GROUPE GÉORGIEN
Tcherkesses .-^Les Tcherkesses sont les montagnards
(1) Voy. ch. VI.
(2) Engelhardt, loc. laud.
du Caucase qui émigrèrent en Turquie à la suite de la lutte opiniâtre qu'ils soutinrent, dans ces derniers temps, contre les Russes. Commencé dès 1855, ce mouvement d'expatriation se poursuivit sans interruption jusqu'à la fin de 1863, époque à laquelle le nombre des émigrants s'élevait à près de 300,000. A la fin de 1864, il atteignait 700,000. La misère, les maladies en firent périr un grand nombre. Les survivants, formant un total de 595,000 individus (1), furent répartis un peu au hasard dans les di£férentes provinces de la Roumélie, principalement en Bulgarie, le long de la frontière serbe, et en Albanie. Pendant les années 1865-66, de nouvelles hordes, qui furent dirigées exclusivement sur l'Asie, affluèrent en Turquie et portèrent à un million, au dire de Salaheddin, le chiffre de l'immigration circassienne (2). Le gouvernement leur distribua gratis des terrains, des bœufs, les instruments aratoires qui leur étaient nécessaires, bâtit pour eux des maisons, des hameaux, des villages. Mais ces essais de colonisation, fort coûteux, ont peu réussi. Les Tcherkesses ont de la peine à se plier à une occupation fixe et régulière ; au lieu de cultiver le champ qui leur a été donné, ils préfèrent courir le pays en se louant comme journaliers. Beaucoup même ne s'adonnent à aucune espèce de travail et vivent d'aumônes et de rapines, véritable fléau pour
(t) Rapport du Grand Conseil au grand-vizir, dans Salaheddin, p. 213.
(2) 600,000 en Europe, 400,000 en Asie. Salaheddin, p. 2id. — D'après Ali-Suavi, A propos de r Herzégovine, 1875, m-4% p. 48, il conviendrait d'ajouter à ce total 500,000 autres Gircassiens, Abazakhs et Tatars, émigrés postérieurement à 1867.
les populations au milieu desquelles ils ont été transplantés. L'insurrection bulgare du printemps dernier est née en partie du mécontentement causé par leurs excès.
Lazes. — Les Lazes (Chorùtnli ou ChrtmU)^ que l'on suppose être les mêmes que les Macrons de Xénophon et de Strabon (1), habitent le district montagneux qui s'étend le long du littoral de la mer Noire, de Trébîsonde à Batoun, entre les deux vallées du Gharchout- Sou et du Tchorouk-Sou, et qui a reçu d'eux le nom de Lassistàn. Bore évalue leur nombre à 20,000 (2).