une observation curieuse qui peut servir de transition entre les somnambulismes artificiels et les secondes existences qui survien-» nent quelquefois naturellement. En 1887, M. Jules Janet, alors interne à la Pitié, eut l'occasion d'étudier dans le service de M. Brissaud une jeune fille de 20 ans souvent citée dans ce travail sous le nom de M.. . Cette jeune fille, atteinte depuis longtemps de vomissements hystériques et de rétention d'urine par spasme du sphincter, était arrivée au dernier degré de l'affaiblissement. Tous les moyens avaient été employés depuis longtemps sans qu'on fût parvenu à hii faire conserver le moindre aliment; elle restait inerle dans son lit, entièrement anesthésique et ses membres présentaient la catalepsie partielle quand on les soulevait. M. Jules Janet réussit à la mettre dans un état de somnambulisme qui était fort singulier, car dans cet état la malade mangeait et urinait sans aucune difficulté. On remarqua aussi que, pendant ce somnambulisme, elle était redevenue sensible et que ses membres ne restaient plus en