‹ État mental des hystériques (volume 2)Chapitre 22 sur 102 · LES ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

LES ANESTHÉSIE

répondra. Si je l’interroge ainsi, il me sera répondu par écrit : « Vous me pincez. — Quel est le doigt que cme je touche? — Le petit, le second. — Qu’est-ce que ie mets dans votre main? — Un petit crayon, un sou. —- Où est placé votre bras gauche? — Il est levé, vous l’avez étendu..., etc. ‘ » On peut également prouver par cette écriture l’existence de semblables sensations pour le goût, pour l’odorat, pour la partie anesthésique du champ visuel. Si la parole est pour nous le signe caractéristique de la sensation d’autrui, pourquoi 1 écriture ne le serait-elle pas? Peut-on admettre que tous ces mouvements de plus en plus complexes se produisent sans qu’il y ait aucune sensation?

Les sensations sont aussi et très souvent même le point de départ de ce qu’on appelle en psychologie des associations d'idées. Lorsque, par un travail de synthèse dont il faudra parler davantage, une certaine union a été établie entre deux phénomènes psycholoffiques, la présence de l’un suffit à faire naître l’antre dans l’esprit, l’un devient comme un signal à propos duquel l’autre se produit. Cette loi a donné heu, dans l’étude des hystériques, aux expériences intéressantes qu’on appelle des suggestions à point de repère L On peut dire au sujet : « Toutes les fois que je te pincerai, tu lèveras le bras en l’air ou bien tu verras une fleur devant toi. » On sait que, chez des malades fortement suggestibles, les choses se passeront ainsi très régulièrement et qu’à chaque sensation de pincement, ils lèveront brusquement le bras ou seront surpris de voir une fleur apparaître. J’ai essayé d’appliquer ce principe connu à l’étude de l’anesthésie, en donnant de ces sortes de suggestions au sujet, mais en plaçant le point de repère sur le membre anesthésique ^ On peut compliquer les choses de bien des manières; la for-

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