‹ États de la confédération germaniqueChapitre 213 sur 261 · B^DE · texte numérisé non relu

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thie pendant ses liaisons avec Alexandre Farnèse, l’électeur de Cologne et

fdusieurs autres princes ennemis de a réforme. La mort de ce jeune prince, que la nature avait doué de rares facultés intellectuelles, arrivff trop à propos pour n’avoir pap été attribuée au |>oison .Son médecin Pistorius, qui avait*contribué à sa conversion , écrivit un ouvrage pour prouver l’assassinat. Tout le patrimoine se trouva réuni dans les mains du troisième fils de Charles II, George- Frédéric , qui posséda même les terres de la maison de Bade- Bade, excepté Sponhciin et Rodemacheren.

Membre zélé de l'union protestante, conclue à Halle sous les auspices de Henri IV. puis ami constant du .malheureux Frédéric, palatin et roi de Bohême, ce prince joua un rôle brillant dans les premières années de la guerre de Trente ans. Prévoyant la funeste issue de l’entreprise dé son allié, mais résolu à ne pas l’abandonner, il abdiqua dès le commencement de la lutte (avril 1622), en faveur de Frédéric F, son (ils , saps se réserver la moindre propriété. Ensuite il tira ses épargnes de son coffre, et ouvrit la campagne avec une armée de 16,000 soldats bien exercés et bien équipés.

Tilly le rencontra à Wimpfen, le 6 mai 1622. La victoire fut longtemps disputée avec des chances égales ; enfin elle se décida en faveur des Impériaux.

Un fait immortel signala cette journée funeste. Quatre cents bourgeois de Pforzheim qui composaient, sous le nom de régiment blanc, la garde du margrave, résistèrent, pour couvrir la fuite de leur maître , à toutes les forces de l'ennemi. Ils se laissèrent tous tuer sur la place sans vouloir entendre parler de composition. L’ennemi poursuivit sa victoire, envahit le margraviat inférieur. Le vaincu, sur la tète duquel les malheurs ne cessèrent dès lors de s’accumuler, se retira à Strasbourg , après une dernière défaite essuyée en 1627, et y vécut tranquillement jusqu'en 1638. Frédéric V, quoique étranger aux entreprises paternelles, se vit chasse du pays de ses

ancêtres par les troupes de la ligue.

Depuis le 25 août 1622, le margraviat supérieur avait aussi été restitué, en vertu d’une sentence impériale, au fils d’Édouard-Fortuné, à condition qu'il rétablirait le culte catholique dans ce pays, qui était inondé dç jésuites , de moines , et de tôus les prédicateurs protestants persécutés. Tandis que les terres de Bade-Bade, durant la cruelle 1 guerre de Trente ans, restèrent presque à l’abri des armées, dans celui Je Bade- Durlach la population protestante fut exposée à toutes les Vexations d’un ennemi impitoyable.

Le margrave vivait à Stuttgard, auprès du duc de Wurtemberg, son beau-frère, lorsqu’il forma une alliance avec Gustave-Adolphe, qui lui promit de le ramener à Durlach. Il combattit vigoureusement en Souabe, sous les ordres du maréchal Horn; et au con-

Î;rès de Heilbronn , le célèbre chanceier Oxenstierna tint à ce que la promesse de son royal ami fût remplie. Il lui expédia, le 13 avril 1633, une donation, non-seulement du margraviat supérieur avec ses dépendances , mais aussi de toutes les possessions autrichiennes entre le Rhin et la forêt Noire, depuis Seckingen jusqu'à Philippshotirg, c’est-à-dire du Brisgau et de l’Ortenau. Frédéric parcourut eps nouveaux domaines, lit prêter serment aux habitants, réunit ses troupes à celles des Suédois , sous le commandement d’Otton Louis, comte palatin du Rlnn , et mit le siège devant Brisarh.

La défaite de Nordlingen vint interrompre le cours de ces prospérités. Dépouillé une seconde fois, Frédéric se réfugia à Strasbourg, et y resta presque constamment jusqu’en 1642. Les victoires de Bernard de W’eimar lui rendirent en 1637 une partie de ses États; mais il ne fut complètement rétabli que par la paix de AVestphalie, qui lui assura même de grands avantages. Il mourut en 1659. On s’accorde à louer son caractère bienveillant, économe et religieux , et son amour pour les sciences.

Son fils, Frédéric VI, avait appris le métier des armes à l’école de Ber-

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nard de Weimar, puis il avait combattu sous les ordres de Banner et de Charles-Gustave, tous deux ses beauxfrères. En 1055, il avait fait la campagne de Pologne comme lieutenant général de la cavalerie suédoise.

En 1664, la diète le chargea de présider le conseil établi pour la direction de la guerre contre les Turcs. Dix ans après, nommé feld-maréchal général de l’armée des cercles , il se réunit à Montécuculi , et assiégea Fhilippsbourg, qui se rendit le 17 septembre 1676. Frédéric ne survécut pas longtemps à ce succès. Ses sujets l'ont nommé avec justice le père de la patrie.

Frédéric Magnus , qui lui succéda en 1677, avait de grandes qualités, et mit dès le commencement de son rêne beaucoup d'activité à remplir ses

evoirs. Mais il eut la douleur ue voir, depuis l'année 16S9, les troupes françaises occuper à plusieurs reprises ses Etats et leur faire éprouver des souffrances inouïes. Rétabli, sans aucune indemnité, par la paix de Ryswick, il s’occupa aussitôt a guérir tant de maux. La guerre pour la succession d’Espagne interrompit ses travaux. En 1703, il se réfugia pour la seconde fois à Bâle, et y resta deux ans. En 1707, quand le maréchal Villars força les lignes de Stollhofen, le même asile le reçut; mais il put revenir dans le margraviat au bout de quelques mois. Il ne Fui restait plus assez de temps à vivre pour assurer le bonheur de ses sujets; il expira en 1709.

Ce fut lui, toutefois, qui, sans recourirà la violence, changea l’ancienne constitution du pays, en profitant, pour laisser tomber en désuétude les assemblées des états, de la lassitude et de l’indifférence politique qui suivirent de si violentes secousses.

Charles- Guillaume administra dans le même esprit que son aïeul le père de la patrie. En 1715, il commença 5 construire le château de Carlsruhe ( repos de Charles ), autour duquel vint bientôt se grouper une ville. Les dernières années de son règne furent troublées par la guerre des Français et des Impériaux. Il se relira à liàie, où

il fit son testament. Il avait perdu son fils aîné Frédéric en 1732; mais celuici avait un rejeton, Charles- Frédéric. Le margrave l’institua son héritier, etgmourut en 1738.

CaAKLES-FltiDÎRIC.

(l738-l8ll). *

L’époque la plus intéressante s’ouvre pour le pays et pour la maison de Bade avec le régne de Charles - Frédéric.

Sous ce prince qui , pendant soixantecinq ans, a cherché, tant que les circonstances le lui ont permis, à mériter les bénédictions de ses sujets, des révolutions importantes ont changé toute la face de l’Etat , doublé la puissance de lâ maison de Bade, et éleve les margraves au rang de souverains. Par sa sage administration, le régent Charles- Auguste, neveu du dernier margrave ( 1738-1746), laissa à Charles-Frédéric une voie toute tracée. Le jeune prince fixa dès lors les yeux sur ce modèle. Bientôt le brigandage, effet inévitable des longues guerres, fut anéanti ; l’usure fut* réprimée. Comme les dévastations de toute espèce avaient éclairci les forêts, nul désormais ne put se marier avant d’avoir planté trois chênes.

Charles-Frédéric n’était pas un de ces esprits transcendants, plutôt faits pour bouleverser que pour affermir les Etats; mais il avait la passion du bonheur de ses sujets. Il nous est impossible d’entrer dans le détail de ses ordonnances pour la réforme des lois et des tribunaux , la suppression d’une foule d'abus, l’abolition de la torture, de la servitude ( 1767 et 1783 ) , l’ainélinration du régime des prisons, l’adoucissement du sort des pauvres, des orphelins, des paysans, les progrès de l’instruction publique, de l’industrie et du commerce , etc.

En 1765 il détermina, après des négociations difficiles, le margrave de Bade-Bade à signer un traite d'union perpétuelle et de confraternité héréditaire entre les deux lignes.

Lorsque l’extinction de la branche aînée eut réuni sur une seule tête tou-

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tes les possessions du margraviat , il se vit maître d'un beau pays qui avait trois voix à la diète, quoique sa population ne fût alors que de 200,000 habitants. Mais le nouvel héritage était en mauvais état; ses sujets étaient bien plus pauvres et moins éclairés que le reste des Badois. Il s’empressa de fonder des écoles et y appliqua des fonds provenant de la suppression de l’ordre des jésuites , qui avaient un collège à Bade.

A l’époque de la révolution française, le petit pays de Bade était peut-être l’Etat le plus heureux de l’Allemagne; mais sa position entre l’Autriche et la France devait nécessairement le faire souffrir. Les armements furent un fardeau, qu’allégèrent d’abord les dépenses faites par les émigrés français et les troupes de Condé. Cependant, en 1790, Moreau passa le Rhin. Défaits sur les bords de la Mourg, à Renchen et Ettlingen , le margrave de Bade et le duc de Wurtemberg achetèrent un armistice auquel adhéra l’électeur de Bavière (*). Comme ces princes ne recevaient aucune protection de l’Empire, ils n’avaient d’autre parti à prendre que de conclure une paix particulière avec la France; en effet, elle fut signée à Paris. Bade cédait toutes ses possessions en Alsace, en Hollande, ainsi que les îles du Rhin. De plus , l’armée française devait séjourner dans le pays et recevoir 20,000 francs par mois jusqu’à la conclusion de la paix avec l'Autriche. Ce fut parBiberach, à travers la forêt Noire et le val d’Enfer, que Moreau exécuta ensuite sa fameuse retraite. Les préliminaires de la paix , dictés à Campo-Formio , furent portés au congrès de Rastadt, pour fixer les arrangements relatifs à l’Empire. On sait comment ce congrès fut rompu par la guerre qui éclata en 1799, et couronné par un affreux assassinat, dont les instruments portaient l’uniforme autrichien.’ Bade fut de nouveau écrasé; mais, en revanche , le traité de Lunéville ( 1801 ) lui accorda, contre l’attente générale, un

(*) Voyez I’Allemagne , t. Il, p. 33y.

considérable accroissement de forces.

Bonaparte voulait à la fois reconnaître le mérite d’un prince éclairé , et le rendre plus puissant par égard pour son voisinage. Charles-Frédéric fut élevé à la dignité d’électeur, et reçut, dans le Palatinat, les bailliages de Brettenberg, Heidelberg et Lodenbourg, avec la ville de Manheim; puis’ les territoires des évêchés supprimés de Constance, de Bâle et de Spire, et les droits de l’évêché de Strasbourg sur certaines parties de son territoire; enfin, outre plusieurs abbayes, les villes impériales de Pfullendorf, d’Uberlinen , d’Offenbourg , de Gengenbach , e Zell , etc. , en tout soixante-quatre milles carrés , avec plus de 250,000 habitants et 2 millions de florins de revenu.

En 1805 , lorsque la troisième coalition se forma et que les armées françaises se portèrent sur le Rhin, il nerestait aux faibles princes qui habitaient les bords de ce fleuve qu'à se rallier aux aigles françaises. A la paix de Presbourg, le pays de Bade fut constitué comme nous le voyons aujourd’hui.

L’électeur eut toutes' les anciennes possessions des ducs de Zæhringen , et en prit le titre. Six mois après | il adhéra à la confédération du Rhin, fut gratifié de la dignité de grand-duc et devint altesse royale; quelques autres accessions de territoire suivirent. Les victoires des Français eu 1809 valurent au grand-duché les bailliages de Homberg , de Rothwei! , de Tuttlingen , d’Ebingen , etc.

Dans les dernières années de sa vie, Charles-Frédéric, affaibli par les travaux et les chagrins , ne prenait plus aucune part aux affaires. L’enlèvement du duc d'Endiien l’avait profondément affecté ; le spectacle de l’Allemagne soumise tout entière à Napoléon ne lui avait pas fait une impression moins pénible. Et puis, il avait vu sa petite-fille, la belle Frédérique Wilhelmine, reine de Suède , errer avec les siens, sans patrie, sans avenir ; ses troupes combattre sur un sol étranger et succomber au climat ou au fer.

Ces pensées pouvaient bien ternir à

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ses yeux l’éclat dont les derniers événements avaient entouré sa maison. Il mourut , en 1811, à l’âge de quatrevingt-trois ans.

Après le décès de Caroline de liesse- Darmstadt , Charles- Frédéric avait conclu un mariage morganatique avec LouisedeGeyersberg.demoiselled'une maison appartenant à la noblesse immédiate. Depuis 1796, cette dame porta le nom de comtesse de Hnchberg. Le grand-duc en eut trois fils. Sa première épousé lui en avait donné autant. I.’alné, Charles- Louis, mariéà Amélie-Frédérique de Darmstadt, mourut avant son père (1801 ), laissant tous ses droits à son Gis Char /es- Louis- Frédéric. Cinq de ses filles épousèrent le roi de Bavière, l'empereur de Russie, le roi de Suède, le duc de Brunswick- OEls et le prince héréditaire de Hesse- Darmstadt.

cexaLts-LODis-rRÉDEKin.

Ce jeune prince tenait les rênes de l'État depuis 1808, du vivant de son aïeul , et il paraissait avoir hérité de toutes ses qualités. Après la bataille de Leipzig, en 1813, il se sépara de Napoléon , dont les Badois avaient suivi les aigles depuis 1804. Charles assista au congrès de Vienne en 1815; ses États furent garantis et placés au septième rang dans la confédération germanique, avec obligation de fournir un contingent de 10,000 hommes, tandis qu’ils n’en devaient que 8,000 à la confédération du Rhin.

Le grand-duc avait épousé, en 1809, la fille, adoptive de Napoléon, Stéphanie Beauharnais , cette digne amie de la reine Hortense (*). Il en eut un fils, qui mourut jeune, et trois filles. Lui - même rendit le dernier soupir en 1818, quatre mois après avoir dctroyé (22 août; une constitution à son peuple. En 1814 et en 1815,

(*) Tous les Français qui ont été à Rade gardent Un touchant souvenir de l'affabilité dë celte princesse envers sea compatriotes, de la vénération et de l'amour dont elle est antourée.

il avait cependant été un des princes qui s’étaient le plus vivement opposés a l'article 13 dé l'acte fédératif, article qui promettait des constitutions aux peuples de la Gertnanle, Mais quand le prince céda enfin aux réclamations de ses sujets, il était inquiète sur l’intégrité de son territoire par les prétentions de la Bavière.

LOUIS-CUlI.Ï.AIJMfc-AUGUSlfc.

Le nouveau souverain était le troisième fils de Charles-Frédéric. Les chambres s’assemblèrent pour la première fois le rr mai 1819. Ce premier essai faisait pressentir un heureux développement de la vie constitutionnelle dans le grand-duché. Cependant la résistance fit, à plusieurs reprises, dissoudre les étais. Une fois la corruption assura le succès des gouvernants. C’est Ce que certains écrivains ont appelé une administration fermé.

Parmi les événements les plus remarquables de l’histoire de Bade, dans ces dernières années, il faut placer Id réunion des deux églises évnngé.iques, qui eut lieli le 28 octobre 1821; le traité d’association commerciale, conclu dès le 8 septembre 1824, avec la Hesse, et préludant à la grande association, qui ne fut établie dans le reste de l’Allemagne qu’en 1833; l’adoption, en 1829, d’un système uniforme de poids et mesures, etc.

Le grand-duc Louis mourut en 1830, sans enfants.

LEOPOLD I#r.

Léopold est le fils aîné dê CharleS- Frédéric et dé Louise Caroline de Geyersherg. Or l’union de ses parents étant simplement morganatique, et même devant être, selon des publicistes intéressés à soutenir cette thèse , regardée comme une mésalliance, la maison de Zæhringen se fût éteinte avec le margrave Louis, si les grandes puissances, en vertu d’un protocole d'Aix-la-ChOpelle, daté de 1818, n'eussent reconnu le droit d’hérédité des comtes de Hochbeig. Cette décision

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coupa court aux prétentions formées par la couronne afe Bavière sur une portion considérable de la masse des indemnités allouées à Bade au traité de Lunéville. Néanmoins, les querelles recommencèrent entre les deux cours, en ts27, au sujet de là succession de Sponheim, équivalant à une surface de huit milles carrés, à une population de 25,000 âmes, et à 162,000 florins de revenu.

Léopold rétablit la constitution telle qu’elle était à fcon origine; quoique dictée par d'impérieuses exigences , cette mesure honoré son gouvernement :

aussi ce princë bienveillant, éclairé, at-il gagné une popularité dont son prédécesseüt ne semblait pas jouir (*).

COXMTXTUTIOX DO GRAWD-DUCHÉ DK BADE.

Dès les temps les plus anciens , on trouve, dans le margraviat de Bade, des états composés de députés des villes, bailliages et abbayes. La noblesse et le clergé n’y prenaient aucune part, parce qu’ils avaient su se maintenir indépendants au milieu des guerres qui agitèrent cette contrée, et qu'il y avait très-peu de fiels nobles. Le peuple, ayant à défendre seul ses intérêts, prolita de la position critique où se trouvèrent plusieurs fois ses souverains pour obtenir des privilèges, ou plutôt pour Içs acheter contre de belles et bonnes sommes de florins. Ces états durèrent tant que les margraves furent ballottes par la mauvaise fortune.

Quand ils eurent agrandi, affermi leur pouvoir, ils laissèrent dans l’oubli ees institutions. Le palatinat du Khin, l'evécbé de Constance, les cotnmanderies de l’ordre de Saint-Jean, nouvelles acquisitions, n’avaient point d’états. Cependant le système représentatif fut maintenu dans le Brisgau, où il se composait des trois bans, des relats, de la noblesse, et des villes et ailhages (**). Parmi les prélats, on distinguait le grand maître de l’ordre

(*) Ou n’entre guère dans une maison du pays sans y trouver appt-udu le portrait du grand-duc, meme en plusieurs exemplaires.

(**) Le tiers état s’y trouvait en minorité.

de Saint-Jean , prince de l’Empire , le prince abbé de Saint-Biaise et autres.

La Charte de 1818 a adopté le système des deux chambres ; dans la première siègent les princes de la famille grand-ducale, l’évêque catholique, un prélat ptotéstant, huit députes de là noblesse seigneuriale, deux de chacune des deux universités, et enfin les personnes que le grand-duc peut notnmet membres, sans égard à leur rang et à leur qualité, et dont le nombre néanmoins est limité à huit. La seconde Chambre est composée de soixante-trois députés des villes et des bailliages; ce qui donne à peu près un député sur 16,000 duieS. Tout citoyen ayant un domicile, ou remplissant une fonction publique, èst électeur; seulement, les députés sont tenus à ju-tiller d’un capital imposable de 10,000 florins, ou d’une charge ecclésiastique ou séculière d'un revenu de 1,500 florins au moins. Ainsi Bade est le premier pay& où la propriété n’oit pas été prise pour base du précieux droit d’élection, où les fonctions publiques aient conféré l’éligibilité.

Les chambres ainsi composées se réunirent, comme nous venons de dire, pour la première fois en 1819; mais elles furent dissoutes le 18 juillet, après une durée de trois mois, parce que ni le ministère et les états, m la première et la seconde chambre ne purent s’accorder. Les droits de la haute noblesse et des seigneurs fonciers, classe encore aujourd'hui privilégiée, et rédit publie sur ces droits, avaient etc les principaux obstacles à la bonne intelligence. On avait qualifié de révolutionnaires les prétentions des députés qui se prononçaient contre l’extension des droits seigneuriaux. Les chambres furent convoquées pour la deuxième fois, en juillet 1820, et, quoique a leur ouverture les dispositions réciproques ne parussent pas plus favorables, le temps amena des concessions. Les chambres s’étaient rapprochées dans les débats sur différentes motions importantes (abolissement d’un reste de servitude, loi sur la responsabilité des ministres, représentations contre la rigueur de la

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censure, règlement municipal), et le gouvernement lui même avait fait des avances conciliatrices. A l’ouverture de la quatrièfne session, en 1825, les premiers débats des chambres concernèrent les modifications à apporter à la constitution. Au lieu d’un renouvellement partiel, la deuxième chambre demanda et obtint un renouvellement intégral de ses membres à chaque session ; et ces sessions durent s’ouvrir au moins tous les trois ans. Bien différentes de celles de 1821, les élections pour la sixième «ession se firent sans que le gouvernement en contrariât le moins dit monde les opérations : aussi l’ouverture, qui eut lieu le 17 mars 1831, excita-t-elle au plus haut degré l’attention publique. I,c gouvernement avait préparé les différentes améliorations réclamées par le pays , et la seconde chambre de son cote insista avec succès sur la liberté de la presse, sur la révision des lois concernant la responsabilité des ministres, sur l’allégement du rachat des corvées, sur la

suppression des dîmes. Le peuple proclama dès lors, parmi les plus courageux champions de la liberté germanique, les patriotes de la seconde chambre de Bade, les Rotteck, les Welker, les Duttlinger, les Itzstein , etc. Ainsi dirigée par des citoyens ardents, soutenue par un prince libéral autant que le lui permet la diète de Francfort , et auquel sa position personnelle rend indispensable l’appui de son peuple, secondée par le sénat toutes les fois que les conseils des YVessenberg et autres patriotes y prévalaient, et s’appuyant d’ailleurs sur le prestige d'une liberté nouvelle, dont le reflet tombait sur elle des bords opposés du Rhin, cette chambre donna à l’Allemagne l’exemple et l’impulsion de toutes les réformes. Ainsi ce fut un des plus petits, mais aussi des plus florissants États de la confédération, qui, le premier, revendiqua les droits de la patrie commune, tombés en oubli depuis les promesses de 1813.

ETATS H ESSO IS

I IÎESSE-CASSEL ou HESSE ÉLECTORALE.

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