CHAPITRE VI
II' Année et la Blariae^
{Seifiyéh) (1).
l'armée*
Résumé de la loi de i869 sur la réorganisation de Tarnide. — Effectif sur le pied de guerre : infanterie, cavalerie, artillerie, génie, etc. — Répartition de cet effectif en sept corps d'armée (ordous).
L'armée, entièrement réorganisée par la loi du 12rebbiul-evvel 1286 (22 juin 1869) (2), sousleseraskératde Husseïn-Avni pacha (3), est formée de quatre éléments :
1^ L'armée active permanente (nizâm);
(1) Littéralement « les emplois de Tépée ».
(2) Texte dans Nicolaïdès, III, 514. Cf. Turquie des 1" et 3 novembre 1869. — Sur l'organisation antérieure de l'armée, voy. Lettres 9ur la Turquie, I, 439.
(3) Depuis grand-vezir. Assassiné en plein conseil des ministres (juin 1876).
l'abmée et la màbink. 177
2® L'armée active en congé illimité (ichtiâi) (1); 3* La réserve (redif) divisée en deux bans ; 4° L'armée territoriale (mustahfiz).
L'armée se recrute, par la voie du tirage au sort et au moyen des engagements volontaires, parmi la population musulmane (2).
La durée du service est de vingt années, qui se répartissent ainsi :
Dans le nizâm, quatre ans pour l'infanterie, cinq pour la cavalerie ou l'artillerie ;
Dans l'icA^ia^, deux ans pour l'infanterie, un an pour la cavalerie et l'artillerie;
Dans le redif, six ans, dont trois dans le premier ban, trois dans le second ;
Dans le mustahfiz, huit ans.
Le contingent annuel, fixé à 37,500 hommes, mais qui n'atteint pas en réalité ce chiffre, a été calculé de façon à porter, en 1880, quand la loi de 1869 aura son plein effet, les forces défensives de la Turquie à 702,000 combattants : 150,000 dans le nizâm ;
(i) Vichtiât est formé des hommes qui n*ont pas fini le temps de service dans Tarmée permanente prescrit par la loi, mais qui, par mesure d'économie, sont renvoyés dans leurs foyers. Sa véritable destination est de combler les vides dans les cadres de Tarmée permanente. Becker^ Etude sur la situation militaire de la Turquie,
(2) Nous avons vu précédemment (p.iâ7) que les non-musulmans ne font point partie jusqu'à ce jour du contingent. — Parmi la population musulmane même, le service n*est pas égal pour tous : Gonstantinople, Tlle de Candie, quelques districts de TAlbanie, de TArménie et de TAsie Mineure, le Kurdistan et une partie de la Syrie sont totalement exemptés du service. VAvenir militaire, dans le Nord du 10 juillet 1876. Cf. Becker, 8.
478 PREMltRB PAÇim. ^ Ca^PÏIM VI.
60,000 dans l'ichti^tî 192,000 dans le red^f » 300,000 dans le mustahfiz.
Dans ce chiffre ne sont pas fiompris :
1« La goidarmerie de GoB8taiitin<^le (1) (3,000?) et les zabtiyihs, dmgés de la pdice ordinaire dans les villes et les campagnes (2) (20,000) (3).
2« lies troupes irrégulières d'infanterie (baektbouzottk) (4) et de cavalerie (s»p<îAt), celle-ci composée ^ grande partie d'Arabes et de ^utdes (5) (40,000 hommes) (6).
3» Les contingents auxiliaires de l'Egypte (15,000)
et de Tunis (4,000).
Ensemble : 82,000 hommes.
Mais, dans l'état actuel, l'effectif de l'armée ottomane, sur le papier et sur le pied de guerre, ne dépasse pas 311,000 hommes, dont 203,000 pour
(i) Elle est militairement organisée depuis 1869, et se compose d'anciens sous-offioîers de l'armée. Elle détache des ordonnances auprès des ministres et d'autres hauts fonctionnaires, et forme une espèce de police supérieure pour la garnison de la capitale. Becker, iS.
(2) Partie à pied, partie à eheyal.
(3) 75,000 d'après Ali-Suavi (la Défense du 29 juin 1876]|, en y comprenant la gendarmerie de Gonstantinople.
(4) Littéralement têtes-gâtées. Ce sont des engagés volontaires, peu disciplinés en général et enclins au pillage.
(5) Ces contingents donnent une cavalerie légère exœllente. Us. sont commandés par leurs propres chefs de tribuSj, qui pnt un pouvoir illimité sur leurs hommes. Becker, 13.
(6) Ce chiffre est celi^i 4e ^855. Il dépend absQ)|inA«n| des çir«OQstances (ihéàtre de la guerre, dispositions de la tribu, argent à don* nér aux chefs, etc.), ce qui rend impossible une évaluation exacte.