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MAISON DE BAVIÈRE

( i3ao- i3?3 ).

La nouvelle de la mort de Henri ne fut pas plutôt parvenue à ses voisins qu'ils se jetèrent sur son héritage pour en arracher chacun quelques lambeaux.

Les maisons d'Anhalt et de Saxe fondaient leurs prétentions sur une communauté d'origine ; le roi de Bohême, sur une promesse de l'Empereur, ,

PRUSSE

qui , dès 1 319, lui avait conféré la haute Lusnce. Pendant trois ans le margraviat fut déchiré par des guerres sanglantes. Enfin , dans une diète assemblée en avril 1323, à Nurenberg, Louis de Bavière en conféra l'investiture à son fils Louis F Ancien , figé de douze ans. En même temps ce jeune prince fut fiancé à la fille ae Christophe , roi de Danemark, qui devait lui offrir un appui contre ceux qui avaient mis la main sur les dépouilles du Brandebourg, et n'étaient probablement pas disposés à les céder sans résistance.

On lui donna pour tuteurs le comte Berthold de Henneberg, blanchi dans les affaires, le comte Bernhard de Mansfeld , et le margrave Frédéric de Misnie. Ainsi le sort'du Brandebourg fut intimement lié à celui de l’empereur Louis. Rodolphe de Saxe et Henri de Mecklenbourg évacuèrent les pays qu’ils occupaient; mais les ducs de Glogau ne furent pas d’aussi facile composition. Ils ne voulurent pas se démettre de Grossen et de Gœrlitz. Les ducs de Poméranie refusèrent de même de.

restituer l’Uckermark et appelèrent à leur secours les Polonais, qui se ruèrent à deux reprisessurie Brandebourg, où ils mirent tout à feu et à. sang. Ils furent cependant obligés de se retirer devant les secours envovés par Jean de Bohême et devant la résistance courageuse des villes de Francfort et de Brandebourg. La guerre avec la Poméranie fut plus longue et plus difficile , et se termina par une paix désavantageuse, dont les conditions furent la renonciation de Louis h tout vasselage de la part des ducs. Outre ces guerres désastreuses , le jeune margrave fut encore entraîné à prendre part dans les querelles de son pere avec le pape et la maison de Luxembourg.

l.es familles de Bavière, et de Luxembourg, d’abord amies, avaient été divisées par l’avarice et l’ambition. Elles ébranlèrent l'Allemagne par leurs dissensions, et devinrent les centres autour desquels tournèrent les événements qui eurent la plus grande influence sur l'Empire et sur le Brandebourg.

En 1342, l’Empereur rompit le ma-

riage de Marguerite Maultasch (grande bouche ) avec Jean Henri , second fils du roi de Bohême, et l’unit à son fils Louis qui, avec sa main, reçut leTyrol et la Carinthie. Charles de Luxembourg, frère aîné de Jean-Henri, se chargea de venger cruellement cette injure. Élu Empereur à la place de Louis de Bavière, destitué et excommunié, Charles IV rencontra dans Louis l’Ancien et dans son parti des ennemis violents , qui lui cherchèrent partout un compétiteur. Mais en semant adroitement l’argent, il sut écarter tous ses rivaux et renvoya même à Louis des coups décisifs. Il investit d’abord Rodolphe de Saxe de l’Altmark, en 1347, et essaya de chasser les Bavarois du Brandebourg. Les habitants étaient d’ailleurs très - mécontents du margrave ; car au lieu de chercher à faire oublier qu'il n'appartenait pas au pays par sa naissance, il s’absentait souvent, et montrait un orgueil d'autant plus blessant, qu'il contrastait avec l'affabilité des margraves de la famille d’Anhalt. Cependant les partisans de Charles avaient préparé une intrigue, dont le dénoûment faillit devenir funeste à Louis l’Ancien.

Un jour, en 1347, un pèlerin se présente a l’archevêque de Magdebourg, en lui déclarant qu’il est l'électeur Waldemar, qu’on croyait mort depuis vingt-huit ans. Il dit' que le remords d’avoir épousé sa proche parente l'avait déterminé à déposer le pouvoir pour expier sa faute; que pour faire croire à sa mort, il avait fait enterrer un cadavre sous son nom , et qu’ensuite il avait entrepris un pèlerinage en terre sainte. Enfin il réclame son electorat.

Aussitôt il est reconnu par l’Empereur, l’archevêque de Magdebourg, le duc de Saxe, les princes d’Anhalt, de Mecklenbourg, de Poméranie et de Brunswick, tous intéressés à ce que ce récit prenne faveur , ou donne lieu à une contestation, dont on pourra profiter pour chasser Louis l’Ancien. Les habitants sont transportés de joie, de voir reparaître un prince atiquel se rattachaient tant de souvenirs de bonheur et de gloire; et toutes les villes lui

L’UNIVERS

ouvrent leurs portes , à l’exception de Spandau, de Francfort et deWrietzen.

Bientôt Charles parait dans le Brandebourg à la tête d’une armée , appelle à lui les troupes de tout son parti et force Louis a se jeter dans Francfort, où il est assiégé. Pendant le siège il investit, le 2 octobre 1348, le prétendu Waldemar de la dignité électorale et de là Marche , c’est-a -dire du Brandebourg , en se réservant néanmoins la basse Lusace et en donnant l’expectative du margraviat aux fils de Rodolphe de Saxe et aux princes d’Anhaltpour le cas où Waldemar mourrait sans descendance masculine. Il se passa encore plus d’une année avant qu'on fut d’accord sur l’affaire du Brandebourg.

Enfin le parti bavarois, déconcerté par l’énergie de Charles, et se voyant enlever par le poison l’anti-césar Gunthcr de Scnwartzbourg , qu’il lui avait opposé, résolut de se réconcilier avec le roi des Romains. En récompense, Charles abandonna le prétendu Waldemar aussi promptement qu’il l’avait secouru. Après l’avoir inutilement cité à la diète de Nuremberg, il prononça, sur les conclusions de l’électeur palatin et d’un tribunal de princes , un arrêté conçu à peu près en ces termes :

« Attendu que cet nomme a appelé à son

• secours un prince étranger, le roi de « Suède ; qu’un grand nombre de no- «bles seigneurs ont offert d’affirmer « par serinent qu’il estun imposteur, ce

• dont l’électeur palatin en particulier « a fourni la preuve , nous conférons à « Louis de Bavière etàson frère Otton, «l’investiture du Brandebourg.» Malgré cette décision, le prétendu Waldemar se maintint encore quelque temps.

Se voyantenfin abandonné peu à peu par les villes, par les princes d’Anhalt et par le duc de Saxe , il se retira en 1353 a Dessau , où il continua à être traité en prince et mourut en 1356, après avoir joué pendant neuf ans l’électeur, sans sortir une seule fois de son rôle qui lui avait été enseigné, dit-on, par Rodolphe de Saxe-Wittemberg, les princes d’Anhalt et l’archevêque de Magdebourg; car avant de paraître sur la scène, ce Waldemar n’était

qu’un meunier de Huudeleift, nommé Rehbock , attaché autrefois au service du prince, auquel il ressemblait parfaitement.

Avant la fin des troubles , Louis l’Ancien s’était fait céder la haute Bavière par ses frères, Louis le Romair et Otton , et leur avait abandonné en échange l’électorat de Brandebourg avec la basse Lusace, en stipulant expressément la réversibilité de toutes les possessions de chacun des trois princes, en vertu d’un traité signé à Luckau le 24 décembre 1351. Louis le Romain était un prince brave et sage,

?ui , pendant qu’il était tuteur de son rère Otton , pacifia le pays, mais non sans qu'il lui en coûtât de'grands sacrifices. En effet , des territoires considérables avaient été cédés ou donnés en garantie à des princes voisins; des revenus et des biens considérables avaient été accordés en récompense aux villes restées fidèles, surtout à celle de Francfort; des familles nobles avaient reçu de riches dotations pour prix de leurs secours au moment du danger.

Quoique Charles IV semblât réconcilié avec la maison de Bavière, il lui gardait encore rancune. Aussi fit-il tout ce qu’il put pour l’affaiblir, et chercha-t-il à mettre à profit les divisions qui éclatèrent entre les princes bavarois.

Voyant l’électeur et le margrave de Brandebourg irrités contre leur frère aîné Étienne, qui leur enlevait la succession de Louis l’Ancien, il leur suggéra de signer un traité qui assurait leur succession à la famille de Luxembourg , s’ils décédaient sans héritiers.

Ce traité, par lequel ils adoptaient dans leur famille le fils de l’Empereur et toute sa postérité masculine, et à leur défaut le père de Charles avec ses descendants, fut signé le 18 mars 1363.

Il était plus que probable que leurs possessions reviendraient à l’Empereur, car Louis n’avait pas d’enfants, et Otton, débauché et manquant toujours d'argent, n’était pas marié. Charles promit à ce dernier la main d’Élisabeth sa fille, avec une riche dot, non qu’il eût jamais l’intention d’accomplir cet engagement : il voulait seulement em-

PRUSSE

pécher Otton de contracter un autre mariage.

Louis le Romain étant mort ati commencement de l’année 13R5, Otton, resté seul maître du Brandebourg, administra si mal, que Charles, en sa qualité d'héritier futur, crut devoir s’interposer pour sauver le pays d’une ruine totale. Il engagea l’électeur à venir à Prague et h lui abandonner pour six ans les embarras du gouvernement. L’électeur, que ses contemporains ont surnommé le Fainéant , trouva à la cour impériale tant d'occasions de s’endetter, que, pour sortir d'embarras, il vendit, le 13 janvier 1368, à Wenceslas, fils de Charles, et roi de Bohême, tous ses droits sur la basse Lusace. La haute Lusace était depuis 1319 réunie à ce royaume.

Cependant l’électeur de Brandebourg commençait à s’apercevoir qu’il était joué par Charles. En même temps ses neveux, les fils d'Étienne, duc de Bavière, et surtout Frédéric le plus jeune, saisissaient toutes les occasions de gagner ses bonnes grâces. Peut-être aussi éprouvait-il quelque repentir en voyant la faiblesse et l'humiliation de sa famille. Décidé à réparer ses torts, il engagea, en 1373, au prince Frédéric, pour une somme de 200 mille florins , la Vieille-Marche et la Marche de Priegnitz, et lui fit prêter hommage par les habitants.

Toutes ces menées ne pouvaient rester ignorées de Charles, qui, à la tête d’une armée, se mit en marche pour défendre ses droits. Les sauvages Bohèmes exercèrent des ravages terribles dans un pays déjà désolé en 1370 par les ducs de Poméranie. Attaqué de tous côtés, abandonné de tous les princes, l’électeur se rendit avec son neveu au camp impérial, à Fürstenwald. I-à, il dut se résigner à céder sur-le-champ, aux trois fils de l'Empereur, toutes ses possessions, en se réservant seulement, sa vie durant, la dignité électorale et l’office d’archichainbellan , avec une pension et quelques châteaux et villes du haut Palatinot 1 5 août 1373). Alors, l’Empereur, accompagné de ses fils, par-

courut à cheval toutes les Marches , dont il reçut les hommages et confirma les privilèges. Ainsi, le Brandebourg fut réuni à la Bohême, après avoir eu pendant quarante et un ans des princes de la maison de Wittelsbach.

GOUYEBKEMEST DI I.’ORDIE TIOTOSIQUI.

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