‹ États de la confédération germaniqueChapitre 19 sur 261 · T* AIT* AVEC LES CAÜTOSS SUISSES · texte numérisé non relu

T* AIT* AVEC LES CAÜTOSS SUISSES

Tandis qu’Albert étendait ainsi ses possessions, et consolidait sà puissance sur les bords du Rhin, les trois

le feu dans le pays là ou ils veulent , à moins qu’on no transige avec eux. ( Jae. Grimm, Antiquités du droit germanique, p. a53.)

AUTRICHE

petites républiques, qui avaient déjà humilié l'orgueil de sa maison, resserraient les anciens domaines que les ducs d’Autriche possédaient en Suisse. Depuis la bataille de Morgarten, l'esprit de liberté s’était répandu dans cette contrée avec les succès des trois cantons. Les peuples désiraient avec ardeur de s'affranchir du despotisme féodal. Le canton de Lucerne , accablé sous le joug autrichien, avait accédé, en 1332, à la confédération de Brunnen. Zurich entra dans la ligue en 1 35 1 . Cette ville était alors dominée par Rodolphe Broun, qui y avait détruit l'influence de la noblesse, et établi le gouvernement populaire.

Les nobles, qui voulurent s’opposer à cette révolution, furent bannis, et leurs biens confisqués. Les mécontents se réunirent dans le château de Rapperschwil ; mais leur tentative pour s'y maintenir ayant échoué, un comte de Habsbourg fut tué , un autre jeté dans un cachot; Rapperschxvil fut détruit jusque dans ses fondements; femmes, enfants, vieillards périrent sur l’échafaud , et leurs cadavres demeurèrent pendant trois jours exposés dans les rues, jusqu’à ce que les pieds des chevaux et les roues des voitures les eussent entièrement défigurés. L’autorité du tyran populaire fut affermie plus que jamais.

Le duc d’Autriche se rendit à la tête de seize mille hommes sous les murs de Zurich, la viile la plus importante de la confédération. L’électeur de Brandebourg, en personne, s'était joint à cette armée que la fière résistance des confédérés et le défaut de subsistances ne tardèrent pas à mettre en danger. Dans cette circonstance, l’électeur de Brandebourg offrit aux parties belligérantes sa médiation , qui fut acceptée. Le duc d'Autriche fut réduit a traiter avec ceux qu’il nommait des rebelles. On se jura mutuellement la paix ; mais Albert se promettait bien de rompre le traité an premier prétexte qui s'offrirait à lui. Aussi recommenca-t-il bientôt les hostilités. Il avait exigé que Zug et Claris, qui avaient pris l'engagement de lui faire hom-

mage, se détachassent de l’union helvétique; mais ces deux cantons n'ayant pas donné, une attention sérieuse à cette exigence despotique, Albert se plaignit a l'empereur , et parvint à lui inspirer des craintes relativement à cette ligue des Suisses , dans laquelle les villes impériales croyaient pouvoir entrer. Charles IV vint lui-même en Helvétie, à la tête d’une armée plus nombreuse que toutes celles qui s’y étaient montrées depuis l’invasion des barbares. Une garnison de 4000 hommes opposa néanmoins à cette armée une résistance héroïque. Mais comme cette résistance devait nécessairement à la fin céder devant le nombre, les Zurichois, pour ne pas échoir à l’insatiableaviditédela maison de Habsbourg, arborèrent sur leurs tours l'aigle impériale. A cette vue , des divisions éclatèrent dans le camp ennemi. Les soldats de Schaff house , de Bâle et de plusieurs autres villes et pays libres, sous la protection de l’empire , ne voulurent plus combattre une alliée.

Les Zurichois offrirent alors la bataille ; mais la plus singulière dispute sur la préséance fit qu’elle n’eut pas lieu. Les Bohémiens que Charles avait conduits à ce siège prétendirent que l’honneur de marcher les premiers à l’ennemi, leur appartenait ; les Autrichiens et les Souabes soutinrent qu'eux seuls avaient droit à cet avantage.

La journée se passa en querelles sur ce grave sujet. Charles , a qui les Zurichois avaient fait tenir secrètement une forte somme d’argent , parut fort irrité contre les Autrichiens ; il ordonna la retraite, et licencia ses troupes. Albert , resté seul avec les siens, se voyait hors d’état de soutenir la lutte. .Mais au défaut de la force, il recourut à la corruption. Rodolphe Brunn s’était vendu au duc d'Autriche, et par le soin de cet homme, ‘à qui la postérité aurait accordé le plus glorieux renom s’il n’edt immolé les vertus simples et modestes du patriotisme aux prétentions ambitieuses d'un chef de faction, Zurich se déclara pour Albert. C’était le premier pas vers la défection. D'autres cantons

sa

parlaient déjà de neutralité. I.es confédérés helvétiques allaient être privés du fruit de cinquante ans de combats, quand les montagnards de Schwytz , renant seuls les armes, et faisant otter l’étendard qu’avait illustré la bataille de Morgarten, mirent en fuite les agents d’Albert. L’alliance générale fut renouvelée sous leurs auspices, et le duc d’Autriche retourna a Vienne, où, le IG août 1358, il mourut du chagrin que lui causa une expédition aussi onéreuse que dépourvue de gloire.

LES FILS d’ALBEBT II.

RODOLPHE IT ( I 3 58 - l365 ) , FREDERIC II

(i35a), Ai.eert ni (i3G5-i395), et léo-

roLD il (i 365-1 386.)

TRÊVE AVEC LU SUISSES. SAOI ADMIHIS-

TRATIOR DE RODOLPHE.

Albertlaissaiten mourant quatre fils, Rodolphe IV, Frédéric II, Albert III et Léojiold IL Rodolphe, à titre d’atné, eut l’administration des Etats autrichiens. C’était un jeune homme de vingt ans, plein de fougue, d'ardeur chevaleresque, d’activité inquiète, et qui cependant, chargé parsou uèrcd’administrer les possessions de la maison de Habsbourg dans la Souabe, l’Alsace et la Suisse, s'était signalé par une sagesse précoce et montra une habileté supérieure à son âge. La Souabe, comme toutes les contrées riveraines du Rhin, était un des pays les plus commerçants de l’Allemagne , mais aussi un de ceux où , depuis la ruine de la maison de Ilohenstaufen , il y avait eu le plus de rapines et de violences de toute espèce. Rodolphe sut jusqu’à un certain point y rétablir l’ordre et la sûreté publique. Dans la vue de rendre les communications plus faciles, il fit construire, à l’extrémité du lac de Zurich, le célèbre pont (*) de

(♦) Ce pont, jeté sur un bas-fond du lac, a près de dix-sept ceins pas de longueur. Construit sur pilotis, il n’a point de gardefous, et les planches sur lesquelles on marche ne sont que posées sur les madriers, afin de n’opposer aucune résistance au sent, qui, étant quelquefois très-violent, ébranlerait

Rapperschwill , qui fut regardé alors comme une merveille. Lorsque la mort de son père l’eut investi du gouvernement général , il s’empressa de conclure avec les Suisses une trêve qui suspendit cette guerre ruineuse et déshonorante pour l’Autriche. Ilsedédommagea,au reste, de ces sacrifices apparents par des acquisitions importantes.

Placée au pied des Alpes et ne pouvant s’étendre dans l’Allemagne proprement dite sans soulever contre elle tout le corps germanique, l’Autriclie jeta de bonne heure les yeux vers les riches contrées du sud. lit Suisse était d’une grande importance militaire :

c’est le point central entre l’Italie, la France et l’Allemagne; d’ailleurs c’était un vieux domaine de la maison de Habsbourg, et les princes autridiiens devaient hésiter à l'abandonner. Cependant, quand le courage des Suisses eut affranchi leur pays et en eut interdit l’entree aux armées de l’Autriche, cette puissance , abandonnant une proie qu’elle ne pouvait ressaisir, renonça à la possession des Alpes occidentales et des bords du Rhin, pour établir sa domination sur tout le cours du Danube, s’emparer des Alpes orientales, tourner ainsi la Suisse allemande et la Suisse française, et descendre dans l’Italie. Ce fut Rodolphe lVquidonuacette direction nouvelle à la politique de sa maison. Les successeurs immédiats de Rodolphe de Habsbourg , nouveaux venus au milieu des Slaves, regrettent l’Alsace, la Souabe et la Suisse d'où ils sont sortis ; mais à partir de Rodolphe IV, ils chercheront a s’étendre aux dépens des Slaves, ils s’empareront peu à peu de la Bohême, de la Hongrie, etc., et plus tard ils empiéteront sur l’Italie jusqu’à ce qu’ils s’y établissent en maîtres et y fondent eniin le royaume Lombard-Vénitien.

ACQUISITIOl» DE l’aUTRICHI EJ! TYnOL.

Pardesnégociationsadroitementcon-

les pilotis , s'il trouvait de la prise. Il arrive de là que ce pont esl assez dangereux à passer quand il fait du vent, et que l'on est exposé à voir les planches emportées devant et derrière soi.

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duites, les comtés de Goritz, de Grad.isca et du TV roi furent réunis aux États autrichiens ( 1363 ). Le Tyrol renfermait vingt -neuf vallées, dans chacune desquelles s’élevait une ville ou grande bourgade ayant un marché public, plus de trois" cent cinquante châteaux , et environ neuf cents villages. Cette acquisition était donc de la plus haute importance : aussi la maison de basse Bavière s’y opposa-t-elle les armes à la main. La médiation du pape prévint l’effusion du sang et fit respecter la donation de Marguerite Maultasch. Mais avant d’aller plus loin , il faut nous arrêter quelque peu sur l’importante acquisition du Tyrol, la clef de l'Italie et du sud de l’Allemagne, la province par laquelle l’Autriche pénètre dans l’Italie, et par laquelle aussi Bonaparte arriva jusqu’aux portes devienne.

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Autrefois compris dans le Noricum , le Tyrol se trouve limité à l’ouest par la Suisse , au sud par l'Italie et l’Illyrie, à l'est par l’Autriche et le pays de Salzbourg , et enfin au nord par la Bavière. « Plus étendu de l’est à l’ouest que dans toute autre direction , ce pays se trouve traversé dans le même sens et vers le nord par la chaîne des Alpes rhétiques : cette chaîne se divise elle-même, ou, pour mieux dire, on en voit deux distinctes, dont les ramifications aussi nombreuses qu’étendues ceignent le Tyrol de toutes parts. Ces ramifications sont si multipliées , qu’elles laissent , vers la partie septentrionale de cette contrée, encore moins de plaines que l’on n’en voit au milieu des alpes ae la Suisse. Les masses des montagnes ont généralement en Tyrol une plus grande étendue, quoique leurs sommets soient moins élevés ; ce qui tient peut-être à ce qu’au milieu de ces montagnes primitives on en voit de calcaires qui leur sont adossées , formant un système particulier. Il n’en est pas ainsi de la

fiartie méridionale du Tyrol, qui est oin de présenter la moindre ressemblance avec la Suisse. Quoique mon-

tagneuse, elle n’offre point de cimes tres-élevées, et les vallées y deviennent tellement larges, que de belles rivières y étalent le tribut de leurs eaux. La culture et le climat se ressentent de cette différence dans la configuration du sol , et toutes les productions de l’Italie réussissent fort bien dans la vallée de l’Adige. »

Cependant, quelques montagnes , ainsi qu’une partie de la chaîne secondaire des Alpes tyroliennes qui s’étendent vers l'Italie, paraissent encore conserver une hauteur de douze cent soixante-huit à treize cent soixantesix mètres : du moins les monts Euganéens en Italie, ot spécialement le mont Summano, ont encore cette élévation.

« Un grand nombre de rivières sillonnent dans toutes sortes de directions le sol du Tyrol. Parmi ces rivières, on peut en distinguer deux principales qui indiquent la pente générale du sol. Ainsi, pour la partie septentrionale, le cours de l’Inn annonce que l'inclinaison du terrain est à la fois vers l’est et vers le nord , surtout dans cette première direction, vers laquelle s’incline également tout le sol de la Bavière. La pente de toutes les contrées du Tyrol, adossées au revers méridional des Alpes rhétiques, est bien différente ; les rivières servent encore à la déterminer. ISous verrons d’abord au sud-est de la chaîne, l’Eysach se précipiter des flancs du mont Brenner et porter ses eaux dans le centre du Tyrol méridional, vers lequel la pente est tellement prononcée , que l’Adige vient s’y réunir. Kn abandonnant les monts escarpés de Tschirfscr, l’Adige descend h travers le sol marécageux des environs de Gluzem, dirige ses eaux vers le sud-est, tandis que le cours de l’Eysacli est constamment vers le sud-ouest. Ces rivières formant ainsi deux vallées inclinées dans ces deux sens, une fois parvenues auprès de Botzen , l’Eysachet l’Adige , se réunissent en un seul fleuve, qui vase jeter dans la mer Adriatique, au-dessous de Venise.

Dès lors, l’inclinaison du sol reste constante dans la direction du nord au sud.

64 L’UNIVERS

« Les vallées de l’Inn, de lTSysach et de l’Adige, les plus considérables de tout le Tyrol , sont cependant loin, ainsi que nous l'avons déjà fait observer , d'étre les seules vallées du Tyrol méridional. On reinarqueeneore, parmi les principales, la vallée de Poster, arrosée par les eaux de la Drave, et, plus au nord , celle où le I-ech prend sa source. Enfin, une vingtaine d’autres sont traversées par des rivières plus ou moins considérables ; mais toutes ont constamment, celles du revers septentrional, leur direction du sud au nord ou de l'ouest à l’est , tandis que celles du revers méridional s’inclinent vers le sud.

« Le Tvrol serait une autre Suisse, si les rivières qui le traversent avaient une pente moins rapide, et si leurs eaux pouvaient s’y réunir en lacs d’une certaine étendue. En effet, à l’exception du lac de la Garda , situé à l’extrémité du Tyrol méridional , on n’en voit point dont la grandeur aille jusqu’à une lieue. Il y a donc bien loin de ces lacs à ceux de la Suisse, au milieu desquels se distinguent ceux de Constance, de Zurich et de Genève. Du reste , ces deux pays nous retracent à peu près les mêmes scènes , ayant une élévation peu différente et un sol tout aussi inégal. Ce sont, à la fois, des montagnes escarpées, couronnées de neiges éternelles , des torrents impétueux qui se précipitent avec fracas du sein des glaciers , des avalanches, fléaux de la vallée, de sombres forêts de sapins , et enfin d’immenses pâturages où errent de nombreux troupeaux , l’unique espoir du laboureur. Dans l’une et l’autre contrée, un aiç chaud et brillant succède à une température glacée :

ainsi, au pied des neiges éternelles il n’est pas rare de voir de beaux vignobles , ou même le grenadier étaler la beauté de ses fleurs (*). »

HUTUIHE DU TYROI. JISQu'a SA RÉUSIOIT A L'ACTRICHE.

Pendant longtemps le Tyrol fut di-

(*) Marcel de Serre, Voyage daus le Tyrol.

visé entre plusieurs princes. Parmi les plus anciens seigneurs de ce pays, on cite les comtes de Goritz , d'Eppan et d’Ueltcn, et les seigneurs de Casteî- Barro,d’Arco et d'Ach. Les comtes d’Andechs ne parurent qu’aprèsceux-ci; mais, plus adroits, ils prirent possession du Tyrol , en profitant de la citation au ban de l’Empire de Henri , duc de Bavière. Ainsi , peu à peu , les comtes d’Andechs surent s’emparer du Tyrol, qui appartenait à Henri le Lion.

Ils devinrent marquis d’Istrie, et tranquilles possesseurs de la ville d’Innsbruck.(Inspruck) , ainsi que de la plus rande partie des vallées de l’Inn et de Adige. L’empereur Frédéric Ier leur conféra la dignité ducale, après la mort de Conrad, dernier duc de I)nckau, qui portait le titre de duc de Dalmatie. Les comtes d’Andechs prirent alors le titre de duc de Méran , quoique leurs terres fussent pour la plupart dispersées en Bavière . principalement dans le haut Palatinat, en Franconie , en Voigtland , et même en Istrie.

Lorsque, dans la seconde moitié du treizième siècle, le comte de Tyrol Albert mourut sans enfants mâles,’ ses possession.® échurent à ses gendres, Mainard III, comte de Goritz. époux d’ Adélaïde, et Gebhard, comte d’Hirschfeld , époux d’Élisabeth. Le comte de Goritz , plus habile politique que Gebhard , se fit céder tout le Tyrol. Ainsi en 1234, il se vit tranquille possesseur de tout le pays dont les conGns étaient , vers le nord , la Bavière et la Souabe. Gebhard obtint, pour tout dédommagement , quatre cents marcs d’argent.

Mainard IV, et Albert II , fils de Mainnrd III, firent, en 1271 , un nouveau partage des États que leur avait laissés leur père. Le premier eut tout le Tyrol; Albert n’obtint que le comté de Goritz; Mainard IV, prince valeureux et habile politique, augmenta beaucoup scs États; l'empereur Rodolphe I" l’éleva au rang de prince, et lui donna l’investiture de la Carinthie. Henri , fils et successeur de Mainard , transmit le comté du Tyrol à sa fille Marguerite, plus connue’ sous le

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nom de Maultasch , à cause de la configuration hideuse de sa bouche.

EXTENSION PRIS* PAR 1.1 TYROL DEPUIS SA RÉUNION A l’aüTRICMR.

Ce fut cette Marguerite qui, après la mort de son fils , légua , comme nous l’avons dit, le Tyrol et ses prétentions sur Goritz à ses trois oncles les archiducs d’Autriche. Entre les mains de l’ambitieuse et prudente maison de Habsbourg , le Tyrol ne cessa plus de s’étendre. En 1373, elle obtint des ducs de Padoue , de la maison de Carrare , les trois seigneuries situées sur les frontières d’Italie, d’Yvan , de Selvan, de Castel-Alto , ou le val Valsugan. Après Léopold, Maximilien I*r l’augmenta, en 1500, du Pustersthal, dont il hérita après la mort de Léonard, dernier comte de Goritz. Cet habile empereur, profitant des troubles qu’il avait suscités entre les princes de Bavière, leur enleva les seigneuries de Kusstein , de Kitzbüe! et de Rattemberg, dans la basse vallée de Plnn , et les réunit au Tyrol. Il en fit de même de la ville d’Ampero, des quatre vicariats , de la préfecture de Rovérédo, et enfin de la ville d’Arco, situés au bord du Ipc de Garda. Ainsi, soit par adresse, soit par force, la maison d’Autriche sut donner au Tyrol ses limites naturelles, savoir: l’Italie, la Suisse et la Bavière.

IOIIVEI.1.M ACQUISITIONS DK l'aUTRICHI.

Cette acquisition précieuse du Tyrol par Rodolphe IV fut bientôt suivie de nouveaux accroissements de territoire.

Ayant eu quelques contestations avec le patriarche d’Aquilée , il lui déclara la guerre et lui enleva plusieurs places. Pour obtenir la paix , le prélat fut contraint de céder ce qu’il possédait dans la Styrie , la Carinthie et la Carniole , et reçut même un juge et une

arnison autrichienne dans la capitale

u Frioul. Ainsi s’ouvrait la route, qui devait mener les Autrichiens à Venise et à Milan ; mais il fallut plus de quatre siècles pour y arriver et tromper ainsi la jalousie et les craintes de l’Europe.

RODOLPHE ETEND LES PRÉROGATIVES DE Uk MAISON D'AUTRICHE.

Rodolphe n’accrut pas seulement les domaines de sa maison; il voulut aussi étendre ses prérogatives et ses titres.

Son orgueil souffrait d’être obligé de céder le pas aux électeurs ; aussi voulut-il au moins être distingué de la foule des autres princes par un titre particulier; Frédéric I" avait conféré aux ducs d’Autriche de la maison de Bamberg le nom d’archiduc ; en 1228, ils avaient obtenu de porter sur le bonnet de prince le diadème impérial , et, plus tard , de le surmonter d'une croix. Rodolphe fit revivre tous ces titres et tous ces insignes; il s’entoura d’une pompe royale , et siégea comme un monarque au milieu de ses vassaux.

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