‹ États de la confédération germaniqueChapitre 231 sur 261 · GEORGE III · texte numérisé non relu

GEORGE III

George III , petit-fils de George II.

était né le 24 juin 1738. Lorsqu'il prit possession de son patrimoine, il était entièrement épuisé par la guerre, qui dura encore trois ans. Mais quelque graves que fussent les plaies du Hanovre, elles ne tardèrent pas à se cicatriser pendant une paix de trente années. Le défrichement de plusieurs contrées incultes contribua à ramener

ETATS DE LA MAISON DE BRUNSWICK

le bien-être. L’accroissement prodigieux du commerce de Brème, d’Altona et de Hambourg avec l'intérieur de l’Allemagne, devint surtout une source abondante de richesses pour l’électorat. A la vérité, depuis le printemps de 1793, il fut entraîné dans la guerre contre la France; mais ses troupes étant soudoyées par l’Angleterre, il n’eut pas à supporter un trop lourd fardeau , et au bout de deux ans, la Prusse s’étant retirée de la coalition , George accéda au traité de neutralité quant à ce qui concernait ses États héréditaires (le 17 mars 1795). Dans toute l’Allemagne septentrionale , le commerce reprit alors une activité nouvelle. En 1801, quand des contestations s'élevèrent entre le cabinet de Saint-James et les puissances du Nord , la Prusse refusa de reconnaître la neutralité du Hanovre, et envoya 24,000 soldats, qui occupèrent le pays militairement jusqu’à la paix d'Amiens (*).

Ce dernier traité netait encore qu’une suspension d’armes. Après sa rupture, une armée française, sous les ordres du maréchal Mortier, marcha sur le Hanovre. La résistance était impossible; une députation des habitants conclut d’abord la convention de Suhlingen, par laquelle les troupes hanovriennes devaient évacuer le pays jusqu’à l’Elbe; mais cet arrangement ayant été rejeté à Londres , Mortier s'avança contre le comte de Wallmoden, qui commandait les Hanovriens et qui s’était retiré dans le duché de Lauenbourg. Celui-ci fut obligé de signer le traité d’Artlenbourg, en vertu duquel tout le Hanovre tomba au pouvoir des Français. Les soldats et les officiers , mécontents et impatients de combattre, cherchèrent peu à peu à gagner le sol de l’Angleterre , et pendant que leur patrie était soumise au joug étranger, ils formèrent une légion

(*) Les réclamations de la cour de Berlin, au sujet des frais d'occupation , ne furent réglées que le a3 mars iS3o, par une convention en vertu de laquelle le Hanovre paya une somme de 3-5, ooo thalers.

célèbre , qui porta les armes dans toutes les parties du monde où l’Angleterre possédait des colonies et avait des guerres à soutenir. Cette occupation coûta cher au pays ; dont les pertes, dès la première année, furent évaluées à 14 millions de florins.

Au mois de juin 1804, Mortier fut remplacé par Bernadotte, qui s'efforça de modérer les charges de la guerre , sans pouvoir empêcher que les dépenses ne s'élevassent à 26 millions de florins en deux ans et demi. Bientôt la guerre d'Autriche lit une diversion qui rétablit à peu près les choses dans leur ancienne place; toutes les troupes de Bernadotte furent d’abord dirigées sur Wurtzbourg,alinde faire leur jonction avec les Bavarois , puis appelées a combattre dans les champs d’Austerlitz, et alors une armée russo-suédoise s'avança pour soutenir les droits de l’ancienne maison de Lunebourg.

Mais après la célèbre bataille du 2 décembre , la Prusse se retourna vers le vainqueur, et comme Napoléon , pour accomplir ses vastes desseins, avait besoin de dissimuler son mécontentement, elle obtint (15 décembre) le Hanovre en échange d’Anspach, de Neufchâtel et de Cleves (*). Le 27 janvier 1806, un corps prussien entra dans le pays pour le préserver, suivant les termes du manifeste, de l’envahissement des étrangers , et sous la condition d’obtenir à la paix le consentement de l’Angleterre. Le comte de Munster, ministre de George III, re-

(*) D'abord la possession du Hanovre séduisit Frédéric; mais quand il fallut signer, sa pudeur hésita; il ne voulut accepter cette province qu’à demi et comme un dépôt. Napoléon ne put concevoir une politique si timide. « Ce prince, s'écria-t-il, « n’ose donc faire ni la paix , ni la guerre ? «Me préfore-t-il les Anglais? Est-ce encore « une roalition qui se préparé ? Méprise-t-on «mon alliance?» Cet te supposition l'indigne, et , par un nouveau traite , il force Frédéric a déclarer la guerre à l'Angleterre , à s’emparer du Hanovre et à recevoir des garnisons françaises dans Wesel et dans Hamcln. » Ségur, histoire de Napoléon pendant C année i S t a , t. I , p. 1 5.

Page 1