GROUPE SÉMITE
tsraâUéÈ. — Les Israélites, au nombre d'environ 150,000, descendent des Juifs expulsés d'Espagne
{i) Le Sinà^ et l0 Ywdis, ^tr^it dtt Joumaioflhe Rey, Geog, Society of LondQfi^ dans la Hevue britannique de janvier 1845. Cette origine est contestée par M. Bore, qui fait dériver le nom des Yezidis du mot zend Yiezd € Keu >, et voit en eux une race persane, qui a emprunté ^ doelHne religirate au enlte de Zoroastre modifié par Manès, Voy. plus bas, p. 54.
(î) Gârzonî, Notice sur les Yezidis, dans la Description du pachalik de Bagdad, par M... Le V^ya§e m Arahi^ et en Perse de Niebuhr et V Histoire arménienne dlnjijiaa conti^aneiit ég^J^ept de curieux détails sur les Yezidis.
SOUS Ferdinand et Isabelle la Catholique, et plus tard sous Philippe IL On les trouve répandus sur toute la surface de Tempire, bien qu'ils habitent de préférence les villes, et principalement les grandes places de commerce, Constantinople, Salonique, Smyrne. Ils sont 8,000 à Jérusalem et 15,293 dans toute la Palestine (1).
Ils parlent entre eux un ancien espagnol très-appauvri, et se servent dans leurs correspondances de récriture hébraïque*
Arabes. — Les Arabes sont répandus dans les vilâïets de Syrie, de Bagdad, de Basra, dans TÂrabie proprement dite et dans le vilâïet de Tripoli d'Afrique. Ils se distinguent en Arabes sédentaires et en Arabes nomades (Bedaouis, Bédouins). Ces derniers représentent le type pur de la race. Ennemis irréconciliables des Osmanlis, à qui ils ne pardonnent pas de les avoir dépouillés de leur ancienne conquête, ils sont divisés en tribus et en partis qui se livrent des guerres sanglantes, pillent ou rançonnent les caravanes et les voyageurs, et ne reconnaissent que par exception et accidentellement l'autorité des pachas.
Les tribus arabes les plus importantes sont les Chetnnars, dans la Mésopotamie, les MoUefiqs ou Unis, aux environs de Bagdad, les Hanazis, dans la Syrie, les EhM'Djebel, dans le Hauran(2). Population incertaine. Le chiffre d'un million, que nous avons donné d'après Salaheddin, est purement hypothétique.
(1) Archives israélUes, du !•' mars 1874.
(2) Bore, Tableau gênerai, etc.
LA POPULATION, L£S RAGES ET LES RELIGIONS. 4d
Syriens et Chaldéens. — Ethnographiquement, les Syriens et les Chaldéens sont un même peuple. Ils appartiennent les uns et les autres à la race ancienne et belliqueuse qui fonda les premiers royaumes de Babylone et de Ninive, et par sa civilisation précoce, par sa religion empruntée au pur sabéisme, par l'usage des lettres de l'alphabet qu'elle transmit aux Phéniciens, domina dans toute cette partie de l'Asie jusqu'au jour où sa puissance politique fut brisée par Cyrus. Les deux langues syriaque et chaldéenne ne diffèrent que par le son et le mode de transcription des lettres. Toutefois, le type physique n'est pas absolument le même chez les Syriens, ce qui dénoterait une variété de la même race. £n outre, la position plus occidentale de ces derniers, un contact plus fréquent avec les Grecs et les Romains, sous la domination desquels ils vécurent depuis Alexandre jusqu'à la conquête arabe, tandis que les Chaldéens, plus reculés, conservaient une indépendance sauvage à l'abri de leurs montagnes, ont développé en eux un penchant plus marqué à la civilisation.
Aujourd'hui encore les Chaldéens montrent les mêmes instincts rudes et sauvages. Cependant il faut distinguer, sous ce rapport, entre les montagnards et les habitants de la plaine. Les premiers habitent, à l'état de tribus semi-indépendantes, les montagnes escarpées et les profondes vallées qui rendent leur pays inaccessible ; ils sont tous pasteurs, bien armés, et plus disposés à se battre qu'à acquitter les droits du fisc.
Les habitants de la plaine sont cultivateurs, d'humeur plus paisible, et paient régulièrement les taxes.
KO INTBODUCTION.
Les Turks disent en parlant d'eux : les raSas; les autres sqnt des ackirèti.
Les Ghaldéens, de même que les Syriens, se divisent, sous le rapport religieux» en f unis # et en « nonunis^ » . Ces derniers sont les plus nombreux, environ 195,000 sur 233,000. La liste de leurs évèchés, que nous donnons plus loin, indique leurs principau}^ centres de population.
Maronites. — Aux Syriens se rattachent les Maro-nites (1), qui occupent toute la partie septentrionale du Liban, depuis Tripoli jusqu'au Nahr-el-Kelb (l'an-r cien Lyous), un peu au nord de Beïrout, Au delà de cette ville jusqu'à Saïda, ils habitent, mêlés aia Druses, aux Metualis, aux Musulmans et aux Grecs orthodoxes» les anciens districts mixtes. £n dehors de cette zone d'une trentaine de lieues de long sur une largeur moyenne de douze, de Tripoli à Bàalbek et de Saïda à Husbeya, les Itfaronites ne forment un groupe compact que dans le territoire qui s'étend entre Tripoli et An«tioche; mais oà rencontre leurs habitations isolées jusqu'aux portes de Damas et de Bàalbek.
L'établissement des Maronites dans le Liban précéda celui de toutes les autres peuplades qui, à diverses époques, se réfugièrent dans la Montagne, comme dans un lieu d'asile. Au conmiencement du huitième siècle, ils formaient déjà un corps de nation qui, au milieu des révolutions dont la Syrie fut le théâtre et qui la firent vingt fois changer de maîtres, réussit à maintenir intacte son autonomie religieuse et civile. Cette auto-
(1) Ainsi nommés du moine Maron ou Maroun^ qui vivait vers h fin du IV" siècle.
LA POPULATION, LSS RACES KT LES HELIGIONS. 8l
nomie persista même sous la domination turque, et la Montagne, grâce, il faut le dire, à la constante protection des rois de France (1), garda ses fratichises et ses privilèges.
Volney, en 1784, évaluait la population maronite à envirop 105,000 âmes ; elle est aujourd'hui de 200 à 210,000 âmes (2), dont environ les quatre cinquièmes dans la Montagne (3).
Cette population est, en général, laborieuse, trèsattachée au sol, avec un vif sentiment de la propriété, et tenant à la fois à l'agriculture et à l'industrie par la culture du mûrier. Quelques négociants, enrichie par le commerce dans les villes, forisient la classe intermédiaire entre les paysans cultivateurs et les cheikhs (4) qui, avec les émirs, d^seendjints des an-* ciennes familles princières, représentent l'aristocratie du pays.