GEORGE II
Ce prince était né à Hanovre en 1683.
Il paraît que la haine de George-Louis contre son épouse s'était reportée sur son (ils unique ; mais cette animosité n’empécha pas George // de témoigner à son père une affection toute filiale.
Dans la guerre qui suivit la mort de l'empereur Charles VI, il commanda les troupes hanovriennes et anlaises à la bataille de Dettingen , perue par la témérité du duc de Gramrqont , au moment où nos ennemis couraient à une perte certaine.
Vers la fin de son règne , éclata la guerre de Sept ans, dans laquelle ses états héréditaires eurent beaucoup à souffrir. Allié de Frédéric II, son cousin, il attira sur le Hanovre tout le poids des armes françaises. Soixante mille hommes passèrent le Rhin sous les ordres du maréchal d’Estrées, et menacèrent l’électorat, après avoir battu le duc de Cumberland, Guillaume-Auguste , second fils de George, à la bataille de Hastenbeek (1757). Cependant, une cabale de cour donna pour successeur à d’Estrées le maréchal de Richelieu (*), qui suivit ses plans de campagne , accula les llanovriens près de Stade-sur- l'Elbe , et força Cumberland à signer la capitulation de Closterseven. Ce traité plaçait l’électorat entier sous la main de la France; mais il ne fut pas ratifié par l’Angleterre. Dès le mois de novembre, le duc. Ferdinand de Brunswick , qui se disait étranger à la capitulation , reparut à la tête des Hano-
(*) On sait quelles exactions ce favori de la Pompadom commit dans le royaume , et quel usage il en fit. Un pavilhm élégant et meublé avec une voluptueuse recherche fut construit au bout de son jardin (il se trouve aujourd'hui placé prés d'un des boulevards de Paris). Pour toute Tengeance , le public lui donna le nom de Pavillon de Hanovre , et cette épieratnme a survécu.
Le maréchal de Richelieu était aimé des soldats parce qu’il leur permettait le pillage et leur en donnait lui-mème l'exemple. Ils l'appelaient le / fetit pire la Maraude.
vriens. Au bout de peu de mois, cet habile capitaine, digne élève de Frédéric II, eut chassé les Français du Hanovre. Le 33 juin >758, il battit encore le comte de Clermont à Crefeld, en deçà du Rhin. Moins heureux, le 13 avril de l’année suivante, dans son attaque de Bergen contre le duc de Broglie, il prit sa revanche sur le maréchal de Contades, le 1er août, à Munden, en Westphalie. Mais les malheurs de Frédéric 11 affaiblirent trop Ferdinand pour qu’il pût désormais faire de grandes choses, obligé qu’il était d’envoyer des renforts à l’armée prussienne. La défense du Hanovre fut moins remarquable par des affaires importantes que par la tactique habile du général en chef. Cette guerre fut désastreuse surtout pour le pays de Gœttingen, qui resta deux ans au pouvoir des Français. George ne vit pas le retour de la paix, car il mourut en 1760.
A l’exemple de son père. George II avait conservé une prédilection toute particulière pour ses sujets du Hanovre. En temps de paix, il allait les visiter tous les ans. Ce fut lui qui , d’après le plan du premier ministre , baron de Munehausen , fonda , en 1737, l’université de Gœttingen, la dota richement, et y plaça une magnifique bibliothèque et une* académie des sciences, devenue très-célèbre.
Du reste , George unissait à une humeur brusque et violente un esprit étroit et mal cultivé, et une intelligence assez bornée. Il avait épousé, en 1705, la princesse Wilhelmine d'Anspach.