‹ État présent de l'empire ottomanChapitre 33 sur 59 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'iliHtraotion publique* — lia presse

l'instruction publique.

Sécularisation de Tinstraction publique. Loi organique de 1869. L*enseignement dans les écoles publiques.

Ensetgnement primaire. Ecoles primaires du premier degré (sibiân), — Ecoles primaires de second degré [ruchdiyèh].

Enseignement secondaire. Écoles préparatoires (idâdiyèh). — Lycées {suUaniyèh), Lycée impérial. École bureaucratique.

Enseignement supérieur. Université impériale. Écoles supérieures (àtiyèh). École impériale de médecine. École normale. Écoles spéciales. Écoles militaires. École navale. École des arts et métiers. École des mines. École télégraphique.

Budget de Vinstructùm publique.

La sécularisation de l'instruction publique date de trente ans k peine (1846).

Concentré jusque-là dans la mosquée, l'enseignement, tout entier entre les mains des ulémas, était demeuré ce qu'il était au temps des khalifes. Il y avait deux sortes d'écoles : les écoles élémentaires (mekteb), confiées aux imams des quartiers, elles medresèhs (à la fois petits séminaires et écoles de théologie), annexées

iS4 PREMIÈRE PARTIE. — GUAPtTtlE V.

aux grandes mosquées et entretenues sur le vacouf(l). Les professeurs (mvderris) des medressès occupaient le deuxième rang dans la hiérarchie de Tuléma ; ceux qui étudiaient sous eux étaient désignés sous le nom de softas (2).

La réforme de 184B sépara la science de la religion, l'enseignement civil de l'enseignement théologique. Les medressès continuèrent de demeurer sous la direction du cheïkh-ul-islam. Mais les mektebs passèrent entre les mains de l'Etat, qui les réorganisa entièrement et institua pour les administrer, en même temps que les nouvelles écoles créées par lui, une direction générale, assistée d'un conseil supérieur de Tinslruction publique ( wedy/ts5-t-mean/^t-attmotimiyéA ) , qui fut transformée bientôt après (mars 1887) en un département ministériel {meârif-i''mrmumi'gèh nazâreïi) (3).

Il y eut dès lors, à côté de renseignement de la mosquée, un enseignement laïque donné par l'Etat, qui s'étendit et s'améliora progressivement, tandis que l'autre demeura stationiiaire. Enfin, en 1869 (septembre), un iradèh impérial promulgua la loi organique de l'instruction publique (4), laqu^elle divise en principe les écoles de l'empire en deux catégories :

(1) Voir sur le système des études suivi dans les mektebs et dans les medressès. Lettres sur la Turquie, 1, 199 et suiv.

(2) Softa ou plutôt soukhtèh, m les brûlés » de l'amour de ia science, nom donné aux étudiants des medressès. Dans le rôvaume de ifaroc, ils se nomment thcdib, « ceux qui demandent la science », et en Perse, dânischmend, « doués de science >. Ibid., p. 89.

(3) Journal de Constantinople du 19 mars 1857.

(4) Texte dans Nicolaïdès, III, 277. Cf. Turquie dès 28 et ^9 décembre 1871, 3, 7, 9 et 12 mai 1873.

l'instruction publique. — LÀ PRESSÉ ^ËïllbDIQUE. 453

les écoles publiques^ dont la surveillance et l'administration appartiennent exclusivement au gouvernement; et lès écoles particulières (|ui, placées seulement sbus sa sut*veillaîice, sont fondées et gérées directendenl par les particuliers ou par les comihdnautés (1).

L'enseigneniferit dans leâ écoles fiiibliques comprend tt*ois dbgrés :

1^ V enseignement primaire, donné par les écoles primaires (stftûîH) et par les écoles priihaires supéHeùres (ruchdiyèh);

2^ Venseignemmt secondaire y suivi dans les écoles préparatoires [idâdiyèh) et dans les lycées (sultaniyèh) ;

3^ VenseignemM sûpiérieur, réj)résenté par TUniverèité et lès écoles spéciales supérieures (attyèft).

ÈKSBICill^ÉMSliT PRIIIÀIBE.

Ecoles sibiân. — L'enseignement priniaire dans les sibiân ( ce sont les mektebs transformés ) est gratuit et obligatoire pour les enfants des deux sexes : pour les garçons de six à onze ans ; pour les filles de six à dix

ans.

Chaque quartier ou chaque village doit posséder

au moins une école.

Il résulte d'une statistique émanée du ministère de rinstruction publique, qu'il existait en Turquie, à la fin de 1864, 15,071 écoles primaires (289 à Constantinople, 14,782 dans les provinces), fréquentées par 660,000 enfants des deux sexes. Sur ce nombre on comptait 12,509 écoles musulmanes, avec 524,771

(1) Voir ch. VII.— A cette catégorie appartiennent les medressès.

enfants» et 2,562 écoles non musulmanes 5 avec 435,229 enfants (1). Le sainâmèh de 1876 ne relève que les écoles primaires de Gon^tantinople, au nombre de 470, dont 280 musulmanes et 190 non musulmanes. Ces dernières se subdivisent en écoles grecques, 77; arméniennes, 48; arméno-catholiques, 8; bulgares, 4; Israélites, 47 (y compris 3 écoles caraîtes); protestantes, 5; serbe, 1.

Ecoles ruchditfèh. — L'enseignement primaire supérieur est gratuit, sans être obligatoire.

Chaque agglomération de plus de cinq cents maisons doit avoir, d'après la loi, une école ruchdiyèh musulmane, si la population est musulmane ; chrétienne, si elle est chrétienne. Dans les localités mixtes, il y aura deux écoles, une musulmane, l'autre chrétienne.

L'enseignement qui dure quatre années, comprend : pour les garçons, la grammaire turque, arabe et persane, l'arithmétique, la géométrie élémenlaire, l'histoire, la géographie, la tenue de livres, le dessin linéaire, la langue de l'une des communautés non musulmanes de la localité ; pour les filles, l'instruction religieuse, la grammaire turque, les éléments de la grammaire arabe et persane, des notions de littérature, d'histoire et de géographie, l'arithmétique, l'économie domestique, les travaux à l'aiguille, le dessin (2) , la musique (facultative).

(1) Journal de Corutantinople da 8 septembre 1865.

(2) On sait que^ dans rislamisme, le dessin ne comporte pas la reproduction de la forme d'êtres animés; on a cependant dévié de la règle, et des artistes masnlmans ont reproduit récomment les traits des derniers princes. iNote de Belin)*

l'instruction PÙ6LlQtJE.-^LA PAfiSdE P^RtÔDlOUE. 157

Le nombre des ruchdiyèhs^ bien qu'il soit loin d'avoir atteint le minimum réglementaire, s'est accru sensiblement depuis ces dernières années; ainsi on comptait :

En 4274 (4857). Écoles. 39 Élèves. 3,374 (4).

En 4277 (4860). — 52 — 3,920 (2j.

En 4285 (4868). — 87 -- 41,894 (3).

En 4294 (1874). — 386 — 49,356 (4).

A la fin de Tannée dernière, le nombre des ruchdiyèhs s'élevait à 410), savoir : à Constantinople et dans le ressort du ministère de la police, 47, dont 9 filles; dans les vilâïets de Roumélie et des Iles, 160; dans les vilâïets d'Anatolie, 203 (5).

Quelques améliorations ont été introduites récemment dans l'organisation jusqu'ici très-imparfaite de ces écoles. Le personnel enseignant est plus nombreux, mieux rétribué et mieux choisi. Les candidats doivent subir un examen devant le Conseil de l'instruction publique. On a commencé même à mettre les chaires au concours (6).

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