‹ États de la confédération germaniqueChapitre 192 sur 261 · CH AKI.ES- A LU (AT · texte numérisé non relu

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Depuis 17x6 jusqu’à son élection comme Empereur en 174a.

Le peuple fondait de grandes espérances sur Charles-Alberl , qui , dès l’enfance, avait reçu cetteéducation du malheur bien plus profitable que celle des livres. Mais à peine rentre dans le palais de ses pères , il suivit une direction moins propre à le préparer au gouvernement ; toutefois les remords qui tourmentèrent son père à ses derniers moments avaient fait sur lui une impression profonde. Agé de 29 ans , lors de son avènement, il diminua les impôts, et introduisit dans l'administration et à sa cour les règles d’une sage économie. « C’était pourtant par un effort sur lui-même que l’électeur s'était soumis à cette contrainte. Il aimait naturellement le faste et les plaisirs bruyants : aussi les anciens abus reparurent bientôt; et, après dix ans de règne, Charles Albert n’avait pas encore pu racheter les joyaux que son

écurie de 1100 chevaux , une chax.se de 3oo chevaux et 4000 chiens , avait une domesticité nombreuse, dunnail des fêles magnifiques et oubliait ses malheurs dans les bras de ses maîtresses.

L’UNIVERS

père avait engagés à des négociants a'Amsterdam. Il lui fallut faire des emrunts onéreux , établir des impôts aritraires, anticiper surles revenus (*). » Cependant, il trouvait encore moyen de satisfaire sa dévotion toute fondée sur des pratiques extérieures , en faisant de riches présents aux lieux saints, et surtout à Alt-OEtting, où il déposa une satue de Jésus en argent, du poids qu’avait son fils aîné à l’âge de huit ans.

Dans la guerre qui éclata, en 1733, entre l’Autriche et la France , au sujet de la succession de Pologne, il garda la neutralité, appuyé sur une armée de 31,000 hommes. Plus tard, lorsque l’F.mpereur fit la guerre aux Turcs , il lui envoya un seeours de 8,000 hommes, dont la moitié ne retourna pas dans son pays. Tes uns succombèrent aux maladies, les autres périrent dans la sanglante journée de Grotzka, en Servie ( 1739 ).

L’empereur Charles VI expira le 20 octobre 1740. N’ayant point de descendance masculine, il avait publié en 1719 la Pragmatique sanction, par laquelle il transmettait tous ses États à sa fille aînée, Marie-Thérèse; mais la Bavière, de concert avec la Saxe et avec la France, s’était opposée dès 1731 à l’exécution de ce pacte de famille. En effet, Charles-Albert avait des droits légitimes à cet héritage, parce que l’empereur Ferdinand I*r , qui avait réuni à sa maison les couronnes de Bohême et de Hongrie, avait stipulé dans son testament, en faveur de sa fille Anne , mariée au duc Albert V de Bavière , que, à défaut d’héritiers mâles de la branche régnante , ceux de cette princesse seraient aptes à succéder dans ses possessions. De cette protestation de l’électeur de Bavière contre la pragmatique sanction, était résulté un échange de notes très-vives entre les deux cours.

Après la mort de l’F.mpcreur, la Bavière et le Palatinat, en vertu du traité signé à Munich le 15 mai 1724, exer-

(*) Schorll Hist des Étals europ., t. X î. IT, p. a 35.

cèrent en commun le vicariat de l'Empire ; et Charles-Albert s’allia avec la Prusse et la France pour faire valoir ses prétentions ( 22 mai 1741 ). A la tête de 40,000 hom mes, Bavarois, F rançais et Saxons , il s’empara de Passau et de Lintz où il se fit couronner archiduc d’Autriche. Ses avant-postes se portèrent jusqu’à Prelting, à vingt lieuesde Vienne, et l’Europe attendait chaque jour la nouvelle de son entrée dans ta capitale des États autrichiens.

Mais Charles n'avait pas le génie militaire, et soit qu’il obéît à son irrésolution naturelle, soit qu’il cédât aux conseils de ses ministres ou qu’il ne fût pas assez préparé à ce siège, il s'arrêta. De ces moments précieux dépendaient pourtant son bonheur et celui de son peuple, l’issue de la guerre et le sort de la maison de Habsbourg. Il laissa 15,000 hommes sous les ordres de Ségur, commandant les troupes françaises , pour garder ses conquêtes , et lui-même passa le Danube avec le reste de son armée , assiégea Prague , qui fut enlevée d’assaut par le comte Maurice de Saxe, et y prit, le 7 décembre 1741, la couronne de Bohême. Cependant les électeurs étaient assemblés à Francfort-sur-le-Mein, pour décerner la couronne impériale. La France prodigua son or; la Prusse mit en jeu son influence pour faire tomber le choix sur Charles-Albert, qui, en effet, fut élu sous le nom de Cnarles VII, le 24 janvier 1742. Le maréchal de Belle- Isle avait dirigé toutes les négociations et paraissait alors, suivant l’expression de Frédéric, comme le législateur de l’Allemagne. C'est qu’en plaçant sur le trône impérial le jeune fils de l’allié fidèle de Louis XIV, on mettait un terme à la longue rivalité entre les Bourbons et la maison d’Autriche; on continuait l’œuvre commencée par Henri IV, continuée par Richelieu et par Mazarin.

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