Pitres, op. cit., I
boire par raison, car elle n’est pas anorexique, mais Yoici des années qu’elle n’a pas éprouvé le sentiment de la faim ou celui de la soif. Elle a également perdu la sensation de la défécation et de la miction. Sonurèthre et sa vessie surtout sont complètement insensibles. Quand on la sonde, on peut vider sa vessie ou la remplir de 200 grammes d’eau boriquée sans qu’elle distingue l’un de l’autre. Son anesthésie vésicale est si profonde qu’elle ne s’est pas aperçue d’une cystite développée à la suite de sondages malpropres qu’elle se faisait elle-même. Au contraire, pendant le somnambulisme, la cystite reprenait son caractère classique de cystite douloureuse et la malade poussait des cris.
M. Raymond décrit ainsi l’anestbésie uréthrale d’un de ses malades : « On peut enfoncer dans le canal de l’urèthre jusqu’au col de la vessie une sonde métallique reliée à l’un des pôles de l’appareil électrique, l’autre électrode étant appliqué sur le gland ou sur le périnée, et faire passer le courant maximum sans que le malade accuse aucune sensation; il en est de môme du rectum *. »
Ces anesthésies organiques sont d’ordinaire accompagnées de troubles nombreux du fonctionnement des organes : quand l’anesthésie de la vessie et de l’urèthre est complète et porte sur le sens musculaire comme sur le sens tactile, on peut constater de l’incontinence diurne ou nocturne au moindre effort du malade ^ Cela est cependant assez rare et je dois dire que je n’ai jamais vu d’incontinences incontestablement hystériques. Ce qui est beaucoup plus fréquent c’est la rétention qui, chez M., accompagne toujours cette anesthésie.
Nous n’avons pas à étudier ici ces phénomènes de paralysie et de spasme et même nous connaissons trop