GUILLAUME V I.E PIEUX
Le duc Guillaume avait trente et un ans lorsqu’il fut appelé à succéder a son père. Sa taille élevée, la noblesse de sa physionomie et la dignité de son maintien annonçaient une nature vigoureuse; et cependant il était faible, maladif, et l’éducation ascétique qu'il avait reçue l’avait rendu plus propre à
(*) Il publia en même temps un rode de lois ou plutôt un recueil d'ordonnances de police sous le litre de Uaierisclie Landesoranung
mener la vie d’un moine que celle d’un prince. Il passait la plus grande partie île son temps en prières, pendant que ses conseillers veillaient aux intérêts de l’État , se soumettait entièrement à la domination des jésuites, et achevait d’épuiser pour l’amour oe ces pères un pays qui avait déjà eu de la peine à suffire aux besoins d’Albert V.
Conciliant avec tout le monde, Guillaume ne fut impitoyable au’envers les hérétiques. Des milliers de ses sujets quittèrent leur patrie pour éviter les supplices.
Cependant les esprits s’échauffaient de plus en plus au dedans : les embarras financiers croissaient sans cesse, et tout présageait au dehors cette longue guerre de religion qui allait déchirer l’Allemagne. Guillaume ne se sentit pas la force de conjurer le danger : il préféra s’assurer les moyens de se livrer sans interruption à ses exercices de piété, et abdiqua en 1597 en faveur de son fils aîné Maximilien , qui, dès l’âge de dix-huit ans (*), avait été initié aux affaires de l’État. Après son abdication, il rentra dans la vie privée, conclut un pacte de continence avec son épouse Renée de Lorraine , dont il avait eu dix enfants, et vécut encore vingt- huit ans, uniquement occupé à servir les pauvres et les malades , à visiter à pied les images miraculeuses , et à macérer sa chair par la discipline et l’abstinence