‹ États de la confédération germaniqueChapitre 235 sur 261 · ET SON PARTAGE ENTRE DEUX LIGNES · texte numérisé non relu

ET SON PARTAGE ENTRE DEUX LIGNES

Les plus anciens habitants du Meckleubourg appartenaient probablement à la race Scandinave; subjugués au commencement de notre ère par les Vénedes ou Slaves orientaux, connus sous le nom de Vandales, ils étaient divisés en plusieurs tribus : les Hérules, les Warnes, les Vilses, les Obotrites, etc. Ces derniers Unirent par dominer seuls dans le pays; et vers le neuvième siècle, leurs souverains ou Korals, dont la famille, encore subsistante, est de toutes celles qui régnent aujourd'hui en Europe , la plus ancienne et la seule d’origine slave, se faisaient obéir depuis la Steckenitz jusqu’à la Peene (**).

(*) Voyez Liitzow, Histoire pragmatique du Meck(., i vol., Berlin, 1827. Kurhholz, Essai sur Clùst. de Aleekl., Rostock, 174p. Beehr. , Rerum Mecklenburgicarum lib. VU, 1741. Rudloff, Hist. pragmatique de MeekL, Schwerin, 1 7 Ho, et Codex diplvm. hist. Megaltpol. mediitevi, Schwerin, 1789. Neltc-lbludt. Notifia succincta sériât. Meckl. , Rostock, 1744; enfin, Gebhardi, But. du Mecktenbourg.

(**) Selon les uns, la maison de Mecklen-

Henri le Lion, duc de Saxe, pour prendre sa revanche des fréquentes incursions que ces barbares païens avaient faites sur son territoire, attaqua, vers 1 167, Przibistas, fds de Nidot , le délit près de Demmin , et le chassa de ses États. Toutefois, le vaincu répara cet échec en acceptant le baptême (*). Henri, tout en le forçant de renoncer à son titre de roi pour prendre celui de prince des Vénèdes, lui rendit alors comme fief la plus grande partie des possessions obotrites; mais de ce don furent exceptés Schwerin et Ratzebourg, concédés à des comtes particuliers ; Strggard , remis au margrave de Brandebourg; et la tVagrie, réunie au llolstein.

Przihislas suivit, en 1172, son suzerain à la terre sainte, et mourut en

Canut VI , roi de Danemark , profitant des disputes qui s'élevèrent entre Henri Burewin I”' et Nie lot, fds et neveu de Przibislas, les força de reconnaître sa suzeraineté (1201). Ils combattirent ensuite contre Adolphe III , comte de Holstein , jusqu’à ce que Burewin , après la mort de son cousin , fit la paix pour ne plus songer qu’à relever les ruines de son pays, à le policer, et à en extirper les derniers restesdu paganisme. Eu 1219, il remit le trône à ses fils, Henri Burewin II et Niclot. Le dernier mourut sans postérité. Les lils du premier fondèrent, vers 1236, quatre branches : les seigneurs de Mecktenbourg, qui subsistent encore; les princes vénedes, résidant à Gustrow ou Werle, éteints en

bourg descendait du Vandale Gensiric qui saccagea Rome en 455; scion les attires, de fPislas, chef des Hérules, bisaïeul de Misteev II , mort vers l'an ioa5.

{*) On prétend que Mislew II avait aussi abandonné le culte de ses pèivs, mais celle opinion est peu vraisemblable. Il n'est pas possible d'ailirmer avec plus de certitude qu'un prince nommé Godsfal fui le premier chrétien de celle famille souveraine, et mérita le litre d'apôtre et de martyr de ses sujets. Quoi qu’il eu soit , de pareils exemples ne trouvèrent pas d’imitateurs jusqu’au douzième siècle.

L’UNIVERS

1436; les princes de Rostock, qui disparurent en 1314 (*) ; et les princes de Parchim, qui ne survécurent que deux ans aux précédents.

Pendant le treizième siècle , la constitution générale du pays subit d’importantes modifications. La conversion des habitants au christianisme et la suzeraineté des princes allemands avaient depuis longtemps transformé les vieilles institutions vénèdes. Des colons allemands de Brunswick , de Wcstphalie , d’autres de Flandre , étaient venus , dés l’année 1160, cultiver les terres et se fixer sur le sol, principalement dans le comté de Schwerin et dans le pays de .Mecklenbourg. De là naquirent dès classifications nouvelles entre les individus, qui furent divisés en prélats, nobles et chevaliers, hommes libres et serfs. Ce fut dans le cours de cette période (vers 1218) que commença à disparaître, la différence établie (l’abord entre la noblesse vénède et la noblesse allemande, différence tout à l'avantage de la première, et que l’on vit se former une bourgeoisie au sein des villes, devenues plus fortes, plus indépendantes et plus riches par l’industrie et par le commerce , et régies en grande partie par le droit de Magdenourg(**). Ce fut aussi vers 1223 que le pays secoua le joug de la suzeraineté danoise.

La souche de la maison de Mecklenbourg est Jean /", qiii était appelé dérisoirement par ses frères le Théologien, parce qu’il avait étudié dix ans à l’université de Paris, d'où il revint avec le bonnet de docteur. Le règne de ce prince fut signalé par une administration sage et régulatrice, par une alliance intime avec les chevaliers teutoniques , dans leurs guerres contre les idolâtres , et par la fondation ou l’agrandissement de Wismar, devenue la résidence du prince, au lieu de l’antique ville de Mecklenbourg (1328);

(*) Sous le dernier d'entre eux, la ville et le district de Rostock passèrent au roi de Danemark (i3ot).

(") Voyez Allemaoke, t. I , p. 33G , u° a3.

celui de son successeur, Henri de Jérusalem (1264-1302), par une expédition malheureuse en terre sainte, et une captivité de près de 26 années en Égypte (*) ; enfin, celui de Henri //', dit 'le Lion ou le Chauve (1302-1329) , par des guerres vaillamment soutenues contre Valdentar de Brandebourg , contre l’empereur Albert d’Autriche , contre les Danois , contre le duc de Wolgast , contre les Poméraniens , etc.

Les acquisitions les plus importantes de Henri le Lion furent la seigneurie de Stargard, qui forme la majeure partie du duché actuel de Mecklefibourg-Strelitz (**), et la seigneurie de Rostock.

Ses fils Albert et Jean ( 1329-1377 et 1379 ) lui succédèrent en bas âge.

Charles, roi de Bohême, cherchant des alliés qui pussent occuper Louis, l'ancien électeur de Brandebourg, jeta les yeux surlesseigneurs de Mecklenbourg.

Par un diplôme impérial du 16 octobre 1347, il brisa les liens de vassalité qui rattachaient la terre de Stargard aux électeurs de Brandebourg, et la déclara fief de l’Empire; puis , le 8 juillet de. l'année suivante, il éleva les deux frères au rang de princes d'empire et de ducs.

En vertu d’un partage conclu en 1352 , l’aîné eut Mecklenbourg et Rostock ; et Jean , la seigneurie de Stargard. Nous parlerons d’abord des descendants de ce dernier, dont la famille s’éteignit en 1471.

. I.101CE DE StECELElfEOUBO-ETAROAEn.

Les successeurs de Jean I*r furent continuellement occupés de guerres avec les Danois, les margraves deBran-

(*) Le prisonnier ne subsista que par le secours d’un fidèle serviteur nommé Martin Rlever, qui apprit à tisser des étoffes de soie , pour partager son faible gain avec son ancien maître, la femme de Henri , pendant cette absence, fut successivement ia dupe de deux imposteurs qui se donnèrent pour le prince.

(*•) Elle lui fut apportée en dot par u femme , fille du margrave Albert de Braodebourg.

PRINCIPAUTÉS DE MECKLENBOURG

debourg (*) , les ducs de Poméranie , les seigneurs de leur propre pays ou les princes de leur famdle. Le dernier d’entre eux mourut en 1471 , pour avoir bu par mégarde d’un poison qu’il avait préparé pour un de ses gens.

UGKE DE M Emi.EITBOOR Cl - SCHWERIW JÜS-

QUfA i/ÉTABÎ.ISSEMBHT DES RR A RC HZ S DE

SCHWERIM ET DK GUSTROW.

(i35a-i6ai).

Albert 1'* ( (352-1379 ), fondateur de la ligne aînée des ducs de.Mecklenoourg, forma en 1357 des prétentions au comté de Scbwcrin, au nom de sa bru, fille du dernier comte, et, en 1358, il mit fin à toute opposition en achetant ce comté au prix de 20,000 marcs d'argent : dès lors, les ducs de Mecklenbourg en prirent le titre.

Depuis 1363, Albert II, le second fils du duc , porta pour son malheur et pour celui de ses nouveaux sujets la couronne de Suède (** (***)). Un autre Albert , petit-fils d’Albert I", devait, çn 1375, hériter du trdne de, Danemark , comme petit- fils de Waldemar III; mais l’opposition qu'il trouva dans ce royaume fit échouer ses prétentions.

Albert I,r eut pour successeurs le roi de Suède et ses deux autres fils I/enri{"‘) et Magnus.Cesdeux derniers

(*) Jean III, livré par les seigneurs de Quilzovr à Frédéric Ier de Brandebourg , fut forcé de signer, en 1437, l'huuiilianle transaction de Katkenau, remplacée, en 144a, par le traité de VVitstock , qui brisait definitivement les liens de vassalité du Meeklenbourg à l'égard de la maison de Rrandebourg, mais qui accordait à celte maison la succession éventuelle à ce duché.

(") Sa mère, Euphémie, était sœur de Magiuis , roi de ce pays.

(***) Ce prince fut surnommé, le Pendeur , à cause de la rigueur avec laquelle il châtiait les brigands qu’il pouvait saisir. Le principal soin d’Albert Ier avait aussi été d’extirper ce fléau.

Albert II n’avait pas pourvu aussi bien au repos de la Suède. Battu et fait prisonnier avec son fils à la bataille de Falhôping(i388), par Marguerite . reine de Danemark , il u’oblinl sa liberté, en 1 ,lg5 , qu’en renonçant au troue.

moururent au bout de peu d'années , et furent remplacés par leurs fils Albert III (*) et Jean H. La guerre d’extermination que les ducs déclarèrent aux nobles châtelains, pour réprimer leurs brigandages, leur attira des inimitiés puissantes : Albert II, en particulier, attira ainsi sur sa tête une partie des malheurs qui 11e tardèrent pas à l’accabler. Quand il revint de la captivité où le fit languir pendant sept ans Marguerite, laSémiramis du Nord, il partagea le gouvernement du Mecklenbourg avec Jean II (Albert III était mort en 1 387 ).

Le quinzième siècle commença au milieu des désordres les plus déplorables : sur mer , c’étaient les exees des forbans sortis des ports des villes anséatiques; sur terre, c’étaient les déprédations effrénées des nobles ou les rébellions des villes véneries associées à la hanse. Ainsi , à l'exemple de Lubeçk, Wismar et Rostock chassèrent leurs magistrats, affectèrent une comlète indépendance, comme elles le rent encore à plusieurs reprises dans la suite , et ne se réconcilièrent qu’à grnnd’peine avec les ducs.

Sur ces entrefaites, Albert II mourut en 1412, laissant un fils en bas âge, Albert II' , qui, pincé d’abord sous la tutelle de Jean , gouverna ensuite avec lui jusqu'en 1423, époque où tous deux moururent à peu de mois de distance (**).

Henri le Gras et Jean III , fils de Jean II, devenus majeurs en 1436, héritèrent cette même année, conjointement avec leurs cousins de Stargard, de la seigneurie de Werle ou principauté des Vénèdes , qu’ils défendirent contre Frédéric Ier de Brandebourg. Cettequerellefntterminée, en 1442, par le traité de Witstock. Frédéric II fit

(*) Le même qui avait prétendu à la couronne de Danemark.

(**) Jean et Allierl fondèrent, en 1418, l'université de Hnslork, la première que posséda l'Allemagne septentrionale.

Albert IV avait essayé de renouveler ses prétentions sur le Danemark et la Suède; mais il fut bientôt foret: d’y renoncer formellement. Il ne laissa pas de postérité.

L’UNIVERS

abandon de tous ses droits, à'condition qu’on le reconnaîtrait comme héritier éventuel du duché de Mecklenbourg, à l'extinction des deux lignes de la maison régnante.

L’extinction de la famille des princes des Véoèdes, seigneurs de Gustrow, avait réuni entre les mains des ducs de Stargard et de Schwerin tout ce qui constitue le Mecklenbourg actuel (à l’exception des évêchés de Schwerin (*) et de Ratzebourg, qui ne leur oppartcnaien t pas encore), c'est-à-dire, le duché de Mecklenbourg, le comté de Schwerin, la principauté des Vénèdes, et les seigneuries de Rostoek et de Stargard.

Comine Jean III mourut sans postérité en 1443, et que la ligne de Stargard s’éteignit 28 ans après, Henri le Gras devint seul duc de tout le pays, où il sut maintenir la tranquillité.

De nouveaux partages , de nouvelles disputes avec la ville de Rostoek suivirent sa mort(1477). Enfin, en 1508, il ne restait plus que deux de ses petits-GIs, Henri fl le Pacifique et Albert fl le Beau. Ils régnèrent d’abord en commun, de manière pourtant qae Henri eût la principale direction des affaires, tandis qu’Albert poursuivait des projets ambitieux, qui l'éloignaient de son duché. ( elui-ci cependant ne tarda pas à demander le partage perpétuel et sans réserve du Mecklenbourg; et Charles- Quiut, pour lequel il affectait un entier dévouement, expédia même de .Madrid un decret conforme à ses vues (1523). Mais ce décret n’était pas encore arrivé dans le pays, que les états, prévenus de la funeste mesure qui les menaçait, formèrent une confédération pour le maintien et l’indivisibilité du pays. Ils comprenaient que ces partages fréquents avaient arrêté le développement de la puissance extérieure des princes, empêché tout accroissement du pays et entravé tout progrès, parce qu'un tel état de choses n’engendrait que des querelles et des dettes. Leurs remontrances suspen-

(*) Il ne faut pat confondre le comté

avec l’évéché ou principauté de ce nom , qui ne renfermait que Butzow.

dirent l’effet des menaces de Henri, mais n’empêchèrent pas ce prince de renouveler de temps en temps sa demande. Enlin, en 1534, comme Albert était sur le point de prendre une part active aux troubles de Danemark (*), où il prodigua, sans nul profit , son argent et sa valeur, il intervint un arrangement qui prorogea pour 20 ans la communauté.

Henri profita de ce délai pour introduire la réforme dans le duché. Il y procéda cependant avec la plus grande modération , et refusa d'entrer dans la lignedeSmaikalde, sans doute parce que son frère , désireux de plaire à Charles- Quint, revint bientôt dans le sein de la religion catholique. Albert mourut en 1547, et Henri en 1552.

Ce dernier ne laissa qu’un fils, imbécile, incapable, dont les cousins Jean- Albert et Ulrich , régnèrent en commun , non sans se quereller continuellement sur le partage. Les graves désordres dont Rostoek devint le théâtre furent une autre source de troubles assez sérieux pour amener l'occupation militaire de la ville par les ducs , et la construction d’une citadelle destinée à maintenir ces bourgeois turbulents (**). De là proeès, séquestre, puis transaction, en vertu de laquelle la ville reconnut la souveraineté des deux princes, et obtint la confirmation de ses privilèges et la destruction de la nouvelle forteresse.

Jean -Albert, surnommé le Salomon dit Mecklenbourg , se montra animé d'un grand zèle pour la religion protestante , et supprima plusieurs couvents pour doter de leurs revenus l’université de Rostoek. Par son tes-

(*) Il avait entrepris de délivrer le roi Christieru de Danemark. Cette guerre, connue sous le nom de guerre des comtes ou du comte d'Oldenbourg , eut une issue fort malheureuse. Areablé de dettes et ne pouvant se faire rembourser ses frais . Albert mourut de chagrin dans sa résidence de Gustrow.

(**) La police et l'administration des villes étaient tout entières aux mains des bourgeois , qui se trouvaient fort souvent en querelle avec les magistrats.

PRINCIPAUTÉS DE MECK.LEN BOURG

tament, que l’Empereur confirma, il établit, pour l’avenir, dans sa maison, l’ordre de primogéniturc, et statua que Jean IP, l’aîné de ses fils, lui succéderait seul dans le gouvernement. Il mourut en 1576.

Ce fut pendant la minorité de son fils que les bourgeois de Rostock reconnurent véritablement la souveraineté du duc; encore fallut-il pour cela que le roi de Danemark, Frédéric II, gendre du duc Ulrich, mît l'embargo sur leurs navires, le séquestre sur leurs dettes actives, et le blocus devant leur port (1584).

Jean étant mort en 1592, et le vieux Ulrich l'ayant suivi au tombeau en 1003, sans laisser d’héritiers mâles, Charles , frère d’Ulrich et évéque de Ratzebourg, devint corégent et tuteur des jeunes fils de Jean, auxquels il remit le gouvernement en 1608, en leur conseillant de ne pas faire de partage. « I.es finances, leur disait-il, « sont dans un tel délabrement, qu elles n ne suffisent pas à l’entretien de deux « cours; et les états (*), qui ont toujours « été très - récalcitrants , refusent les « sommes nécessaires pour dégager vos « revenus, presque tous grevés a’hvpo- « thèques. » Ces conseils furent suivis jusqu’au décès du grand-oncle (1610).

Mais à cette époque, les ducs, après avoir fait un partage provisoire des revenus seulement, convinrent, en 1621 , malgré les sollicitations des états, de fixer définitivement deux lots distincts, en laissant toutefois en commun In ville et l’université de Rostock , le tribunal suprême et le consistoire (**); ainsi s’établirent les deux lignes de Schwerin et de Gustrow.

La dernière s’est éteinte en 1695; la première subsiste, divisée depuis 1658 en deux branches.

(*) On y distinguait quatre ordres les prélats, les nobles, les bourgeois et les paysans libres ou fermiers.

Une grande partie de la population des campagnes était asservie à la glèbe.

(**) La religion luthérienne fut déclarée seule religion du pays. Jean-Albert professa le culte réformé.

depuis u division en deux lignes ( de

SCHWERIN ET DE GDSTROW ) JÜSQu'aD

Page 1