L’ LM VERS
pondit au nom du gouvernement hanovrien, que, malgré les assurances de la Prusse, malgré sa sollicitude apparente pour la sûreté rie l’Allemagne septentrionale, il ne pouvait tolérer cette occupation. Les Russes évacuèrent, tandis que le roi de Suède seul s’bbstinait à garder le Lauenbourg pour l’Angleterre. Aussitôt, sans tenir compte de la protestation du comte de Munster, on organisa l’administration comme dans les États de l’ancienne Prusse. La guerre fut déclarée (8 mars) entre George III et Frédéric; les embouchures de l’KIbe et du Weser furent fermées, et les côtes, depuis Kuxhaven , se couvrirent de batteries élevées par les Prussiens.
Get état de choses ne dura pas longtemps. La Prusse, se croyant seule appelée à triompher du vainqueur de l'Europe, entra en lice avec Napoléon et se vit en quelques jours humiliée et conquise. Alors le Hanovre fut de nouveau inondé de troupes françaises.
Après la paix de Tilsitt (1807), les territoires de Gœttingen , de Grubenhagen , de Hohenstein et d'Osnabruck (*) entrèrent dans le royaume de Westphalie; le reste forma une province administrée par un gouverneur général. Au commencement de 1810, tout l’ancien électorat, à l’exception du Lauenbourg , fut incorporé aux F.tals de Jérôme Bonaparte. Cependant, il en fut encore détaché vers la lin de la même année. Napoléon traça une ligne depuis l’Elbe , vis-àvis ‘de Lauenbourg, à travers la Westphalie, dans la direction du sud-ouest.
Tout ce qui était au nord de cette ligne, joint aux villes anséatiques et au pays d’Oldenbourg, fut incorporé à l’empire sous le nom du departement Anséntique. Le mécontentement s’accrut alors de jour en jour; et quand, au commencement de 1813, les Russes parurent dans l’Allemagne septentrionale, tout le Hanovre appelait de ses vœux les plus ardents le mo-
(*) Ce dernier territoire avait été cédé , comme indemnité, an Hanovre en i8o3.
Voyez AM.EX vunz , t. il. n. 34a.
ment de sa délivrance. Les provinces du Nord prirent même les armes surle-choinp; mais les Français revinrent avec de nouvelles forces", et, malgré leur défaite à Lunebourg (2 avril) , ils rétablirent leur autorité sur tout le pays , jusqu’à ce que le combat livré sur la Gœrrie (16 septembre) , puis la marche, de Tchcrnitchef sur Cassel, jointe au désastre de Leipzig, en eussent amené l’évacuation complété.
L’armée du Nord, commandée parle prince royal de Suède, passa par le Hanovre, et, le 4 novembre, le ministère hanovrien reprit les rênes du gouvernement. Les institutions françaises tirent place aux institutions caduques des temps féodaux, et, d’aprèsune note communiquée au congrès de Vienne par le comte de Munster, toutes les possessions de la maison de Brunswick - Lunebourg furent réunies en une monarchie, dont le duc de Cambridge fut nommé plus tard gouverneur général (24 octobre 1816).
ROÏAÜM K l)E HANOVRE.
I.e nouveau royaume, en compensation du duché "de Lauenbourg cédé au Danemark , et de plusieurs petits territoires abandonnés à la Prusse, et au duché d’Oldenbourg, reçut Hildesheim, l’Ost-Frise (*), la ville impériale de Goslar, le comté de Bcntheim, hypothéqué à son profit depuis 1753, des parties du territoire d’F.ichsfeld , de Munster et de Lingen, Bovenden, Gleichen , Plesse , Hockelheim , Uchte , Freudenberg, Aubourg, Wagenfeld , Meppen, Ernsbuhren et Wolbeck. Le gouvernement adhéra à la confédération germanique, et fonda peu à peu l’organisation actuelle du pays.
Jusqu’alors il n’v avait jamais eu d’états généraux en flanovre; seulement certaines provinces avaient leurs assemblées particulières, composées ordinairement de trois ordres : les pré-
(*) Voyez ALi.F.MAGitr, I. II, p. nSet 3i5, pour ce qui concerne l'Ost-Frisc avant son incorporation au Hanovre. Une grande partie de ces acquisitions provenaient de h Prusse ou de la Hesse.
ETATS DE LA MAISON DE BRUNSWICK
lats, les députés de la noblesse et ceux des villes. Le clergé n’avait point de droits politiques dans les duchés de Brême et de Verden , ni dans les comtés de Hoya et Diepholz ; dans les autres provinces, ses prérogatives étaient en partie exercées par les nobles. On comptait dans les principautés de Calenberg, de Grubenhagen et de Lunebourg, les duchés de Brême et de Verden , et le comté de Diepholz , 459 terres nobiliaires, auxquelles était attaché le privilège d’assister à la diète, tandis qu’il n’y avait en tout que 35 villes qui v fussent représentées. Le seul pays d/Iiadeln n’avait ni ordre de noblesse, ni prélats; les droits politiques y étaient exercés par la ville d'Otterndorf et par les 12 paroisses. L’Ost- Frise, les principautés de Hiidesheim et d’Osnabruck avaient également leurs constitutions spéciales. Dans l’ancienne province de Hanovre, les organes' tes plus importants des vœux publics étaient les chambres du trésor, composées en majeure partie de nobles, auxquels on adjoignait un ou deux conseillers, versés dans la jurisprudence. Chaque principauté, chaque duché, chaque comté avait d’ailleurs son système d'impôts, ses dettes, etc.
Toutes ces disparates opposaient des obstacles presque insurmontables à l’unité du gouvernement. A la restauration, chaque pays reprit son régime provincial ; en même temps une diète générale s’ouvrit à Hanovre ( 15 décembre 1814 ) ; mais incapable de s’élever à la hauteur d’une assemblée nationale et agissant sans plan déterminé, elle s’occupa uniquement des impôts et de la dette. Néanmoins le gouvernement lui soumit le projet d’une nouvelle constitution, définitivement sanctionnée par le prince-régent le 7 décembre 1819.
C’est cette constitution , légalement abolie en 1833 , qui fut remise en vigueur par la seule volonté du roi actuel. Nous croyons donc devoir en examiner avec quelque détail les principales dispositions.
Les états généraux étaient divisés en deux chambres. La première comptait
dans son sein environ 15 pairs héréditaires, soit par leur naissance, soit par leurs fonctions, les titulaires de majorats, et, en outre, 35 députés de la noblesse. La seconde était formée des 4 membres roturiers du collège du trésor ( les 4 membres nobles et le président appartenaient à la chambre liaute ); de 6 députés des chapitres, joints à celui de l’université de Gœttingen et à 2 des consistoires; de 34 mandataires, qu’envoyaient un égal nombre de villes, et dé 23 députés des francs-tenanciers. Les chapitres, les consistoires , l’université et les villes n’étaient pas tenus de choisir ces représentants dans leur sein. Les états conservaient le droit de voter les impôts , de surveiller l’emploi des fonds publics par l’intermédiaire du collège du trésor, de discuter les lois d’intérêt général , de faire des représentations au chef de l'Etat pour tout ce qui était de leur compétence. Pour être apte à siéger dans l’une ou l’autre chambre, il fallait appartenir à l'une des trois confessions chrétiennes, avoir vingtcinq ans accomplis, et posséder un revenu de 6,000 Miniers pour les possesseurs de majorats, de 600 pour les députés de la noblesse, et de 300 pour les autres.
La diète nommée en vertu de cette patente royale, fort incomplète et peu satisfaisante, s'assembla pour la première fois le 28 décembre 1819, et tint ensuite une session chaque année ; mais elle n’exerça aucune action marquée sur la marche des affaires. Ses séances n’étaient pas publiques , et les procès-verbaux meme, quoique imprimés, étaient tenus secrets.
George III mourut en 1820, après soixante ans de règne, entièrement privé de l'usage de sa raison.