‹ État mental des hystériques (volume 2)Chapitre 19 sur 102 · Wdndt, Psychologie physiologique. Traduct., 1886, I · texte numérisé non relu

Wdndt, Psychologie physiologique. Traduct., 1886, I

2. Sur ces discussions psychologiques, cf. Autom. psych., 39 et sq.

3. Herzen, Le cerveau et l’activité cérébrale, 1887, 216. Cette comparaison curieuse avait déjà été faite auparavant : « Le cerveau est comme un candélabre à gaz : quand toutes les flammes brûlent, c’estla veille; quand toutes les flammes sont éteintes, c’est le sommeil normal; quand une seule brûle... c’est l’état hypnotique. » Beard. Boston média, and stirg. Journ., 1881, 265.

LES anesthésies. >

nation des phénomènes futurs; c’est la notion de mon corps, de mes capacités, de mon nom, de ma situation sociale, de mon rôle, c’est un ensemble de pensées morales, politiques, religieuses, etc. ; c est un monde d’idéés, le plus considérable peut-être que noüs puissions jamais connaître, car nous sommes loin d en avoir fait le tour. Il y a donc dans le « je sens » deux choses en présence : un petit fait psychologique nouveau, une petite lueur qui s’allume, « sens et une énorme masse de pensées déjà constituées en système « ie » Ces deux choses se mélangent, se combinent, et dire « je sens »,c’est dire que la personnalité déjà énorme a saisi et absorbé cette petite sensation nouvelle qui vient de se produire. Si j’osais, et ce n est pas tou à fait absurde, je dirais que le « je » est un animal vivant extrêmement vorace, une sorte d amibe qui envoie un prolongement pour saisir et absorber un tout petit être, la petite sensation qui vient de naître â côté de lui. -

Cette opération A'assimilation et de synthèse se repète pour chaque sensation qui naît en nous et il en naît à chaque moment une quantité à la suite de toutes ces mille impressions que reçoivent incessamment tous nos sens. Nous pouvons alors nous représenter ce qu’on appelle vulgairement la sensibilité comme une opération à deux temps. Premier temps : il se produit dans l’esprit, dâns les cellules corticales du cerveau si l’on veut, un très grand nombre de petits phénomènes psychologiques élémentaires, conséquences des innombrables excitations extérieures : ce soUt des phénomènes dus au sens tactile Tl T (fig. 2, p. sens musculaire MMM", au sens visuel VVV , auditif AA'A", pour ne prendre que ceux-ci comme exemples. Un peut appeler ces phénomènes comme on voudra ; des sensations élémentaires, des états affectifs \ pour employer 1. Maine de Biran, Essai sur les fondements de la psyehologie. (Miivres inédites, IS.W, II, 11 et .19.

l’expression d’un célèbre psychologue français, Maine de Biran, ou simplement des phénomènes subconscients. La seule chose qui les caractérise essentiellement, c’est que ce sont des phénomènes psychologiques simples, isolés, sans intervention de l’idée de personnalité. Deuxième temps : il s’opère une réunion, une synthèse de tous ces phénomènes élémentaires qui sont combinés entre eux et surtout combinés avec la notion vaste et antérieure de la personnalité. C’est seulement après cette

opération, après cettè sorte à'assimilation, que nous pouvons dire : « Je sens. » J’ai déjà proposé autrefois de désigner cette nouvelle opération sous le nom de perception personnelle, PP : c’est bien une perception, c’est-àdire une conscience plus complexe et plus claire ; le mot « personnelle» empêchera de confondre cette opération avec la perception extérieure, dont nous n’avons pas à parler ici et rappellera que son caractère essentiel est l’adjonction de la notion de personnalité.

La description et le schéma que nous venons d’étudier sont évidemment théoriques et ne peuvent s’appliqner qu’à un homme idéal et non à un homme réel. Aucun homme, en effet, n’est capable de réunir ainsi, à chaque

LES ANESTHÉSIES.

instant, dans une même perception personnelle, toutes les sensations élémentaires qui naissent en lui de tous

côtés ; chez l’homme le mieux constitué, il doity avoir une

foule de sensations élémentaires produites par la première opération et qui échappent à la seconde. Ces phénomènes, tels que T ou M, dans la fig. 3, restent ce qu ils sont, c’est-à-dire des sensations subconscientes, réelles sans’doule et pouvant jouer un rôle considérable dans la

vie psychologique de l’individu, mais ne sont pas transformées en perceptions personnelles et n’arrivent pas a faire partie de la personnalité. La personne, le « je » dira donc : «je sens » à propos des phénomènes V ou A qu’il saisit et perçoit, mais n’appréciera pas l’existence de T ou de M et dira à leur propos ; « Je n’ai rien senti. » Quel est le nombre normal des phénomènes, des sensations élémentaires qu’un homme peut ainsi réunir dans une perception personnelle? Je n’en sais rien, mais je le crois très variable suivant mille circonstances et j ai proposé* d’appeler étendue du champ de la conscience, le

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