GUILLAUME XV LE COKSTAST
(i5oS-i55o).
Pendant eetfe période, les privilèges des états furent limités; dain autre cdté, |a noblesse en acquit plusieurs nouveaux , grâce à l’indolence du régent et au délabrement des finances.
Le duc Guillaume n’avait que dix-huit ans lorsqu’il prit en main le gouvernement de ses Etats. Ses frères, Louis et Ernest , devaient entrer dans les ordres monastiques. Mais Louis, âgé de dix-sept ans, était doué d'un caractère ardent et ambitieux, et d’une intelligence bien supérieure à celle de son frère ainé. Il se sentait fait pour le monde, et non pour l’Église. Il s’indigna de 11’avoir qu’un titre de comte et des revenus insuffisants; il protesta contre la disposition d’Albert IV. Ses prétentions étaient d’ailleurs encouragées par sa mère , la duchesse Cunéconde.sccur et lille d'Kmpereur, et par les nobles, qui avaient vu d’un mauvais œil rétablissement du droit d’aînesse. Guillaume, guidé par sou conseiller H'éronvme de Stauf, repoussa les demandes de son frere. l.’Empereur, à qui on en appela, donna tort à Louis. Cependant Cunégonde parvint à opérer un rapprochement entre les deux frères. En vertu d’une transaction conclue d’abord pour trois années en 1514, et prolongée de nouveau
après ce terme, ils régnèrent en commun et restèrent unis par une amitié sincère jusqu’à la mort de Louis (15(5), qui 11e se maria point, pour éviter les dissensions et l'affaiblissement de sa famille. Malgré cette réconciliation, Louis ne put pardonner à Hiéronyme de Stauf la résistance qu’il avait opposée à son élévation.
Cet homme d’État avait de nombreux pnneinis, qui dissimulèrent tant que la faveur de Guillaume le protégea; mais ils précipitèrent sa chute lorsqu'ils sentirent que les circonstances leur étaient devenues favorables. Il fut emprisonné à Ingolstadt, soumis à la question, et exécuté sur une place publique de cette ville, sept jours après sou arrestation.
Une des sœurs du duc, Sabine, avait épousé Ulrich VI de Wurtemberg. Ce prince, fougueux et emporté (*), et non moins redouté de sa famille que de ses sujets, ne se donnait pas même la peine de cacher les relations criminelles qu'il entretenait avec la fille de Thun (le Neubourg, commandant du château, et sa malheureuse épouse n’avait d'autre confidente de ses chagrins que sa mère. Les représentations et les prières de ses beaux-frères, les menaces de l'Empereur, rien ne put modérer Ips excès d’Ulrich. Enfin, il mit le comble à ses imprudences en attaquant la ville de Reutlingen. Toute la ligue de Souabe prit alors les armes; le duc Guillaume, qui en faisait partie, se mit à la tête des troupps pour venger l'honneur de sa sœur (1520).
Le Wurtemberg fut envahi, et le château du prince rasé.
Les doctrines de Luther commençaient alors àsc répandre on Allemagne; elles trouvèrent de nombreux partisans dans les villes de Munich, d'Augsliourg. A OEttingen, Wolfgang Riiss prêcha contre les pèlerinages ; à Frcising, Martin Reclienliofer s’éleva contre les indulgences; à Augsbourg, Schilling combattit le culte des imnt ces , et ces voix éloquentes furenecoutées avec un égal empressement
(*) Voyez Wurtemberg.
LD NI VERS
dans toutes les classes d’une population à laquelle la dissolution des moines, l'orgueil et le luxe des évêques, avaient depuis longtemps fait ardemment désirer une reforme. La tradition raconte encore aujourd’hui en Bavière que ce fut un noble nommé Freiberg qui recueillit Luther, obligé de fuir, dans son château de Hohenaschau, situé entre le lac Chiemsée et la montagne, et le conduisit de là auprès de l'électeur de Saxe. Au milieu de ces mouvements, Guillaume et son frère restèrent lidèles à la religion de leurs ancêtres. D’abord ils crurent que l’orage ne serait que passager, et ne ferait que balayer quelques abus; mais lorsqu’ils virent qu’il s’étendait sur toute l'Allemagne et qu’il ébranlait l’F.mpire , ils s’entendirent avec l’archiduc Ferdinand, à Ratisbonne, pour empêcher la cireulationdesécritsde Luther dans leurs États , conformément à la défense qui avait été faite à la diète de ’VVorms. La doctrine nouvelle ne s’en répandit pas avec moins de rapidité, se glissant silencieusement de ville en ville, de maison en maison, sans que les prêtres et le prince soupçonnassent sps progrès. Le peuple, au fieu de se presser comme autrefois aux pèlerinages , accourut en foule dans les villes libres et impériales, pour recevoir la communion selon le dogme de Luther; car à Nuremberg, à Ratisbonne, à Augsbourg, à Ulm, la bourgeoisie indépendante s’était rangée ouvertement du côté du réformateur.
Dans le même temps, les paysans de la Souabe, sur les bords du Danube, prirent les armes pour se defendre contre le despotisme des seigneurs, et formèrent la confédération connue sous le nom de ligue des pauvres gens. Ces populations souffrantes n’avaient plus, en effet , d’autre ressource que la révolte. Dépouillés pendant la guerre par les lansquenets et les mercenaires, maltraités par leurs seigneurs pendant la paix , n’ayant rien à attendre de la justice des tribunaux de l’Empire, qui était trop nouvellement établie et trop coûteuse, ni de l’Église qui ne recommandait que l’obéissance et les sacri-
lices ; n'ayant pas de représentants ni de défenseurs aux états: en un mot, écrasés par tous , ces malheureux ne trouvaient de consolation que dans la nouvelle doctrine, et ce fut en son nom qu'ils se levèrent pour reconquérir leurs droits. Leur exemple fut imité par les paysans des bords du lac de Constance, et par ceux de l’Algau et des bords du Rhin. Ils se bornèrent d’abord à réclamer justice ; puis , entraînés à des actes de violence par la résistance qu’on opposait à leurs demandes, ils augmentèrent leurs prétentions, et bientôt leur rage ne connut plus de bornes. Les châteaux des nobles furent livrés aux flammes ; les caves et les trésors des couvents furent pillés, les mercenaires massacrés.
Toutefois le nombre des paysans bavarois qui se joignirent aux révoltés fut peu considérable, parce qu’ils avaient moins souffert, et ils opposèrent même de la résistance à ces désordres. D'ailleurs le duc Louis était campé avec une armée sur les bords du Lech pour protéger le pays. Le clergé catholique, effrayé du danger, s’était imposé volontairement les .contributions nécessaires à l’entretien des troupes. Un corps de l’armée des paysans, fort de 1-1, 000 hommes, franchit le Lech, près de la montagne ; mais ne. trouvant aucun appui, il repassa le fleuve. La révolte fut plus grave dans le pays de Salzbourg, où l’archevêque se vit assiégé, quatre mois dans son château.
Christophe de Dietrichstein, accouru à son secours du fond de la Stvrie avec 5,000 hommes, fut repoussé; et le prélat était réduit aux dernières extrémités, lorsque le duc Louis parut devant Salzbourg avec 8,000 Bavarois Mais il s'aperçut bientôt qu’il serait dangereux de recourir à la force : il aima mieux négocier, et parvint, en effet , à réconcilier l’archevêque avec la ville et les paysans.
Pendant que la révolte portait ses dévastations dans les plus riches contrées de l’Allemagne, Soliman taillait en pièces l’armée hongroise à Mohatz; ses spahis désolaient les vallées de la Carniole et de la Stvrie. Les princes
gle
BAVIERE
de l’Empire songèrent alors à s’armer.
Les ducs de Bavière convoquèrent les états à Ingolstadt, et demandèrent de nouveaux impôts pour subvenir aux frais de la guerre contre les Turcs.
Mais comme l’Autriche seule semblait menacée, les états ne jugèrent pas à propos de fairè des sacrifices pour une puissance qui s’était si souvent enrichie des dépouilles de la Bavière.
Guillaume et Louis ne négligèrent rien pour préserver leur peuple des malheurs de la guerre civile et de la guerre extérieure. Il était temps , car déjà les doctrines des novateurs s’étaient répandues dans tout le pays , et les cloîtres devenaient déserts. Les ducs s’empressèrent de se plaindre à la cour de Rome de l’indifférence avec laquelle les evéques de la Bavière s’opposaient aux progrès du mal. Adrien VT les autorisa, par une bulle de 1522, à réformer eux-mémes les fondations et les couvents, et leur accorda, de son propre mouvement, le quart du revenu de toutes les églises, même épiscopales, pour l’employer contre les Turcs et les ennemis de la religion. Dès lors ils veillèrent au maintien sévère deiadiscipline religieuse, et cherchèrent à arrêter par de nombreuses saisies la propagation des livresdestinésà enseigner la foi nouvelle. On menaça les hérétiques de la prison et de la mort. Le fameux chancelier Léonard d’Eck, ministre et conseiller de Guillaume, regardé par les catholiques comme le plus redoutable adversaire de Luther, exécutait toutes ces mesures avec une rigueur extrême.
Il voulait étouffer jusqu’à la moindre étincelle. On vit alors beaucoup de Bavarois qui sacrifièrent leur liberté, leur vie même , plutôt que leur conscience. Ainsi, Wagner, à Munich, périt au milieu des flammes pour avoir persisté dans sa foi (1527). Le même sort frappa Lienhart Kaiser, ami de Luther.
Jean Thurinayer lui-même , le célébré historien de ia Bavière, qui a écrit sous le nom d’Aventinus, et qui avait accompagné les . ducs Louis et Ernest pendant leurs voyages, ne fut pas à l’abri de la persécution. Il était déjà entre les mains des bourreaux, lorsque
arriva l’ordre de le mettre en liberté.
Ce zèle furieux contre la réforme n’empêcha pas d'abord les ducs de suivre constamment une politique opposée à l’Autriche, même quand il devenait nécessaire de s’allier avec les protestants. Leur système avait pour base un accord fait entre eux dès le 9 septembre 1515, et par lequel ils s’étaient solennellement promis de réunir toutes leurs forces après la mort de l’Empereur pour recouvrer ce que la sentence de Maximilien avait enlevé à la Bavière en 1505; et, en effet , ils ne se départirent pas de leurs principes pendant les vingt premières années de leur règne. De même qu’ils s’étaient opposés à l’élection de Charles- Quint, de même aussi ils disputèrent, en 1526, à l’archiduc Ferdinand son frère, le trône de Bohême, devenu vacant par la mort précoce, du roi Louis, puis s’allièrent avec le prétendant Jean de Zapolya. En 1529, Guillaume négocia même avec les électeurs pour se faire nommer roi des Romains. Enfin l’année suivante, les deux ducs s'opposèrent vivement, mais sans succès, à l’élection de Ferdinand. Leur inimitié se montra encore bien plus acharnée, lorsqu’on les vit rechercher l’alliance des confédérés de Smalcaldc (1531), dans le but de faire casser l’élection , et recourir même à l'appui de la France et de l’Angleterre. Leur demande fut accueillie avec empressement à Paris; et, au mois de mai 1532, Guillaume du Bellay arriva au château de Scheyern, où une alliance fut signée entre là France, la Bavière, la Saxe et la Hesse (26 mai), avec promesse de la part du ministre français, d’un payement de 100,000 couronnes au soleil.
Ce traité fut renouvelé à Augsbourg en 1534, à l’époque où le landgrave de Hesse travaillait au rétablissement du duc de W urtemberg (*). Les ducs bavarois affectèrent, il est vrai, la neutralité dans cette dernière querelle; cependant, pour favoriser le landgrave, ils laissèrent se dissoudre la confédération
(*) Voyez Allemagne, t. II, p. a3o et suiv
L’UNIVERS
de Souabe , placée sons la dépendance de l'Empereur. Leur système politique ne changea qu'après que l’alfaire du Wurtemberc se fut terminée par la transaction de Cadan qui reconnaissait l’élection de Ferdinand, et qu’ils regardèrent comme unedéfection de leurs alliés. Depuis ce moment, ils se rapprochèrent insensiblement de la maison d’Autriche, et finirent par en devenir les alliés intimes. l.a ligue qu'ils raient formée à Eichstædt (1534) avec la maison palatine, les margraves de Brandebourg en Franconie, et l’evêque de Bamberg, pour le maintien de la paix publique, fut changée en une alliance conclue avec l’Empereur et le roi des Romains , et signée à Ingolstadt le 30 janvier 1535. Cette alliance devait durer neuf ans, et comprenait, outre les confédérés d'EichsUcdt, l’archevêque de Sjlt/.bourg, les évêques d’Augsbourg et d’Eichstædt, les villes de Nureubcrg, W indsheim et W eissenbourg.
Le 22 avril suivant fut conclu, entre les ducs et le roi Ferdinand , un nouveau traité qui resta pour le moment enseveli dans les archives, mais qui en fut tiré deux siècles plus tard, et devint la cause d'une guerre désastreuse our la Bavière. Il y était stipule qu’Alert, fils aîné du duc Guillaume , épouserait la fille de Ferdinand , et qu’à défaut d’héritiers mâles de l'Empereur et de sou frere, ceux d’Albert succéderaient en Bohême, en Silcsie, en Moravie et dans tous les Etats héréditaires de la maison d'Autriche en Allemagne. I.a primogéniture dans la maison de Bavière était formellement reconnue.
Par suite de ce changement de politique, la Bavière entra dans la sainte ligue, opposée par l’Empereur en 1539 à la confédération de Smalcalde. Le duc Guillaume en fut même nommé générai ; néanmoins il ne prit aucune part à la guerre contre celte confédération et se contenta de livrer passage aux troupes de Charles-Quint , auquel il était encore plus étroilemgnt uni depuis le mariage de son fils Albert avec Anne d'Autriche. Exclusivement occupé à lutter dans ses propres États
contre l’hérésie, il demanda au pape, en 1543, le secours des jésuites; bientôt après , cette compagnie fut mise à la tête de toutes les éludes (*). Ainsi le duc Guillaume, en repoussant les doctrines nouvelles, ferma aussi la Bavière aux progrès que firent hors de ce pays les lettres et les sciences. Ce fut lui qui , le premier , traça cette ligne de séparation qui a existé longtemps cuire les Bavarois et les habitants du nord de l’Allemagne.
Le prince Louis était mort dans sa résidence de Landshut, en 1545, lais saut son frère seul à la tête des affui res, au moment où les difficultés se multipliaient autour de lui. Guillaume le suivit au tombeau, le 1 / mars 1550, regretté de son peuple pour son affabilité et sa justice. Il eût mérite un souvenir sans tache, s’il eût eu plus d'énergie dans le caractère.
La ville libre d’Augshourg était arrivée à son plus haut point de prospérité sous ce règne paisible. I.e nom de ses banquiers, des Fugger et des Welser, est reste, célébré. Mais la jalousie et la vengeance de Charles-Quint firent tomber son commerce, et la Bavière en ressentit le contre-coup, car elle gagnait beaucoup au voisinage de 1a rieno cité.
Louis avait construit le château de Landshut. Munich rivalisait déjà avec les plus belles villes de l'Allemagne.
Enfin de nouveaux travaux , exécutés à la citadelle d’ingolstadt. eu firent la plus forte place de la Bavière.
ALBEHT V LE MAGHAHIMI.
La mort du due Guillaume changea la face des affaires eu Bavière.
Les principes intolérants dans lesquels Albert, son successeur, avait clé élevé , furent tempérés par sa douceur naturelle. Longtemps passionné pour la chasse, ce prince prit ensuite le goût des arts et des scieu-
(*) Le premier collège qu'elle ait eu eu Allemagne e*t celui qu'on bAtit alor» pour elle à lugolsladl.
BAVIERE
ces. Cependant le* graves événements qui alors agitaient l'Allemagne ne lui permirent pas de suivre sans secousse une voie de pais et de civilisation. Dès la seconde année de son règne, il vit Maurice de Saxe s’élancer vers la liants Allemagne , à la tête de l'armée protestante» camper, dans les premier* jours d'avril 1551, devant AugsbOurg, et paraître bientôt aux frohtières de la Bavière, pour se porter sur Iiisprttek où Charles-Quint était loin de prévoir les dangers qui le menaçaient. Maurice traversa les États d’AÎbert. Partout sur son passage les couvents furent pillés, les objets sacrés foulés aux pieds , et les moines réduits à se sauver dans les montagnes. Albert, surpris, ne put que négocier, comme l’Empereur lui-méme fut forcé de le faire à Passau ( 1553 ).
Après celte trêve, qui Suspendit pour soixante ans la lutte entre les deux religions , beaucoup de souverains licencièrent leurs troupes, formées de bandes d’aventuriers qui vi\ aient de la guerre, et servaient toutes les causes pourvu qu’on leur payât une solde et qu’on leur permît le pillage. I.es lansquenets ainsi congédiés étant devenus un nouveau fléau pour le pays , plusieurs princes de l'Allemagne méridionale sc liguèrent pour arrêter leurs brigandages et conserver une paix devenue si nécessaire. Ferdinand d’Autriche et Albert de Bavière étaient les chefs de cette ligue; l’archevêque de Saltzbourg, les évêques de Ratisbonne, de Passau, de Freyssing, d'F.iclistædt, s’v joignirent, ainsi que lés villcsd’ Augsbourg et de Nuremberg. Sébastien Schærtlin, un des oHIciers les plus expérimentés de cette époque, fut mis a la tête des troupes. Ces mesures énergiques raffermirent la paix pour quelque temps.
Cependant, enhardis par la tolérance et la douceur d'Albert , les amis de la réforme se déclaraient alors ouvertement dans les assemblées des états. 1-a noblesse et les villes demandèrent d’abord la répression des mœurs du clergé et la prédication de l’Évangile dans toute sa pureté. Quelque temps après , ils exigèrent l'abolition
du célibat des prêtres et des jeûnes, et la concession du calice laïque, c’està-dire, de la communion sous les deux espèces. Fidèle à son système de conciliation, le duc de Bavière rendit en effet, en 1556, une ordonnance qui permettait provisoirement le calice et accordait la dispense (les jeûnes.
Lorsqu 'en 1563, le concile de Trente fut rouvert pour pacifier l’Église et tenter un rapprochement entre les catholiques et les protestants, Albert réunit ses efforts a ceux de Ferdinand pour arriver à ce but si désirable. Il fit de nombreuses démarches à Rome et à Trente pour obtenir la confirmation de son ordonnance de 1656 et l'abolition du célibat : mais ce fut en vain.
Quoique très-tolérant , leduc de Bavière n’était pas moins attaché à sa religion que Guillaume IV. Ainsi, l'enseignement public ne fut permis qu’à celui
?|ui jurait préalablement les articles ondamentaux de la foi catholique; les jésuites furent appelés en grand nombre en Bavière et traités libéralement.
Ils obtinrent des colleges dans plusieurs villes, et exercèrent partout la plus grande influence sur l’intérieur des familles.
Aucun prince de cette époque ne se montrait aussi passionnéqu' Albert pour les Sciences, les arts et le faste. L'université d’Iugolstadtétaitalorsdans tout son éclat. On y remarquait les deux célèbres astronomes Apianus (Philippe et Pierre ) et Léonard Fuchs , un des restaurateurs de la médecine d’Hippocrate (*). Le chancelier du duc était YViguletis Hund, un des meilleurs historiens du seizième siècle, l’auteur de la Metropolis Salisburgensis ( 3 vol.
in-folio ) , et de la Généalogie des familles bavaroises (2 vol. in folio). Le chef de sa musique était Orlando Lasso, de Mons, qu on surnommait l’Or-
Î)hée de son siècle. Jaloux de devenir e Médicis d'une autre Florenre, il s'entourait d’une foule d’architectes, de sculpteurs, de peintres et de poe-
(*j Philippe Apianus lils de Pierre fut , ainsi que Fuchs, obligé de quitter Ingub stadl pour cause d’hércsie.
L’UNIVERS
tes. Alors s’éleva en Bavière une école de peinture, où brillèrent Christophe Schwartz d’Ingolstadt , l’imitateur du Tintoret ; Jean Mielich, peintre en miniature, et beaucoup d'autres artistes habiles. Le musée de Munich s’enrichit d’une superbe collection de médailles, qui plus tard fut dispersée dans la guerre de Trente ans; sa bibliothèque se forma du fonds de Schedel, orientaliste de Nuremberg, et de J. -J. Fugger, l’auteur du Miroir d’honneur <le la maison d’Autriche. La ville elle-même acquit de nouvelles écoles et de nouveaux palais; des châteaux magnifiques furent aussi construits a Landshut, à Dachau, à Isareck, à Starenberg; les églises et les sociétés religieuses reçurent de riches dotations. F.nlin, les têtes , les danses , les tournois et les acquisitions territoriales absorbèrent encore des sommes assez considéraüles.
Maison ne pouvait faire face à toutes ces dépenses qu’en établissantde lourds impôts , ou en contractant des dettes que les états étaient obligés d’acquitter. De là de fréquentes réclamations de leur part; cependant ils finissaient toujours par payer. En revanche, Albert leur avait accordé de beaux privilèges dans une charte promulguée, en 1553, sous le litre de Déclaration des libertés publiques (*). lorsqu’il mourut, en 15711, il ne se plaignit que de n’avoir pu mener à terme toutes ses entreprises, et recommanda ce soin à son fils.