‹ État mental des hystériques (volume 2)Chapitre 20 sur 102 · Sur la Ihéorio du champ de la conscience, cf · texte numérisé non relu

Sur la Ihéorio du champ de la conscience, cf

190, et sur son rétrécissement, 306. Ce dernier caractère, le rétié-

nombre maximum de ces phénomènes qu’un individu peut, à un moment donné, s'assimiler, dont il peut avoir à ce moment la perception personnelle.

Supposons un individu qui ne puisse à chaque moment percevoir plus de trois sensations élémentaires, telles queVV'Aetqui laissetoutle reste danslasubcohscience. Il aura, semble-t-il, dans son esprit un vide considérable. Non, pas forcément, car l’instant suivant il pourra facilement, en dirigeant autrement son attention, avoir la perception de ces sensations tactiles qu’il avait laissées de côté et, dans un troisième moment, il pourra former une perception personnelle même avec des sensations musculaires M. Par exemple, au premier moment, il regardera et écoutera une personne qui lui parle, sans se préoccuper des sensations tactiles qui continuent à l’assaillir. Au deuxième moment, il regardera un objet en le touchant et il appréciera le contact cette fois-ci sans avoir conscience des bruits environnants. Au troisième moment, il écrira sous la dictée, ayant la perception du son de la voix, de la vision des lettres et des mouvements musculaires. Dans un cas de ce genre, grâce à la perception alternante, il n’y a pas de véritables anesthésies : si on examine successivement chaque sens en attirant sur lui l’attention du sujet, on verra que cette personne peut avoir la perception de toutes les impressions. Cet individu, quoiqu’il ait déjà le champ de conscience rétréci, n’est pas un anesthésique, mais un distrait, et cette étude a essayé de représenter ce qu’on appelle la distraction normale.

Allons un peu plus loin et nous aurons la représenta-

cisseinent du champ de conscience, est extrêmementimportant; il no serencoi.tre pas seulement dans les anesthésies, mais il fait partie intégrante de tous les autres symptômes de l’hystérie. Aussi cst-il impossible de l’étudier complètement dans ce premier chapitre; nous sommes obligé de rejeter cette question après l’examen des phénomènes particuliers. La description de ce rétrécissement de l’esprit et l’étude de l’épuisement qui semble le produire seront faites à la fin du second volume de cet ouvrage.

LES ANESTHÉSIES.

tion théorique de l’anesthésie. Supposons que fe champ de conscience se rétrécisse encore. Le malade (flg. 4.) ne peut plus percevoir à la fois que deux sensations élémentaires. Par nécessité même, il réserve cette petite perception pour les sensations qui lui semblent a tort ou à raison les plus importantes, les sensations de la vue et de l’ouïe. Il faut bien avoir conscience de ce que 1 on

voit et de ce que l’on entend et il néglige de percevoir les sensations tactiles et musculaires dont il croit pouvoir se passer. Au début, il pourrait peut-être encore se tourner vers elles, les reprendre dans le champ de la perception personnelle, au moins pour un moment. Mais l’occasion ne s’en présente pas et lentement la mauvaise > habitude psychologique est prise. Rien n’est plus grave, plus résistant que ces habitudes morales : il y a une foule de maladies qui ne sont que des tics psychologiques. Un beau jour, le malade, car il l’est devenu réellement, est examiné par le médecin. On lui pince le

bras gauche, on lui demande s’il sent le pincement, et, à sa très grande surprise, le patient constate qu’il ne sait plus sentir consciemment, qu’il ne peut plus, si j’ose ainsi dire, rattraper dans sa perception personnelle des sensations trop longtemps négligées : il est devenu anesthésique.

En un mot, la distraction s’est transformée en anesthésie pour deux raisons : 1° Parce que l’habitude a rendu difficiles les modifications de la perception personnelle toujours dirigée dans le même sens; 2“ parce que le rétrécissement du champ de conscience est tel qu’une image vive et obsédante n’est pas nécessaire pour le remplir, qu’il est toujours trop petit pour percevoir à la fois toutes les sensations. Voilà donc une nouvelle formule plus précise que la précédente : l’anesthésie est une distraction très grande et perpétuelle qui rend les sujets incapables de rattacher certaines sensations à leur personnalité, c’est un rétrécissement du champ de la conscience.

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