LEOPOLD II EXIGE D’ALBERT XI( LA CESSION
d’une partie des états autrichiens.
Des quatre fils d’Albert II, il n’en restait plus, en 1365, que deux, Albert III et Léopold II; l’aîné, Rodolphe, était mort à Milan d’une fièvre inflammatoire; l’autre, Frédéric, avait été tué à la chasse. Les deux nouveaux maîtres des États autrichiens étaient d’un caractère trop opposé pour que leur bonne intelligence fût durable; autant Albert était doux et ami des occupations pacifiques , des lettres et des travaux du jardinage , autant Léopold était violent et emporté, avide de pouvoir et de conquêtes. Le pacte de famille qui donnait toute autorité à Albert son aîné ne pouvait être respecté par lui ; il exigea d’abord de son
(*) Laborde, Voyage pittoresque en Au- Iriehe, t. U, p. 46 et »uiv.
frère la cession des biens de sa maison en Souabe et en Alsace , et en outre la Styrie, la Carinthie et le Tyrol.
Ainsi Léopold , réduisant son frère à la seule possession de l’Autriche , s'était saisi des provinces frontières; de la Souabe il menaçait les cantons helvétiques, du Tyrol il regardait l'Italie.
Mais il fallait faire consentir à cette transaction l’Empereur qui avait sanctionné le pacte de famille; Charles IV y donna avec joie son approbation.
« Nous avons longtemps, dit-il, tra- « vaille vainement à abaisser la maison « d’Autriche, et voila qu’elle se ruine » elle-même. »