HISTOIRE ANCIENNE DU PEUPLE BAVAROIS ET DI LA BAVIÈRE
L’assertion fabuleuse d’Arnperh , d’Aventin, et d’autres anciens annalistes , qui faisaient remonter l’origine du peuple bavarois à Bojur, fils de l’Hercule des Allemands, prouve du moins que cette origine , comme celle de beaucoup d autres nations . se perd dans la nuit des temps. Les premières notions certaines que l’histoire nous ait transmises sur les ancêtres des Bavarois , ne remontent pas au delà du sixième siècle avant J. C. Le peuple celte des Boïens occupait, à cette époque, la contrée renfermee entre les Sudètes ou Riesengebirge , l’Krzgebirge et le Boehmerwald , et qui fut , d’après eux, appelée Boioheim , Bœheim , d’où l’on a fait Bohême.
Réunis aux Gaulois, sous le commandement de Bellovèse , ils pénétrèrent en Italie , où ils fondèrent Lodi , Pavie, et d’autres villes. Ils combattirent ensuite sous les ordres du brenn gaulois qui s’empara de Rome (390 ans av. J. C. ). Mais bientôt, refoule* par les Romains, iis allèrent s'établir auprès des Taurisques , entre le Danube et le Sau. Ils y furent massacrés par les Daces (42 ans av. J. C.), d'où le nom de désert des Boïens donné aux environs du Neusiedlersée. Il parait que Ségovèse, frère de Bellovèse, avait aussi emmené des hordes cousidcra-
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BAVIÈRE
blés , et s’était fixé dans les forêts hercyniennes. line autre tribu du même peuple, les Tolistoholens , quitta sa patrie, 248 ans avant J. C., et se joignit aux Gaulois qui, sous les ordres d'un autre brenn , envahirent la Macédoine , s’emparèrent de Byzance , et ne s’arrêtèrent qu'en Bithynie, où iis fondèrent le royaume çalïo-grec ou Galatie , réduit en province romaine, 25 ans avant J. C.
Jules -César rencontra les Boïens dans le sud de l’Allemagne. Sur la prière des Éduens, il accorda à 32,000 d’entre eux , qui avaient abandonné leur patrie et suivi les Helvéliens, la permission de s’établir dans la Franche-Comté ( 58 ans av. J. C. ). Se'on Tacite , les Boïens qui étaient restés dans la Bohême, en ayant ete chassés par les Marcomans, peu d'années avant J. C., leurs débris se réfugièrent dans les contrées, alors à peu près désertes, qui forment la Bavière actuelle, et qui étaient connues des Romains, du temps d’Auguste , sous le nom de Vindélicie et de Norique. Conquis par les gendres'de l'empereur , Drusus et Ti- Eérius, ces pays devinrent des provinces romaines, et les gouverneurs (præsides) s’efforcèrent de les mettre à l’abri des invasions des peuples germaniques restés indépendants. On y envoya des colonies , on y bâtit des villes , on les entoura de fossés et «le murailles. Les plus importantes furent Augsbourg {.-iugusta t'indelicorum), à l’embouchure du ( in do (Wertach), dans le Licus Lerh) (*), etRatisbonne ( ftegina Castra). Des roules militaires furent tracées depuis Vérone jusqu'au Danube , depuis fa Pannonie jusqu’au Rhin. On établit des camps; ceux de Passau , de Fuessen , de Kongen , de Strauhing , etc. , sont cités dans les auteurs anciens ( Castra Batava, ad Fuuces , Castra Quintiana, Servlodurum , etc.) L’empereur Adrien fit tracer, depuis la rive du Danube jusqu’au Necker, par Altmuhl, Giinzenhausen et Dinkelsbreck , une ligne de
(*) Splrnitidiisima Rhalias provincia colonia , dit Tacite.
défense consistant en un mur défendu par un fossé ou en palissades gardées par des châteaux forts. Ces mesures de prudence n’empêchèrent ni la guerre des Marcomans (162 180) , ni l’irruption desGoths et des Allemands (225), ni la marche des Huns (325), et celle des Visigoths , conduits par Alaric (401). Mais 1’ijivasinn la plus fatale à ces contrées fut celle des Huns , sous Attila (450). Ce débordement de barbares détruisit pour toujours la domination romaine sur les bords du Danube.
Vers la fin du cinquième siècle , les Boïariens , issus des restes des Boii , des Hernies, des Rugiens , des Alains, des Suè'es, et d’autres peuples tentoniques (*), formèrent une confédération semblable à celle des Francs et des Marcomans. On croit qu’ils passèrent , avec la Rhetie et la Pannonie, sons le joug des Ostrogoths , et que Vitigès les céda aux Francs vers 536.
D'après d’autres écrivains , cette soumission aux Francs fut une résolution volontaire prise par un peuple libre.
Quoi qu’il en soit. depuis cette épo«(ue, les Bavarois reconnurent la suzeraineté des rois d’Austrasie, tout en conservant leurs ducs héréditaires de la race d’Agilulfe.
LA BAVliai SOCS 4*5 AOILOLHBQIKHS.
Agilulfe , dont le nom et les hauts faits étaient . disent d’anciennes chroniques , célébrés dans l'univers avant l’entrée de Pharamonddans les Gau les, ayant épouse la fille de Clovis, avait obtenu que ses descendants conserveraient la souveraineté en Bavière. En
(*) Des ailleurs modernes nient le mélange des Celtes Roïrus avec le» Germains, en se fondant sur relie considération que h langue bavaroise, bien qu'elle soit un dialecte particulier de la langue allemande, ne renferme rien qui trahisse une origine celtique, et parait entièrement teutonique. Celle opinion , qui 11'est pas démontrée , a fourni à quelques-uns de ces écrivains l’occasion de repousser avec indignation une communauté d’origine avec Ici Français.
L’UNIVERS
ne prenant l’histoire du pays , sous cette illustre famille, qu'à partir d'une époque où se dissipent un peu la confusion et l'obscurité qui eu couvrent les commencements , on trouve ainsi établie la suite des ducs agilolfingiens :
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