Actes inconscients. Rev. philosophique, 1888, I
les troubles du mouvement.
devant eux*. Quelquefois cette imitation est toute spontanée et n’est pas le résultat d’une expérience. Dernièrement, en parlant avec Justine, je m’aperçus qu’elle avait continuellement un mouvement d’oscillation régulier du bras gauche, comme une sorte de tic. Je lui demandai ce qu’elle faisait; elle me dit qu’elle ne bougeait pas et, en effet, dès qu’elle regarda son bras, tout s’arrêta. Un moment après, quand elle détourna la tête, le mouvement recommença et je m’aperçus alors que la main suivait le mouvement du balancier de la pendule. Nous avons tous des phénomènes semblables, mais chez les hystériques anesthésiques, ils sont remarquables par leur fréquence et leur importance.
Ges attitudes et ces mouvements peuvent encore être déterminés d’une autre manière, par le contact d’un objet que l’on met dans la main anesthésique du malade. Sur le hras de Lucie, qui reste étendu horizontalement dans cet état cataleptique, je mets une plume légère, la main la retient. Je retire la plume et la remplace par un poids de deux kilos : le hras ne plie pas sous le poids surajouté, mais, au contraire, la tension des muscles s’adapte au poids à supporter. Si on met une paire de ciseaux dans la main insensible, le sujet ne peut absolument pas me dire ce qu’il a dans la main gauche et cependant les doigts sont entrés d’eux-mêmes dans les anneaux des ciseaux qu’ils ouvrent et ferment alternativement. Enfin, si on met un crayon dans la main comme nous l’avons déjà noté souvent, les doigts se courbent inconsciemment et se placent d’eux-mêmes, à l’insu du sujet, dans la position voulue pour écrire. Souvent même la main se met à écrire véritablement et nous entrons alors dans une catégorie de phénomènes plus complexes.
L’interprétation de ces observations et d’autres analogues soulèverait un grand nombre de très intéres-