ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
Nous avons dit qu'il comprend : 1® les Ecoles préparatoires (idâdiyèh)^ et 2° les lycées (sultaniyèh).
(4) Belin, De Vinstruction publique en Turquie, 4865, p. 42.
(2) Ibid.
(3) Ibid,, p. 45.
(4) Turquie du 23 juin 4875.
(5) Scdnâmèh de 4293 (4876).
(6) La Turquie du 41 décembre 4875.
158 PRKMIÈRB PARTIE* rr Cp^PITRE ¥.
Les premières sont mixtes et destinées à recevoir les enfants musulmans et non musulmans qui ont suivi toutes les classes des ruchdiyèhs et ont satisfait aux examens de sortie (1).
La loi veut qu'il y ait une école idâdiyèh dans toutes les villes composées de mille maisons. L^enseignement, qui dure trois années, est confié à des professeurs ou suppléants qui doivent être munis d'un diplôme de l'école normale de Constantinople.
Le programme comprend : la littérature ottomane et le style épistolaire, la langue française, qu'une ordonnance ministérielle de 1865 a rendue obligatoire dans toutes les écoles du gouvernement (2), la rhétorique, les éléments d'économie politique, la géographie et l'histoire universelle, l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie et l'arpentage, la physique, la chimie, l'histoire naturelle et le dessin.
Les lycées sont établis au chef-lieu de vilâïet. Ils comprennent deux divisions : une division de grammaire (3 années) dont renseignement est le même que celui des écoles préparatoires, et une division supérieure (3 années), partagée elle-même en deux sections, lettres et sciences.' Les idâdiyèhs répondent ainsi à nos polléges communaux ; Içs suUaniyèhs à no5 collèges communaux de plein exercice et à nos lycées.
Mais les uns et les autres n'existent jusqu'à présent que sur le papier, et l'enseignement secondaire n'est
(1) Les examens dans les différentes écoles de l'État ont lieu pendant le mois de juin. Les vacances durent six semaines (du 1" juillet au 13 août).
(2) Belin, p. 18. Cf. Journal de Constantinople du 9 mai 1865.
l'instruction I>UpLÏQUE. — LA Ï>RESSE PÉRIODIQUE. 159
représenté actuellement, ep Turquie, que par les deux Ppoles préparatoires à la bureaucratie et aux emplois pjvils, ^pnt la cféation est antérieure à la loi de 1^69, et p^r le l<ycée îippéfial.
Ecole bureaucratique (mekteb-i-aklâm-i-ch4hânèh), prèg de 1^ mosquée de Châh-Zâdè. — Celte écple a été fondée en 1279 (1862) pour le& élèves qui se destinent aux emplois de kiatib (copiste) dans leg bureaux. Qn y entre au sortir des ruchdiyèhs. L'enseignement, qui ne dure qu'une année, est restreint à l'étude du persan et de l'arabe, à la rédaction en langue tu|»que, h la calligraphie (1), au droit religieux, h l'arithmétique (2).
L'Ecole comptaij; à la fin de l'année scolaire 1874-7S cinquante-neuf élèves (3).
École civile ou d'administration (mekteb-i-milkiyèh), instituée en 1862. On y entre également au sortir du ruchdiyèh, après un examen préalable. Le programme est plus étendu que celui du mektefe-iaklâm. Il comprend le drpit religieux (fetva-i^cfierif), le droit commercial, la législatipn civile, l'histoire générale, l'éconoipie politique (emvâhi'V^ikliyèh)^ la rédaction, la comptabilité, la géograpliie, la langue française.
(1) La calligraphie est une science très-importante en Orient, à cause delà diversité des écritures. Les plus usitées sept le ne^^i, employé généralement pour la transmission des ouvrages religieux ou scientifiques ; le svltts, réservé aux inscriptions ; le divâni, usité uniquement dans les actes officiels; le rik'a, ou écriture cursive; le siakah, spécial aux bureaux des finances; le talik, ou écriture persane.
(2) Belin, p. 13 et 17.
(3) Turquie du 23 juin 187S, d'après le salnâmèh de 1292.
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rhistoire naturelle, la chimie. Les cours durent deux ans. Les élèves qui ont subi avec succès l'examen de sortie, reçoivent un diplôme et sont appelés à occuper les emplois vacants de mudirs dans les vilâïets (1).
Nombre des élèves en 4874-75 : cent treize (2).
Lycée impérial (3)(me&/66-i-5u//anî). -— Cet établissement, ouvert en septembre 1868, avec un personnel enseignant et dirigeant exclusivement français, a été organisé sur le modèle de nos grands établissements d'instruction secondaire. La durée des cours d'enseignement est de cinq ans, non compris troà années d'études préparatoires destinées aux enfants qui, au moment de leur entrée au lycée, ne possèdent pas sufiBsamment les connaissances qui font l'objet de renseignement primaire.
Cet enseignement, donné en langue française, comprenait, d'après le programme primitif :
1^ La langue turque ;
2^ La langue et la littérature françaises;
3® La morale publique et privée ;
4^ Les éléments de la langue latine nécessaires à l'étude du droit, de la médecine et de la pharmacie;
5^ Les étymologies grecques ;
6"* L*histoire générale et l'histoire ottomane;
7® La géographie politique, administrative, commerciale, agricole et industrielle des principaux Etats» et en particulier de l'empire ottoman ;
(«) Belin, p. 18.
(2) Turquie, loe. cit.
(3) Règlement organique du lycée impérial ottoman, dans Nico« laïdès, lU, 315.
l'instruction publique. — LA PRESSE PÉRIODIQUE. 161
8° Les mathématiques élémentaires et spéciales ;
9^ La cosmographie ;
10^ La mécanique et ses principales applications à la locomotion et à Tinduslrie ;
11<^ La physique et la chimie;
12® L'histoire naturelle ;
13* Les éléments du droit;
14® Les éléments de l'économie politique;
15° Des notions de rhétorique et d'histoire générale de la littérature ;
16® Le dessin géométrique, le lavis et le dessin d'imitation.
Plusieurs modifications ont été apportées depuis à ce programme. Une part plus importante a été faite aux études orientales. Une chaire spéciale d^histoire ottomane, une autre de cosmographie, ont été créées. En revanche, on a supprimé les cours de droit et d'économie politique, qui ont été transférés à TÉcole de droit {hukouk mektebi).
La direction du Lycée a été confiée à un haut fonctionnaire ottoman, assisté d'un conseil de surveillance.
Le Lycée comptait, à la fin de l'année dernière, 428 élèves, appartenant à toutes les religions et à toutes les nationalités de l'empire (1).