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ROYAUME DE SAXE

La paix de Tilsitt (7 et 9 juillet 1807) ajouta au royaume de Saxe le cercle de Cotbus (*)", et assura à Frédéric-Auguste la possession du nouveau duché de Varsovie (**) , formé de

(*) Population 33,ooo âmes.

(**) 3,719,000 habitants.

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la Pologne prussienne. Du reste, ces événements n'amenèrent aucun changement dans la constitution du pays , dont l’édifice vermoulu s’est maintenu jusqu’en 1830. Pendant la guerre de 1809, où 18,000 Saxons combattirent à Wagram sous les ordres de Bernadotte, Dresde fut occupée quelque temps par les Autrichiens, et les bandes ennemies sillonnèrent le pays dans tous les sens. A la paix, la Saxe obtint à peine quelques enclaves bohèmes dans la Lusace; mais le duché de Varsovie fut augmenté de la ville de Cracovie et de la Gallicie occidentale (*).

A cette époque, le ro>, qui était entré franchement dans le système français , jouissait de toute l’estime, de toute l’amitié de Napoléon. Il régnait sur 6 millions d'hommes et en faisait marcher 60,000 sous les drapeaux, tandis que la Prusse n’en avait sur pied que 42,000. Cependant la grande lutte se préparait, où lecolossedel’Occident allait se mesurer avec celui du Nord.

Le 17 mai 1812, la capitale de la Saxe vif entrer dans ses murs Napoléon, accompagné de Marie-Louise ; et pendant plusieurs jours ce fut autour du chef du grand empire une affluence de courtisans couronnés, un concours magnifique de majestés et d’altesses, s’inclinant une dernière fois devant une fortune dont la décadence était proche.

Pendant la funeste campagne de Russie, les Saxons, commandés par le général Lecoq, et réunis aux Autrichiens sous les ordres du général Reynier, furent décimés dans différentes rencontres, et partagèrent la gloire et les malheurs de nos braves. Réduits au nombre de 9,000, défaits encore à Kalish le 15 février 1813, ils revinrent dans leur patrie, et, sur l'ordre de leur roi, se séparèrent de notre armée.

Cependant les Français, réorganisant leurs forces, occupaient une partie de la Saxe, et les Prussiens s’avançaient, réunis aux Russes, pour lutter contre une puissance dont les revers avaient détruit le prestige. La défec-

(*) Population 1,400,000 habitants.

tion était partout. Frédéric-Auguste, accompagné, de son épouse, de sa tille,, de ses ministres, de sa garde à pied et de sa cavalerie, forte de 1,500 hommes , quitta une seconde fois sa capitale, où Davoust fit bientôt apres sauter le pont de l'Elbe ( 19 mars), et se rendit d'abord à Plauen , dans le Vogtland , puis a Ratisbonne, et enfin à Prague. Son ambassadeur s'empressa de signer à Vienne, avec le ministère, autrichien , une convention par laquelle le roi se ralliait à toutes les mesures que la cour d’Autriche prendrait pour le rétablissement de la paix, renonçant d'avance, en cas de succès, au duché de Varsovie. D’autres négociations s'ouvrirent entre la Russie , la Prusse et. la Saxe. Mais la mémorable bataille de Lutzen rendit momentanément la prépondérance aux armes françaises. A la nouvelle que le général Thielman , obéissant à l’ordre exprès de Frédéric- Auguste, refusait d’ouvrir les portes de Torgau au corps du maréchal Ney, Napoléon chargea le duc de Weimar de transmettre ses volontés à son ancien allié. « Je veux, disait-il, que le roi se déclare; je saurai alors ce que j’aurai à faire ; mais s’il est contre moi , il perdra tout ce qu’il a. » Vint ensuite un message direct de l’empereur. Enfin, après avoir attendu longtemps pour connaître la décision de l’Autriche, l’arrivée du comte de Stadion, qui se disait retenu par la goutte , le roi se décida à déclarer qu'il n’abandonnait pas le parti de Napoléon. Torgau fut livre aux Français; les Saxons furent remis sous le commandement du général Reynier, et le 12 mai, Frédéric- Auguste fit sa rentrée solennelle dans sa capitale, où l'accueillirent les acclamations d’un peuple immense, et où l’empereur luimême le reconduisit jusqu’à son palais, se tenant constamment à cheval à ses côtés.

L’armistice du 4 juin 1813 suspendit les hostilités pendant deux mois.

Mais la Saxe n'en dut pas moins éprouver tous les maux inévitables pour un pays devenu le bivouac de tant d’armèes, le champ de bataille de tant

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d’implacables ennemis. Malgré les avantages qui signalèrent pour les Français l’ouverture de la nouvelle campagne, la grande armée de Bohème commandée par l'empereur de Russie, le roi de Prusse et le prince de Scliwartzembcrg, s'avançait rapidement pour envahir la Saxe. Déjà Dresde est enveloppée par cent cinquante mille Austro-Russes, qui vont écraser les dix-huit mille hommes retranches derrière la vieille enceinte de la ville.

Tout à coup Napoléon paraît, et sauve Dresde par une admirable victoire, dernier éclat d'une puissance trahie par la fortune. Mais bientôt les défaites de ses lieutenants, les dispositions insurrectionnelles des populations allemandes et la défection des Bavarois le forcent à se retirer sur Leipzig, après avoir laissé dans la capitale de la Saxe le maréchal Gouvion-Saint- Cyr avec trente mille hommes. Quant à Frédéric- Auguste, il avait suivi Napoléon, malgré les instances de son conseiller, Gersdorf, qui lui persuadait d’attendre plutôt les événements à Kœnigstein ; il ne voulait ni braver le sort, ni s’y soustraire, et il espérait être encore utile à son pays au milieu des dangers.

On connaît les détails et l’issue de ces trois terribles journées de Leipzig (16,18,19 octobre 1813); on sait quel événement inouï, imprévu, vint changer la face d’une lutte héroïque, dont les chances avaient été jusque-là favorables aux Français. Les Saxons qui, depuis l’ouverture de la campagne, combattaient contre leur gré dans nos rangs, avaient, dès le 18 au matin, cédé leurs importantes positions au corps ennemi sous les ordres de Bernadette, et s’étaient repliés jusqu'au sommet d’un mamelon qui commandait la daine. Là, on les vit tout à coup s’éancer au-devant de la cavalerie qui se disposait à charger, faire face en arrière et tourner leurs quarante pièces de canon contre nos divisions ; lâche défection que les alliés payèrent d’une ingratitude et d’un mépris' mérités (*) !

(*) « Les fastes militaires , a dit Napoléon

Le lendemain on proposait à Napoléon , contraint à la retraite , de faire de Leipzig une tête de défilé et d'incendier ses vaStes faubourgs , afin d'empêcher l’ennemi de s’v établir.

« Quelque odieuse que fût là trahison des Saxons , l'empereur ne put se résoudre à détruire cette ville; il aima mieux s'exposer à perdre quelques centaines de voitures , que d'adopter ce parti barbare. » Ce fut a neuf heures du matin qu’il fit à Frédéric- Auguste sa dernière visite. La fusillade retentissait dans les faubourgs, qu’il s’arrêtait encore pour consoler la famille de son malheureux allié, et l'exhorter à le suivre a Weisseufels. Enfin, il dut sortir de Leipzig pendant que son arrière-garde défendait pied à pied les faubourgs et opérait lentement sa retraite au pied des remparts , du haut desquels les Saxons faisaient feu sur nos braves. Quelque temps après, le grand pont de l’Elster sautait par suite d’une funeste méprise, et les alliés étaient maîtres de Leipzig. Alexandre fit aunoncer aussitôt à Fredéric- Auguste qu’il devait se regarder comme son prisonnier. En vain celui-ci offrit aux deux empereurs de faire cause commune avec eux , il dut sortir de ses États avec sa famille pour être transféré à Berlin, et de là au château voisin de Friederichsfeld. Durant sa captivité, la Saxe souffrit enrore de cruels malheurs. Le prince Repniu fut nommé gouverneur de ce pays, que les princes alliés considéraient comme une province conquise, et dont ils méditaient le démembrement. D'énormes contributions imposées aux habitants, des arrestations, des enrôlements forcés, le brigandage des hordes de Cosaques, l’envoi des clefs de. In capitale à l’empereur Alexandre, l’arbitraire et la brutalité du despotisme, 12,000 Saxons poussés au delà du Rhin , les ravages

« à Sainte-Hélène , se dessouilleront-ils ja- « mais de l’acte des Saxons, se retournant « dans nos rangs pour nous égorger? il est * demeuré proverbe chez les soldai, : saxon- « ner, parmi eux, veut dire à présent une « troupe qui en assassine une autre. •

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affreux des maladies contagieuses, tels furent, jusqu’au 3 novembre 1814, les traits principaux de la funeste administration des Russes. A cette époque, Repnin fit connaître aux autorités saxonnes que la Russie, l’Autriche et l'Angleterre avaient remis l'administration du pays au roi de Prusse, comme à sou futur souverain. Ainsi, on allait violer sans pudeur tous ces principes d’humanité , de droit des gens, jadis solennellement proclames a la face de l’univers.

Cependant, fort des témoignages d’amour de ses malheureux sujets, dont la Prusse cherche par tous les moyens à étouffer les vœux, à ébranler la fidelité, Frédéric-Auguste proteste hautement et énergiquement. C Angleterre, l’Autriche, la Bavière et la France, inquiètes de l’agrandissement de la Prusse, se déclarent pour lui. EnOn, le 6 février 1815, cette grande discussion se termine, et le partage de la Saxe est résolu par le congrès de Vienne , sur des bases telles que, de deux millions d'habitants que contenait le royaume , il doit en conserver environ 1,300,000.

Tandis que l’exaspération des Saxons contre les Prussiens, arrivée a son comble, se manifeste même par des révoltes , le roi , qui a été conduit à Presbourg eu Hongrie , résiste , délibère, hésite; néanmoins la réapparition du grand empereur devait hâter le terme de ces délibérations; il finit par ceder après avoir reçu la visite de l’empereur d'Autriche, celle du prince de Metternich et du duc de Wellington. Par le traité signé le 8 mai avec la Prusse , une partie de la haute Ltisare, toute la basse Lusace , le cercle de Wittemberg, une partie des cercles de Misnie et de Leipzig , le Mansfeld saxon, les cercles de Thuringe et de Neustadt, et le duché de Querfurth, la partie royale saxonne de llenneberg, et quelques districts du Wogtland, furent violemment arrachés à la Saxe.

On sacrifia Goerlitz, Lubben, Guben, Torgau , Wittemberg , Fulenbourg, Mersebourg, Weissenfels, Naunbourg, Zeitz , Schulpforta , Langensalza , Weissensee , et plusieurs autres villes,

des terres riches en salines , en céréales, d’une superficie de 350 milles carres, et plus de 845,000 Saxons fidèles.

Les provi ices cédées à la Prusse reçurent la dénomination de Saxe ducale.

Le 7 juin de la même année, Frédéric-Auguste, après avoir adhéré à l’acte de la confédération germanique, rentra dans sa capitale au milieu des acclamations et de l’allégresse de son

Iieuple. On adopta de nouvelles coueurs nationales, le blanc et le vert; et un contingent de seize mille hommes, ayant à sa tête le prince de Saxe- Cobourg et le général Lecoq, marcha contre Napoléon. Mais le sort de la campagne s’était décidé à Waterloo avant leur arrivée : cinq mille hommes restèrent en France comme fai>aut partie du corps d’observation. La Saxe reçut 6,804,746 f. sur les sept cents millions que notre patrie paya pour les frais de la guerre.

Dès que la paix fut assurée, le roi dirigea tous ses efforts vers les améliorations intérieures qui devaient compenser tout ce que son pays avait perdu eu puissance et en étendue. Il chercha surtout à relever le crédit et à réorganiser l’administration. Les états du pays (Land-Stænde) furent plusieurs fois convoqués, et offrirent le spectacle d’un accord parfait entre les députés et le roi, bien que l’opinion publique semblât réclamer des réformes urgentes dans la vieille constitution du pays. La littérature, les arts et les sciences refleurirent. L'exploitation des mines atteignit un haut degré de prospérité, et l’industrie fut soutenue par tous les moyens dont le gouvernement pouvait disposer. La Saxe se ressentit, il est vrai, de la disette de 1816 et de la stagnation du commerce; mais les secours prodigués par Fréderic-Auguste en atténuèrent les effets. Il persévéra encore douze ans dans de si louables efforts, et mourut le 5 mai 1827, h l’âge de plus de soixante-seize ans emportant les regrets universels

Airroiüi i,r (1827-1836).

Antoine I*r avait soixante et onze ans lorsqu’il ceignit la couronne de

•Il

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son frère. Quoiqu’il eût annoncé que rien ne serait changé à l’administration . on s’aperçut bientôt que ce n'était plus la même main qui tenait le gouvernail. Les états assemblés depuis plusieurs mois n'offraient que l'ombre d’une représentation nationale; ils n'étaient entre les mains du gouvernement qu'un instrument utile, dont il se servait pour faire voter les propositions qu'il voulait faire passer comme l'expression de la volonté populaire.

Mais quoique cette institution fût loin de répondre aux besoins de l'époque, des vues utiles y avaient été développées, d'énergiques protestât ons s’y étaient fait entendre. On y avait hautement réclame le droit de voter les impôts, de contrôler les dépenses et de signaler les abus qui devaient être réformés. Le gouvernement avait toujours refusé de faire droit à ces réclamations. il avait surtout repoussé la demande d’un budget, sous prétexte que les états ne pouvaient juger sainement des dépenses indispensables sans se mettre en rapport avec les fonctionnaires publics, rapports qui relâcheraient les liens de la Mjliordination et finiraient par détruire la hiérarchie administrative.

Le roi se r< fusait à toute espèce de concessions; son extrême attachement à l’Église catholique rendait d'ailleurs sa position difficile au milieu d'un peuple de zélés luthériens. La grande, influence dont les jésuit°s jouissaient a la cour, les traitements énormes des prêtres , le monopole du pouvoir et des places accordé aux cathobqües excitaient une fermentation sourde et des mécontentements qui se manifestèrent, le 25 juin 1830. d’une manière assez grave pour nécessiter l'intervention de la force armée. Telle était la disposition des esprits dans la Saxe, lorsqu’on y reçut la nouvelle des révolutions de Pans et de Bruxelles. Celte nouvelle fut saluée, ainsi que dans toute l’Allemagne, comme un signal de régénération et de liberté.

Quelques mesures fort rigoureuses, prises le 2 septembre par la poliçe de Leipzig, servirent de prétexte aux

troubles. Le peuple attaqua la maison du chef de la police; pour comprimer l'émeute, on fit venir quelques troupes du voisinage; mais les troupes trop peu nombreuses eurent le dessous. Le peuple commença alors à démolir et à saccager les maisons des hommes connus pour appartenir à la police; puis, les ouvriers imprimeurs, qui sont en très-grand nombre à Leipzig , se dirigèrent contre les ateliers du célèbre libraire Rrockliaus , dont quelques presses étaient mises en mouvement par une machine à vapeur. Les habitants songèrei t alors à prendre les armes pour la défense de leurs propriétés. et. de concert avec les étudiants de l'université, ils organisèrent une garde communale, qui, apres trois jours de troubles et de désordres, rétablit enlin la tranquillité.

Depuis qu’on avait eu connaissance à Dresde des événements politiques de Paris, les couleurs françaises étaient étalées dans les magasins; la jeunesse les portait en cravates et en écharpés; on chantait aux théâtres et dans les lieux publics la Marseillaise et la Parisienne , sans que la police pût s'y opposer; enfin, dans la nuit ou 0 àü 10, unr.issemblcmentconsiderable. qui s'était formé hors de la ville, y rentra tumultueusement en brisant lès réverbères. en saccageant les bureaux de douanes et de police, et en poussant les cris de rive la liberté ! a bas la police! LYmeute arriva ainsi à l’hôtel de ville, dont elle jeta par les fenêtres et livra aux flammes les meubles et les papiers. Quelques compagnies de chasseurs voulurent s’y opposer; une collision eut lieu , et le sang coula des deux côtés; mais heureusement l'artillerie refusa de tirer, et, comme à Leipzig, une garde communale, qui s'organisa immédiatement, eut bientôt mis On au désordre.

A la première nouvelle de l’insurrection, le prince Frédéric, neveu du roi , héritier du trône , et très-populaire, parce qu’il était partisan des réformes réclamées, accourut à Leipzig, et y fut accueilli aux acclamations du peuple. Son arrivée Ot espérer

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qu’on obtiendrait le redressement des griefs, et la nuit du 10 au 11 se passa assez paisiblement.

Le lendemain , comme par autorisation du roi , il se forma une commission composée de magistrats, de bourgeois, et présidée par le prince.

Cette commission devait prendre les mesures les plus efficaces pour le rétablissement de l’ordre. Les bons citoyens furent invités par une proclamation à se faire inscrire sur les rôles de la bourgeoisie, qui, ainsi qu'un corps de six cents hommes soldés, pris dans toutes it sclassesde la population, fut mise sous les ordres du général de Gablentz. Cependant , la bourgeoisie s’assemblait dans ses sections pour délibérer sur les griefs dont elle aurait à demander le redressement , tels que l’abolition des taxes les plus oppressives, spécialement celles de police et de l’excise, la réforme de l’administration communale, l’extension du droit de séance et de vote dans la d.ète, le contrôle et la publicité des comptes , la réduction des dépenses du culte catholique, et plusieurs changements importants dans la constitution.

Le roi résolut alors de se décharger du fardeau du gouvernement sur son neveu , à qui l’insurrection venait de déférer tous les pouvoirs. Par une ordonnance. du 13 septembre il le nomma corégent du royaume, et ordonna que toutes les affaires soumises à la décision royale fussent portées a sa connaissance, et toutes les decisions revêtues de sa signature. Par le même acte, le prince Maximilien, frère du roi et père du prince Frédéric, renonçait en faveur de celui-ci à son droit de succession à la couronne.

Cette ordonnance, publiée immédiatement à Dresde et suivie d'un changement de ministère, rétablit partout la tranquillité. Une constitution , délibérée avec les états, fut promulguée le 4 septembre 1831 , et juree par le roi et par le prince. Par cette constitution, se trouvent établies, la liberté des personnes et des propriétés, l'égalité de tous les citovens dans l'appel au service de l'État, l'obligation pour tous du

service militaire, la liberté de conscience. La liberté de la presse et du commerce de la librairie doit être assurée contre les abus par une loi qui aurait égard aux obligations imposées à la Saxe par la confédération.

La responsabilité atteint tous les fomtionnaires. même les chefs de departements, pour lesquels le contreseing est obligatoire.

Les juges sont astreints à motiver leurs décisions. Personne ne peut être distrait de ses juges naturels, ni détenu plus de vingt-quatre heures sans être entendu. Les tribunaux privilégiés sont abolis.

Les états sont formés de deux chambres. L’election, la nomination royale et l'hérédité sont les éléments constitutifs de la première ; la seconde se compose de soixante-trois députés , savoir : treize des propriétaires des biens nobles , vingt-cinq des habitants des villes, et vingt-cinq des paysans.

Tous les trois ans, vingt et un membres sortent de cette chambre; ils peuvent être réélus. Un règlement communal et une loi sur le rachat des droits féodaux avaient été promis par une proclamation du 29 mai. D’autres réformes suivirent; des négociations furent entamées avec la Prusse au sujet du système de douanes. Au milieu de cet" e^sor de prospérité, le roi Antoine célébra son quatre - vingtunième anniversaire, et mourut l'aunee suivante , le 6 juin 183G.

FRIOKIIIC-AGGCSTE IV (depuis l33lî).

Ce prince est né le 18 mai 1797.

Depuis son avènement, il a justifié les espérances que le peuple avait mises en lui. Les élats du royaume, dont la session s’ouvrit en novembre 183ü se montrèrent animés d’un esprit assez liberal : ainsi ils se prononcèrent contre la police secrete et contre la cen-ure. et prirent ouvertement parti contre les empiétements anticonstitutionnels du roi de Hanovre. Disons encore que l'industrie et le commerce continuent à faire dans la Saxe des progrès notables, et que des

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chemins de fer se sont établis entre Dresde et Leipzig, et entie cette dernière ville et Magdebourg. En 1838, le roi a perdu son pi re, le prince Maximilien. Veuf depuis 1832 de l’archiduchesse Caroline d’Autriche, il avait épousé, le 24 avril 1833, la princesse Marie de Bavière, sœur de la princesse rovale de Prusse.

Tel est l'état actuel de la Saxe , de ce pays auquel se rattache le souvenir des denx plus grands événements de l’histoire d'Allemagne : la résistance à Charlemagne et la résistance aux successeurs de saint Pierre. Abaissée par les traités de 1815 au rang des puis-

sances du troisième ordre , elle ne pèse

filus d’aucun poids dans la balance poitique et se yoit désormais réduite au rôle de satellite de la Prusse, jusqu'au jour où un remaniement de l’Europe la soumettra définitivement, pour préparer de concert l’unité de l’Allemagne, à cette puissance qu'elle a devancée dans les voies constitutionnelles , et à laquelle, malgré de justes griefs, doivent la rattacher ses sympathies religieuses et les efforts généreux que depuis plus d'un siècleelles font l'une et l'autre pour répandre dans la nation allemande les bienfaits de l’instruction , de l'industrie et de la civilisation.

FIN

TABLE DES MATIÈRES

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