‹ États de la confédération germaniqueChapitre 182 sur 261 · PREMIER PARTAGE · texte numérisé non relu

PREMIER PARTAGE

(ll80-I355).

Otton, surnommé l'ancien, reçut la dignité ducale pour la transmettre à ses descendants, qui ne pouvaient en être dépouillés que pour des crimes.

Mais cette distinction lui avait été plutôt accordée pour son mérite person-

(*) Voy. I'Ai.lemaghe, t. I, p. 3o3 et stiiv.

nel que pour sa puissance , car il n’avait d'autres possessions patrimoniales que ses comtés héréditaires de Kelheim , de Wartenberg et de Scheyern, auxquels il ajouta quelques terres allodiales , achetées à la mort de son parent, le comte île Dackau (1 182). Son règne fut glorieux , quoique le duché n’etit pas conservé toute l’étendue qu'il avait sous Henri le Lion. L'Empereur déclara la capitale Ratishnnne ville impériale, se réserva les terres domaniales des Welf , et soumit a sa puissance immédiate les évêchés situes dans l'enceiute du pays, les margraviats de Styrie et d'Istrie, et les possessions des comtes d'Antlechs, qui embrassaient Iuspruck, Méran et en général une grande partie du Tyrol et de l'istrie.

Telle fut l’origine des ducs de Meran, ou de Méranie. Ottou mourut à Constance , l'an 1183.

Son lils unique, Louis' Irrde Kehlheim, agrandit considérablement ses possessions. Ce prince acquit en 1 183 les comtés de Riedenbourg, de Lenzenfeld et de Stephaning; en 1208, il hérita d'un comte de-.\Vittélsbach , son cousin , et la même année l’empereur Ottou IV. cherchant à gagner l’amitié du duc de Bavière, signa en sa faveur, à Francfort, un diplôme par lequel il renonçait a toutes ses prétentions sur les anciens domaines des Welf, lui cédait la seigneurie de Mccringen , et reconnaissait expressément le duché comme héréditaire. Deux ans apres, Louis devint proprietaire du margraviat de Kam et du comté de Vohbourg.

La ville de Reichenhall se soumit volontairement à lui en 1219, et en 1224, il prit possession des biens des comtes de Kirchberg et d’Eckmuhl , dont les familles venaient de s’éteindre. En 1228, il fut investi des liefs de Bauberg, situés dans les environs de Ratisbonne. Mais la plus importante de ses acquisitions fut celle du p.datinat du Rlun, dont il fut investi par l'empereur Frédéric II, en 1215. Il n'en prit toutefois possession qu’en 1227 après la mort du comte palatin Henri Guelfe , dont la fille unique avait épousé le lils du Bavarois. Louis ln

BAVIERE

partit en 1217 pour la croisade avec le roi de Hongrie , le duc d’Autriche et plusieurs autres princes; mais la On de cette expédition fut malheureuse.

Chargé en 1225 par l’Empereur de la tutelie de son Ois Henri, roi des Romains , il s’acquitta sagement de cette mission. Frédéric crut néanmoins dans la suite qu’il avait contribué à la rébellion de ce jeune prince. Le 15 novembre 1231 , Louis périt sur le pont de Kelheim de la main d’un meurtrier inconnu. On prétendit que cet homme était un émissaire du terrible Vieux de la Montagne, avec qui Frédéric avait fait alliance. D’autres attribuèrent cc crime au roi Henri , révolté contre son père.

Le lils de Louis, Otton II, l’illustre, qui régnait dans le Falatinat depuis 1227, "réunit ce pays à la Bavière. Il ajouta encore à l'heritage de son père la succession des comtes de Fallev, dont la famille s’était éteinte en 1210. En 1242, mourut son frère, Albert IV, comte de Bogen , qui lui laissa ses grands domaines et le margraviat de Ratisbonne. En 1247, il acquit le comté de Wasserbourg, qu’avait possédé son oncle. L’année suivante, les comtes d’Andechs et de Diessen, de la maison de Méranie, étant morts sans postérité, leurs comtés, ainsi que Wolfratshausen, Scheerding, Tœly et Weilheim, lui revinrent , conformément au droit féodal. Il acquit bientôt après, de la même maniéré, Velbourg et Kamenz ; Floss et Larchstein lui furent donnés en 1251, pour un prêt d’argent. Ces accroissements de territoire, avaient quadruplé les revenus des ducs; leur puissance et leur autorité avaient tellement augmenté, par la réunion des fonctions de juges a tous leurs autres privilèges, qu’on pouvait les regarder comme les seuls seigneurs et propriétaires en Bavière. Les Empereurs n’y exerçaient plus qu’une autorité nominale et purement honorifique. Les décrets de Frédéric II, publiés en 1220 et en 1232, pour régler les privilèges des princes temporels et spirituels, reconnaissent aux Wittelsbach les droits de ducs régnants, qu’ils exerçaient déjà

2' Livraison. (Bavibrr.)

depuis longtemps. C’est ainsi que les seigneurs de Wittelsbach fondèrent leur autorité avant qu’elle fût reconnue par l’Empire, et préparèrent à leurs descendants le trône qu’ils occupent encore aujourd'hui. Le duché de Bavière était regardé comme la propriété héréditaired’unefamille, et non comme une partie de l’Empire. Aussi deux ans après la mort du duc Otton l’illustre, ses fils Louis II le Sévère, et Henri, se partagèrent-ils ses possessions (1255); ce q iî donna lieu à la distinction admise depuis par les historiens, entre la haute et la basse Bavière. Louis , auquel échut le premier de ces deux lots, eut, avec Munich , presque tout le territoire du canton septentrional (Nordgau) et le palatinat du Rhin. Ce palatinat donnait à son possesseur le premier rang parmi les princes séculiers de l’Empire, avec une voix électorale ; mais le pays auquel tant d’avantages étaient attachés , n’avait qu’une très-petite étendue, et ne comprenait pas alors la totalité, de ce qu’on appelait jusqu’à la lin du dix-huitième siècle, Palatinat électoral. Il était formé des seuls grands bailliages de Heidelberg, Lindenfels, Bacharach, Alzey et Neustadt-sous- Hardt. Henri eut le margraviat de Ratisbonne, avec Burghausen, Landshut, Straubing et Kam.

HISTOIRE DE LA BASSE BAVIERE JUSQU’a L* EX- TINCTION DE CETTE BRANCHE DES WIT- TELSBACH.

(ca55-i34<>).

Hmii i*r, mort en iago.

Oiroa, roi de Louis, mort Ëniirt, mort Hongrie, mort en 1197. en i3ii.

en i3n. . ■ *

- — ■- — — - Hmi 11 ou Ottcw, mort

Hikiihiou le l'ainé, mort eu i335.

cadet, mort en 1339.

en *333. , - ■ - — ■

J B&11 , mort en i34o.

Cette histoire n’offre qu’un tahleau de guerres et de discordes. Otokar, roi de Bohême , qui devint duc d’Autriche, après la mort de Frédéric , dernier re jeton de la maison de Bubenberg , réclama la restitution des comtés de Scheerding et de. INeubourg sur l’Inn.

L’UNIVERS

Il soutint ses prétentions par une armée avec laquelle il envahit la Bavière , en 1258. Le danger était pressant; une intime union entre les deux frères pouvait seule sauver la Bavière. Ils réunirent leurs forces et délirent les Bohèmes à Muhldorf. Otokar prit la fuite et demanda la paix. Henri entra ensuite en contestation avec son frère Louis, au suj.»t de l’electDrat. Le nouvel Empereur, Rodolphe de Habsbourg, termina leur différend. Henri se lia ensuite étroitement avec l’Empereur et l’aida contre le roi de Bohême. Puis , changeant de politique s il lit alliance avec le prince qu’il venait de combattre. L’Kmpereur voulait venger cette injure; Louis et Otton, fils de Henri, parvinrent avec peine à désarmer sa colère. Quand le sort de la guerre eut décidé entre Otokar et l' Empereur, les ducs de Bavière élevèrent des prétentions sur le duché d’Autriche et de Carinthie, demeuré vacant par la mort du roi de Bohême. L’Empereur , sans tenir compte de leurs prétentions , en donna l’investiture à ses fils. L’aîné, le duc Albert, qui parvint plus tard à l’empire, ne tarda pas à déclarer la guerre aux princes bavarois , et l’évéque de Salzhourg suivit son exemple.

Les possessions de ce dernier étaient enclavées entre l’Autriche et la Bavière; il ne pouvait manquer de succomber; en effet, le prince Henri saccagea ses Etats. Enfin , l’accord se rétablit entre eux par la médiation de l’évéque de Passau.

En 1259, Henri avait acheté, de l’héritière des comtes palatins d’Ortenbotirg , toutes ses possessions en Bavière. Il laissa en mourant (1290) son pays à ses trois fils Otton , Louis et Etienne, qui, en 1297, déclarèrent la guerre à la ville de Raiisbonne, parce que leurs délégués avant voulu y lever un impôt sur les juifs, avaient été maltraités. L’évéque Conrad négocia la paix entre les deux partis. Après la mort d’André, le dur Otton fut appelé,

f>nr une faction, au trône de Hongrie (*).

I tenait ses droits de sa mère Élisa-

(*) Voyez Homme, ji. 4-.

beth , princesse de ce pays. Son couronnement eut lieu a Stuhl- Weissenbourg, en 1395. Mais deux ans après, dans un voyage qu’il entreprit en Transylvanie, il fut arrêté et jeté en prison, par ordre de Ladislas. Après un an de captivité, il réussit à s’échapper et revint dans sa patrie, sans pouvoir espérer la moindre chance de ressaisir, pour le moment, sa couronne. Sur ces entrefaites, Albert d’Autriche, qui n’avait pas oublié ses griefs contre la Hongrie, jugea le moment favorable pour attaquer Otton. Ilenvahitla basse Bavière , et y commit d’epouvantables excès. Heureusement pour le pays, ce prince expira sous les coups d'un assassin. Scheerding et Ncubourg retombèrent alors entre les mains des ducs Otton et Étienne. Frédéric, fils d’Albert, accourut trop tard au secours de ces villes; toutefois, les ducs n’aurnient pu résister aux forces considérables qu’il amenait, si les paysans de la Bavirre ne s’étaient levés en masse pour chasser leurs implacables ennemis. Un traitéde paix, signéà Passau, en 13)1, mit fin à ces hostilités, qui n'avaient eu d’autre résultat que de ruiner ie pays.

Jusque-là, le duc Otton n’avait point renoncé à la couronne de Hongrie. Il s’apprêtait au contraire à appuyer ses retentions paries armes. Mais il avait esoin d’argent, et afin de s’en procurer, il imagina un moyen extraordinaire. Le 15 juin 1311, il publia une loi fondamentale, connue sous le nom de c/tar/eo//o»<en«e(OUonianiseheHandfeste), par laquelle il vendit à tous les seigneurs ecclésiastiques et laïques (*) la juridiction civile et la basse juridiction criminelle, qu’ils exerceraient dorénavant d’une manière indépendante du duc. Pour cette concession, les paysans devaient payer, chacun, la huitième partie de toute sa fortune, et les propriétaires le montant du revenu annuel de leurs terres.

(*) Le nombre de ces familles èiail de -o. Il n'en exislc plus que 7 , savoir : celles d'Orteubuurg, Closen, Fraitenbourg, Krauenhofen, I.eiilielling . Seyboldsdorfet Weirhs.

tjoosle

BAVIERE

L'exécution de cette charte rencontra, comme on peut le penser, de grandes difficultés de la part des seigneurs et des payàans, et Otton mourut en 1312 sans avoir pu l’exécuter.

Après lui, la basse Bavière fut gouvernée par trois enfants : par Henri, son fils, et par Henri et Otton, (Ils détienne, décédé en 1311 (Louis était mort sans postérité en 1296). D'après le testament d'Otton , la tutelle des trois mineurs avait été confiée aux bourgeois deStraubing et de Landshut, ainsi qu'à Louis, duc de la haute Bavière, et nommé Empereur en 1314.

Cette disposition irrita la noblesse.

Elle se ligua avec le duc Frédéric d’Autriche, qui envahit la basse Bavière avec des troupes nombreuses.

Mais Louis et les bourgeois de Munich, de Moosbourg, de Straubing et de Landshut veillaient sur les jeunes princes. A U première nouvelle de l’invasion, ils coururent aux armes; on en vint aux mains à Gainelsdorf, le 9 novembre 1313, et les Autricliieus furent taillés en pièces.

Sous la minorité du fils d’Otton et des fils d’Étienne , la charte ottonienne fut exécutée en tant que les seigneurs se mirent en possession des droits qu’elle leur accordait, tout en se dispensant du payement qu'elle leur avait imposé. Cette charte a été jusqu’à ces derniers temps la base des droits des seigneurs dans toute la Bavière. Car, bien que donnée originairement pour la Bavière inférieure, elle Rit étendue par la suite a tout le pays.

Las princes, devenus majeurs, prirent les rênes du gouvernement. Le désaccord qui se mit bientôt entre, eux pouvait avoir des suites funestes.

Pour prévenir une guerre ci'ile, ils se partageront les États de leur père.

Henri, fils d’Oiton, reçut Deggendorf; Otton, Burghauseu ; et Henri, l’allié, Landshut. Ce dernier fut le seul qui laissa un héritier (1330). Ce fils, nommé Jean, mourut lui-méme jeune en 1340 ; ainsi s’eteignit eette famille, issue du frère de Louis 11 le Sévère.

Jïlle Bvait régné quatre-vingt-cinq ans sur la basse Bavière, et en avait accru

le territoire de la ville de Rotbhall , des comtés de Kraybourg et Marquadestein, et de plusieurs autres acquisitions.

BISTOIRI DI U HAUTE BAVIÈRE ET DU Fl- 3. ATI .1 AT DU MU* , JUSQU’AU THA1TÉ DE PA VIE.

(iu55-i3»9).

Looia LK $ifîn, mort en n<)4

RoDoirHK. mort en i3io. Looit , l,m-

1 ne reor, «lit le

Adolpiii, Rodolphe il, KirntftTlftr, Barornis, O», inorteu mort en mort en eu t3i4* 1337. i3î»3. 1390.

Risjinru.

Louis, un des princes les plus sages dont la Bavière ait conservé le souvenir, a reçu le surnom de Sévère parce qu’il fit décapiter sa première femme, Marie de Brabant. Avant dê partir pour ses possessions du Rhin, où il devait séjourner quelque temps, il confia sa jeune et belle épouse à la garde du commandant du château de Mangoldstein, près de Donauwerth , et lui donna pour compagne sa propre sœur, Élisabeth, reine de Jérusalem et veuve de Conrad. Puis il partit, accompagné de son plus fidèle ami, de son plus brave serviteur , Henri de Hirschau. Son absence se prolongeant au delà du terme qu'il avait fixé, Slarie lui écrivit pour hâter son retour. En même temps elle adressait au compagnon de son mari une lettre conçue en termes obscurs, et dans laquelle elle l’assurait de son éternelle reconnaissance s'il lui ramenait son époux. La maladresse du messager fit tomber entre les mains du prince la lettre destinée à son ami ; il crut y découvrir la preuve d’une infidélité la rage et la jalousie entrèrent dans son cœur.

Le messager paya d’abord de sa vie sa fatale méprisé; puis, retournant surle-champ a Mangoldstein , Louis tua le châtelain qui venait à sà rencontre, sans lui donner le temps de se défendre. Élika, dame d’honneur de la duchesse, eut le même sort. Quatre autres dames furent jetées par les Fenêtres; enfin, la belle Marie elle-même mourut par la main du bourreau , malgré ses

L’UNIVERS

protestations d’innocence. A peine cette atroce vengeance fut-elle assouvie, que le malheureux Louis apprit qu’il s'était trompé. Alors ses crimes lui apparurent dans toute leur horreur , et l’on dit que la douleur lit blanchir ses cheveux en une seule nuit. Il reçut ensuite l'absolution du pape, et fonda, pour l’acquit de sa conscience, le couvent des chartreux de Eurstenfeld sur l’Ammer. Sa conduite noble et généreuse envers ses deux autres épouses fut, du reste, une preuve encore plus réelle de son repentir.

Les grandes qualités de Louis lui acquirent la confiance de l’Allemagne, au point qu’on le choisissait pour arbitre dans toutes les affaires importantes. Ainsi , dans la diète qui fut assemblée eu 1272 pour choisir un nouvel Empereur, les électeurs déclarèrent qu'ils s’en rapportaient au duc de Bavière. Ce fut sur sa proposition que Rodolphe de Habsbourg fut place sur le trône, et ce prince ne se montra pas ingrat envers Louis. Depuis longtemps il régnait des contestations entre les deux (ils d'Otton l’illustre, au sujet du partage de leurs États. La mort de l’infortuné Conradin de FIohenstaufen changea ces mésintelligences en hostilités ouvertes. Le jeune prince avait engage plusieurs de ses domaines a Louis le Sévère, son oncle et son tuteur; il lui avait remis avant son départ pour l'Italie un diplôme, par lequel il l’instituait son héritier pour le cas où il mourrait sans enfants. Louis s’empara donc de Donauwerlh, d’Amberg , des districts sur le Lecli et des possessions de Conradin dans le Nordgau. Mais Henri forma bientôt des prétentions à une partie de ces terres , parce que leur valeur surpassant de beaucoup les sommes avancées, elles devaient être envisagées comme appartenant a la succession sur laquelle il avait autant de droits que son frère. Il dévasta par une guerre- obstinée le territoire de Louis , jusqu’à ce qu'en 1276. cédant aux représentations fréquentes de l’Empereur , il signa un traité de paix, dont les arbitres furent l’évêque de Ratisbonneet le bourgrave

de Nuremberg. Après cette réconciliation, Louis joignit ses armes a celles du roi des Romains , coutre Otokar, roi de Bohême, qu’ils poursuivirent vivement, et fut ensuite le principal négociateur de la paix.

Quoiqu’il eilt choisi Heidelberg pour sa résidence, depuis que Donauwerth avait élé le théâtre de son imprudente cruauté, et quoiqu’il préférât le séjour du Palatinat, il ne laissa pas de veiller à l’administration de la haute Bavière, dont Munich devint la capitale. Louis agrandit son territoire de la plupart des domaines des comtes d'Ortenbourg et des landgraves de Leiicbtenberg , et devint ainsi maître de la majeure partie de la province appelée par la suite Haut-Palatinat.

Son fils, Rodolphe, lui succéda (1294).

Le frère de ce prince, Louis, encore mineur, vivait à Neubourg, auprès de sa mère, la duchesse Mathilde, qui était sœur d’Albert d’Autriche et fille de Rodolphe de Habsbourg. Malgré ces liens naturels qui devaient l’attacher à l'Autriche, Rodolphe embrassa la cause d’Adolphe de Nassau contre son oncle Albert. La guerre ayant éclaté, Mathilde prit parti pour "son frère et demanda la régence pour Louis, malgré sa minorité. Rodolphe en fut tellement irrité, qu’il fit décapiter Conrad Ottlinger, conseiller de sa mère. Les deux frères ne pouvaient rester unis; la querelle continua d'autant plus vivement, que Rodolphe soutenait contre Louis un principe déjà soutenu par Louis le Sévère contre leur oncle Henri, celui de l’indivisibilité de la dignité électorale. Il fallut en venir au partage de la haute Bavière (1310). Rodolphe reçut le palatinat du Rhin, Munich, avec le pays situé sur la rive droite de l’Iscr, et quelques parcelles sur la rive gauche; Louis eut Ingolstadt, avec les bailliages baignés par le Lcch. On ne disposa que plus tard des pays au nord du Danube, et il paraît qu'ils échurent à l’aîné. Le Palatinat devint peu après le sujet d’une nouvelle guerre de trois ans. Enfin, on convint que la dignité électorale resterait a Rodolphe et passerait à Louis . s’il survivait à son

BAVIERE

frère; puis toujours à l'aîné parmi les descendants de l’un et de l'autre, c'est-à-dire aux fils de Rodolphe, puisque Louis n’en avait pas encore.

Cette réconciliation n’empêcha pas Rodolphe de se placer dans les rangs des adversaires les plus acharnés de Louis , lorsque ce dernier fut élu Empereur, et de lui susciter de grands embarras. Cependant, en 1317, affaibli de corps et d’esprit par une maladie de langueur, il abandonna le gouvernement à son frère, -'pour le garder jusqu’à l’arrangement définitif de sa querelle avec son compétiteur à l’Empire. Il se retira à Vienne où il vécut ignoré, et mourut en 1319.

Nous n’avons point à raconter ici les événements de la guerre de dix ans qui divisa Louis de Bavière et Frédéric d’Autriche, ni ceux de la longue lutte engagée avec les papes d’Avignon , ni la conduite de Louis en Italie, où il plaça sur sa tête la coqronne de l’Empire (*). Tous ces faits appartiennent à l’histoire générale de PAllemagne. Voici ceux qui rentrent dans l’histoire de Bavière : Louis, à son retour de Rome, se réconcilia avec les deux fils survivants et le petit-fils de son frère, Rodolphe II, Robert Ier et Robert II, qui, dépouillés injustement de leur patrimoine, Dépossédaient pour vivre que la fortune maternelle , et avaient longtemps obsédé leur oncle de sollicitations inutiles. Ce fut le 3 août 1329, à Pavie, qu’il conclut avec eux le fameux pacte de famille, par lequel il leur cédait le Palatinat inférieur et supérieur., ne se réservant que la haute Bavière. Il fut stipulé, en outre, que les droits de l’électorat seraient exercés alternativement par les princes des deux lignes , en commenant par la ligne palatine en sa qualité ’aïnee, et l’on régla définitivement le droit de succession , pour le cas où la ligne masculine s’éteindrait dans l’une ou l’autre des deux branches (**).

(*) Voyez 1’ Allemagne, t. II, p. 19 et suiv.

(**) Ce fut en vertu de ce traité de Pavie que Maximilien- Joseph réunit, en 1799, toux les Étals de la maison de Wittelshach.

U HAUTE BAVIERE (JOINTE A LA BASSE BA- VIÈRE EN l34o), DEPUIS LE TRAITÉ DE

Page 1