I. Duché de Bavière' Ingolstadt
fintax* ii 1191— i4iî
Lot' is le Barbu 1 4 * 3 — *447
Le duc Frédéric de Landshut étant mort en 1393 , après avoir étendu les limites de ses États par de nombreuses acquisitions, Ltienne U et Jean prirent la tutelle de ses deux fils, Jean et Henri , dont le premier mourut dès 1306. Étienne ne cessant de se plaindre du tort qu’il lui avait fait éprouver dans le partage, en lui adjugeant un territoire sans contiguïté, les troubles durèrent pendant tout son règne. Il prétendit aussi gouverner ep qualité de doyen dans les États de Munich, appartenant, depuis 1397, aux deux fils de Jean, Ernest et Guillaume, ce qui donna encore lieu à des guerres civiles, source perpétuelle de malheurs our le pays. Quant à Henri de Lnndsut, il était à peine majeur qu’il eut des contestations avec son cousin d’Ingolstadt, puis avec les magistrats de sa capitale. Mais la sévérité excessive dont il usa pour comprimer cette rébellion fut une tache dans sa vie ; et I «•même sentit si bien le besoin d’expier sa faute, qu’il s’engagea pour neuf ans au service de l’ordre Teutoniquf.
Étienne II mourut à Ingolstadt en 1413. Son fils Louis, surnommé le Barbu , était un prince d’un grand caractère; il avait passé dix ans à la
L'UNIVERS
cour de sa sœur, la trop fameuse Isabeau, femme de Charles VI, roi de France. Mêlé aux troubles qui alors agitaient le royaume , il avait été le plus ferme appui de la reine, s’était vu arrêter dans la journée du 4 août 1413, et n’avait dû qu'aux sollicitations du dauphin de ne pas perdre la vie.
Lorsqu’il fut revenu en Bavière avec d’immenses trésors, il s'y trouva trop à l’étroit; et , pour satisfaire son ambition et son besoin d’activité, il saisit toutes les occasions de renouveler d’anciennes prétentions. Il eut des guerres avec l’électeurdeBrandebourg; il en eut avec la noblesse de son pays, avec les princes ses voisins. Bientôt il demanda au concile de Constance que le partage de 1 392 fût cassé , et vit sa demande repoussée. De là, une rixe sanglante entre Louis et Henri de Landshut, puis une guerre à mort entre les cousins, dans laquelle l’Empereur Sigismond fut obligé d’intervenir (1422).
Les querelles recommencèrent en 1425, lorsque la branche des Strnubing-Hollande s'éteignit par la mort du dernier descendant môle d’Albert', fils de Louis de Bavière. Elles ne se terminèrent, que lorsque l'Empereur eut divisé le duché vacant en quatre parties, dont deux revinrent aux lignes d’Iugolstadt et de Landshut , et les deux autres à celle de Munich.
Cette succession donna lieu à des discussions et à des transactions qui ont été reproduites 350 ans plus tard.
Le partage se lit en 1429.
C’est vers cette époque que nous trouvons établisen Bavière des états provinciaux (I^mdstànde), composés de prélats, de chevaliers propriétaires d imnieuhles, et de députés des villes et des campagnes. Ces états, auxquels on n'attachait du reste encore aucune idée de représentation , étaient nés, à la fin du siècle précédent , de l’impuissance des ducs à pourvoir à tous les besoins de l’État par leurs seuls revenus, et de la nécessité dans laquelle ils se trouvaient d'avoir recours aux proprietaires pour obtenir de nouveaux impôts. Car on considérait encore les contributions
comme des dons volontaires , qu’il n’était pas permis d’imposer par la force. En 1430, les états de Bavière obtinrent la confirmation solennelle de leurs privilèges. Les besoins, qui, au milieu de ces guerres continuelles, allaient toujours croissant, obligeaient les ducs de les convoquer fréquemment. Il en résulta que les états s’habituèrent peu à peu a surveiller le gouvernement et à s’attribuer une foule de prérogatives. Lorsque le droit de dissidalionC) eut été aboi! en 1495, leur autorité devint plus grande encore, et elle subsista , en se modifiant suivant les circonstances, jusqu’en 1808.
Le duc Louis d’Ingolstadt , après avoir eu des différends’ avec tous ses voisins, fut excommunié, en 1434, par le concile de Bâle, auquel les prélats s’étaient plaints de ce que ce prince logeait dans les couvents son énorme train de chasse venu de France, et leur imposait des charges considérables. Cité ensuite devant l’Empereur, pour répondre à quatre -vingt- trois chefs d’accusation , il fut mis au ban de l’Empire etn’obtint la révocation de l'arrêt qu’en payant une forte somme et en renonçant à la ville de Donauwerth. Enfin, il vit son propre fils se tourner contre lui. Louis avait employé une partie des richesses rapportées de France à assurer le sort d'un bâtard. Cette libéralité excita la jalousie de Louis le Bossu, son héritier légitime, et le porta bientôt à la révolte.
Le duc perdit Ingolstadt et plusieurs autres villes, et vint s’enfermer à Neuhourg, sur le Danube, où il fut assiégé pendant quatre mois, en 1443. Enfin la ville fut prise d’assaut et Louis le Barbu fait prisonnier. Son fils dénaturé étant mort en 1445, Albert de Brandebourg se présenta aussi tôt, s’entpara du captif et le conduisit à Anspach, sans que Louis voulût se libérer par une rançon d'une détention illégitime.
Mais son ennemi juré, Henri de ixrndshut , voulut à son tour savourer le plaisir de la vengeance, et le malheureux lui fut livré, en 1440, moyennant la somme
(’) Ije droit de je faire justice soi-méme
igle
BAVIÈRE
de trente mille florins ; Henri garda son prisonniers Burghausen, où l'infortune mourut un an après. Louis fut le dernier rejeton delà branche d’Ingolstadt.
Sa première épouse, Anne de Bourbon, veuve du comte de Montpensier et fille de Jean , comte de la Marche , lui avait donné Louis le Bossu. La seconde fut également une princesse du sang royal de France, Catherine d’Alençon, fille du duc Pierre II.
H. Duché de Bavière-Landthul.
Knéofmc i3ga— i3g3
( Voyez Bavière-IngolsLith).
le Riche *593 — *4$o
l.oris le Riche. 14 dm — 14;9
üiokci le Riche 1479 — i5i>3
Après la mort de Louis le Barbu, le duc Henri de Landshut s’empara de toutes les possessions d'Ingolstadt , sans avoir égard aux droits de la branche de Munich. La mort le frappa en 1450. On vantait son économie et la fermeté avec laquelle il sut maintenir la tranquillité dans ses États. Il laissa à sou fils lx>uis un trésor considérable. Ce prince, surnommé , pour ce motif, le Riche, se montra généreux et sage, et sut gagner l’amour de ses sujets, le respect et la confiance de ses voisins. En 1451 , il fit alliance avec l’électeur palatin, Frédéric le Victorieux. Soutenu par ce prince et par le roi de Bohême, il fut en état de résister à l'empereur F rédéric 1 1 1 et a Albert, bourgrave de Nuremberg et de Brandebourg, dont il s’était attiré l’inimitié par l'occupation violente de la ville de Donauwerth (1458). L’armée impériale fut battue à Giengen, en 1402. Après ce succès, le roi de Bohême ménagea un accommodement, et la paix fut signée l'année suivante.
Se voulant pas que les jeunes Bavarois fréquentassent l’université de la ville de Prague, devenue le siège de l’hétérodoxie, Louis fonda l’université d’Ingolstadt (1472) , en prenant pour modèle celle de Vienne. Quoiqu'il augmentât encore les trésors paternels, il tenait une cour brillante , et les noces
u’il fit célébrer à l’occasion du mariage
e son fils George avec une princesse de Pologne, furent remarquables par
la pompe qu'on y déploya. Louis le
Riche mouruten i479.Georÿ<?leRiche
lui succéda.