‹ États de la confédération germaniqueChapitre 205 sur 261 · familles; 40,000 arpents de vignes et · texte numérisé non relu

familles; 40,000 arpents de vignes et

270.000 de terre labourable étaient sans propriétaires ; 660,000 maisons n’offraient que des décombres.

3' Livraison. (Wlhtembebg.)

GUIt,I.AÜMfc-I.OtJIS.

Guillaume-Louis, âgé de vingt-sept ans à la mort de son père, fut aussi pacifique que lui; malgré la neutralité qu’il garda, son pays souffrit du passage des troupes pendant la guerre qui éclata entre la France et l’Empereur. Il mourut en 1677 , laissant un fils unique âgé de neuf mois seulement.

EBERHARD-LOUTS.

Après quelques différends avec la duchesse douairière, Frédéric-Charles, oncle du jeune prince, fut chargé de la tutelle ; mais le désir qu’il témoigna de relever le duché de sa nullité politique, en augmentant l’armée et en formant des alliances utiles, lui attira de nombreuses tracasseries de la part des états , peu soucieux de réaliser ses projets. Lorsque Louis XIV déclara là guerre a l’Empire, des armées françaises franchirent la forêt ISoire.

Mélac se signala dans le Wurtemberg, comme il l’avait fait dans lePalatinat, par des incendies et par d’afïreux ravages. Le général Montclar attaqua et prit Heilbronn, et y exerça une domination tyrannique. Schorndorf ne dut son salut qu'au courage des femmes, ui prirent les armes pour se défenre, pendant que Tubingen était livré au pillage, ainsi que Stuttgard.

Eberhard-Louis fut déclaré majeur (23 janvier 1693), quand son tuteur eut été fait prisonnier par les Français Après la paix de Ryswick, le duc, qui avait pris les armes pour l’Empereur, sembla néanmoins se proposer pour modèle Louis XIV, dans son ostentation et son amour des plaisirs. Sans s'inquiéter de la misère generale, il s'entoura d'une cour splendide. Durant la guerre de la succession d’Espagne , il se montra encore empressé de combattre et réunit scs troupes aux Impériaux; il se trouvait à leur tête dans les Pays-Bas espagnols, lorsqu’il reçut avis que l’électeurdeBavière, allié aux Français, avait envahi son pays, et s’était

L’UNIVERS

emparé d’Ulm , de Memmingen , etc.

Il accourut et battit à Dietfurt ses ennemis, contre lesquels 30,000 Anglo- Hollandais s'avancèrent aussi à travers le duché. Eberhard-Louis commanda ensuite aux batailles de Donauwerth et de Hocbstædt (1704 ), se signala en Flandre, puis contre les Bavarois insurgés , et à Malplaquet. Enfin , jusqu’à la paix de Rastadt, il rendit a la cause impériale de grands services , qu’on lui paya assez mal. Au milieu de tant de catastrophes et d'agitations, le duc menait une vie de plaisirs. Délaissant son épouse, princesse de Bade- Durlach , il bravait l’indignation publique et la jalousie de la duchesse pour l’amour d’une indigne maîtresse, mademoiselle de Grævenitz , comtesse de Wurben, qui exerça sur les affaires publiques la plus déplorable influence.

Tandis que la mort et la misère planaient sur le pays, les courtisans du duc disaient qu’il ne manquait rien à leur bonheur. Pendant plus de vingt ans , la favorite conserva son empire (*). Le duc mourut en 1733, deux ans après qu’il se fut arraché à ce honteux esclavage, et sans laisser de postérité.

CHARI.ES-ALEXAHDRE.

Le gouvernement échut à Charles- Alexandre, fils de Frédéric-Charles, qui avait étérégentdel677à 1693. Ceprince avait déjà servi avec gloire dans les armées de l’Autriche , et y était devenu feld-maréchal. Il avait embrassé le catholicisme en 1712; mais lorsque la mort du fils du duc régnant lui ouvrit la voie du pouvoir, il envoya aux états de Stuttgard l’assurance qu’il garantirait toutes les libertés nationales, y compris la liberté de conscience. Malgré ses bonnes intentions et son activité à réparer les malheurs passés, il ne réussit pas à inspirer une entière confiance à ses sujets, et mourut en

(*) Ce fut pour elle que son faible amant fit construire le château et la ville de Ludwiijsliourg à trois lieues de la capitale.

CHARI.ES-ECGÈHE.

Comme l’aîné des trois fils du duc Charles -Alexandre n’avait que neuf ans, la régence fut successivement confiée à son oncle, Charles -Rodolphe, dernier duc de Wurtemberg-Neustadt, et à Charles-Frédéric, duc de Wurtemberg-OEIs. Quant au jeune prince, il fut élevé à une grande école, à celle de Frédéric II, qui le fit déclarer majeur par Charles VII, en 1744. Les premières années de son gouvernement faisaient présager un règne heureux ; mais bientôt ses prodigalités excitèrent les murmures du peuple. En effet, son goût pour le faste, les spectacles, la musique , les arts , les voyages , les femmes et les régiments bien parés , absorba des sommes immenses. Ses armements en faveur des souverains catholiques pendant la guerre de sept ans causèrent aussi de graves mécontentements. La chose en vint au point que les états lui adressèrent des remontrances et lui refusèrent tout subside ; ils songèrent même à implorer la protection de l’Empereur. Dans sa colere, le duc fit arrêter le célèbre jurisconsulte Jean-Jacques Moser, qu'il tint pendant cinq ans renfermé dans un cachot à Hohentwiel.

Le duc s’étant permis d’attenter à la constitution, les états et plusieurs puissances étrangères portèrent plainte a l’Empereur. Celui-ci, après de longues conférences, réconcilia le prince (*) avec son peuple ( 1770 ). Le duc commença alors à ouvrir les yeux sur les maux que sa déplorable administration avait causés , et il fut assez noble pour les reconnaître publiquement. Le 11 février 1778, cinquantième anniversaire de sa naissance, on lut dans toutes les églises du duché un manifeste où il confessait ses erreurs , et promettait de les réparer et de consacrer le reste de ses jours au bien-être de ses sujets. Il tint parole. Charles-Eugène, soutenu par une amie, qu’en

(*) Depuis six ans il restait presque continuellement à Venise.

WURTEMBERG

1786 il déclara son épouse (*), devint le modèle d'un prince sage, et mérita le surnom de père du peuple. Il mourut le 24 octobre 1793, laissant le gouvernement à son frère.

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