‹ États de la confédération germaniqueChapitre 13 sur 261 · ADOLPHE DK NASSAU EST ÉLU EMPEREUR · texte numérisé non relu

ADOLPHE DK NASSAU EST ÉLU EMPEREUR

Cependant on se disposait à donner un nouveau chef à l’empire germanique. Les talents d’Albert, les grandes alliances et le souvenir de la gloire de son père , semblaient devoir lui mériter la couronne impériale. Sa confiance à ce sujet était si grande, que, sans attendre la décision de la diète, qui se tenait à Francfort , il s’était emparé des ornements impériaux. Cette arrogante présomption jointe au souvenir du despotisme avec lequel il avait gouverne scs fiefs matrimoniaux, ruina ses prétentions dans l’esprit des électeurs. Adolphe de Nassau fut élu (1er mai 1292.)

C’était un gentilhomme d’une bravoure éprouvée , mais, sans autre patrimoine que son épée. Au reste, ce ne fut

Îias seulement a la haine profonde que e fils de Rodolphe avait soulevée contre lui , qu’ Adolphe dut son élection.

Les électeurs suivirent en cette occasion la politique qu’ils avaient adoptée lorsqu’ils décorèrent un simple

L’UNIVERS

comte de Sounbe de la couronne de Charlemagne. Dans la première ardeur de son ressentiment, Albert témoigna le désir de s'opposer à cette nomination; mais des troubles ayant éclaté contre lui dans ses possessions de Suisse, il se vit obligé d’ajourner toute tentative de résistance, pour se rendre à marches forcées dans l’évêché de Constance. C'était là le fover de l’insurrection. Albert y promena sans pitié la dévastation et l’incendie. Cependant, craignant, au milieu de cette guerre contre ses propres sujets , d’attirer encore sur lui les forces de l’empire , se rappelant d'ailleurs la misérable destinée d’Ottocar, Albert reconnut l’élection d’Adolphe, livra les ornements impériaux, et reçut des mains du nouvel empereur l’investiture de ses fiefs. Une maladie violente, qui le mit sur le bord de la tombe, et dont il ne guérit qu’après qu’elle l’eut défiguré et privé d'un œil, rendit sans doute cette résignation moins douloureuse à son orgueil. Mais il eut bientôt de nouveaux démêlés avec ses peuples d’Autriche et de Styrie, et surtout avec l’archevêque de Salzbourg, qui, sur le bruit de sa mort, avait fait une invasion dans ses États, et détruit une ville nouvellement bâtie sur ses frontières. Le duc de Bavière ayant paru vouloir embrasser la cause de cet archevêque, Albert conclut avec ce dernier une trêve , que des événements importants transformèrent ensuite en une paix durable.

Page 1