COIN
arec.
(*) Cette liste est extraite du
tableau bis-
torique , géographique et politique de la Moldavie et de la Valachiè, par W. Wilkinson. Append. n° IV.
L’UNIVERS
TAtAQC».
LATIX.
▼ XXXÇAIS.
Camper,
compara re,
acheter.
Degete,
diglti,
doigts.
Di ntt»
dentes.
dents.
I)omno,
dominas,
seigneur.
Dorm,
dnrmin,
je dors.
Duke,
dulcit,
doux.
Dzin,
dies.
iour.
Fericit,
felix, frlicit.
heureux.
Fier,
fermai.
fer.
Firestra,
fonettr».
fenêtre.
Forains,
formatas.
beau.
F rua le.
frons frontis.
front.
Gennchi,
germa ,
genoux.
Gustare,
gustare.
goûter.
Incep,
incipin.
je commence.
Kimpo-lung,
campiis-longas,
ch.iinp-loug.
Larryinæ,
larryinte.
larmes.
Limba,
lingue (ou laoUMfe), langue.
Locul,
locus,
paca.
Luminar,
lumen.
lumière.
Lutia.
luna,
lune.
Mancare,
mnnducare,
manger.
Umtsa,
inrns j,
table.
Morte,
mors, rnortis,
mort.
Blusica,
musica,
musique.
ftaz.
nnsns,
ne*.
Nrgro,
ni g ru m.
noir.
N opte.
nox, noctis,
nuit.
Nushtio,
nrsrio.
je ne sais pas.
Occit,
acetum,
▼inaigre.
Ochi,
oculi,
yeux.
Face,
pax. paris,
paix.
Pallatur,
p.ilatium.
palais.
Pa riale.
parens, parenlis,
parent.
Pescator,
piscator,
pêcheur.
Plinj",
plaugo.
pleurer.
Porta,
porto.
porte.
Respnns,
responsnm.
réponse.
Bis,
ridere.
rire.
Scain», •
icamnum.
bouc.
Sunt,
sunt,
ils sont.
Unde,
umle,
d*où.
Un ire.
unire.
unir.
Vin.
vinmn.
▼in.
Vitric,
■vit r h in.
▼erre, glace.
Vorba,
▼erbum.
mot.
CJno,
unus,
un.
Doi,
duo,
deux.
Trr,
très,
trois.
Patro,
quatuor,
quatre.
f.intsh.
quiuque.
cinq.
Shassc,
sex,
six.
Shapte,
septeui,
sept.
A lit,
octo.
huit.
Noo,
noir cm.
neuf.
Zece,
decern
dix.
Le vainque a aussi fait des emprunts
à la langue grecque, en voici quelques exemples :
TALAQOB.
CISC.
▼ lAirÇAlS.
Daskal,
&$d<7xaXoç
roailred'école
Droom,
Sçôjxoç
course.
Kindiu,
xtvovvoç
danger.
Pujoss,
piéton.
Periorissit,
engagé.
Péris ta sis.
nzpimaaiç
circonstance.
Puer ma.
itveOfia
esprit.
Prerisis,
itpoatpetnc
inclination*
Tmpos,
TpOttOÇ
moyen.
« allemands. — La nation allemande est, sans contredit, après celle des Slaves, la plus ancienne de la Hongrie. En effet, il doit s’être fixé beaucoup d'Allemands dans la partie occidentale de cette contrée, bien avant l’invasion des Magyares, surtout après la destruction des Avares. On sait qu'a l'arrivée des Magyares , toute la partie occidentale du pays, comprise entre le Danube et la Save, était soumise à l’empereur Arnolfe. et quoique cette partie lui ait été bientôt enlevée, il est probable qu’il y resta un grand nombre de ses habitants. Mais, depuis l'établissement des Magyares, le nombre des Allemands s’est accru considérablement. Le roi saint Etienne, le premier législateur de la Hongrie, sen tant combien il était important d’augmenter la population du pays, accorda aux colons allemands, oui viendraient s’y établir, des privilèges, que ses successeurs ont soigneusement conservés. Ains: , dès le onzième siècle, il s’établit déjà des Allemands dans diverses parties de la Hongrie; mais c'est surtout dans le douzième siècle, sous le roi Geysa 11 , qu’on les vit arriver en foule, et remplir des comitats et des provinces entières. Ils se fixèrent principalement dans les provinces dn nord de la Hongrie et dans la Transylvanie; leur nombre était si considérable, qu'ils semblaient former un cordon militaire, au nord et à l’est du pays, depuis Preshurg jusqu'aux frontières de la Valachie. Il paraît qu’il en vint de toutes les contrées, de la Flandre, des Pays-Bas, de l'Alsace, de la partie méridionale de l’Allemagne, et peut-être aussi de la Saxe. En général , ils sont tous désignés sous le nom de Saxons. Ces anciens Allemands ont été, pour la Hongrie, une acquisition preeieuse, qui a largement compensé les concessions qu’on leur avait laites pour les attacher à leur nouvelle patrie; c’est à eux que les professions civiles et l’état de bourgeoisie doivent leur origine; ce sont eux qui ont ouvert ou exploité ces mines dont on a tiré tant de richesses, qui ont introduit l’industrie dans les villes et
HONGRIE
lt
créé le commerce avec le Nord. Ils ont adopté de bonne heure les mœurs et le costume du pays, qu’ils ont en partie mélangé avec le costume allemand ; mais ils se sont formé , dans quelques cantons, une mode particulière, qui parait assez bizarre : c'est celle de porter la chemise par-dessus la culotte, qui, ordinairement de couleur foncée, ne sert qu’à faire mieux ressortir ce singulier accoutrement. Ces Allemands se sont naturalisés au point de regarder de mauvais a il les colonies du Palatinat, de la Franeonie, de la Souahe, de la Baiière, qui ont été attirées en Hongrie au commencement du dix-huiheinr sièce, après l’entiere expulsion des Turcs. Ceux-ci sont generaiement appelés Souabes ( Schwaben ), et ce nom est devenu une espèce d’injure, qui a toutes les significations : on a tout dit sur un indi» idu lorsqu'on a prononcé, c’est un Souahe (esisl ein Schwabe).
• Le nombre des individus dont l'allemand est aujourd’hui la langue maternelle est beaucoup moins grand qu'on ne pourrait le supposer, d’apres celui des colons qui sont arrivés de toutes parts. Cette circonstance tient a l’influence des Slowaques ; nous avons déjà fait remarquer qu’un assez grand nombre de lieux, dont l’origine remonte réellement aux Allemands, ne sont plus aujourd'hui habites que par des Slaves; aussi ne reste-t il plus que quelques lambeaux de cette grande ceinture d’Allemands, qui s'étendait du pied des K-arpatlies jusque dans la Transylvanie. C'est dans le coinitat de Zips, au centre des Knrpathes, qu’on en trouve la olus grande réunion : ils y sont encore au nomiire de plus de soixante mille; mais il n’en existe plus guère dans le comitat de Gômôr. line autre réunion inijiortante se trouve en Transylvanie : les Allemands, désignes sous le nom de Saxons, y habitent les sièges de Hermanstadt , Nagy sink, Medgyes, Reps , Segesnar , Szasz sebes , Szasz varos , Szerdahely , Uj Kgyhaz, ainsi que les districts de Biszlricz et Kronstadt. C’est une des trois nations de la Transylvanie (*) ;
. (*) Voyez p. a4-
elle possède plusieurs privilèges, qui l’élèvent en général au-dessus de l’état de bourgeoisie. Il y a aussi beaucoup d’Allemands dans le Banat, et ce sont principalement les colons du dix-huitième siecle. Il faut ensuite revenir vers les frontières de l'Autriche, dans les romitats de OEdenhurg , Eisenbnrg, Wieselburg, pour trouver de grandes réunions d’Allemands. Mais, outre ces cantons, où la population allemande est considérable , il y a beaucoup d’Allemands dispersés dans toutes les parties de la Hongrie : il en existe dans toutes les villes de mines, et tout ce qui tient à l'industrie, au commerce intérieur dans les villes libres, est occupé par les Allemands.
« Français - Italiens. — Outre les peuples dont nous venons de parler, et qui forment la partie la plus considérable de la population de la Hongrie, il en est encore plusieurs autres beaucoup moins nombreux, dont les tins sont lixés par la culture des terres, les autres par le commerce.
« Parmi les premiers se trouve une petite colonie de Français , qui , du temps de Marie-Thérèse, vinrent s’établir dans la plaine de la Hongrie entre la Maros et la Bega, au milieu d’un pays marécageux, mais extrêmement fertile. Ils habitent particulièment le bourg de llatzjeld, les villages de Charleoille et de Saint-Hubert , dont les noms rappellent assez l’origine française, ceux de Nagyjetsa et de Csadat dans le comitat de Torontal; il en existe aussi à flreztocacz , dans le comitat de Bacs : cette petite colonie a jusqu'ici conservé sa langue.
« Il se trouve aussi en Hongrie quelques Italiens , auxquels on doit l'introduction de la culture du riz et l’éducation des vers à soie ; il est probable que le nombre des individus de cette nation était beaucoup plus considérable dans les anciens temps, où les Hongrois avaient des rois et des reines de. familles italiennes , et où tout le pays était approvisionné par le commerce de Venise ; mais , aujourd’hui , cette peuplade se borne à peu
l'Univers.
près au village de Char loti enbourg , dans le Bauat.
« Grecs modernes. — Parmi les peuples que le commerce a attirés dans la Hongrie, on trouve des Grecs modernes, des Arméniens et des Juifs. Les Grecs modernes, ou Macédoniens , sont ceux qui ont aujourd'hui entre leurs mains la plus grande partie du commerce, et par conséquent du numéraire. Il y en a de fixés à Pest , et il s'en trouve un assez grand nombre à Hermanstadt et a Kronstadt , en Transylvanie ; mais il en existe beaucoup qui n'ont point de résidence fixe et qui font le courtage dans l'intérieur du pays, particulièrement dans la plaine. Ils ont formé entre eux des compagnies de commerce qui se tiennent depuis Vienne jusque dans tout le Levant, et par lesquelles se font toutes les affaires commerciales. Les membres de cette association, après être restes quelque tem s en Hongrie, soi t remplacés par d’autres de leurs compatriotes, et retournent alors dans leur pairie avec le fruit de leur travail. Il n’est pas rare de voir de ces Grecs amasser en Hongrie une fortune considérable, après a^oir commencé avec peu ou point de moyens. Les individus de cette nation portent un costume particulier, qui les distingue de tous les autres. De larges panta ons serres par le bas, de> bottes de couleur, une sorte de camisole de suie, une ceinture de laine ou de cachemire, une redingote courte, ouverte par-devant, une calotte rouge, tel est en général leur habillement.
« Arméniens. —Les Arméniens, qui vinrent s’établir en Transylvanie vers l'an 1672, et qui de là se répandirent dans les plaines de la Hongrie , sont aussi adonnés particulièrement au commerce, et surtout à celui des bestiaux ; ils sont en possession des pâturages les plus considérables. Les individus de cette nation sont en général isolés au milieu des plaines de la Hongrie, où ils mènent, en quelque sorte, la vie des peuples nomades ; il n’en existe qu'une petite paroisse a Neusatz, visa-vis de Pétervardin. En Transylvanie,
ils sont réunis en assez grand nombre dans la ville nommée Szanios Ujvar, et dans celle de Ébesfalva ; du reste, ils sont disséminés dans l’intérieur de la province, où l’on en trouve çà et là des famil es fort riches. Quelques individus de cette nation, ainsi que des Maeédomens , ont été admis dans le corps de la noblesse transylvaine.
« Jui/s. — Les Juifs, qui sont aussi extrêmement repai dus dans la Hongrie, où leur nombre s'élevait en 1805 à cent vingt huit mille, peuvent encore être considérés comme un peuple particulier, puisqu’ils ne s’allient constamment qu’entre eux , et qu>- d’ailleurs, d'après les lois de l'État, ils y sont toujours comme etrangers. Il paraît que, dans le moyen âge, c’était sur eux que reposaient tonies les opérations financières de l'F.tat ; ils étaient les seuls qui entendissent l’art du monnayage, la valeur et les rapports des différentes monnaies , et le commerce en général. Les souverains, dés que b ur caisse était éuui-ée , ne connaissaient d’autre ressource que de recour r aux spéculations des Juifs: ils se procuraient effectivement de l'argent, mais c’était toujours par des moyens qui tournaient à la ruine de l’État et au profit des spéculateurs.
M. Schwartner rapporte que, pendant l'expédition d'André II dans la Palestine, les plus beaux domaines avaient été ainsi aliénés, que les droits régaliens du monnayage et du sel avaient été donnes en ferme à des Juifs, et que la dilapidation était telle, qu’on ne trouva d’autre moyen que de dfeclarer les biens de la couronne inaliénables. Les Juifs furent alors exclus de toutes les opérations financières ; et plus tard , sous Louis le Grand, il leur Fut même interdit de se fixer en Hongrie. Mais Sigismond, qui se trouvait toujours endetté, les rétablit dans le royaume, et légitima en quelque sorte les prêts à grosse usure ; les mêmes desordres reparurent sous le règne de Louis II, et on vit même, en 1524, un Juif, nommé Isanc, préposé à l’hotel des monnaies de Kaschau.
«Aujourd’hui la situation de^Juifsest
HONGRIE
bien différente : ils sont soumis à une surveillance assez rigoureuse , à une taxe particulière qu'on nomme taxe de tolérance. Les lois leur défendent de se fixer sur les frontières, et l'entrée des villes de mines leur est interdite; il y a aussi quantité de lieux où ils ne peuvent s'établir, et en général ils jouissent de très-peu de considération.
Les cantons où l’on voit le plus grand nombre de Juifs sont les frontières de la Galicie, les bords du Bodrog, dans la partie orientale de la Hongrie, et le comitat de Stuhlweissenburg dans la partie occidentale; il paraît qu’il en existe beaucoup à Karlsburg, en Transylvanie. Du reste , ils sont disséminés sur les routes, dans les villages, où ils tiennent en général les cabarets et les petites auberges. Il en est beaucoup qui colportent divers objets, de côté et d’autre, et qui vivent de petits trafics de toutes espèces.
« Zingares. — Enfin , au dernier rang des êtres qui vivent sur le sol de la Hongrie sont les Zingares. que les Allemands nomment Zigeuner , et que nous désignons très-improprement en France par le nom de Bohémiens , peut-être parce que les premiers que nous avons vus venaient accidentellement de la Bohême. Mais il convient de renoncer a cette expression, pour ne pas confondre une caste grossière et sans patrie, avec un peuple entier qui. par ses actions comme par ses malheurs, a des droits a l’estime générale. Cela est d’autant plus nécessaire, que ce nom même ne s'applique plus aujourd’hui ,.u* Zingares proprement uits, que nous connaissons à peine en France, mais bien à ces troupes de vagabonds sans aveu qui rôdent de ville eu ville.
« Quoique les Zingares soient trèsnombreux en Hongrie, on n’a pu encore avoir de rens iguements positifs sur leur origine; il parait seulement assez probable, d’après les recherches de Grellman, qu'ils descendent des Indiens de la caste des Parias, qui lurent chassés de leur pays vers l’an 1408, lors de la eonquetë de l’Inde par Tamerlan. Quelques auteurs pensent ce-
pendant qu’ils sont Égyptiens , et c’est d’après cette opinioii qu’ils sont quelquefois désignés sous le nom de Pharaoni ou d’Égyptiens. Ce qu’il y a de certain, c’est que ces peuples parlent un langage particulier, que leur physionomie n’a rien d’européen, qu’ils ne parurent en Europe qu’au commencement du quinzième siècle, et que ce n'est que vers 1417 qu’on les trouve cités dans l'histoire de la Hongrie.
Depuis cette époque, ils ont toujours mené une vie errante , et tous les moyens qu’on a pris pour les civiliser n’oht abouti qu’à en fixer un très-petit nombre, qui se sont adonnés à l’agriculture , et qu’on trouve surtout sur les frontières de la Transylvanie.
Tout le reste a continué à errer de coté et d’autre; ils campent au milieu des bois, ou près des villages, dans des cabanes qu’ils construisent à la hâte, et dont rien n’égale la misère et la malpropreté. En général paresseux, et enclins a tous les vices, ils ne travaillent jamais que pour se procurer le plus strict nécessaire : les uns exercent le métier de forgeron , et fabriquent des clous, des couteaux, des haches , que les femmes vont vendre dans les villages; les autres se traînent de ville en ville, faisant des tours d’adresse, jouant de quelque instrument, et faisant danser les pay-ans. Tous, et surtout les femmes, sont couverts des h iillons les plus dégoûtants ; tous annoncent la plus affreuse misère et le plus grand degré d’avilissement.
« Le nombre de ees vagabonds était autrefois très - eonsidéraule , car les recensements ordonnés par l’empereur Joseph, en 1783, les portent à (dus de quarante mille; mais il parait qu’il est aujourd'hui beaucoup diminué, soit parre qu’ils se sont dispersés dans les contrées voisines, soit parce que, petit à petit, ils sont entrés dans la classe des paysans, en se fixant définitivement dans divers lieux (*). »
Langues. — Si quelque chose peut nous uonner aujourd'hui une idée de
(*) Voyage en Hongrie, de Beudant, 1. 1, p. fii et suivantes.
L’UNIVERS
la tour de Rabot, à coup sûr, c’est la Hongrie : environ vingt peuples différents, ayant chacun une langue particulière! Pour sortir de la confusion, jusqu'à ces derniers temps , on avait résolu de n'employer, dans toutes les affaires générales, aucune des langues vulgaires du pays, et au contraire, de se servir du latin, la langue de l'Église et de la science, qui était ainsi devenue en Hongrie la langue de la politique.
Mais depuis quelques années, par des causes qui seront développées ailleurs, le latin a fait place à la langue magyare, c’est-à-dire, à la langue nationale de la Hongrie; une académie (magyar tudos târsasâg) a été établie à Pest pour le perfectionnement et la propagation de cette langue, sur laquelle nous croyons devoir donner quelques détails empruntés à Malte- Brun :
« Elle n’est point un mélange de tous les idiomes de l’Asie et de l’Europe, idée absurde partout, et spécialement à l’égard d’une nation qui se montre toujours dans l'histoire avec un caractère d’unité; elle n'est pas non plus, comme on l'a dit avec plus d’elégance que de fondement, » une- « vierge sans mère , sans sœurs et « sans filles;» elle a reconnu, des rivages de la Laponie jusqu'au delà des monts Ouralieus et le long du Volga, ses sœurs et sa famille. La langue hongroise est très-positivement alliée à l'idiome lapon, finnois, permiaque, vogoule, trhérémisse, tchouvache et autres, qu'on désigné <ous le nom général de famille tchoude, ou finnoise, ou ovralienne , dénominations peu commodes et peu précises, mais qu’on ne peut pas encore remplacer par une meilleure. Ce fait, déjà deviné parComenius. Strahlenberg et Fischer, a été mis dans un grand jour par Sainovics, compagnon de vovagedu jésuite Dell, dans son expédition astronomique au cap Nord, lors du passage de Venus sur le disque du soleil en 1769. Le voyageur hongrois , étonné de coin-
Î (rendre quelques phrases de l’idiome apon, étonné de pouvoir se faire comprendre par eux, étudia la grammaire
laponne du danois Leem , et quelques autres écrits publiés dans le Nord; ayant établi avec succès beaucoup de points de comparaison évidents, mais isolés , il proclama « que l'idiome des « Hongrois et ce'ui des Lapons est le » même,» assertion exagérée, mais qu’un autre Hongrois, M. Gyarsnathi , a réduite à des termes plus modérés et plus précis. La ressemblance ne se borne pas seulement aux mots, elle se manifeste encore dans les formes grammaticales , principalement dans l’usage de marquer les cas du substantif, les relations du pronom possessif, les copulations et les interrogations par des suffi. r es, ou syllabes ajoutées à la fin. Le verbe être en lapon est presque identique avec le verbe devenir en hongrois. La ressemblance des mots a surtout été démontrée par le rapprochement qu’en a fait M Klaproth avec les dialectes des Qstiaks de Beresof, et d’autre" peuplades situées entre les monts Ourals et le fleuve Obi. Ces tribus, qui formaient l’ancienne Jongorie , ont conservé beaucoup de mots hongrois qui ne paraissent pas connus aux tribus finnoises plus civilisées. M. Klaprolh indique encore beaucoup de mots samoyèdes qui ressemblent à des mots hongrois, et nous retrouvons jusque chez les Motores, et dans la Dzoungarie. le mot hongrois to ou tou, dans l’acception de lac ou marais. Mais ces traces isolées disparaissent bientôt. Les rapports du hongrois avec le turc consistant dans quelques mots empruntes, nous paraissent infiniment moins remarquables que les ressemblances grammaticales avec l’arménien; les nominatifs du pluriel en k sont formés dans les deux langues avec une cacophonie identique; le datif du pluriel hongrois rappelle l 'instrumental de l’arménien, et cette fatigante répétition d’une des consonnes les plus dures accable l’oreille dans les verbes hongrois plus encore que dans le verbe arménien. Comment deux langues , très-différentes par leurs mots, ontelles adopté les mêmes formes, surtout ces formes dures, ne convenant
HONGRIE
nullement à la douceur mélodieuse du hongrois? Enfin nous devons signaler un rapport jusqu’ici à peu près inconnu entre le hongrois et le Scandinave, qui, regardes comme tout a fait étrangers l'un à l’autre, nous ont cependant offert un certain nombre de mots en commun, et des mots qui n'ont pas pu être transmis par la civilisation moderne, mais qui tiennent a la haute antiquité de l'une et de l’autre de ces langues , a ces siècles primitifs où les Huns, les Goths, les lûtes, les Ases, les Magyars, et bien d’autres peuples, étaient réunis autour des anciens autels d’Odin. La langue hongroise , qui , en perdant son bizarre caractère d’un isolement absolu , n’en devient que plus intéressante comme monument, mérite encore notre attention sur d’autres points de vue. Harmonieuse, riche, flexible, elle se prête a l’é oquence naturelle de la nation, qui est liére de la parler; elle possède aujourd’hui des histor eus, des poètes, des journaux littéraires et savants; c'est le langage usuel de la diete, quoique la politique autrichienne cherche à y maintenir l’empire de la langue latine, qu’une sorte d’equité envers les habitants slavons et allemands avait fait a lopter (*). »
Outre le magyar, les langues les plus répandues sont : le slave, dont les principaux dialectes sont le dalmate, le croate, l'esclavon; l’allemand; le valaque, etc.
Religions. — Si les populations sont nombreuses et les langues variées, il eu est de même des religions. Ou y pratique le catholicisme romain , le Christianisme grec, uni ou schismati-
fpie, le luthéranisme, le calvinisme, e socinianisme, i'anubaptisme, le mosaïsme, etc.
I,a re.igion catholique est la religion de l'Etat, et celle, de la majorité des habitants de la Hongrie, surtout des Magyars , qui l’adoptèrent au onzième siècle.
I.es Grecs unis se composent surtout des Rusniaques , des Valaques
{*) Malte-Brun, t. vi, p. ;aî.
du Marmaros et de Szatmar , et des Serviens. Ils ont pour chefs spirituels deux évêques, établis à Ungh'ar et à Grosswaerdin, suffragants de l'archevêque de Gran. Les Grecs unis de la Transylvanie se composent d’Arméniens, de Valaques, de Zingarcs, et releventde l’évêque de Fagaras.On en trouve aussi en Croatie, dans lescomitats de Kôrôs et de Zagrabia, et dans l’Esclavonie. Leur nombre s’élève à environ sept cent mille.
Les Grecs schismatiques se composent des Valaques de la Transylvanie, du Banat, des comitats d’Arad et de Bihar; ils sont nombreux dans i’Esclavonie, et dans les comitats de Csongrad , de Bacs et de Barany. Leur patriarche a sa résidence à Karlovicz, et a sous lui sept évêques; celui de Transylvanie, ceux de Temesvar, d'Arad, de Versiez, de Bacs, de Rudeetde Pakraez dans l’Esclavonie. On peut évaluer leur nombre à environ un million et demi.
Les luthériens sont disséminés dans toute la Hongrie; mais ils sont plus nombreux dans le nord de la Hongrie et chez les peuples allemands. La plupart des Saxons , une partie des Hongrois , et les Serviens de la Transylvanie, sont aussi luthériens.
Les calvinistes sont plus nombreux que les luthériens; ils se trouvent surtout dans le centre de la Hongrie et sur les frontières de la Transylvanie; dans cette d> rnière contrée, on en compte un nombre assez élevé parmi les Hongrois et les Szeklers
Ces deux sectes comptent environ deux millions et demi de sectateurs, dont les deux tiers pour le calvinisme.
Les socinhns et les anabaptistes sont en très- petit nombre; les premiers se rencontrent dans la Transylvanie, chez les Szeklers et les Hongrois; les seconds, dans les comitats de Presburg et de Nyitra.
Les juifs karaïteset rabbinistes sont répandus dans presque toute la Hongrie-