J* ERS , ILES, FLEUVES, LACS, SOURCES, CAR AUX
La Baltique baigne la Prusse et la Poméranie, sur une longueur de 104 milles. Ses côtes sont généralement basses et sablonneuses, et elles seraient exposées aux inondations sans les du-
nes que la nature y a élevées, et contre lesquelles l’art, dans certains endroits, a appuyé de fortes digues. L’échancrure l’a plus considérable est le golfe de Danztg ; mais on doit regarder comme des dépendances de la mer ces grandes masses d’eau connues en allemand sous le nom général dellaff. « Ces lacs forment, dit Malte-Brun (*), l’un des traits les plus curieux de la géographie delà Prusse. Le mot Haff signifie , en suédois et en danois , une mer quelconque. Ce mot, importé peut-être lors de la conquête de Waldemar II, désigne maintenant sur les côtes de la Prusse et de la Poméranie ces lacs qui se trouvent à l’embouchure de l’Oder, de la Vistule, du Pregel, du Memel et d’autres fleuves. La Prusse compte deux grandes eaux de ce genre.
« Le Frische-Haff , c’est-à-dire le Haff aux eaux douces , a 2 1 lieues en longueur et de 2 à 4 en largeur. Une chaîne de bancs de sable le sépare de la mer Baltique, avec laquelle il communique par un détroit nommé Gatt.
Ce détroit n’a que 12 pieds d’eau, et le Friscbe-HafT lui-ineme est encore moins profond, circonstance qui diminue tous les avantages commerciaux que l’on serait tenté d'attribuer à ce lac, à l’inspection de la carte.
« Le Curische-Hajf a 20 lieues de long sur 5 à 10 de large; la langue de terre, dite Curische-À/eerwig , qui le sépare de la mer, est plus étroite, mais aussi plus élevée que celle du Frisehe-Hafr. On trouve dans ce lac tant de bancs et de bas-fonds , que les bateaux peuvent seuls le traverser, encore y est-on exposé à des ouragans fréquents. Il communique à la Baltique par un canal d’environ 1000 mètres de largeur sur 4 de profondeur. Depuis ses bords méridionaux jusqu'au village de Windebourg, ses eaux n’ont point de courant; mais, au delà, elles deviennent très-rapides , et quelquefois même elles entraînent les navires à travers les récifs dont la côte est bordée. Le canal de la Deime le met en communication avec le Pregel , et fa-
(*} Ibid., pag. 8;.
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vorise par là le commerce de la petite ville de Tapian, située à peu de distance du Pregel. Le Curisehe-Haff doit son nom aux anciens Cures ou Koures qui en habitaient les bords, et qui, dans leur dialecte finnois-esthonien , appelaient la langue de terre qui sépare le lac de la grande mer , Menta-Niemi , le promontoire des Pins, d’où quelque voyageur grec, copié par Pline, aura sans doute fait Mento-Nemen. Les pécheurs qui habitent les bords de ce lac ont conservé le nom de Cures. Les tempêtes ensevelissent souvent leurs frêles cabanes sous des amas de sable. »
On voit encore un lac de même genre sur les côtes de la Poméranie :
c'est le Ponimersche-Uaff ou Stetinner-Haff. Moins étendu que ceux dont nous venons de parler . il n’a que 10 lieues de longueur de l’est à l’ouest, et 2 lieues de largeur moyenne. Il se divise en deux parties , le Grand-llaff et le Petit-Haff. On donne aussi le nom de lacs a quelques-uns de ses enfoncements : tels sont le Neuwarp nu sud , et le Papenwasser à l’est-sud. Il se décharge, au nord-ouest, dans la Baltique, par le Peene, qui alimente le grand lac A'Achtenvasser; au nord par la Swine , et, au nord-est, par le Dietmow, qui forme le lac de Cammin.
La plus grande , la plus pittoresque des îles de l’Allemagne, Rugen, s’élève vers la pointe la plus septentrionale de la Poméranie, vis-à-vis de Straisuud.
Sa longueur du sud au nord est d’un peu plus de 11 lieues; sa plus grande largeur de l’est à l’ouest est d’environ 9 a 10 lieues : on évalue à 47 lieues sa plus grande largeur. Elle est séparée du continent par un détroit qui n'a pas une demi -lieue de largeur près de Straisuud. Autourse trou vent plusieurs petites îles, parmi lesquelles on distingue, à l’ouest, lliddensee et tJmanz , et , au sud-est , Ruden , qui en est éloignée d’une lieue et demie. Cette dernière en faisait autrefois partie ; mais, en 1309, les eaux de la mer envahirent une partie de l’ile, y formèrent un grand nombre de baies et de golfes , et en séparèrent la partie méridionale.
Au sud de Ruden se trouve l’île A'IJsedom ou Uesedom, dont la superficie est évaluée à 18 lieues carrées ; elle a à peine dans certains endroits un quart de lieue de largeur; sa longueur du sud-ouest au nord-est est dé 1 1 à 12 lieues. Un canal de 400 toises de largeur la sépare du H'oüiii, qui a un peu moins d etendue.
Les fleuves qui ont leur embouchure en Prusse et versent leurs eaux dans la Baltique sont le Niémen, en lithuanien Nemony ( le Silencieux , l'invariable ) : il vient de la Lithuanie et se jette dans le Curische-Haff par deux embouchures , le Reuss et le Gilge. Le Pregel, en vieux prussien Priejolla ( rivière des Collines ) , est foimé des débouchés des lacs intérieurs de la Prusse, et coule dans le Frisehe-Haff, après avoir formé plusieurs îles au-dessus de Kœnigsberg.où il ne porte encore que de petits navires. Une forte barre, qui se trouve à son embouchure, empêche les gros vaisseaux de remonter jusque-la. La Fistule ( en polonais IVisla, en allemand IFeichsel ) entre dans la Prusse, près de la ville de Tliorn; en approchant de la mer, elle se divise en trois bras, dont l’un, conservant le nom de Vistule, se jette dans la Baltique auprès de Danzig; l’autre, sous celui de FieiUe-Fistule , se perd dans le Frische-liaff par quatorze embouchures ; enfin le troisième , le Nogatt , se jette dans le même lac auprès d’Elbing. La Vistule semble perdre en entrant en Pologne une partie de sa profondeur ; elle" est guéaule à partir de Tliorn. L Oder, le cours d’eau le plus important de la Prusse , la parcourt du sud au nord sur une longueur de 125 milles. Il commence à être navigable à Ratibor, sur les frontières de la Silésie autrichienne; il entre dans les plaines à Breslau, et se jette à Stettin dans la lagune de ce nom. l.'Oppa, l'Ohlau, la Lotie, la IFeistrüz, la Kalzbach , le Bober, la Neisse, VUlsa, la Brinitza, le IFarlha, VÜcker, grossis de leurs affluents, versent leurs eaux dans l’Oder.
l 'Elbe, le IFesere t le /{/importent leurs eaux à la nier du Mord.
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Le premier sort , à Muhlberg, du royaume de Saxe, pour entrer sur le territoire prussien, qu’il quitte à Selinarkenlierg , pour entrer dans le Hanovre. Ses principaux affluents sont, à droite, V Etster-i\oir et le Havel; à gauche, la Mulde , la Saale et YUnstrut.
l.e Weser forme la frontière de la Prusse et du Hanovre, depuis Wurgassen jusqu’à Stable; depuis Eisbergen jusqu’à Schusselbourg ü traverse le territoire prussien ; il entre ensuite dans le Hanovre. La Prusse ne lui fournit aucun affluent considérable.
Le Rhin, depuis l'embouchure de la Nriic jusqu’à celle de la Lahn, forme la frontière de la Prusse et de la principauté de Nassau. Il ne pénètre dans le territoire prussien qu’au lmurg de Horcbheim ; il en sort près de Lie' es, après un cours de trente-six milles.
Depuis Bingen jusqu'à Coblentz , il coule dans un lit étroit de rochers, à travers les masses argileuses du llundsruch et du Taunus. Les dangereuses cataractes de Bingerlock , au-dessous de la tour des Rats ( Meusel-Thurn ), le banc de Saint-Goer , les îles dont le fleuve est parsemé, les rochers qui le pressent, et dont les cimes sont couronnées de ruines féodales, de villages, et d’épaisses forêts, lui donnent un caractère des plus pittoresques. A partir de Cohleut/., ses eaux parcourent une riche vallée, jusqu’à Andernach, où il entre dans une vallée plus étroite, bornée par les Siebengebirge et l’Eifel ; c’est là que se trouvent les deux écueils formés par deux groupes de colonnes basaltiques, et connus sous les noms de grand et de petit Unkelstein. Le fleuve quitte ensuite les montagnes audessous de Bonn , pour arroser les plaines fertiles du grand-duché auquel il donne son nom. La Lahn, le IVied, le Sieq, le fVipper , 1a Rofr, la Lippe, la t\ahe, la Moselle , sont ses principaux affluents sur le territoire prussien.
Outre les trois lagunes, connues sous le nom de Haff , et qui sont une particularité des côtes ae la Prusse proprement dite et de la Poméranie,
on trouve encore , dans l’intérieur des terres, un grand nombre de lacs; les
Itrincipaux sont, dans le Brandebourg, e Havelsée , Y Uckersée , le Hupinersée, le Tegflsée, etc. ; dans la Poméranie, le Kumerowsée , le IVilmsée; dans la Prusse proprement dite, le Mauerste , le Lychsie , etc. Ceux de la Silésie sont très - nombreux: mais ce sont plutôt des étangs que dfs lacs. Dans la partie occidentale de la monarchie , on ne trouve qu’un seul lac de quelque étendue , c’rst celui de iMach , dans la régence de Coblentz ; on le regarde comme le cratère d'un ancien volcan. Il a sept mille mètres de circonférence, et ses bords sont élevés de plus de six cents mètres au-dessus de ses eaux.
La Prusse possède beaucoup d’eaux minérales et thermales. Les plus renommées, parmi ces dernières, soBt celles d'Aix-la-Chapelle. Les sources minérales les plus renommées sont celles de Landeck , de Warmbrunn , etc.
Les principaux canaux sont celui de Plauen, qui joint le Havel à l’Elbe; celui de l’Oder, celui de Jolwnnisberg, celui de Bromberg, enfin, celui de Fredrichs-Wilhelm qui fait communiquer l’Oder à la Sprée.
rRODÜCTIOHS, IHDUSTRt*, COHMSRCK.
Le sol de la Prusse produit toutes sortes de céréales, de légumes et de plantes utiles au commerce ou à l'industrie. Toutefois, la vigne n’est bien cultivée que sur les bords du Khin et de la Moselle; et, en général, au delà du 50°, c’est-à dire , dans la plus grande partie de la monarchie, il n’v a point de vin indigène. L'entretien 'des l*stiaux est, de même que l'agriculture, l’objet de soins particuliers, et, dans plusieurs provinces, il est favorisé ar de belles prairies. On éleve surtout eaucoup de chevaux dans la Prusse orientale; cette industrie y est encouragée par les haras de Slalhipôhneo, établissement vraiment unique en Europe pour la magnificence et l’étendue.
Cependant, les sujets qui en sortent ne suffisent pas encore aux besoins du service. L’amélioration de la race ovine
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est aussi portée à un haut degré de perfection, et l'on compte plus de douze millions de brebis, dont deux millions cinq cent mille mérinos.
C’est sur les cdtes de la Prusse , et notamment sur le rivage du golfe de Danzig, qu’on recueille celte fameuse substance regardée dans l’antiquité comme plus preeieuse que l’or : le succin ou ambre jaune. L’exploitation du sucriu fournit annuellement près de deux cents tonnes. Elle constitue un droit régalien, aujourd'hui affermé.
Les chaînes de montagnes qui traversent la Prusse sont une autre source de richesse considérable. Près de Tarnowitz et de Kudolstadt on trouve dé l’argent. Les mines de ce métal, dans la Thuringe et le duché de Saxe, ont produit, en 1830, seize mille six cent vingt-deux marcs, et celles du Rhin trois mille trois cent vingt. Les salines sont plus importantes; elles occupent une foule de bras et donnent de grands revenus à l’État, qui s’en réserve le monopole. On extrait encore du cuivre (17.998 quintaux), du zinc (91,918 quintaux), du plomb, du fer. De 1829 à 1831, les mines de houille ont donné un bénéfice de 22, l GO. 000 thalers. Il existe aussi des carrières de marbre en Silésie, en Saxe en Westphalie et sur le Rhin; d’albâtie, en Saxe et en Westphalie; de cobalt, de vitriol, etc.
L’industrie manufacturière a fait d’immenses progrès depuis la guerre, et surtout dans ces dernières années, à la faveu r du vaste système de douanes, formé sous la suprématie de la Prus«e, et qui permet d’écraser par sa concurrence la fabrication des petits États.
Les provinces où elle est le plus développée sont celles de Silésie, de Brandebourg, de Saxe, de Westphalie, de Clèves-Berg et du Bas-Rhin. Les étoffes de laine, de coton, de lin, de soie, et les ouvrages en fer sont les principales productions des fabriques prussiennes. Os fabriques se sont surtout multipliées à Berlin, Potsdam, Brieg, Hirschfeld, Breslau, Elberfeld, Barmen, Muhlheiin, Créfeld , Cologne, Iser-Lolm, Magdebourg. Aixla-Chapelle et Arensberg. Les autres
objets de l’industrie prussienne sont les cuirs, les ouvrages en cuivre, eu laiton, en or et argent; la porcelaine, le bleu (dit de Prusse), la ceruse, la garance, etc.
Le commerce a pris en même temps un très-grand essor, favorisé par l’heureuse situation des provinces de la Baltique, par les fleuves navigables et les canaux qui les unissent, principalement par les belles routes ouvertes depuis trente ans. L’organisation des postes, dont les voitures sont la propriété du gouvernement, et la construction de plusieurs chemins de fer entre Magdebourg et Leipzig, Berlin et Potsdam, Stettin et Berlin, ont multiplié et facilité les moyens de communication intérieure. Mais le ressort le plus puissant du commerce, nous ne dirotis pas de la Prusse seule, mais de l’Allemagne entière, c’est le vaste système de douanes, appliqué surtout depuis huit ans, sous la suprématie de la Prusse, et qui embrasse tout l’ancien empire, à l’exception de l’Autriche, du Hanovre, du Mecklenbourg et des villes anséatiques.
Les relations commerciales à l’extérieur existent principalement, par terre, avec la Russie, l’Autriche, la Pologne, les États du centre de l’Allemagne , la France etJes Pays-Bas ; et, par mer, avec tous les pays situés sur la Baltique, la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne et les États-Unis.
Mais le commerce avec la Russie et la Pologne a diminué dans les dernières années, par suite du système prohibitif de cet empire. Tous les efforts du gouvernement prussien pour le faire modifier, ont échoué. Les villes de Dantzig, de Stettin, Elbing, Memel, Colberg, Stralsund, Gripswaldet de Pillau avaient lancé, des (831, dans le commerce maritime, 652 navires jaugeant 76,987 tonneaux. On en compte aujourd'hui plus de 800. En 1830, il est entré daus les ports dti rovaume 9,409 bâtiments. Dans la même année 2.255 vaisseaux prussiens passèrent le Sund. Toutes les productions peuvent être introduites dans les différentes parties de la monarchie;
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L’UNIVERS
l’exportation est également libre, à quelques exceptions près.
A la tête des villes commerçantes et manufacturières de l’intérieur se place Berlin, point central de l'État; Cologne, par sa situation sur le Rhin, est la première place de commerce de ce fleuve. Viennent ensuite Breslau, Magdebourg, Minden, Elberfeld, Francfort-sur-l’Oder, qui a trois grandes foires. La Société de commerce maritime à Berlin entreprend des expéditions de long cours. Plusieurs villes ont des banques, et presque chaque province a sa caisse hypothécaire (Credit-Vereine), qui soutient l’agriculture et les propriétés foncières.