‹ États de la confédération germaniqueChapitre 197 sur 261 · REV*» US, ETC · texte numérisé non relu

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Situé sous un climat en général doux et sain , renommé pour sa culture intelligente, le territoire du royaume est presque partout fertile , principalement en grams et en légumes. De plus les forêts, où le gibier abonde, offrent, ainsi que les troupeaux, d'abondantes ressources. On exploite aussi des mines assez abondantes de fer, de sel gemme , et des carrières de marbre , d’ardoise, etc. , ce qui fait monter la valeur annuelle des productions minérales à 1 ,300,000 francs.

L’industrie manufacturière et le commerce marchent d’un pas rapide dans la voie de la prospérité, depuis l’établissement de l’association des douanes.

D’après les derniers recensements , la population s’élève, sur une superficie de 1,296 lieues carrées, à 1,700,000 habitants, dont 1,100,000 et plus professent le culte protestant; le reste est catholique.

Aussi ce pays est-il comparativement un des plus peuplés de l’Europe, et l’on ne s’étonnera pas que les émigrations y soient aussi fréquentes. Ces milliers d’habitants qui, chaque année , vont, au delà des mers , sur des rivages lointains, se fixer dans une nouvelle patrie, cherchent d’ailleurs encore à se soustraire aux charges onéreuses qui pèsent sur eux, car les dîmes et 1 impôt enlèvent au cultivateur la moitié de son revenu net.

Les Wurtembergeois sont doués d’une puissante nature : ils ont le frout haut, les épaules larges, l’œil vif. Au moral, ils sont bons, laborieux, ouverts, probes, braves et religieux.

Quant à leur aptitude aux sciences et aux arts, il suffit de se rappeler que Kepler, Schiller, llegel et Schellmg naquirent parmi eux, ainsi que W ieland, Spittler, Moser, Paulus, et le poète Uhland, le Bérenger de l’Allemagne. On se rit, il est vrai, aujourd’hui du ton brusque et du dialecte un peu grossier des Souabes, qui, souvent malheureux dans l’expression de leurs

idées, ou lents aies produire, fournissent un aliment journalier aux plaisanteries des Allemands(* (**)).Maiscettefraneberudesse procède d’un caractère lovai et réfléchi. Cet idiome, resté étranger aux développements que la langue allemande a pris depuis le seizième siècle, fut, il y a six cents ans, la base de cette même langue. Connu sous le nom de dialecte alémannique, il s’est conservé avec ses formes antiques en Souabe comme en Alsace et en Suisse. Pour se faire uue idée de son énergie et de sa naïveté , il faut lire les charmantes poésies de Hebel , qui méritent de prendre place parmi les plus gracieuses productions du genre iy riqueet du genre pastoral(*’).

Les Wurtembergeois sont tous de la race souabe, et se divisent en deux classes principales , la noblesse et la bourgeoisie. Le roi gouverne d'après les principes d’une constitution , sur laquelle nous nous étendrons dans la partie historique.

Les revenus de l’État étaient évalués dans ces dernières aimées a plus de 58,000,000 de francs, les dépenses à 56, et la dette à 57 et demi. La liste civile est de 3,500,000 francs.

L’armée, sur le pied de paix, s’élève à 4,900 hommes , et , sur le pied de guerre , à 16,800; le contingent pour farinée fédérale a été fixé à 13,955 hommes.

Le royaumé de Wurtemberg , placé

Oie entièrement dans le cercle de e dont il possède la partie centrale, et appartenant par son extrémité nord-est au cercle de Franconie , est composé du ci-devant duché de Wurtemberg , auquel ont été ajoutées les prévôtés et abbayes de Zwiefalten , Elwangen, etc. ; les villes impériales de Reutlingen, Esslingen, Hall, Rothweil, Heilbronn , Gemund , Weil, Giengen, Aalea, Buchhorn, Wangen, Ravensbourg, Leutkirch et Ulm ; la

(*) Par une de ces soties et injuste» prévenlions qui prouvent combien peu l’Allemagne a le seutiment de l'unité, le nom de Souabe est presque devenu synonyme de gauche et de lourdaud,

(**) Alemauische Gedichte von Hebet

WURTEMBERG

principauté de Mergentheim apporte* uant au grand maître teutonique les cinq villes du Danube : Mengen , Sulgau , Riedlingen , Mundcrkingen et Ehingen ; le haut et le bas comté de Hohenberg appartenant jadis à l’Autriche ; et, en outre, les possessions de plusieurs princes médiats.

TOrOGHAPHlZ.

On divise le pays en quatre cercles :

ceux du Neckar, du Jagst, de la Forët-Noire et du Danube. Ils se subdivisent en bailliages.

Le Wurtemberg est parsemé de petites villes qui prospèrent par le travail, et de beaux villages d’une propreté resplendissante.

Stultgard , comme assemblage de monuments et de maisons, est une pauvre capitale, où l'on est surpris de trouver une rue a proportions royales et un beau château, et où manquent le mouvement et la vie. Cette ville est, du reste, située au milieu d’une vallée pittoresque, encadrée dans des coteaux tapissés de vignes. Elle a 30,000 habitants.

A trois lieues de Stuttgard on rencontre Ludwigsbourg , avec un château royal et 10,000 habitants.

Si nous suivons le Neckar, nous remarquerons Esslingen, entourée de fortes murailles , et peuplée de 6,000 âmes. C’était autrefois une ville libre. Elle a plusieurs fabriques.

Dans les environs d’fJeberkingen, dont les sites pittoresques et les eaux minérales attirent un assez grand nombre de voyageurs, on voit le bourg de Hohewtâufen, placé sur une hauteur et dominé par un vieux château ruiné, berceau d'une illustre famille.

Dans le cercle du Neckar, nous citerons encore Ueilbronn, très -ancienne cité, jadis libre, et commanderiede l’ordre Teutonique. L’industrie y est très -florissante. Elle compte 10,000 habitants.

Dans le cercle de la Forét-Noire, dont le chef-lieu est Reutlingen (9,000 habitants ) , on trouve Tubingen , remarquable par son université fondée en 1477, et par ses autres établisse-

ments littéraires. Population , 8,000 âmes.

Vlm, chef-lieu du cercle’du Danube, était autrefois ville libre et impériale , ot possédait alors plus de richesses et d’habitants qu’aujourd’hui. Cependant sa position au confluent du Blau et du Danube, sur la frontière de la Bavière, les fortilications qui l’entourent et en font comme la clef de l’Allemagne méridionale, son industrie, son commerce et ses 14,000 habitants, lui assignent encore le second rang parmi les villes du royaume. En vertu d’un arrangement conclu entre les puissances de la Confédération, pour accélérer dans le sud-ouest l’érection des forteresses, telle quelle a été stipulée par le traité de Paris , et sur la proposition d’un commissaire prussien , il a été récemment question d’en faire à frais communs une place de défense du premier ordre. On sait que, sous ses murs , le général Mack , avec 36,000 hommes, se rendit prisonnier à Napoléon, dans la campagne de 1803.

Kircheim et Biberach, peuplées de 4,000 âmes, doivent leur prospérité à leur industrie.

Dans le cercle du Jagst, on rencontre Mergentheim , avec un château qui servait autrefois de résidence au grand maître de l’ordre Teutonique :

Elwangen, chef-lieu du cercle; Hall, située au milieu d’une région montagneuse , célèbre par l’union des protestants en 1610, et importante par son commerce et ses salines.

Les antiquités ne manquent pas non plus à ce pays. A peu de distance d’Elwangen , on a reconnu les restes de l’immense ligne de fortifications tracée par les Romains, du Danube au Mein. Cet ouvrage gigantesque semblait devoir être attribué à un pouvoir surhumain, a' qui lui a fait donner le nom de mur du diable. Dans les environs de Rothenbourg, sur le Neckar, on a trouvé les ruines d’un aqueduc d’un mille et demi de longueur. Enfin, non loin de Stuttgard, et au village de Kalkofen (four à chaux) , ont été découverts des restes de poteries romaines.

L UNIVERS

HISTOIRE ANCIENNE DtJ WURTEMBERG JUS- QU’AU SECOND DUCHÉ d’alÉMANNIE (9lt>).

D’immenses forêts (*) et des bruyères couvraient, il y a deux mille ans, la Souabe. Ses premiers habitants furent les Suèves ( Schwaben ) , race puissante et vigoureuse, d’origine germanique, dont la confédération dominait sur une grande partie de l’Allemagne. On sait que l’an 58 avant Jésus-Christ Jules César se trouva en face de ces terribles guerriers commandés par Arioviste ( Heervest ), et, qu’après un combat acharné, les Suèves furent forcés d’évacuer les riches contrées de la Gaule qu’ils avaient envahies et de regagner lrurs forêts , au moment où de nouvelles hordes se préparaient à en sortir pour traverser le Rhin. D’abord les Romains n’osèrent les poursuivre dans ces retraites profondes. Deux fois César lui-même mit le pied sur leur territoire ; deux fois il se retira satisfait de les avoir bravés, mais sans chercher à engager un combat ( an 53 avant Jésus- Christ). Mais après lui (an 13, 9-7 avant Jésus Christ ), un autre général romain, Tibère, s’enfonçant dans la Souabe, parvintjusqu'au Lech, chez les Vindélictens , soumit les riverains du lac de Constance, et parvint aux sources du Daifube, tandis que Drusus, son frère, tentait de subjuguer les tribus du Nord. Mais, nulle part, la domination étrangère ne put s’établir sur des bases solides. Une confédération des tribus suéviques ne tarda pas à se former dans la forêt Hercynienne.Cette ligue , commandée par 'Marbod , eût pu devenir bien redoutable pour Rome, surtout si elle s’était réunie à celle qu’avait fondée dans le Nord le brave Hermann ( Ârminius ). Mais l'ambition et la jalousie de Marbod firent naître une guerre civile, au milieu de laquelle les Suèves se détachèrent des Marcomans de Marbod. Plus tard, nous trouvons les Romains établis sur les

(*) Les «lpes de Sounl* et la forêt Noire appartenaient toutes deux à la forêt Hercynienne.

terres des Suèves, que ces dernières luttes avaient décimés. Des colonies romaines s’élevèrent , surtout sur les bords des neuves, et introduisirent l’agriculture , que les habitants ne connaissaient point , car ils vivaient dans leurs tentes du produit de leurs troupeaux , de la chasse , ou du butin fait a la guerre.

La domination romaine a partout laissé des traces dans la Souabe : des bains, des chaussées, des villages, des châteaux rappellent ces antiques souvenirs. C’est de l’époque romaine que datent Rothweil , Tuttlingcn, Wangen , Kannstadt , Laufen , Marbach , Murrhard, Rothenbourg, etc.

Cependant les Suèves ne se plièrent pas facilement au joug. Ils essayèrent plus d'une fois de s’y soustraire, surtout sous les empereurs Claude et Aurelien , et avec plus d'opiniâtreté encore sous Probus, qui les repoussa jusqu’au Ncckar et à l'Alp ( Alpes de Souabe ), et força neuf de leurs chefs à demander la paix ( an 277 après Jésus-Christ ). Dix ans plus tard, toutes les fortifications des Romains étaient de nouveau abattues , et des confédérations redoutables menaçaient l'empire : c’étaient les Goths, les Francs, les Alémans. Ce dernier nom avait absorbé celui des Suèves , et désignait la réunion des débris de leur ancienne confédération. Souvent les succès des Alémans contre les Romains avaient été balancés par des revers. Ainsi, en 357, Julien leur avait porté un coup terrible près de Strasbourg. Lorsque, plus tard, eut lieu cette grande migration des peuples , qui partit du fond de l’Asie pour s’arrêter aux confins de la Péninsule espagnole , les barbares traversèrent le pays en hordes nombreuses. Des tribus suèves, reparaissant alors avec leur nom primitif, les suivirent , et pénétrèrent avec eux dans l’Espagne, où ils fondèrent en 419 un royaume qui ne tarda pas à disparaître. Dès le moment où Odoacre, chef des Hérules, eut renversé l’empire d’Oceident (47G), les Suèves restèrent paisiblement fixés dans leurs demeures depuis le Lech jusqu'à la

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vallée du Rhin , près des sources du Danube. Les Alémans ne tirent bien* tût plus avec eux qu’un seul peuple, et, de même que leurs ancêtres, ils voulurent encore se jeter sur la Gaule ; mais Clovis entendait la garder pour lui seul. Après la bataille deZulpic ( Tolbiac ), en 406, ils se soumirent aux Francs, à l’exception des tribus qui habitaient les bords du lac de Constance et la région du Danube.

Celles-ci préférèrent la domination de Théodoric, roi des Ostrogoths. Les Alémans avaient déjà des chefs héréditaires; il leur fut permis de conserver ce régime. Au reste, la séparation des deux branches ne dura guère plus d’un demi -siècle. Se voyant serrés de près par Bélisaire, les Ostrogoths achetèrent le secours des Francs en leur abandonnant les Alémans des Alpes. Ainsi , ce peuple tout entier ssa sous la domination de Théodert et fut incorporé à l’Austrasie. Ce fut alors que Beucelin et Luthar, deux frères nommés ducs d’Alémannic, conduisirent leurs bandes en Italie, où elles allèrent jusqu'en face de la Sicile , pillant et ravageant tout sur leur chemin, exerçant surtout contre les églises leurs vieilles haines païennes, car les lueurs du christianisme n’éclairaient encore que faiblement la Souabe , depuis la conversion de Clovis. Les missionnaires irlandais qui se hasardèrent vers l’an 600 dans le pays, n’y plantèrent la croix qu'après avoir lutté contre de rudes obstacles , et ne réussirent d’abord qu’à faire adopter par les convertis un mélange grossier des nouvelles croyances et de l'ancien culte.

Néanmoins, au milieu du septième siècle, le christianisme avait fait assez de progrès en Souabe, puisqu’une riche veuve, nommée Hélizena, fonda, en 645, une église à Calw , près de Hirsau, avec une maison réservée à quatre prêtres qui devaient la desservir.

Les rois mérovingiens eurent à réprimer plus d’une fois les rébellions des ducs d’Alëniannie, qui résistèrent à tous les efforts de Pépin d'Héristal

et de Charles-Martel. Enfin, Teutbald, l’un d'eux , ayant eu le dessous dans une bataille livrée de concert avec le Bavarois Odilon , sur les bords du Lech, fut condamné, par Carloman vainqueur, à perdre la tête, et exécuté, ainsi que les principaux chefs, à Kannstndt, sur le Neckar (746), où, suivant l'ancien usage , s’était réunie une assemblée plénière (*). Carloman et Pépin supprimèrent alors ces ducs indigènes, et les remplacèrent par des délégués nommés camerarii ou nuncii cameræ.

Charlemagne se fit accompagner par les Souabes dans scs nombreuses expéditions contre les Saxons, les Bavarois, les Avares, et récompensa leurs services en leur accordant le glorieux privilège de combattre toujours au premier rang. Ilildegarde, sa femme, que l’Église mit ensuite au nombre des saintes, était la sœur de Gérold de Bussen , comte de Souabe. Néanmoins la Souabe ne reprit ses ducs particuliers ( 916 ) qu'à l'extinction des rois carlovingiens.

SECOND DUCHÉ d'aDÎMANN IE OU DI SOUA1I jusqu'à I.'ÉPOQUK DES H OHIH5TA U HH.

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